Le Caire critique le rapport du Parlement européen sur les droits de l'homme

Des membres du Parlement égyptien assistent à une session générale au Caire (Photo, AFP/Archives).
Des membres du Parlement égyptien assistent à une session générale au Caire (Photo, AFP/Archives).
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Publié le Dimanche 27 novembre 2022

Le Caire critique le rapport du Parlement européen sur les droits de l'homme

  • De nombreux députés et hommes politiques égyptiens ont exprimé leur rejet de l'appel du Parlement européen et ont affirmé qu'il s'agissait d'une ingérence flagrante dans les affaires de l'Égypte
  • Tamer Abdel Kader a également affirmé que la déclaration violait la charte de l'ONU, «car elle comportait de nombreux mensonges, faussetés et rumeurs»

LE CAIRE: Les députés et les politiciens égyptiens ont rejeté ce qu'ils appellent l'ingérence «flagrante» du Parlement européen dans les affaires intérieures de l'Égypte.

Dans une déclaration publiée vendredi, le Parlement européen a demandé la libération immédiate et inconditionnelle de dizaines de défenseurs des droits de l'homme, d'avocats, de journalistes, d'activistes, de politiciens et d'influenceurs des médias sociaux actuellement détenus dans les prisons égyptiennes, ainsi que l'annulation du recours excessif à la détention provisoire arbitraire en Égypte.

Le Parlement européen a également appelé les États membres de l'UE à «soutenir l'appel à la création d'un mécanisme international de surveillance et de signalisation des violations flagrantes des droits de l'homme en Égypte au Conseil des droits de l'homme des Nations unies, ainsi qu'à un réexamen approfondi et complet des relations de l'UE avec l'Égypte à la lumière des progrès très limités enregistrés par ce pays en matière de droits de l'homme».

De nombreux députés et politiciens égyptiens ont exprimé leur rejet de l'appel du Parlement européen et ont affirmé qu'il s'agissait d'une ingérence flagrante dans les affaires de l'Égypte.

Hind Rachad, membre de la Chambre des représentants, a déclaré à Arab News: «Je rejette fermement tous les mensonges et les tentatives d'ingérence dans les affaires de l'État égyptien.»

Son commentaire est intervenu alors que le Parlement égyptien affirmait que la position de l'UE ne reflétait qu'une vision biaisée et subjective de la réalité dans le pays.

Tamer Abdel Kader, également membre de la Chambre des représentants, a déclaré à Arab News que la déclaration du Parlement européen sur les droits de l'homme en Égypte constitue une «ingérence flagrante» dans les affaires d'«un pays qui jouit de tous les droits souverains».

Il a également affirmé que la déclaration violait la charte de l'ONU, «car elle comportait de nombreux mensonges, faussetés et rumeurs».

Abdel Kader a ajouté: «Cette vieille école a vu ses politiques exposées plus d'une fois et tout le monde sait quelles sont les intentions des rédacteurs de ces politiques à l'égard de l'État égyptien, qui a récemment lancé la stratégie nationale pour les droits de l'homme et établi des cadres pour sa mise en œuvre devant tout le monde.»

«Parmi les inexactitudes de la déclaration figure l'affirmation selon laquelle l'Égypte exécute des enfants, sachant que les lois égyptiennes criminalisent le jugement ou l'exécution d'enfants. Les lois égyptiennes stipulent qu'ils doivent être placés dans des foyers de soins pour leur réhabilitation et leur intégration dans la société.»

L'expert politique Hazem El-Gendy, chef adjoint du parti égyptien Wafd, a déclaré à Arab News que la décision du Parlement européen confirmait sans aucun doute «qu'il existe un état d'hostilité et d'embuscade adopté par certaines institutions internationales contre l'Égypte» et que celles-ci ne sont «pas suffisamment au courant de l'évolution de la situation en Égypte».

El-Gendy a indiqué: «Les résolutions disent que l'Égypte vit sous l'état d'urgence depuis 2017, malgré l'annonce du président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, de l'annuler en octobre 2021. La déclaration de l'état d'urgence est intervenue à la lumière de la guerre menée par l'État et les groupes terroristes dans le Sinaï.»

Mahmoud Bassiouni, membre du Conseil national des droits de l'homme, a également affirmé à Arab News que la déclaration du Parlement européen constitue une ingérence dans les affaires intérieures de l'Égypte et ignore les efforts de l'État égyptien menés afin d’améliorer les droits de l'homme.

Il a soutenu que la déclaration controversée reposait sur une seule source d'information.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


L'Iran doit «conclure un accord» avec les Etats-Unis, estime un ex-chef de la diplomatie iranienne

L'Iran doit "conclure un accord" avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, en faisant des concessions sur son programme nucléaire et en rouvrant le stratégique détroit d'Ormuz, a a suggéré dans une tribune l'ancien chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif. (AFP)
L'Iran doit "conclure un accord" avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, en faisant des concessions sur son programme nucléaire et en rouvrant le stratégique détroit d'Ormuz, a a suggéré dans une tribune l'ancien chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif. (AFP)
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  • L'Iran, pour éviter davantage de pertes civiles, "devrait tirer parti de sa position dominante non pas pour poursuivre les combats, mais pour proclamer la victoire et conclure un accord qui mette à la fois fin à ce conflit"
  • Téhéran "devrait proposer de limiter son programme nucléaire et de rouvrir le détroit d'Ormuz en échange de la levée de toutes les sanctions - un accord que Washington aurait refusé par le passé, mais qu'il pourrait accepter aujourd'hui"

PARIS: L'Iran doit "conclure un accord" avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, en faisant des concessions sur son programme nucléaire et en rouvrant le stratégique détroit d'Ormuz, a a suggéré dans une tribune l'ancien chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif.

L'ex-ministre des Affaires étrangères entre 2013 et 2021, un des architectes de l'accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015, n'a plus de rôle officiel au sein du gouvernement, mais c'est la première fois depuis le déclenchement de la guerre par l'offensive militaire américano-israélienne le 28 février qu'une figure de haut rang en Iran se positionne publiquement en faveur d'un accord de paix.

L'Iran, pour éviter davantage de pertes civiles, "devrait tirer parti de sa position dominante non pas pour poursuivre les combats, mais pour proclamer la victoire et conclure un accord qui mette à la fois fin à ce conflit et empêche qu'un nouveau ne survienne", a écrit le diplomate dans une tribune publiée jeudi soir par la revue américaine Foreign Affairs.

Téhéran "devrait proposer de limiter son programme nucléaire et de rouvrir le détroit d'Ormuz en échange de la levée de toutes les sanctions - un accord que Washington aurait refusé par le passé, mais qu'il pourrait accepter aujourd'hui", a-t-il écrit.

"L'Iran devrait également être prêt à accepter un pacte de non-agression avec les Etats-Unis, par lequel les deux pays s'engageraient à ne plus s'attaquer à l'avenir", a encore proposé Mohammad Javad Zarif. Il a aussi évoqué des "échanges économiques" entre les deux pays qui n'ont plus de relations diplomatiques depuis plus de quatre décennies.

Cette tribune a été publiée dans la revue américaine quelques heures après que Donald Trump a menacé mercredi d'intensifier ses frappes et de renvoyer l'Iran "à l'âge de pierre".

"En tant qu'Iranien, indigné par l'agression irresponsable et les insultes grossières de Donald Trump (...) je suis partagé quant à la publication de ce plan de paix dans Foreign Affairs. Je suis néanmoins convaincu que la guerre doit prendre fin à des conditions compatibles avec les intérêts nationaux iraniens", s'est justifié vendredi sur le réseau social X l'ancien chef de la diplomatie.


Le Royaume-Uni déploie un système anti-drones au Koweït

Le Royaume-Uni a déployé au Koweït le système anti-drones Rapid Sentry, tandis que le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a condamné vendredi une attaque de drone nocturne "irresponsable" contre une raffinerie de pétrole koweïtienne. (AFP)
Le Royaume-Uni a déployé au Koweït le système anti-drones Rapid Sentry, tandis que le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a condamné vendredi une attaque de drone nocturne "irresponsable" contre une raffinerie de pétrole koweïtienne. (AFP)
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  • "Le régiment de la RAF a déployé au Koweït son système anti-drones Rapid Sentry, d'une grande efficacité", a annoncé jeudi la Royal Air Force britannique
  • Il s'agit d'un système de défense aérienne terrestre qui, selon le ministre britannique de la Défense, John Healey, avait été "testé au combat" la semaine dernière, lors de l'annonce initiale du plan de déploiement

LONDRES: Le Royaume-Uni a déployé au Koweït le système anti-drones Rapid Sentry, tandis que le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a condamné vendredi une attaque de drone nocturne "irresponsable" contre une raffinerie de pétrole koweïtienne.

"Le régiment de la RAF a déployé au Koweït son système anti-drones Rapid Sentry, d'une grande efficacité", a annoncé jeudi la Royal Air Force britannique.

Il s'agit d'un système de défense aérienne terrestre qui, selon le ministre britannique de la Défense, John Healey, avait été "testé au combat" la semaine dernière, lors de l'annonce initiale du plan de déploiement.

"Le Premier ministre a commencé par condamner l'attaque de drone nocturne irresponsable contre une raffinerie de pétrole koweïtienne", a indiqué Downing Street dans un compte rendu de l'entretien téléphonique entre M. Starmer et le prince héritier du Koweït.

"Ils ont discuté du déploiement du système de défense aérienne britannique Rapid Sentry au Koweït, qui protégera le personnel et les intérêts koweïtiens et britanniques dans la région, tout en évitant une escalade du conflit", a ajouté le communiqué de Downing Street.

Les pays du Golfe, dont le Koweït, les Émirats arabes unis et Bahreïn, ont été entraînés dans la guerre au Moyen-Orient, visés par des frappes iraniennes en représailles aux attaques lancées par les États-Unis et Israël le 28 février.


Les églises de Dubaï passent les messes de Pâques en ligne pour des raisons de sécurité

Traditionnellement, la Semaine Sainte est rythmée par des prières communautaires, de grandes réunions familiales et des célébrations religieuses en vue de Pâques. (Photo AFP)
Traditionnellement, la Semaine Sainte est rythmée par des prières communautaires, de grandes réunions familiales et des célébrations religieuses en vue de Pâques. (Photo AFP)
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  • Les églises de Dubaï annoncent un passage en ligne des messes pendant le week-end de Pâques pour des raisons de sécurité

DUBAÏ : Les églises aux Émirats arabes unis ont annoncé une fermeture temporaire pendant Pâques en raison de préoccupations liées à la sécurité dans un contexte de tensions régionales.

Les églises, dont l’église catholique St. Mary, l’église catholique St. Francis of Assisi et la cathédrale orthodoxe St. Thomas, ont indiqué qu’elles resteraient fermées suite à une directive du gouvernement et que les offices du Vendredi saint seraient diffusés en ligne via leurs chaînes officielles.

« Les paroissiens sont priés de ne pas se rendre dans les locaux de l’église, dans l’intérêt de la sécurité et du bien-être de la communauté », indique l’annonce.

Cette décision représente un changement majeur pour les communautés chrétiennes, particulièrement pendant l’une des périodes les plus sacrées de l’année.

Traditionnellement, la Semaine Sainte est remplie de prières communautaires, de grandes réunions familiales et de célébrations religieuses menant à Pâques.

Sandra Sabbagh, résidente de Dubaï, a déclaré que la Semaine Sainte est l’un des moments les plus attendus de l’année.

« Nous jeûnons pendant presque cinq semaines, et cette semaine est considérée comme très importante pendant notre période de jeûne. Donc oui, c’est décevant. Nous l’attendons depuis le tout début du Carême », a-t-elle expliqué, ajoutant que cette période est habituellement consacrée à se rassembler à l’église avec d’autres.

« Bien sûr, nous sommes attristés, mais en même temps, le gouvernement n’aurait pas pris une telle décision si ce n’était pas pour le bien des gens et leur sécurité. Et bien sûr, nous soutenons ces décisions. Je prie pour que la paix revienne bientôt, que nous puissions traverser cette situation, et que les gens puissent revenir à une vie sûre et paisible, comme nous en avons l’habitude dans ce pays », a-t-elle ajouté.

Bien que les messes diffusées en direct permettent aux fidèles de maintenir un lien spirituel depuis chez eux, beaucoup estiment que l’absence de participation physique rend les célébrations incomplètes, mais ils comprennent l’importance de respecter les règles gouvernementales.

Rachel Henry, résidente de Dubaï, a déclaré que, même si ne pas pouvoir se rendre à l’église est décevant, elle est reconnaissante que la technologie permette à la communauté de se rassembler virtuellement pour le culte.

« Grâce à la technologie et tout, nous pouvons assister en ligne. Donc, le même sentiment de participation est là, mais la perte de ne pas être physiquement présente à l’église se fait toujours ressentir », a-t-elle dit.

« Nous réalisons que tout cela est pour notre sécurité et notre bien-être, et nous souhaitons respecter les règles », a-t-elle ajouté.

Depuis le 28 février, les Émirats arabes unis sont sous attaque de missiles et drones iraniens. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com