Espagne: des milliers de sympathisants d'extrême droite manifestent contre le gouvernement

Les partisans du parti d'extrême-droite Vox se rassemblent lors d'une manifestation antigouvernementale à Madrid, le 27 novembre 2022. (Photo, AFP)
Les partisans du parti d'extrême-droite Vox se rassemblent lors d'une manifestation antigouvernementale à Madrid, le 27 novembre 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 27 novembre 2022

Espagne: des milliers de sympathisants d'extrême droite manifestent contre le gouvernement

Les partisans du parti d'extrême-droite Vox se rassemblent lors d'une manifestation antigouvernementale à Madrid, le 27 novembre 2022. (Photo, AFP)
  • Aux cris de «Va-t'en Sánchez!», 25 000 personnes selon la police s'étaient données rendez-vous dans le centre de la capitale espagnole, sur la place Colon
  • C'est sur cette même place que la droite et l'extrême droite avaient mobilisé en février 2019, puis en juin 2021, des milliers de personnes, à chaque fois pour dénoncer le dialogue du gouvernement avec les indépendantistes catalans

MADRID: Des dizaines de milliers de sympathisants du parti d'extrême-droite Vox ont manifesté dans plusieurs villes d'Espagne, dont Madrid, pour protester contre le gouvernement de gauche de Pedro Sánchez, un gouvernement "de la trahison, de l'insécurité et de la ruine" selon eux. 

Aux cris de "Va-t'en Sánchez!", 25 000 personnes selon la police s'étaient données rendez-vous dans le centre de la capitale espagnole, sur la place Colon, choisie pour l'immense drapeau espagnol qui y flotte, où ils étaient nombreux à brandir l'étendard national. 

"Nous avons un gouvernement qui gouverne contre les gens, qui baisse les peines de prison pour des crimes, qui désarme la police", a déclaré le président de Vox Santiago Abascal lors de son discours. 

Le leader politique faisait référence à la suppression prochaine du délit de sédition, pour lequel neuf responsables indépendantistes catalans avaient été condamnés en raison de leur rôle dans la tentative de sécession de 2017 de leur région, dans le nord-est du pays. 

La modification du code pénal, qui devrait avoir lieu d'ici la fin de l'année, va encourager, selon l'opposition de droite et d'extrême droite, de nouvelles tentatives de sécession en Catalogne, dans la mesure où celles-ci seraient alors punies bien moins sévèrement. 

Santiago Abascal a également évoqué un "doublement des agressions sexuelles depuis l'arrivée au pouvoir de Sánchez et d'une ministre folle qui fait une loi avec la bénédiction du gouvernement, de la gauche politique et médiatique pour qu'à la fin puissent sortir (de prison) des violeurs et des pédophiles". 

Il faisait là allusion à la loi phare appelée "seul un oui est un oui" contre les violences sexuelles, entrée en vigueur en octobre, qui a globalement durci l'arsenal contre le viol, mais a abaissé les peines pour d'autres types de violences sexuelles. 

Une modification qui a eu pour effet pervers de faire sortir de prison certains condamnés en réduisant leurs peines. 

"Nous sommes gouvernés par des personnes séparatistes, par des gens qui ne veulent pas être espagnols, voilà pourquoi je suis là", a protesté Cesar Peinado, un ancien chauffeur de poids-lourd de 65 ans venu manifester, estimant que le pouvoir "achète des votes". 

"Nous n'en pouvons plus de ce gouvernement, des lois qu'il sort, sans la majorité nécessaire, qui font sortir de prison des terroristes et remettent en liberté des violeurs", a expliqué María Dolores López, une secrétaire de 58 ans. 

C'est sur cette même place que la droite et l'extrême droite avaient mobilisé en février 2019, puis en juin 2021, des milliers de personnes, à chaque fois pour dénoncer le dialogue du gouvernement avec les indépendantistes catalans. 

Minoritaire au Parlement, l'exécutif est contraint depuis sa création de mener d'incessantes négociations avec les indépendantistes catalans ou basques pour s'assurer de leur soutien. 


Malgré les menaces de Téhéran, les discussions continuent "à un rythme rapide" selon Trump

Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
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  • Les pourparlers États-Unis–Iran sont fragiles, entre annonces d’accords et suspension du dialogue.
  • Malgré les discussions, les frappes et menaces d’escalade régionale se poursuivent, alimentant l’instabilité

TEHERAN: Donald Trump a assuré lundi que les négociations avec Téhéran pour mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient se poursuivaient "à un rythme rapide" et qu'une détente se profilait au Liban, comme exigé par la partie iranienne.

Un peu plus tôt, l'agence de presse iranienne Tasnim avait affirmé que les négociateurs du pays avaient "suspendu" le dialogue indirect avec Washington à cause des "crimes" qu'Israël "continue à commettre", sans que cette information ne soit confirmée de source officielle iranienne.

"Les Etats-Unis sont directement responsables d'une violation du cessez-le-feu contre l'Iran, et d'une violation du cessez-le-feu par le régime israélien contre le Liban", a estimé le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont estimé que "les lignes rouges franchies" à Gaza et au Liban équivalaient "à une guerre directe", en référence aux frappes quasi quotidiennes d'Israël dans le territoire palestinien et à son offensive dans le pays voisin.

"En réponse", l'Iran "est déterminé à mener des opérations défensives" et à "ouvrir de nouveaux fronts", ont averti les Gardiens.

Mais Donald Trump a annoncé avoir obtenu auprès du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, l'engagement de ne pas envoyer de troupes à Beyrouth, et auprès du Hezbollah pro-iranien celui de "cesser totalement le feu".

"Israël ne les attaquera pas et ils n'attaqueront pas Israël", a-t-il écrit.

Peu après, l'ambassade du Liban aux Etats-Unis a confirmé que le Hezbollah avait accepté une proposition américaine de "cessation mutuelle des attaques" avec Israël.

- Le pétrole fébrile -

Les négociations indirectes entre les Etats-Unis et l'Iran, pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par une attaque conjointe israélo-américaine, patinent depuis des semaines.

D'autant que Téhéran a redit lundi que le nucléaire iranien ne faisait pas partie "à ce stade" des discussions, contrairement aux attentes de Donald Trump, qui a affirmé dimanche soir qu'un protocole d'accord devrait stipuler "très clairement que l'Iran n'aura(it) pas d'arme nucléaire".

Autre dossier clé des discussions, la navigation maritime. Selon Tasnim, l'Iran compte continuer à verrouiller le détroit d'Ormuz, et envisage de perturber le trafic dans celui de Bab el-Mandeb, de l'autre côté de la péninsule arabique - ce qui bloquerait l'accès au canal de Suez via la mer Rouge et contraindrait les navires à d'énormes détours.

Un navire a été touché par un projectile dans le Golfe qui a déclenché une forte explosion, a indiqué sans plus de détails l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

Dans ce contexte, le cours du Brent de la mer du Nord, référence mondiale du pétrole brut, est brutalement reparti à la hausse (jusqu'à environ +7%) avant de ralentir quelque peu et de terminer la séance en hausse de 4,24% à 94,98 dollars.

- Washington défend des frappes "défensives" -

L'Iran avait plus tôt dans la journée accusé les Etats-Unis de violer à nouveau le fragile cessez-le-feu conclu le 8 avril, après des frappes américaines ce week-end suivies de représailles militaires iraniennes.

L'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

Les Gardiens iraniens avaient dit avoir riposté en attaquant une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire, sans nommer le pays visé - mais le Koweït a intercepté des missiles et drones "hostiles" et les a attribués à l'Iran.

La guerre a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranle l'économie mondiale.


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

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  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

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  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".