L'Arabie saoudite finance une réforme économique d'un milliard de dollars au Yémen

Le Fonds monétaire arabe, sous le parrainage de l'Arabie Saoudite, a signé un accord d'un milliard de dollars avec le gouvernement yéménite (Photo, SPA).
Le Fonds monétaire arabe, sous le parrainage de l'Arabie Saoudite, a signé un accord d'un milliard de dollars avec le gouvernement yéménite (Photo, SPA).
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Publié le Lundi 28 novembre 2022

L'Arabie saoudite finance une réforme économique d'un milliard de dollars au Yémen

  • Le programme du Fonds monétaire arabe vise à améliorer la transparence dans les secteurs bancaire et financier et dans le secteur privé
  • L'Arabie saoudite est le principal donateur au Yémen depuis 2001

RIYAD: Sous le parrainage de l'Arabie saoudite, le Fonds monétaire arabe a signé un accord d'un milliard de dollars avec le gouvernement yéménite afin de revitaliser son économie chancelante.
L'accord, signé à Riyad, vise à mettre en œuvre un programme complet de réformes économiques, financières et monétaires afin d'améliorer la gouvernance et la transparence, d'accroître et de diversifier la production et de réduire le chômage et la pauvreté.
Le ministre saoudien des Finances, Mohammed al-Jadaan, a déclaré que ce programme permettra de développer le secteur financier et bancaire du Yémen, de renforcer le rôle du secteur privé et de promouvoir le développement économique à long terme.
Le gouvernement a pour priorité de développer les ressources publiques, de contrôler et de rationaliser les dépenses publiques, d'améliorer l'efficacité et de remettre en état les infrastructures essentielles dans les domaines de l'électricité, de l'eau et des transports.
En ce qui concerne les secteurs financier et bancaire, les priorités comprennent le développement d'un système de supervision pour améliorer la transparence et la reddition de comptes, ainsi que le renforcement des services pour les petites et moyennes entreprises, et pour les jeunes et les femmes dans les zones rurales. Il s'agira également de stimuler la numérisation et la flexibilité des méthodes de paiement.
Le programme indique que le secteur privé est le principal moteur d'une croissance économique durable et qu'il est essentiel pour ouvrir la voie à une plus grande intégration dans l'économie mondiale, aux flux d'investissements étrangers et au renforcement des partenariats internationaux.
Le gouvernement yéménite a exprimé son intérêt pour une collaboration avec les institutions régionales et internationales afin de soutenir la réforme économique du pays.
Le parrainage de l'accord par l'Arabie saoudite s'inscrit dans le prolongement du soutien économique du pays au Yémen. Le Royaume a versé à la Banque centrale du Yémen 1 milliard de dollars en 2012 et 2 milliards de dollars en 2018 pour financer l'importation de produits alimentaires de base.
De 2001 à 2022, l'Arabie saoudite a figuré en tête de liste des pays donateurs au Yémen, fournissant 30 % du financement total.


Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Drame de Melilla: Peines alourdies en appel pour des migrants

Cette photo prise le 26 juin 2022 montre un membre des forces de sécurité marocaines sur la barrière frontalière séparant le Maroc de l'enclave nord-africaine espagnole de Melilla, près de Nador au Maroc (Photo, AFP).
Cette photo prise le 26 juin 2022 montre un membre des forces de sécurité marocaines sur la barrière frontalière séparant le Maroc de l'enclave nord-africaine espagnole de Melilla, près de Nador au Maroc (Photo, AFP).
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  • Ces 15 migrants ont été condamnés, entre autres, pour «entrée illégale» au Maroc, «désobéissance» et «dégradation de biens publics«
  • La majorité d'entre eux ont vu leurs peines alourdies en appel à trois ans de prison ferme

RABAT: La justice marocaine a alourdi en appel des peines de prison de huit migrants ayant pris part à une tentative meurtrière d'entrée en force fin juin dans l'enclave espagnole de Melilla, a-t-on appris mardi auprès de leur avocat.

"La cour d'appel de Nador a durci lundi soir à quatre ans de prison les peines de trois migrants et à trois ans de prison pour cinq autres", a détaillé l'avocat de la défense Mbarek Bouirig.

Sept autres accusés du même groupe ont vu leurs peines maintenues à deux ans et demi de prison, a précisé l'avocat.

Ces 15 migrants ont été condamnés, entre autres, pour "entrée illégale" au Maroc, "désobéissance" et "dégradation de biens publics", selon Me Bouirig.

Il s'agit du dernier groupe jugé en appel parmi des dizaines de migrants irréguliers poursuivis à la suite du drame de Melilla.

La majorité d'entre eux ont vu leurs peines alourdies en appel à trois ans de prison ferme.

"Nous espérions que la justice prenne en considération leur condition de demandeurs d'asile afin de revoir à la baisse ces peines", déplore leur défense.

Près de 2 000 migrants, en majorité des Soudanais, avaient tenté le 24 juin de pénétrer par la force dans la cité autonome espagnole de Melilla, située au nord du Maroc.

Cette tentative avait fait 23 morts parmi les migrants, selon les autorités marocaines, 27 d'après l'Association marocaine des droits humains (AMDH).

C'est le bilan le plus meurtrier jamais enregistré lors des nombreuses tentatives de migrants subsahariens de pénétrer à Melilla et dans l'enclave espagnole voisine de Ceuta, qui constituent les seules frontières terrestres de l'Union européenne avec le continent africain.


L'Iran dévoile sa première base souterraine pour avions de chasse

Des responsables militaires iraniens visitent la première base souterraine de l'armée de l'air du pays, appelée «Aigle 44», dans un lieu tenu secret (Photo, Reuters).
Des responsables militaires iraniens visitent la première base souterraine de l'armée de l'air du pays, appelée «Aigle 44», dans un lieu tenu secret (Photo, Reuters).
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  • La base Aigle-44 de l'Armée de l'air «a la capacité de recevoir tous les types d'avions de chasse et de bombardiers, ainsi que des drones»
  • Aucune indication n'a été donnée sur la localisation de la nouvelle installation, située «à plusieurs centaines de mètres de profondeur au cœur des montagnes»

TÉHÉRAN: L'armée iranienne a dévoilé mardi sa première base souterraine accueillant des avions de chasse, qui est présentée comme étant capable de résister à d'éventuels bombardements américains, selon des médias officiels.

La base Aigle-44 de l'Armée de l'air "a la capacité de recevoir tous les types d'avions de chasse et de bombardiers, ainsi que des drones", a affirmé l'agence officielle Irna qui, comme d'autres médias, en a diffusé des photos et des images vidéo.

En mai 2022, l'Iran avait déjà montré pour la première fois les images d'une base de drones située dans les montagnes de Zagros, dans l'ouest du pays.

Aucune indication n'a été donnée sur la localisation de la nouvelle installation, située "à plusieurs centaines de mètres de profondeur au cœur des montagnes afin de pouvoir résister aux bombes des bombardiers stratégiques des Etats-Unis", a précisé la télévision d'Etat.

Ces images ont été dévoilées à la veille de la "journée de l'Armée de l'air", dans le cadre des cérémonies de l'anniversaire de la Révolution islamique de février 1979.

Elles montrent le chef d'état-major des forces armées, le général Mohammad Bagheri, et le commandant de l'armée Abdolrahim Moussavi, visitant la base, d'où entrent et sortent des avions de chasse.

"Aigle-44 est l'une des nombreuses bases aériennes tactiques souterraines de l'Armée de l'air construites dans différentes régions du pays au cours des dernières années", a précisé l'agence Irna.

L'armée de l'air iranienne est équipée essentiellement d'avions de combat russes Mig et Sukhoï datant de l'époque soviétique, de quelques appareils chinois, et de F4 et F5 américains d'avant la révolution islamique de 1979. Ces dernières années, le pays a fabriqué des avions de combat Azarakhsh, une version du F-5.

L'Iran a également commencé à développer des programmes de drones dans les années 1980 lors de la guerre Iran-Irak (1980-1988).

Début février, un site militaire du ministère de la Défense à Ispahan (centre) avait été visé par des drones quadricoptères, qui n'avaient pas fait de victimes, seulement des "dégâts mineurs" selon le ministère.

L'ambassadeur d'Iran aux Nations unies a ensuite accusé Israël d'être "responsable" de cette attaque, qui fait suite à une série de sabotages et d'assassinats attribués à ce pays.

Les deux pays se livrent depuis des années une guerre larvée, Israël accusant l'Iran – qui dément – de vouloir acquérir la bombe atomique.


Nouveau sursis pour un village palestinien menacé de destruction par Israël

Cette photo d'archive prise le 23 janvier 2023 montre une vue aérienne du village bédouin de Khan al-Ahmar en Cisjordanie occupée, près de la banlieue d'Abou Dis à Jérusalem-Est (Photo, AFP).
Cette photo d'archive prise le 23 janvier 2023 montre une vue aérienne du village bédouin de Khan al-Ahmar en Cisjordanie occupée, près de la banlieue d'Abou Dis à Jérusalem-Est (Photo, AFP).
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  • La Cour suprême a imposé une amende de 20 000 shekels (environ 5 350 euros) à l'exécutif pour son «attitude générale» dans ce dossier
  • Coincé entre deux implantations juives proches de Jérusalem, Khan al-Ahmar s'est imposé comme un des symboles de la lutte contre l'expansion des colonies israéliennes

JÉRUSALEM: La Cour suprême d'Israël a accordé mardi un nouveau délai au gouvernement israélien avant de statuer sur le caractère exécutoire d'un ordre de démolition controversé visant un village bédouin palestinien en Cisjordanie occupée, devenu emblématique de l'opposition à la colonisation juive.

En mai 2018, la plus haute juridiction du pays avait jugé qu'il n'y avait "aucune raison juridique valable" de s'opposer à la "décision du ministère de la Défense de détruire" ce village, Khan al-Ahmar, situé à une dizaine de kilomètres à l'est de Jérusalem.

Mais soumis à une forte pression extérieure, notamment de l'Union européenne (UE) et de la Cour pénale internationale (CPI), dont la procureure Fatou Bensouda avait déclaré qu'une telle destruction pourrait constituer un crime de guerre, le gouvernement israélien a reporté plusieurs fois la démolition de Khan al-Ahmar, où vivent environ 200 bédouins.

En 2019, une ONG sioniste de droite, Regavim, qui dit militer pour "préserver les terres nationales", avait saisi la Cour suprême pour forcer le gouvernement à détruire le village.

Celui-ci est situé en zone C, c'est-à-dire sous contrôle militaire et administratif total de l'Etat israélien, qui accuse les bédouins palestiniens de s'être installés sur place illégalement, sachant qu'il est pratiquement impossible pour des Palestiniens d'obtenir des permis de construire dans cette zone, qui couvre plus de 60% de la Cisjordanie occupée.

Depuis le dépôt du recours de Regavim devant la Cour, les gouvernements israéliens successifs n'ont cessé de demander des délais, en invoquant des motifs liés à l'instabilité politique, pour présenter leurs arguments au tribunal.

Déjà repoussée huit fois, l'échéance tombait au 1er février, mais le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahou, qui compte dans ses rangs plusieurs partisans de la démolition du village, dont un ancien directeur de Regavim, avait demandé un nouveau report en arguant qu'étant entré en fonction fin décembre, il lui fallait plus de temps pour se préparer.

Mardi, la Cour a imposé une amende de 20 000 shekels (environ 5 350 euros) à l'exécutif pour son "attitude générale" dans ce dossier, mais lui a accordé trois mois supplémentaires, jusqu'au 1er mai.

Selon des journaux israéliens, la véritable raison de l'attentisme du gouvernement est la crainte qu'une démolition du village et le transfert de ses habitants ne précipite le conflit israélo-palestinien dans une nouvelle spirale de violence incontrôlable alors que l'on assiste à une escalade depuis le début de l'année.

Regavim a réagi mardi soir en affirmant que "la Cour suprême couvre une fois de plus l'incapacité du gouvernement à formuler et appliquer une vision pertinente" en Cisjordanie.

"Il est temps que l'Etat d’Israël grandisse et se prenne au sérieux", a ajouté Regavim dans un communiqué.

Ceinture de colonies 

Coincé entre deux implantations juives proches de Jérusalem, Khan al-Ahmar s'est imposé comme un des symboles de la lutte contre l'expansion des colonies israéliennes, que l'ONU juge contraires au droit international, et où vivent désormais plus de 475 000 personnes.

Les opposants à la démolition font valoir que celle-ci permettrait l'expansion de la colonisation de façon à constituer une ceinture d'implantations juives autour de Jérusalem-est, occupée et annexée, pour l'isoler du reste de la Cisjordanie et compromettre ainsi davantage encore la possibilité d'une solution de paix négociée.

Figure de la droite israélienne, M. Netanyahou, qui détient le record de longévité au pouvoir pour un Premier ministre israélien, avait perdu son poste en 2021. Il est revenu aux commandes fin décembre à la faveur d'une alliance avec des partis d'extrême droite - qui militent pour une intensification de la colonisation voire, pour certains, une annexion pure et simple de la Cisjordanie - et des formations ultra-orthodoxes juives.

Le 30 janvier, lors d'une visite avec plusieurs diplomates de l'UE à Khan al-Ahmar, Oliver Owcza, représentant de l'Allemagne auprès des Palestiniens, avait mis en garde contre les conséquences, à ses yeux, d'une destruction du village.

"La voie [serait alors] ouverte à l'extension de la colonisation", ce qui, en plus d'être "contraire au droit international (...) mettrait politiquement en péril la perspective d'une solution à deux États", Israël et un Etat palestinien vivant côte-à-côte.

"La communauté internationale fait l'éloge de la paix" mais "si le village est démoli, le processus de paix prend fin", déclarait de son côté Eid al-Jahalin, porte-parole de Khan al-Ahmar, en demandant : "La communauté internationale est-elle capable de préserver ce village pour que la paix advienne, ou non ?"