La politique zéro Covid sera une «réussite», assure Pékin au lendemain de manifestations historiques

Des policiers chinois bloquent l'accès à un site où des manifestants s'étaient rassemblés à Shanghai, le 27 novembre 2022. (AP)
Des policiers chinois bloquent l'accès à un site où des manifestants s'étaient rassemblés à Shanghai, le 27 novembre 2022. (AP)
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Publié le Lundi 28 novembre 2022

La politique zéro Covid sera une «réussite», assure Pékin au lendemain de manifestations historiques

  • Dimanche, une foule de manifestants, répondant à des appels sur les réseaux sociaux, est descendue dans la rue notamment à Pékin, Shanghai et Wuhan, prenant les forces de l'ordre au dépourvu
  • Parmi les slogans scandés à l'unisson: «Pas de tests Covid, on a faim!», «Xi Jinping, démissionne ! PCC (Parti communiste chinois, ndlr), retire-toi !» ou «Non aux confinements, nous voulons la liberté»

SHANGHAI : Les autorités chinoises ont assuré lundi que leur "combat contre le Covid-19 serait une réussite", au lendemain d'un mouvement de colère d'une ampleur historique de Chinois exaspérés par les restrictions sanitaires et réclamant plus de libertés.

Dimanche, une foule de manifestants, répondant à des appels sur les réseaux sociaux, est descendue dans la rue notamment à Pékin, Shanghai et Wuhan, prenant les forces de l'ordre au dépourvu.

Parmi les slogans scandés à l'unisson: "Pas de tests Covid, on a faim!", "Xi Jinping, démissionne ! PCC (Parti communiste chinois, ndlr), retire-toi !" ou "Non aux confinements, nous voulons la liberté".

Par son étendue sur le territoire, la mobilisation semble la plus importante depuis les émeutes pro-démocratie de 1989.

Elle est le point d'orgue d'une grogne populaire qui n'a cessé de monter ces derniers mois en Chine, l'un des seuls pays au monde à appliquer encore une stricte politique "zéro Covid", avec confinements à répétition et tests PCR quasi-quotidiens de la population.

L'incendie mortel survenu à Urumqi, capitale de la province du Xinjiang (nord-ouest), a catalysé la colère de nombre de Chinois, certains accusant les restrictions sanitaires d'avoir bloqué le travail des secours.

Le ministère chinois des Affaires étrangères a accusé des forces aux motivations cachées" d'établir un lien entre cet incendie et "la réponse locale au Covid-19", selon son porte-parole Zhao Lijian.

Sous "la direction du Parti communiste chinois et (avec) le soutien du peuple chinois, notre combat contre le Covid-19 sera une réussite", a-t-il assuré, en réponse à la vague de protestations du week-end.

Mais les manifestations ont fait également émerger des demandes pour plus de libertés politiques, voire pour le départ du président Xi Jinping, tout juste reconduit pour un troisième mandat inédit à la tête du pays.

Présence policière

Lundi matin, une présence policière était visible à Pékin et à Shanghai, près des lieux de rassemblements de la veille, ont constaté des journalistes de l'AFP.

A Shanghai, deux personnes ont été arrêtées près de la rue Urumqi, à l'endroit même où avait eu lieu une manifestation dimanche.

L'une des deux personnes n'avait "pas obéi à nos dispositions", a expliqué un policier à l'AFP.

Les agents écartaient également d'autres personnes présentes sur place et leur ordonnaient d'effacer des images de leurs téléphones, selon un journaliste de l'AFP.

La police de Shanghai, interrogée à plusieurs reprises, n'avait toujours pas répondu lundi sur le nombre de détentions durant le week-end.

Un journaliste de la BBC en Chine, qui couvrait à Shanghai, a été arrêté et "frappé par la police", selon le média britannique. Le ministre britannique des Entreprises, Grant Shapps, a jugé "inacceptables" et "préoccupantes" ces violences.

A Shangai, une des rues occupées par la foule durant la nuit était désormais entourée de palissades pour empêcher tout nouveau rassemblement.

Dimanche, des heurts avaient opposé forces de l'ordre et manifestants, certains portant des fleurs ou des feuilles blanches comme symboles de la censure. Plusieurs d'entre eux ont été arrêtés.

Près de la rivière Liangma à Pékin, où plus de 400 jeunes Chinois s'étaient réunis dimanche soir pendant plusieurs heures aux cris notamment de "Nous sommes tous des habitants du Xinjiang!", des voitures de police étaient garées et des agents patrouillaient le long du canal.

"Cette manifestation, c'était une bonne chose", confie à l'AFP une femme d'une vingtaine d'années faisant son jogging dans le quartier, disant l'avoir suivie via les réseaux sociaux.

"Cela a envoyé le signal que les gens en ont marre de ces restrictions excessives", ajoute la jeune femme, sous couvert de l'anonymat.

"Je crois que le gouvernement a compris le message et qu'ils vont alléger leur politique, pour pouvoir s'en sortir", estime-t-elle.

"La censure n'a pas pu suivre le rythme", selon elle, quand les manifestations ont éclaté en divers endroits du territoire.

Mais la censure s'est depuis rattrapée: sur les réseaux sociaux chinois, toute information concernant ces manifestations semblait avoir été effacée lundi.

Sur la plateforme Weibo, sorte de Twitter chinois, les recherches "Rivière Liangma" et "rue Urumqi" ne donnaient aucun résultat lié à la mobilisation.

«Point d'ébullition»

Le contrôle strict des autorités chinoises sur l'information et les restrictions sanitaires sur les voyages à l'intérieur du pays compliquent la vérification du nombre total de manifestants durant le week-end.

Mais un soulèvement aussi étendu est rarissime en Chine, compte tenu de la répression contre toute forme d'opposition au gouvernement.

Des manifestations ont également eu lieu à Canton, Chengdu et Hong Kong, mais aussi à Wuhan, ville du centre du pays où avait été détecté le premier cas au monde de Covid-19 il y a bientôt trois ans.

Le Quotidien du peuple a publié lundi un texte mettant en garde contre la "paralysie" et la "lassitude" face à la politique "zéro Covid", sans toutefois appeler à y mettre fin.

"Les gens ont maintenant atteint un point d'ébullition car il n'y a pas de direction claire sur la voie à suivre pour mettre fin à la politique du zéro Covid", explique à l'AFP Alfred Wu Muluan, expert en politique chinoise à l'Université nationale de Singapour.

"Le parti a sous-estimé la colère de la population", ajoute-t-il.

Les manifestations ont inquiété les investisseurs. Et les Bourses asiatiques ont ouvert en nette baisse lundi.


La Knesset adopte une résolution "contre la création d'un Etat palestinien"

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'adresse aux législateurs de la Knesset, le parlement israélien, à Jérusalem, le mercredi 17 juillet 2024. (AP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'adresse aux législateurs de la Knesset, le parlement israélien, à Jérusalem, le mercredi 17 juillet 2024. (AP)
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  • Le Parlement israélien a adopté dans la nuit de mercredi à jeudi une résolution s'opposant à "la création d'un État palestinien", à quelques jours d'une visite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Washington
  • Selon cette résolution, "la Knesset s'oppose fermement à la création d'un État palestinien à l'ouest du Jourdain" c'est-à-dire en Cisjordanie (territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967) ou dans la bande de Gaza

JERUSALEM: Le Parlement israélien a adopté dans la nuit de mercredi à jeudi une résolution s'opposant à "la création d'un État palestinien", à quelques jours d'une visite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Washington.

Cette résolution symbolique, proposée par un député de droite de l'opposition, a recueilli le soutien de 68 élus de la coalition au pouvoir et de l'opposition. Neuf députés ont voté contre.

Selon cette résolution, "la Knesset s'oppose fermement à la création d'un État palestinien à l'ouest du Jourdain" c'est-à-dire en Cisjordanie (territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967) ou dans la bande de Gaza, aujourd'hui dévastée par la guerre qu'y mène Israël en représailles à l'attaque sans précédent lancée par le mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre sur le sud du territoire israélien.

"La création d'un État palestinien au coeur de la terre d'Israël constituera un danger existentiel pour l'État d'Israël et ses citoyens, va perpétuer le conflit israélo-palestinien et déstabiliser la région", ajoute le texte.

La présidence de l'Autorité palestinienne a réagi en affirmant "qu'il n'y aurait ni paix ni sécurité pour qui que ce soit sans l'établissement d'un Etat palestinien" et accusé la coalition au pouvoir en Israël de "plonger la région dans l'abîme".

A Paris, le Quai d'Orsay a exprimé sa "consternation à la suite de [cette] résolution rejetant la perspective d’établissement d'un État palestinien, en contradiction avec les résolutions adoptées au Conseil de sécurité des Nations unies".

"Seule la solution à deux États est à même d'apporter une paix juste et durable aux Israéliens comme aux Palestiniens et de garantir la stabilité de la région", ajoute la France, qui "appelle à ce que cessent les remises en cause de cet impératif reconnu comme tel par l'immense majorité de la communauté internationale".

La Knesset avait voté en février à une large majorité de 99 élus (sur 120) contre la reconnaissance "unilatérale" d'un Etat palestinien, pas qu'ont franchi en mai trois pays européens, l'Espagne, l'Irlande et la Norvège, et l'Arménie en juin, rejoignant la majorité des pays membres de l'ONU ayant reconnu l'Etat de Palestine.

M. Netanyahu doit se rendre lundi à Washington pour s'exprimer devant les élus du Congrès le 24 juillet à l'invitation des chefs parlementaires républicains et démocrates. Il pourrait aussi y rencontrer le président américain Joe Biden, très critique depuis des mois de la guerre que mène Israël à Gaza.


Qu'est-ce qui explique la récente recrudescence des attaques contre les visiteurs arabes et les réfugiés syriens en Turquie ?

Des partisans du Parti de la justice et du développement (AK), au pouvoir en Turquie, brandissent des drapeaux nationaux turcs avec le signe du “loup gris” lors d'un meeting de campagne dans le quartier de Sultangazi à Istanbul, le 12 mai 2023. (AFP)
Des partisans du Parti de la justice et du développement (AK), au pouvoir en Turquie, brandissent des drapeaux nationaux turcs avec le signe du “loup gris” lors d'un meeting de campagne dans le quartier de Sultangazi à Istanbul, le 12 mai 2023. (AFP)
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  • Un homme turc a été arrêté à Istanbul au début du mois après avoir menacé un groupe de touristes saoudiens avec un couteau
  • L'incident s'est produit dans le contexte d'une nouvelle vague de violence à l'encontre des syriens vivant en Turquie

LONDRES : La multiplication des agressions violentes contre des arabes en Turquie ces derniers temps a suscité des inquiétudes quant à la sécurité des étrangers dans un pays visité par des dizaines de milliers de touristes du Moyen-Orient et qui accueille des millions de réfugiés syriens.

Au début du mois, un turc a été arrêté à Istanbul après avoir menacé un groupe de touristes saoudiens avec un couteau tout en leur lançant des épithètes désobligeantes, a rapporté Al-Arabiya.

Une vidéo de l'attaque a rapidement circulé sur les réseaux sociaux, montrant l'homme faisant un geste de la main associé aux Loups gris, un groupe ultranationaliste et pan-turc créé à la fin des années 1960 en tant qu'aile jeunesse du Parti du mouvement nationaliste.

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Un turc menace d'attaquer des saoudiens dans un café en Turquie (photo Twitter/File)

Les Loups gris ont longtemps été associés à des actes violents, notamment des attaques contre des gauchistes, des Kurdes et d'autres groupes minoritaires. Malgré leur réputation controversée, ils restent influents dans la société turque.

La Turquie est une destination populaire pour les touristes saoudiens, qui ont été 650 000 à s'y rendre entre janvier et août de l'année dernière, selon les responsables turcs du tourisme. Une flambée d'hostilité à l'égard des arabes pourrait faire chuter le nombre de visiteurs saoudiens.

Ce n'est sûrement pas la première fois que des clips montrant des attaques contre des touristes arabes en Turquie sont diffusés sur Internet. Des incidents impliquant des bagarres et des insultes xénophobes ont été téléchargés sur les plateformes de réseaux sociaux l'année dernière par des utilisateurs des États du Golfe et d'Égypte.


Keir Starmer reçoit l'Europe près d'Oxford pour parler sécurité et immigration

Britain's Prime Minister Keir Starmer speaks during a debate n the House of Commons, at the Houses of Parliament, in London, on July 17, 2024 following the King's Speech during the State Opening of Parliament. (AFP)
Britain's Prime Minister Keir Starmer speaks during a debate n the House of Commons, at the Houses of Parliament, in London, on July 17, 2024 following the King's Speech during the State Opening of Parliament. (AFP)
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  • Plus de 45 dirigeants européens se réunissent jeudi près d'Oxford au Royaume-Uni, où le nouveau Premier ministre britannique Keir Starmer affichera sa volonté de redéfinir ses relations avec ses partenaires européens
  • Le soutien à Kiev et à la démocratie, la sécurité énergétique et l'immigration seront au menu de ce quatrième sommet de la Communauté politique européenne (CPE) organisé au palais de Blenheim

LONDRES : Plus de 45 dirigeants européens se réunissent jeudi près d'Oxford au Royaume-Uni, où le nouveau Premier ministre britannique Keir Starmer affichera sa volonté de redéfinir ses relations avec ses partenaires européens, notamment en matière de sécurité.

Le soutien à Kiev et à la démocratie, la sécurité énergétique et l'immigration seront au menu de ce quatrième sommet de la Communauté politique européenne (CPE) organisé au palais de Blenheim, lieu de naissance de Winston Churchill.

Fraîchement arrivé au pouvoir au Royaume-Uni, le travailliste Keir Starmer a affirmé vouloir "saisir l'occasion pour renouveler notre relation avec l'Europe", après les frictions avec les précédents gouvernements conservateurs depuis le Brexit.

Le sommet "marquera le coup d'envoi de la nouvelle approche de ce gouvernement envers l'Europe", a-t-il insisté dans un communiqué, évoquant le soutien à l'Ukraine face à l'invasion "barbare" de la Russie et la défense contre les "activités déstabilisatrices" de Moscou à travers l'Europe.

Symboliquement, les dirigeants pourront voir le traité de Londres, signé le 5 mai 1949, pour instituer le Conseil de l'Europe, organisation rassemblant désormais les 46 Etats signataires de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme.

"C'est un sommet très important pour le Royaume-Uni", fait-on valoir à Downing Street. Comme son prédécesseur conservateur Rishi Sunak, Keir Starmer entend notamment défendre une coopération renforcée contre l'immigration illégale en Europe. Il a promis de combattre les passeurs permettant aux migrants d'arriver au Royaume-Uni par la Manche.

Cette "redéfinition" des relations avec l'Europe est plutôt favorablement accueillie à Bruxelles, où on constate des "ondes positives" dans les premiers contacts avec le nouveau gouvernement travailliste, selon un haut responsable européen à l'AFP.

Mais à Bruxelles, on attend de connaître les détails de ce que proposera le nouvel exécutif britannique, en matière de sécurité notamment, en rappelant qu'il n'est pas question de "rouvrir" les discussions sur les accords du Brexit.

Même son de cloche côté français, où à l'Elysée on estime que c'est aux Britanniques de "préciser leurs attentes", tout en défendant le principe "d'intérêt mutuel".

- Ukraine -

Née en octobre 2022 sur une idée du président français Emmanuel Macron et dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine, la CPE réunit de manière informelle les 27 membres de l'UE et d'autres pays du continent dans un esprit de dialogue sur des enjeux de sécurité et de stabilité.

Dans la foulée du sommet de l'Otan à Washington, où les membres de l'Alliance atlantique ont multiplié les gages de soutien à l'Ukraine, les dirigeants devraient jeudi renouveler cet appui au président Volodymyr Zelensky, présent à Blenheim.

Et pour la première fois les responsables de l'Otan, du Conseil de l'Europe et de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe ont été invités à un sommet de la CPE, le quatrième après Prague (République Tchèque), Chisinau (Moldavie) et Grenade (Espagne).

"Non seulement les derniers mois ont été très difficiles pour les Ukrainiens en terme d'évolution du conflit, mais le spectre de l'élection américaine en novembre (qui pourrait voir Donald Trump revenir à la Maison Blanche) pèse aussi fortement sur la réflexion européenne autour de la façon dont elle doit assumer sa responsabilité" vis-à-vis de Kiev en cas de désengagement américain, a estimé Susi Dennison, du centre de réflexion du Conseil européen pour les relations internationales, lors d'un échange avec la presse en amont du sommet.

La Moldavie doit aussi faire l'objet de discussions entre plusieurs dirigeants, dont Emmanuel Macron et Keir Starmer, afin de réaffirmer le soutien à ce pays longtemps dans l'orbite de la Russie et qui vient d'entamer ses négociations d'adhésion avec l'UE.

Le président du conseil européen Charles Michel pourrait aussi tenter de faire avancer les efforts de paix entre les dirigeants de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie.

Parmi les grands absents, figurent le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui avait déjà manqué les deux précédentes éditions, ainsi que la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, retenue à Strasbourg où le Parlement européen vote au même moment pour renouveler son mandat.

Le nouveau Premier ministre britannique Keir Starmer et son homologue irlandais Simon Harris se sont engagés mercredi à "relancer le partenariat" entre les deux pays, lors d'une rencontre bilatérale avant le sommet.

Les dirigeants participeront également à une réception organisée à Blenheim par le roi Charles III.