Attentats de 2016 à Bruxelles: coup d'envoi du procès mercredi

Un croquis d'audience réalisé le 12 septembre 2022 montre l'accusé Salah Abdeslam lors de l'ouverture de l'audience préliminaire du procès des suspects des attentats djihadistes de mars 2016, à Bruxelles. (Photo de Benoit PEYRUCQ / AFP)
Un croquis d'audience réalisé le 12 septembre 2022 montre l'accusé Salah Abdeslam lors de l'ouverture de l'audience préliminaire du procès des suspects des attentats djihadistes de mars 2016, à Bruxelles. (Photo de Benoit PEYRUCQ / AFP)
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Publié le Lundi 28 novembre 2022

Attentats de 2016 à Bruxelles: coup d'envoi du procès mercredi

  • Il s'agit d'un nouveau procès pour Salah Abdeslam, condamné en juin en France à la perpétuité incompressible pour sa participation à la préparation des attentats du 13 novembre 2015 (130 morts à Paris et Saint-Denis)
  • En mars 2016, la même cellule jihadiste --repliée en Belgique où elle s'était en partie constituée en septembre-octobre 2015-- avait perpétré des attentats-suicides à Bruxelles, également revendiqués par le groupe Etat islamique

BRUXELLES: Trente-deux morts et des centaines de personnes marquées à vie. Le procès des attentats jihadistes de 2016 à Bruxelles s'ouvre mercredi dans la capitale belge avec le tirage au sort des jurés.

Il s'agit d'un nouveau procès pour Salah Abdeslam, condamné en juin en France à la perpétuité incompressible pour sa participation à la préparation des attentats du 13 novembre 2015 (130 morts à Paris et Saint-Denis).

En mars 2016, la même cellule jihadiste --repliée en Belgique où elle s'était en partie constituée en septembre-octobre 2015-- avait perpétré des attentats-suicides à Bruxelles, également revendiqués par le groupe Etat islamique (EI).

A Bruxelles le 22 mars 2016, une journée d'horreur et de chaos

Bruxelles, 22 mars 2016. Ce matin de printemps, trois kamikazes se font exploser en pleine heure d'affluence à l'aéroport et dans le métro de la capitale européenne. Bilan: 32 morts, plus de 340 blessés.

Quatre jours après l'arrestation spectaculaire à Bruxelles de Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des commandos parisiens du 13 novembre 2015 (130 morts), des jihadistes de la même cellule viennent de commettre les pires attentats de l'histoire de la Belgique.

Valises bourrées d'explosifs

Peu avant 08H00, trois d'entre eux sont arrivés en taxi à l'aéroport international de Bruxelles- Zaventem.

Dans le hall des départs, des centaines de personnes se trouvent aux comptoirs d'enregistrement. Les images de vidéosurveillance, qui feront le tour du monde, montrent les trois individus côte à côte, poussant des chariots sur lesquels sont posés leurs bagages. A l'intérieur, des explosifs.

L'un d'eux, portant lunettes de vue sous un chapeau noir, dépose un grand sac avant de quitter l'aérogare. Il s'agit de Mohamed Abrini, l'"homme au chapeau", qui sera arrêté deux semaines plus tard.

Vers 07H58, un premier kamikaze, identifié plus tard comme étant Ibrahim El Bakraoui, déclenche sa charge explosive. Onze secondes plus tard, le second jihadiste, Najim Laachraoui, actionne à son tour son dispositif à une autre extrémité du terminal. Tous deux viennent de semer la terreur.

«Du sang dans l'ascenseur»

"Un monsieur a crié en arabe, et j'ai entendu une grosse déflagration", racontera à l'AFP Alphonse Lyoura, les mains tachées de sang. "J'ai aidé au moins six, sept blessés, on a sorti cinq corps qui ne bougeaient plus", dira encore cet employé de l'aéroport.

Un voyageur débarquant en provenance de Genève décrira "le plafond tombé... une odeur de poudre... du sang dans l'ascenseur".

Seize vies sont fauchées. Parmi les victimes, Alexander Pinczowski, 29 ans, et sa soeur Sascha, 26 ans, qui devaient s'envoler pour New York (Etats-Unis).

En face du terminal B, l'hôtel Sheraton se transforme en hôpital improvisé.

A la mi-journée, la découverte du sac du troisième jihadiste provoque une seconde évacuation du bâtiment. Les démineurs ne parviennent à désamorcer la bombe artisanale. L'explosion ne fait pas de blessé mais d'énormes dégâts matériels.

Scène de guerre dans le métro

A 09H11, l'horreur frappe cette fois une station de métro, au coeur du quartier européen. Khalid El Bakraoui, frère cadet du premier kamikaze de l'aéroport, vient d'actionner sa bombe dans une rame sur le point de quitter la station Maelbeek.

Là aussi 16 personnes perdent la vie. Comme à l'aéroport, on dénombre de multiples nationalités parmi les morts et les blessés.

Autour de la bouche fumante du métro, des policiers établissent un périmètre de sécurité, coupent la circulation dans le quartier où des dizaines de fonctionnaires européens cherchent dans la confusion un moyen de gagner leur travail.

"Je n'ai rien, t'inquiète pas, c'est horrible", rassure une femme au téléphone, s'éloignant de la scène les larmes aux yeux.

Onde de choc planétaire

Dans l'après-midi, l'organisation jihadiste Etat islamique (EI) revendique les attentats contre la "Belgique croisée", accusant le pays de n'avoir "cessé de combattre l'islam et les musulmans".

L'onde de choc est considérable. Plusieurs pays d'Europe, dont la France, l'Allemagne et le Royaupe-Uni, renforcent leurs mesures de sécurité dans les lieux névralgiques. L'Otan, dont le siège est à Bruxelles, relève son niveau d'alerte.

«Bruxelles est belle»

Au fil des heures, plusieurs centaines de personnes de toutes origines convergent spontanément vers la place de la Bourse, au coeur de la capitale belge.

Le Premier ministre Charles Michel, qui a évoqué un "moment de tragédie" pour la Belgique, vient s'y recueillir avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Un son de violoncelle perce le silence. Toujours plus de fleurs, de bougies sont déposées sur le parvis alors que la nuit est tombée. "Bruxelles est belle", lancent trois mots tracés à la craie.

Recherchés «de partout»

Au 4 rue Max Roos, dans la commune bruxelloise de Schaerbeek, la police découvre un atelier de fabrication de bombes, dont 15 kilos d'explosifs de type TATP.

Au pied de l'immeuble, un ordinateur jeté dans une poubelle contient des testaments audio ou écrit, des lettres adressées à ses proches par Salah Abdeslam, ou encore des photos des membres de la cellule jihadiste posant devant un drapeau de l'EI accroché au mur.

Dans l'un de ces "testaments", Ibrahim El Bakraoui affirme "ne plus savoir quoi faire" car "recherché de partout".

A l'époque, ces jihadistes ont d'autres projets en tête, notamment de frapper l'Euro-2016 en France. Mais ils agissent dans la précipitation quelques jours après l'arrestation d'Abdeslam, à Bruxelles le 18 mars.

Le 22 au matin, deux hommes se font exploser dans le hall des départs de l'aéroport de Bruxelles-Zaventem et un autre dans une station de métro de la capitale européenne. Bilan: 32 morts et plusieurs centaines de blessés.

Neuf hommes sont attendus dans le box dont Salah Abdeslam et son ami d'enfance de Molenbeek, Mohamed Abrini. Un dixième, Oussama Atar, dirigeant de la cellule, sera jugé en son absence car il est présumé mort en Syrie.

Au total, six de ces dix accusés ont déjà été condamnés dans le procès-fleuve qui s'est tenu, pour les attentats du 13-Novembre, de septembre 2021 à juin 2022 à Paris.

Le procès à Bruxelles devait démarrer en octobre, mais le box des accusés initialement prévu --compartimenté en cellules individuelles-- a été jugé non conforme au droit européen par la présidente de la cour Laurence Massart. Il a dû être totalement reconstruit ce qui a repoussé l'ouverture de près de deux mois.

«Pertes de mémoire»

Face aux accusés, désormais installés dans un espace collectif, les rangs des victimes seront fournis. Selon le parquet fédéral, plus de 1.000 personnes se sont déjà constituées parties civiles pour obtenir la réparation d'un préjudice.

Cela fait de ce procès, prévu jusqu'à juin 2023 à l'ancien siège de l'Otan de Bruxelles, le plus grand jamais organisé devant une cour d'assises en Belgique.

"Je ne m'attends pas vraiment à beaucoup de réponses", dit à l'AFP Sandrine Couturier, partie civile qui compte venir faire face aux accusés. "Mais j'ai envie de me confronter à ce que l'être humain est capable de faire, il faut que j'accepte que tout le monde n'est pas bon".

Attentats de Bruxelles: neuf accusés attendus au procès, dont Abdeslam

Salah Abdeslam, Mohamed Abrini, des "combattants" du jihad, des logisticiens présumés: la cour d'assises de Bruxelles s'apprête à juger 10 hommes pour les attentats qui ont fait 32 morts en 2016 dans la capitale belge.

Voici un rappel du profil des neuf accusés attendus au procès. Un dixième, Oussama Atar, dirigeant de cette cellule jihadiste, sera jugé en son absence car il est présumé mort en Syrie. Au total six de ces 10 accusés étaient déjà concernés par le procès-fleuve des attentats du 13 novembre 2015 en France, à Paris et Saint-Denis.

Abdeslam et Abrini, copains de Molenbeek

Salah Abdeslam et Mohamed Abrini, amis d'enfance dans la commune bruxelloise de Molenbeek, font figure de principaux accusés.

Le premier est le seul membre encore en vie des commandos du 13 novembre 2015. Au procès parisien achevé en juin 2022, il a été condamné (comme Oussama Atar) à la perpétuité incompressible, la peine la plus lourde du code pénal français. Après ces attaques, il a rejoint Bruxelles où il a pris part au quotidien clandestin des autres membres de la cellule qui envisageaient de frapper à nouveau.

Le Français (33 ans) a été arrêté le 18 mars 2016 à Molenbeek. Pour les enquêteurs, son interpellation a précipité les attaques-suicides qui ont ciblé le 22 mars l'aéroport et le métro de Bruxelles.

Mohamed Abrini, déjà impliqué dans le dossier parisien (il a accompagné le "convoi de la mort" à la veille du 13 novembre), est "l'homme au chapeau" des attaques de Bruxelles- Zaventem, où il a également renoncé à se faire exploser. Une image de vidéosurveillance de l'aéroport l'a montré, bob sur la tête, en train de pousser un charriot bourré d'explosifs qu'il abandonnera avant de prendre la fuite.

A Paris, ce Belgo-Marocain de 37 ans a été condamné fin juin à la perpétuité avec une peine de sûreté de 22 ans.
Deux
«combattants aguerris» de la cellule

Le Tunisien Sofien Ayari et le Suédois Osama Krayem ont aussi été jugés pour les attentats parisiens, écopant chacun de 30 ans de réclusion avec une période de sûreté des deux tiers.

Ayari (29 ans) et Krayem (30), complices de la fuite d'Abdeslam, sont considérés comme des maillons importants de la cellule dirigée depuis la Syrie par Atar.

Au procès du 13 novembre, les magistrats parisiens ont estimé qu’ils devaient ce jour-là commettre un attentat à l’aéroport d’Amsterdam mais qu’un "imprévu a empêché l’accomplissement de la mission".

A Bruxelles, le matin du 22 mars 2016, Osama Krayem a accompagné dans le métro Khalid El Bakraoui, qui allait se fait exploser peu après dans une rame à la station Maelbeek. Krayem a rebroussé chemin, retournant se débarrasser de ses explosifs dans une planque de la commune bruxelloise d'Etterbeek.

Cinq «soutiens» dans la logistique

Parmi les accusés déjà condamnés au procès parisien (à une peine de 10 ans de prison dans son cas) figure aussi Ali El Haddad Asufi. Ce Belgo-Marocain de 38 ans a été considéré comme un soutien logistique de la cellule.

A Bruxelles, il est soupçonné d'avoir fourni des armes aux deux assaillants morts à l'aéroport: Ibrahim El Bakraoui, dont il était proche, et Najim Laachraoui. Son ADN a par ailleurs été retrouvé sur un gobelet jeté dans la rue Max Roos, au pied de l'appartement d'où sont partis ces derniers le matin des attentats. Il les aurait fréquentés jusqu'à la veille.

Comme facilitateur, chauffeur ou hébergeur, Bilal El Makhoukhi (33 ans), Hervé Bayingana Muhirwa (37) et Smaïl Farisi (38) sont également soupçonnés d'avoir apporté une aide logistique importante aux auteurs des attaques de Bruxelles.

Bilal El Makhoukhi, ancien du groupe Sharia4Belgium, qui est allé en zone de guerre, et Hervé Bayingana Muhirwa, un Belgo-Rwandais converti à l'islam, sont des amis de Najim Laachraoui. L'enquête a montré que tous deux connaissaient bien l'appartement de la rue Max Roos à Schaerbeek.

Ibrahim Farisi (34), frère de Smaïl, a aussi eu ce rôle de "soutien" d'après les enquêteurs. Mais seulement en aidant Smaïl, locataire des lieux, à vider et nettoyer le 23 mars l'appartement d'Etterbeek d'où sont partis la veille vers le métro Khalid El Bakraoui et Osama Krayem.

Le cadet des Farisi n'est pas jugé pour "assassinat", mais pour "participation aux activités d'un groupe terroriste", et risque aux assises jusqu'à 10 ans de prison. Tous les autres encourent la réclusion à perpétuité.

Présente sur le quai du métro Maelbeek au moment où le kamikaze a déclenché ses explosifs dans une rame, cette directrice d'association souffre encore de stress post-traumatique six ans et demi plus tard.

Des "pertes de mémoire" et "problèmes de concentration" qui resurgissent à l'approche du procès, explique-t-elle.

Les épisodes d'anxiété, voire de dépression, sont encore très fréquents pour les rescapés et témoins que l'AFP a pu interroger.

Sébastien Bellin, ancien basketteur professionnel qui devait s'envoler de Zaventem pour New York le matin du 22 mars, a perdu l'usage d'une jambe dans l'attentat.

Il dit aujourd'hui ne pas ressentir de haine contre les auteurs. "Cela pomperait l'énergie dont j'ai besoin pour me reconstruire", confie-t-il.

Mercredi, l'audience démarrera par la formation du jury populaire. A l'inverse de la France, où ils sont soumis à une cour d'assises spéciale (uniquement composée de magistrats) les crimes terroristes sont encore jugés en Belgique par douze citoyens tirés au sort pour assister trois magistrats professionnels.

Autre aspect hors norme, la justice belge a convoqué jusqu'à un millier de citoyens pour anticiper un grand nombre de dispenses (300 ont déjà été accordées) face à la contrainte que représente le suivi quotidien des débats.

Outre les 12 titulaires, 24 jurés suppléants siégeront tout au long du procès pour s'assurer que ce nombre de 12 soit bien respecté au moment de délibérer sur le verdict.

Après la formation du jury, prévue sur une journée, les débats doivent s'ouvrir le 5 décembre.


Attaques de drones sur des infrastructures pétrolières en Russie, une raffinerie en feu

Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
  • Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes
  • Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine

MOSCOU: Des attaques de drones ont visé plusieurs infrastructures pétrolières dans le sud de la Russie vendredi, déclenchant un incendie dans une raffinerie de la région de Krasnodar, ont indiqué les autorités, faisant état de la destruction de 376 drones ukrainiens dans la nuit.

"A la suite de la chute de débris de drones, un incendie s’est déclaré à la raffinerie d'Ilskiï", a indiqué le quartier général opérationnel de la région de Krasnodar sur Telegram, précisant qu'il n'y a pas eu de victimes.

Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes.

Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine.

Entre 20H00 locales jeudi et vendredi 7H00, les forces russes ont détruit 376 drones ukrainiens, a précisé le ministère russe de la Défense sur la messagerie Max.

La Russie continue de frapper presque quotidiennement l'Ukraine, plus de quatre ans après le début de la guerre, pire conflit en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, jusqu'à présent sans issue diplomatique.

L'Ukraine a également intensifié ses frappes sur le territoire russe, parfois très loin de la frontière, visant particulièrement des infrastructures de transport et de stockage d'hydrocarbures pour tenter d'assécher la capacité de Moscou à financer son effort de guerre.


L'Iran cherche à tuer Donald Trump, a affirmé Israël auprès de Washington

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu écoute le président américain Donald Trump s'exprimer devant les journalistes lors d'une conférence de presse conjointe à la résidence Mar-a-Lago de Trump, à Palm Beach, en Floride. (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu écoute le président américain Donald Trump s'exprimer devant les journalistes lors d'une conférence de presse conjointe à la résidence Mar-a-Lago de Trump, à Palm Beach, en Floride. (AFP)
  • Israël a transmis aux États-Unis des renseignements affirmant que l'Iran préparerait un nouveau projet d'assassinat contre Donald Trump, selon des médias américains.
  • Ces révélations surviennent sur fond de tensions entre Washington et Israël concernant la guerre en Iran, certains responsables américains évoquant une possible tentative d'influencer la politique de Donald Trump

WASHINGTON: Israël a transmis à Washington des informations de ses services de renseignement selon lesquelles l'Iran prépare un nouveau plan pour assassiner Donald Trump, rapportent jeudi le Wall Street Journal et CNN en citant des sources anonymes.

Les deux médias américains sont avares en détails. Selon une source citée par CNN, l'alerte est arrivée cette semaine aux oreilles des Américains. Selon une autre source auprès de la chaîne, les Israéliens ont confirmé un nouveau plan iranien déjà partiellement détecté par les services américains.

Interrogée par l'AFP, la Maison Blanche n'a pas démenti, renvoyant simplement vers des déclarations de Donald Trump datant de mercredi: "Ils veulent éliminer le dirigeant américain - moi. Je suis sur une sorte de liste, j'ai vu ce matin que je suis sur toutes leurs listes".

Le président avait alors quitté le sommet de l'Otan en Turquie avec l'ancien avion présidentiel, et non le nouveau offert par le Qatar, en raison de questions de sécurité, selon le New York Times.

Ces fuites évoquant un nouveau complot interviennent au moment où la relation entre Israël et les Etats-Unis et leurs deux dirigeants, le Premier ministre Benjamin Netanhayu et Donald Trump, bat de l'aile à propos de la guerre en Iran.

Les Etats-Unis sont le principal allié d'Israël, mais le président américain s'est à plusieurs reprises livré ces dernières semaines à des critiques publiques de M. Netanyahu, après que la guerre menée par Israël contre le Hezbollah au Liban a menacé les pourparlers avec l'Iran.

Des sources américaines citées par CNN estiment que cette transmission d'informations israéliennes aux Américains pourrait constituer un effort du gouvernement Netanyahu visant à convaincre Donald Trump de poursuivre ses bombardements contre l'Iran, redémarrés cette semaine.

Les Etats-Unis ont assassiné le puissant général iranien Qassem Soleimani en Irak en 2020, lors du premier mandat du républicain, et l'Iran a publiquement menacé de représailles, notamment à l'encontre de Donald Trump.

L'Iran vient d'inhumer son défunt guide suprême Ali Khamenei, tué dans une frappe américano-israélienne fin février au tout début de leur guerre, après plusieurs jours de funérailles marquées le désir de vengeance.


L'armée américaine dit avoir mené une nouvelle série de frappes en Iran, sur 90 cibles

Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Selon le Centcom, ces frappes visent à réduire les capacités de l’Iran à menacer la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz

WASHINGTON: L'armée américaine a atteint quelque 90 "cibles militaires" en Iran, parmi lesquelles des systèmes de défense antiaérienne, lors de sa dernière série de frappes, a annoncé mercredi soir le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

"Les Etats-Unis ont achevé une nouvelle série de frappes contre l'Iran, le 8 juillet, afin de dégrader davantage la capacité de l'Iran à s'en prendre au transport maritime commercial et à d'innocents marins civils dans le détroit d'Ormuz", a détaillé le Centcom dans un communiqué publié sur X.