Attentats de 2016 à Bruxelles: coup d'envoi du procès mercredi

Un croquis d'audience réalisé le 12 septembre 2022 montre l'accusé Salah Abdeslam lors de l'ouverture de l'audience préliminaire du procès des suspects des attentats djihadistes de mars 2016, à Bruxelles. (Photo de Benoit PEYRUCQ / AFP)
Un croquis d'audience réalisé le 12 septembre 2022 montre l'accusé Salah Abdeslam lors de l'ouverture de l'audience préliminaire du procès des suspects des attentats djihadistes de mars 2016, à Bruxelles. (Photo de Benoit PEYRUCQ / AFP)
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Publié le Lundi 28 novembre 2022

Attentats de 2016 à Bruxelles: coup d'envoi du procès mercredi

  • Il s'agit d'un nouveau procès pour Salah Abdeslam, condamné en juin en France à la perpétuité incompressible pour sa participation à la préparation des attentats du 13 novembre 2015 (130 morts à Paris et Saint-Denis)
  • En mars 2016, la même cellule jihadiste --repliée en Belgique où elle s'était en partie constituée en septembre-octobre 2015-- avait perpétré des attentats-suicides à Bruxelles, également revendiqués par le groupe Etat islamique

BRUXELLES: Trente-deux morts et des centaines de personnes marquées à vie. Le procès des attentats jihadistes de 2016 à Bruxelles s'ouvre mercredi dans la capitale belge avec le tirage au sort des jurés.

Il s'agit d'un nouveau procès pour Salah Abdeslam, condamné en juin en France à la perpétuité incompressible pour sa participation à la préparation des attentats du 13 novembre 2015 (130 morts à Paris et Saint-Denis).

En mars 2016, la même cellule jihadiste --repliée en Belgique où elle s'était en partie constituée en septembre-octobre 2015-- avait perpétré des attentats-suicides à Bruxelles, également revendiqués par le groupe Etat islamique (EI).

A Bruxelles le 22 mars 2016, une journée d'horreur et de chaos

Bruxelles, 22 mars 2016. Ce matin de printemps, trois kamikazes se font exploser en pleine heure d'affluence à l'aéroport et dans le métro de la capitale européenne. Bilan: 32 morts, plus de 340 blessés.

Quatre jours après l'arrestation spectaculaire à Bruxelles de Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des commandos parisiens du 13 novembre 2015 (130 morts), des jihadistes de la même cellule viennent de commettre les pires attentats de l'histoire de la Belgique.

Valises bourrées d'explosifs

Peu avant 08H00, trois d'entre eux sont arrivés en taxi à l'aéroport international de Bruxelles- Zaventem.

Dans le hall des départs, des centaines de personnes se trouvent aux comptoirs d'enregistrement. Les images de vidéosurveillance, qui feront le tour du monde, montrent les trois individus côte à côte, poussant des chariots sur lesquels sont posés leurs bagages. A l'intérieur, des explosifs.

L'un d'eux, portant lunettes de vue sous un chapeau noir, dépose un grand sac avant de quitter l'aérogare. Il s'agit de Mohamed Abrini, l'"homme au chapeau", qui sera arrêté deux semaines plus tard.

Vers 07H58, un premier kamikaze, identifié plus tard comme étant Ibrahim El Bakraoui, déclenche sa charge explosive. Onze secondes plus tard, le second jihadiste, Najim Laachraoui, actionne à son tour son dispositif à une autre extrémité du terminal. Tous deux viennent de semer la terreur.

«Du sang dans l'ascenseur»

"Un monsieur a crié en arabe, et j'ai entendu une grosse déflagration", racontera à l'AFP Alphonse Lyoura, les mains tachées de sang. "J'ai aidé au moins six, sept blessés, on a sorti cinq corps qui ne bougeaient plus", dira encore cet employé de l'aéroport.

Un voyageur débarquant en provenance de Genève décrira "le plafond tombé... une odeur de poudre... du sang dans l'ascenseur".

Seize vies sont fauchées. Parmi les victimes, Alexander Pinczowski, 29 ans, et sa soeur Sascha, 26 ans, qui devaient s'envoler pour New York (Etats-Unis).

En face du terminal B, l'hôtel Sheraton se transforme en hôpital improvisé.

A la mi-journée, la découverte du sac du troisième jihadiste provoque une seconde évacuation du bâtiment. Les démineurs ne parviennent à désamorcer la bombe artisanale. L'explosion ne fait pas de blessé mais d'énormes dégâts matériels.

Scène de guerre dans le métro

A 09H11, l'horreur frappe cette fois une station de métro, au coeur du quartier européen. Khalid El Bakraoui, frère cadet du premier kamikaze de l'aéroport, vient d'actionner sa bombe dans une rame sur le point de quitter la station Maelbeek.

Là aussi 16 personnes perdent la vie. Comme à l'aéroport, on dénombre de multiples nationalités parmi les morts et les blessés.

Autour de la bouche fumante du métro, des policiers établissent un périmètre de sécurité, coupent la circulation dans le quartier où des dizaines de fonctionnaires européens cherchent dans la confusion un moyen de gagner leur travail.

"Je n'ai rien, t'inquiète pas, c'est horrible", rassure une femme au téléphone, s'éloignant de la scène les larmes aux yeux.

Onde de choc planétaire

Dans l'après-midi, l'organisation jihadiste Etat islamique (EI) revendique les attentats contre la "Belgique croisée", accusant le pays de n'avoir "cessé de combattre l'islam et les musulmans".

L'onde de choc est considérable. Plusieurs pays d'Europe, dont la France, l'Allemagne et le Royaupe-Uni, renforcent leurs mesures de sécurité dans les lieux névralgiques. L'Otan, dont le siège est à Bruxelles, relève son niveau d'alerte.

«Bruxelles est belle»

Au fil des heures, plusieurs centaines de personnes de toutes origines convergent spontanément vers la place de la Bourse, au coeur de la capitale belge.

Le Premier ministre Charles Michel, qui a évoqué un "moment de tragédie" pour la Belgique, vient s'y recueillir avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Un son de violoncelle perce le silence. Toujours plus de fleurs, de bougies sont déposées sur le parvis alors que la nuit est tombée. "Bruxelles est belle", lancent trois mots tracés à la craie.

Recherchés «de partout»

Au 4 rue Max Roos, dans la commune bruxelloise de Schaerbeek, la police découvre un atelier de fabrication de bombes, dont 15 kilos d'explosifs de type TATP.

Au pied de l'immeuble, un ordinateur jeté dans une poubelle contient des testaments audio ou écrit, des lettres adressées à ses proches par Salah Abdeslam, ou encore des photos des membres de la cellule jihadiste posant devant un drapeau de l'EI accroché au mur.

Dans l'un de ces "testaments", Ibrahim El Bakraoui affirme "ne plus savoir quoi faire" car "recherché de partout".

A l'époque, ces jihadistes ont d'autres projets en tête, notamment de frapper l'Euro-2016 en France. Mais ils agissent dans la précipitation quelques jours après l'arrestation d'Abdeslam, à Bruxelles le 18 mars.

Le 22 au matin, deux hommes se font exploser dans le hall des départs de l'aéroport de Bruxelles-Zaventem et un autre dans une station de métro de la capitale européenne. Bilan: 32 morts et plusieurs centaines de blessés.

Neuf hommes sont attendus dans le box dont Salah Abdeslam et son ami d'enfance de Molenbeek, Mohamed Abrini. Un dixième, Oussama Atar, dirigeant de la cellule, sera jugé en son absence car il est présumé mort en Syrie.

Au total, six de ces dix accusés ont déjà été condamnés dans le procès-fleuve qui s'est tenu, pour les attentats du 13-Novembre, de septembre 2021 à juin 2022 à Paris.

Le procès à Bruxelles devait démarrer en octobre, mais le box des accusés initialement prévu --compartimenté en cellules individuelles-- a été jugé non conforme au droit européen par la présidente de la cour Laurence Massart. Il a dû être totalement reconstruit ce qui a repoussé l'ouverture de près de deux mois.

«Pertes de mémoire»

Face aux accusés, désormais installés dans un espace collectif, les rangs des victimes seront fournis. Selon le parquet fédéral, plus de 1.000 personnes se sont déjà constituées parties civiles pour obtenir la réparation d'un préjudice.

Cela fait de ce procès, prévu jusqu'à juin 2023 à l'ancien siège de l'Otan de Bruxelles, le plus grand jamais organisé devant une cour d'assises en Belgique.

"Je ne m'attends pas vraiment à beaucoup de réponses", dit à l'AFP Sandrine Couturier, partie civile qui compte venir faire face aux accusés. "Mais j'ai envie de me confronter à ce que l'être humain est capable de faire, il faut que j'accepte que tout le monde n'est pas bon".

Attentats de Bruxelles: neuf accusés attendus au procès, dont Abdeslam

Salah Abdeslam, Mohamed Abrini, des "combattants" du jihad, des logisticiens présumés: la cour d'assises de Bruxelles s'apprête à juger 10 hommes pour les attentats qui ont fait 32 morts en 2016 dans la capitale belge.

Voici un rappel du profil des neuf accusés attendus au procès. Un dixième, Oussama Atar, dirigeant de cette cellule jihadiste, sera jugé en son absence car il est présumé mort en Syrie. Au total six de ces 10 accusés étaient déjà concernés par le procès-fleuve des attentats du 13 novembre 2015 en France, à Paris et Saint-Denis.

Abdeslam et Abrini, copains de Molenbeek

Salah Abdeslam et Mohamed Abrini, amis d'enfance dans la commune bruxelloise de Molenbeek, font figure de principaux accusés.

Le premier est le seul membre encore en vie des commandos du 13 novembre 2015. Au procès parisien achevé en juin 2022, il a été condamné (comme Oussama Atar) à la perpétuité incompressible, la peine la plus lourde du code pénal français. Après ces attaques, il a rejoint Bruxelles où il a pris part au quotidien clandestin des autres membres de la cellule qui envisageaient de frapper à nouveau.

Le Français (33 ans) a été arrêté le 18 mars 2016 à Molenbeek. Pour les enquêteurs, son interpellation a précipité les attaques-suicides qui ont ciblé le 22 mars l'aéroport et le métro de Bruxelles.

Mohamed Abrini, déjà impliqué dans le dossier parisien (il a accompagné le "convoi de la mort" à la veille du 13 novembre), est "l'homme au chapeau" des attaques de Bruxelles- Zaventem, où il a également renoncé à se faire exploser. Une image de vidéosurveillance de l'aéroport l'a montré, bob sur la tête, en train de pousser un charriot bourré d'explosifs qu'il abandonnera avant de prendre la fuite.

A Paris, ce Belgo-Marocain de 37 ans a été condamné fin juin à la perpétuité avec une peine de sûreté de 22 ans.
Deux
«combattants aguerris» de la cellule

Le Tunisien Sofien Ayari et le Suédois Osama Krayem ont aussi été jugés pour les attentats parisiens, écopant chacun de 30 ans de réclusion avec une période de sûreté des deux tiers.

Ayari (29 ans) et Krayem (30), complices de la fuite d'Abdeslam, sont considérés comme des maillons importants de la cellule dirigée depuis la Syrie par Atar.

Au procès du 13 novembre, les magistrats parisiens ont estimé qu’ils devaient ce jour-là commettre un attentat à l’aéroport d’Amsterdam mais qu’un "imprévu a empêché l’accomplissement de la mission".

A Bruxelles, le matin du 22 mars 2016, Osama Krayem a accompagné dans le métro Khalid El Bakraoui, qui allait se fait exploser peu après dans une rame à la station Maelbeek. Krayem a rebroussé chemin, retournant se débarrasser de ses explosifs dans une planque de la commune bruxelloise d'Etterbeek.

Cinq «soutiens» dans la logistique

Parmi les accusés déjà condamnés au procès parisien (à une peine de 10 ans de prison dans son cas) figure aussi Ali El Haddad Asufi. Ce Belgo-Marocain de 38 ans a été considéré comme un soutien logistique de la cellule.

A Bruxelles, il est soupçonné d'avoir fourni des armes aux deux assaillants morts à l'aéroport: Ibrahim El Bakraoui, dont il était proche, et Najim Laachraoui. Son ADN a par ailleurs été retrouvé sur un gobelet jeté dans la rue Max Roos, au pied de l'appartement d'où sont partis ces derniers le matin des attentats. Il les aurait fréquentés jusqu'à la veille.

Comme facilitateur, chauffeur ou hébergeur, Bilal El Makhoukhi (33 ans), Hervé Bayingana Muhirwa (37) et Smaïl Farisi (38) sont également soupçonnés d'avoir apporté une aide logistique importante aux auteurs des attaques de Bruxelles.

Bilal El Makhoukhi, ancien du groupe Sharia4Belgium, qui est allé en zone de guerre, et Hervé Bayingana Muhirwa, un Belgo-Rwandais converti à l'islam, sont des amis de Najim Laachraoui. L'enquête a montré que tous deux connaissaient bien l'appartement de la rue Max Roos à Schaerbeek.

Ibrahim Farisi (34), frère de Smaïl, a aussi eu ce rôle de "soutien" d'après les enquêteurs. Mais seulement en aidant Smaïl, locataire des lieux, à vider et nettoyer le 23 mars l'appartement d'Etterbeek d'où sont partis la veille vers le métro Khalid El Bakraoui et Osama Krayem.

Le cadet des Farisi n'est pas jugé pour "assassinat", mais pour "participation aux activités d'un groupe terroriste", et risque aux assises jusqu'à 10 ans de prison. Tous les autres encourent la réclusion à perpétuité.

Présente sur le quai du métro Maelbeek au moment où le kamikaze a déclenché ses explosifs dans une rame, cette directrice d'association souffre encore de stress post-traumatique six ans et demi plus tard.

Des "pertes de mémoire" et "problèmes de concentration" qui resurgissent à l'approche du procès, explique-t-elle.

Les épisodes d'anxiété, voire de dépression, sont encore très fréquents pour les rescapés et témoins que l'AFP a pu interroger.

Sébastien Bellin, ancien basketteur professionnel qui devait s'envoler de Zaventem pour New York le matin du 22 mars, a perdu l'usage d'une jambe dans l'attentat.

Il dit aujourd'hui ne pas ressentir de haine contre les auteurs. "Cela pomperait l'énergie dont j'ai besoin pour me reconstruire", confie-t-il.

Mercredi, l'audience démarrera par la formation du jury populaire. A l'inverse de la France, où ils sont soumis à une cour d'assises spéciale (uniquement composée de magistrats) les crimes terroristes sont encore jugés en Belgique par douze citoyens tirés au sort pour assister trois magistrats professionnels.

Autre aspect hors norme, la justice belge a convoqué jusqu'à un millier de citoyens pour anticiper un grand nombre de dispenses (300 ont déjà été accordées) face à la contrainte que représente le suivi quotidien des débats.

Outre les 12 titulaires, 24 jurés suppléants siégeront tout au long du procès pour s'assurer que ce nombre de 12 soit bien respecté au moment de délibérer sur le verdict.

Après la formation du jury, prévue sur une journée, les débats doivent s'ouvrir le 5 décembre.


Groenland et Danemark rejettent les visées de Trump sur le territoire autonome

Donald Trump s'est attiré mercredi un net refus du Groenland et du Danemark après avoir réaffirmé ses visées expansionnistes sur le territoire autonome danois, lors de son discours au Congrès. (AFP)
Donald Trump s'est attiré mercredi un net refus du Groenland et du Danemark après avoir réaffirmé ses visées expansionnistes sur le territoire autonome danois, lors de son discours au Congrès. (AFP)
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  • "Nous ne sommes pas à vendre et nous ne pouvons pas simplement être pris", a-t-il insisté sur Facebook, en réaction aux propos du président américain qui a dit vouloir s'emparer du Groenland "d'une manière ou d'une autre"
  • "Cela ne se produira pas", avait plus tôt réagi le ministre de la Défense Troels Lund Poulsen auprès de la télévision publique danoise DR

NUUK: Donald Trump s'est attiré mercredi un net refus du Groenland et du Danemark après avoir réaffirmé ses visées expansionnistes sur le territoire autonome danois, lors de son discours au Congrès.

"Nous ne voulons être ni Américains ni Danois, nous sommes Groenlandais", a dit le Premier ministre du Groenland Mute Egede. "Les Américains et leur chef doivent comprendre cela".

"Nous ne sommes pas à vendre et nous ne pouvons pas simplement être pris", a-t-il insisté sur Facebook, en réaction aux propos du président américain qui a dit vouloir s'emparer du Groenland "d'une manière ou d'une autre".

"Cela ne se produira pas", avait plus tôt réagi le ministre de la Défense Troels Lund Poulsen auprès de la télévision publique danoise DR, soulignant un aspect "positif" du discours de M. Trump: la mention du respect des Groenlandais à décider de leur avenir.

Le président américain a en effet assuré "à l'incroyable peuple du Groenland" soutenir "fermement votre droit à déterminer votre propre avenir et, si vous le souhaitez, nous vous souhaitons la bienvenue aux Etats-Unis d'Amérique".

"Nous en avons vraiment besoin pour la sécurité internationale et je pense que nous allons l'obtenir. D'une manière ou d'une autre, nous l'obtiendrons", a-t-il dit dans ce premier discours de politique générale depuis son retour au pouvoir le 20 janvier.

"Nous assurerons votre sécurité, nous vous rendrons riches et, ensemble, nous mènerons le Groenland vers des sommets que vous n'auriez jamais imaginé possibles", a-t-il déclaré.

Le Groenland est sous le feu des projecteurs depuis fin décembre et le souhait répété de Donald Trump d'intégrer la plus grande île arctique aux Etats-Unis.

Des élections législatives y sont prévues le 11 mars.

"Des élections auront bientôt lieu au Groenland et je pense que tout le monde - y compris nous-mêmes - doit faire attention à ne pas faire toutes sortes de suppositions sur l'avenir" des Groenlandais, a dit mercredi le chef de la diplomatie danoise Lars Løkke Rasmussen à la télévision TV2.

Dans la même veine, M. Trump a réitéré ses ambitions concernant le canal de Panama, le jour-même de l'annonce que deux ports détenus par le géant hongkongais Hutchison vont être cédés à un consortium américain.

"Pour renforcer encore notre sécurité nationale, mon administration va reprendre le canal de Panama, et nous avons déjà commencé à le faire", a-t-il affirmé, en faisant référence à cet accord.

Donald Trump a menacé de reprendre le canal dès le jour de son investiture au motif qu'il est, selon lui, exploité par la Chine.

Que ce soit à propos du Groenland, du canal de Panama ou encore de l'imposition de tarifs douaniers, y compris contre des pays alliés et voisins comme le Canada et le Mexique, le président américain montre clairement qu'il se soucie surtout de ses intérêts.

Le Lesotho? "Jamais entendu parler" 

S'il ne s'est guère attardé sur l'Ukraine dans son discours, il n'en a pas moins assuré que son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, avec qui il avait eu un vif échange vendredi dans le Bureau ovale, était "prêt" à négocier avec la Russie et à signer un accord sur les minerais.

Plus tôt dans la journée de mardi, le dirigeant ukrainien avait dit vouloir "arranger les choses" avec le président américain après leur accrochage.

M. Zelensky était parti sans signer cet accord sur les minerais et l'administration Trump a ensuite annoncé le gel de son assistance militaire à l'Ukraine, trois ans après son invasion par la Russie.

"Simultanément, nous avons eu des discussions sérieuses avec la Russie et nous avons reçu des signaux forts indiquant qu'ils sont prêts pour la paix", a encore affirmé le président américain.

"Ne serait-ce pas magnifique?".

Donald Trump ne s'est pas non plus épanché sur le Proche-Orient, si ce n'est pour dire "nous ramenons nos otages de Gaza" et rappeler son rôle au cours de son premier mandat dans la conclusion des accords d'Abraham, entre Israël et certains pays arabes.

Par ailleurs, il a promis de "faire la guerre aux cartels" mexicains de la drogue, parlant d'"une grave menace" pour la "sécurité nationale" des Etats-Unis.

Justifiant enfin les coupes budgétaires massives dans l'aide des Etats-Unis à l'étranger, le président américain a énuméré une série de "gaspillages" selon lui, comme les "40 millions de dollars pour des bourses d'études sur la diversité, l'équité et l'inclusion en Birmanie".

Il a aussi cité les "huit millions de dollars pour promouvoir les LGBT+ dans la nation africaine du Lesotho, dont personne n'a jamais entendu parler".

Contactée par l'AFP, People's Matrix, la principale ONG soutenant les personnes LGBTQ au Lesotho, a assuré ne pas avoir reçu cette somme. "On n'a aucune idée de l'affectation de ces 8 millions de dollars", a affirmé son porte-parole, Tampose Mothopeng. "On ne sait pas qui a reçu ou va recevoir cet argent."


Le président colombien somme Trump de cesser de le «calomnier»

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  • "Mon nom (...) n'apparaît pas dans les dossiers judiciaires sur le trafic de drogue. Cessez de me calomnier, M. Trump", a fustigé M. Petro sur le réseau social X
  • Donald Trump a déclaré dimanche à bord d'Air Force One qu'une opération en Colombie similaire à celle menée au Venezuela lui paraissait "une bonne idée" et accusé Gustavo Petro de trafic de drogue vers les États-Unis

BOGOTA: Le président colombien Gustavo Petro a rejeté dimanche les menaces et accusations de son homologue américain Donald Trump qui l'accuse sans preuve d'être un narcotrafiquant, à l'instar du président venezuelien capturé au cours du weekend.

"Mon nom (...) n'apparaît pas dans les dossiers judiciaires sur le trafic de drogue. Cessez de me calomnier, M. Trump", a fustigé M. Petro sur le réseau social X.

Donald Trump a déclaré dimanche à bord d'Air Force One qu'une opération en Colombie similaire à celle menée au Venezuela lui paraissait "une bonne idée" et accusé Gustavo Petro de trafic de drogue vers les États-Unis, avertissant qu'il "ne le ferait plus très longtemps".

Le président colombien, de gauche, est très critique de l'action militaire du gouvernement Trump dans la région. Il accuse les États-Unis d'avoir enlevé Nicolás Maduro "sans base légale". Le dirigeant vénézuélien a été capturé à Caracas samedi après des bombardements de Washington sur la capitale.

Après lui avoir dit samedi qu'il devrait "faire gaffe à ses fesses", Donald Trump a qualifié dimanche Gustavo Petro d'"homme malade" qui "aime prendre de la cocaïne".

"La Colombie est très malade aussi, dirigée par un homme malade, qui aime fabriquer de la cocaïne et la vendre aux États-Unis, et il ne va pas le faire très longtemps", a mis en garde le président américain.

Gustavo Petro "a des moulins à cocaïne et des usines de cocaïne, et il ne va pas le faire très longtemps", a-t-il soutenu.

Le ministère colombien des Affaires étrangères a qualifié les menaces du président américain d'"ingérence inacceptable" et demandé le "respect".

Depuis le début du deuxième mandat de Donald Trump, les deux dirigeants s'affrontent régulièrement sur des questions comme les droits de douane, ou la politique migratoire.

La Colombie, pays frontalier du Venezuela, et les États-Unis sont des alliés militaires et économiques clés dans la région, mais leurs relations sont aujourd'hui au plus bas.

 


Nouvel acte d'accusation de la justice américaine contre Maduro et son épouse

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  • L'acte d'accusation révisé vise désormais six personnes, dont Nicolas Maduro, Cilia Flores et le ministre vénézuélien de l'Intérieur, Diosdado Cabello, considéré comme l'un des hommes les plus puissants du pays
  • Ils sont notamment accusés de s'être alliés avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), que Washington considère comme "terroriste", ainsi qu'à des cartels criminels pour "acheminer des tonnes de cocaïne vers les Etats-Unis"

WASHINGTON: Le président vénézuélien Nicolas Maduro et son épouse Cilia Flores, emmenés de force par des militaires américains, sont visés par un nouvel acte d'accusation publié samedi pour "narcoterrorisme" et importation de cocaïne aux Etats-Unis.

Quelques heures après l'annonce de l'opération par le président Donald Trump, la ministre américaine de la Justice, Pam Bondi affirmait que le couple était inculpé pour ces faits devant un tribunal fédéral de New York.

Si les poursuites contre Nicolas Maduro et d'autres hauts responsables vénézuéliens dans cette procédure étaient connues depuis 2020, le nom de son épouse n'y apparaissait pas jusqu'à présent.

L'acte d'accusation révisé vise désormais six personnes, dont Nicolas Maduro, Cilia Flores et le ministre vénézuélien de l'Intérieur, Diosdado Cabello, considéré comme l'un des hommes les plus puissants du pays.

Ils sont notamment accusés de s'être alliés avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), que Washington considère comme "terroriste", ainsi qu'à des cartels criminels pour "acheminer des tonnes de cocaïne vers les Etats-Unis".

Nicolas Maduro et son épouse sont à bord d'un navire à destination de New York pour y être présentés à la justice, a indiqué Donald Trump sur Fox News.

Ils feront face "à toute la rigueur de la justice américaine, sur le sol américain, devant des tribunaux américains", a assuré Mme Bondi.

En août, le ministère de la Justice et le département d'Etat avaient annoncé doubler à 50 millions de dollars la prime pour l'arrestation de Nicolas Maduro et son ministre de l'Intérieur.

Le gouvernement de Nicolas Maduro dénonce de longue date une ingérence des Etats-Unis dans les affaires vénézuéliennes.