De la guerre aux JO, Les Nageuses, poignante histoire de deux sœurs syriennes sur Netflix

Les Nageuses. (Photo, Twitter, @YusraMardini)
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Publié le Lundi 28 novembre 2022

De la guerre aux JO, Les Nageuses, poignante histoire de deux sœurs syriennes sur Netflix

Les Nageuses. (Photo, Twitter, @YusraMardini)
  • Les Nageuses, tiré de faits réels, raconte l’odyssée de Sarah et Yousra Mardini, deux sœurs syriennes qui ont fui la guerre civile en 2015 pour participer ensuite aux JO de Rio
  • Au-delà de la fabuleuse aventure sportive, le film sensibilise à l’interminable chemin des migrants, à leur résistance et à leur résilience

PARIS: C’est un film d'une beauté renversante et profondément émouvant qui vient de sortir sur Netflix. Il raconte une histoire vraie, à la fois déchirante et inspirante, celle de Sarah et Yousra Mardini, deux sœurs syriennes qui ont fui la guerre civile en 2015 pour participer aux jeux Olympiques de Rio en 2016. 

Dans ce film de Sally el-Hosaini, Manal Issa (vue au cinéma en France, notamment dans Peur de rien (2016), Face à la mer (2022) ou Memory Box (2022)) et sa sœur Nathalie sont deux vraies sœurs qui interprètent avec un talent les deux nageuses, Sarah et Yousra, avec une vraie sincérité. 

«Elles sont libanaises, elles comprennent ce qu'on a traversé et je pense que c'était très important. Elles ont fait un travail formidable», a affirmé Yousra Mardini lors d'une projection à Londres cette semaine.

Matthias Schweighöfer (Army of Thieves) interprète Sven, l'entraîneur de natation de Yousra qui l’a mené jusqu'aux jeux Olympiques, et Ali Souliman le père des sœurs Mardini.

Un parcours remarquable 

Les Nageuses retrace le périple de deux sœurs qui réussissent à convaincre leur père de les laisser partir pour l'Allemagne avec leur cousin. Ces jeunes filles sous-estiment la difficulté de ce voyage. Elles s'embarquent pleines d'espoir, persuadées que ce sera facile et que comme Yousra n'a que 17 ans, leurs parents et leur jeune sœur pourront venir les rejoindre  grâce à la loi du regroupement familial pour les mineurs réfugiés.

Une partie du film est consacrée au voyage menant les sœurs en Allemagne, et l’on suit leur dangereuse traversée de la mer Égée. Le bateau pneumatique perd son moteur, Yousra et Sarah plongent et poussent ceux et celles qui ne savent pas nager, pendant trois heures, en pleine nuit. «Ça aurait été bête pour des nageuses de mourir en mer», lâche l’une d’elles. Une fois à Berlin, Yousra Mardini rejoint un club de natation et rencontre l'entraîneur qui l'aidera à réaliser son rêve: participer aux jeux Olympiques.

Mais au-delà de la fabuleuse aventure sportive, Les Nageuses sensibilise à l’interminable chemin des migrants, à leur résistance et à leur résilience. Et met aussi en lumière notre passivité.

Un destin différent

Depuis leur périlleux voyage, les sœurs Mardini ont retrouvé leurs parents et leur petite sœur, qui vivent désormais en Allemagne.

Mais Sarah est l’objet d’une procédure judiciaire en Grèce: elle est «accusée d’espionnage, de trafic d’êtres humains, de blanchiment d’argent, de fraude et d’appartenance à une organisation criminelle». Un article paru dans le quotidien libanais L’Orient Le Jour début 2022 affirmait qu’elle risquait «jusqu'à vingt-cinq ans de prison». Après trois mois de détention préventive, Sarah et son collègue sont libérés sous caution contre 5 000 euros chacun.

EN BREF

Sarah Mardini est retournée en Grèce pour devenir nageur-sauveteur-secouriste bénévole. Puis, elle rejoint l’ONG grecque Emergency Response Center International (Erci). Mais le 21 août 2018, alors en mission sur l'île de Lesbos, elle est arrêtée avec son collègue allemand Sean Binder par les autorités.

 

Sarah Mardini à Berlin en décembre 2018. (Photo, AFP)
Sarah Mardini à Berlin en décembre 2018. (Photo, AFP)

Le quotidien libanais précise que leur cas n'est pas isolé: «22 autres bénévoles de l’ONG sont poursuivis pour les mêmes accusations. Le procès, qui devait s’ouvrir en novembre dernier, a cependant été ajourné et renvoyé à une juridiction supérieure en raison de la présence d’un avocat parmi les prévenus.» 

Aux dernières nouvelles, Sarah Mardini était retournée à Berlin dans l'attente de son procès, mais ne pourra pas se rendre à son audience, étant «visée par une interdiction judiciaire d’entrée sur le territoire grec».


Le musée Al-Tayebat de Djeddah célèbre le patrimoine national

  • Costumes, textiles et objets artisanaux exposés au musée
  • Un pont entre les visiteurs locaux et internationaux et les cultures du Royaume

​​​RIYAD : Au musée Al-Tayebat, Cité internationale des sciences et du savoir à Djeddah, le Pavillon de la culture saoudienne ouvre une fenêtre vivante sur le patrimoine national, mettant en lumière l’authenticité de l’identité du Royaume et la richesse de ses multiples cultures.

Le pavillon s’est imposé comme l’une des attractions éducatives et touristiques les plus remarquables du Royaume, invitant les visiteurs à découvrir l’histoire des vêtements traditionnels et des costumes régionaux qui distinguent les différentes régions de l’Arabie saoudite à travers les siècles.

Le musée lui-même constitue un véritable monument culturel : il comprend 12 bâtiments patrimoniaux construits dans le style architectural traditionnel du Hijaz et abrite plus de 365 salles d’exposition.

Une grande partie de cet espace est consacrée aux costumes, textiles et savoir-faire artisanaux propres à chaque région, présentés de manière à associer le charme du passé à la rigueur de la documentation moderne.

Les couloirs du musée offrent un panorama visuel saisissant qui traverse l’ensemble du pays, du nord au sud et de l’est à l’ouest.

La région occidentale et le Hijaz ouvrent le parcours avec le zaboun féminin, les foulards maharem et la mudawwara, ainsi qu’avec la daqla, le gilet sidiriyah et le turban hijazi portés par les hommes. Ces tenues sont mises en valeur devant les rawasheen, les célèbres moucharabiehs en bois sculpté caractéristiques des maisons historiques de Djeddah.

Ailleurs dans le pavillon, les régions centrale et orientale affirment leur héritage à travers la splendeur du bisht d’Al-Ahsa, tissé à la main avec des fils dorés de zari, ainsi que des jalabiyas finement brodées.

La région méridionale attire ensuite le regard avec des couleurs inspirées directement de la nature : le mijnab et les chemises ornées de fils de canne aux teintes vives, exposés aux côtés de guirlandes parfumées et de bijoux traditionnels en argent.

Le nord raconte quant à lui son histoire à travers le mhawthal et les lourdes abayas conçues pour résister aux rigueurs de la vie désertique.

Selon Youssef Mohammed Kiki, superviseur général du musée, ces vêtements constituent de véritables documents historiques et sociaux, témoignant du mode de vie des populations, de leurs métiers et des conditions climatiques propres à chaque région.

Grâce à ces pièces rares, préservées pendant des décennies, le musée espère renforcer le lien des jeunes générations et des visiteurs avec le patrimoine national du Royaume. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Mondial-2026: l'Egypte renverse la Nouvelle-Zélande (3-1) et entrevoit les 16es

Apathique jusque-là, l'Egypte a abordé la seconde période avec d'autres intentions et c'est Mostafa Zico, lui aussi de la tête, qui a égalisé (58e), avant de permettre à Salah de marquer son troisième but dans un Mondial (deux en 2018) d'un plat du pied délicieux à la "Salah". (AFP)
Apathique jusque-là, l'Egypte a abordé la seconde période avec d'autres intentions et c'est Mostafa Zico, lui aussi de la tête, qui a égalisé (58e), avant de permettre à Salah de marquer son troisième but dans un Mondial (deux en 2018) d'un plat du pied délicieux à la "Salah". (AFP)
  • Profitant du nul entre la Belgique et l'Iran (0-0) plus tôt à Los Angeles, les Egyptiens prennent seuls la tête du groupe G avec deux points de mieux que leurs rivaux précités
  • Un nul contre les Iraniens vendredi à Seattle leur suffira pour valider leur ticket pour le tour suivant. Ce qui serait une première en quatre participations pour le septuple champion d'Afrique

VANCOUVER: L'Egypte, pourtant menée durant une heure, a réussi à renverser la situation, pour finalement remporter sa toute première victoire en Coupe du monde, aux dépens de la Nouvelle-Zélande (3-1), et ainsi entrevoir les 16e de finale, dimanche à Vancouver.

Profitant du nul entre la Belgique et l'Iran (0-0) plus tôt à Los Angeles, les Egyptiens prennent seuls la tête du groupe G avec deux points de mieux que leurs rivaux précités.

Un nul contre les Iraniens vendredi à Seattle leur suffira pour valider leur ticket pour le tour suivant. Ce qui serait une première en quatre participations pour le septuple champion d'Afrique.

Voilà donc l'Egypte en ballottage bien favorable, mais l'histoire avait commencé à s'écrire autrement face à des Néo-Zélandais bien mieux entrés dans le match, grâce à l'ouverture du score de leur défenseur Finn Surman, auteur d'un coup de tête puissant (15e).

Apathique jusque-là, l'Egypte a abordé la seconde période avec d'autres intentions et c'est Mostafa Zico, lui aussi de la tête, qui a égalisé (58e), avant de permettre à Salah de marquer son troisième but dans un Mondial (deux en 2018) d'un plat du pied délicieux à la "Salah".

Et un homonyme célèbre suivant un autre, Trezeguet s'est chargé de donner de la largesse au résultat (82e) mérité pour son équipe, qui a su réagir dos au mur.

"Dans les années à venir, on se souviendra que cela a été l'un des grands moments de l'histoire. On avait l'impression de jouer (chez nous) en Égypte", a déclaré Salah après le match. "C'est une superbe victoire et l'ambiance était géniale."

Les All Whites eux n'ont pas réussi à garder leur avantage plus d'une heure, mais ils conservent tout de même l'espoir de se qualifier. Il leur faudra pour cela battre la Belgique sur cette même pelouse de la BC Place vendredi. Ce qui serait un sacré exploit, mais pas impossible au regard des doutes qui traversent les Diables Rouges dans ce tournoi.


L'art numérique se fait une place sur le marché de l'art à la foire de Bâle

En plein débat sur l'intelligence artificielle (IA), les organisateurs de cet événement phare pour le marché de l'art contemporain, qui referme ses portes dimanche soir, ont voulu mettre en lumière ce segment qui cherche encore sa place sur le marché après l'éclatement en 2022 de la bulle des NFT ("Non-fungible tokens", des objets numériques uniques à collectionner, NDLR). (AFP)
En plein débat sur l'intelligence artificielle (IA), les organisateurs de cet événement phare pour le marché de l'art contemporain, qui referme ses portes dimanche soir, ont voulu mettre en lumière ce segment qui cherche encore sa place sur le marché après l'éclatement en 2022 de la bulle des NFT ("Non-fungible tokens", des objets numériques uniques à collectionner, NDLR). (AFP)
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  • Dès le premier jour de la foire, un triptyque sur écrans LED de l'artiste irlandais John Gerrard, présenté dans cette exposition, s'est vendu pour un demi-million de dollars
  • En 2021, un NFT de l'artiste américain Beeple s'était arraché à 69,3 millions de dollars au sommet de la bulle, mais les prix s'étaient effondrés l'année suivante

BALE: Entre une toile de Picasso et une sculpture de Niki de Saint Phalle, les organisateurs de la foire de Bâle, en Suisse, ont mis un coup de projecteur sur l'art numérique pour détailler comment les artistes s'emparent des outils technologiques.

En plein débat sur l'intelligence artificielle (IA), les organisateurs de cet événement phare pour le marché de l'art contemporain, qui referme ses portes dimanche soir, ont voulu mettre en lumière ce segment qui cherche encore sa place sur le marché après l'éclatement en 2022 de la bulle des NFT ("Non-fungible tokens", des objets numériques uniques à collectionner, NDLR).

Dans une section à part appelée Zero 10, la foire expose 16 oeuvres qui donnent un aperçu de la palette d'outils à la disposition des artistes, en présentant l'art numérique "dans son acceptation large", précise l'artiste américain Trevor Paglen, 51 ans, co-responsable de cette exposition.

"L'idée que les artistes utilisent les technologies n'est pas si nouvelle", a-t-il déclaré à l'AFP, expliquant que l'art numérique ne se résumait pas aux NFT. Il a voulu montrer que dès les "les années 1950", les artistes cherchaient déjà à produire "des images générées par ordinateur".

L'exposition présente notamment une installation de l'artiste allemande Hito Steyerl, intitulée "Green screen", couverte d'un côté de plantes dont les signaux bioélectriques sont utilisés pour produire, de l'autre côté, des images de fleurs pixelisées.

Le Français William Mapan, 38 ans, qui se définit comme "codeur et peintre" y présente lui une série de toiles intitulées "paysages plausibles". Pendant deux ans, cet artiste parisien a développé un algorithme qui génère des milliers de compositions abstraites. Et lorsque l'une de ces images aléatoires en noir et blanc lui rappelle une photo ou un souvenir, il reprend ses pinceaux et la reproduit sur la toile en y ajoutant ses couleurs, a-t-il expliqué à l'AFP.

Segment émergent 

L'artiste ouzbek Aziza Kadyri, 31 ans, présente de son côté des étoffes ornées de fines broderies produites en se jouant des erreurs de l'intelligence artificielle. Pour concevoir les motifs, elle commence par soumettre à une IA des broderies Suzani, la broderie traditionnelle d'Asie centrale, en sachant parfaitement que cette IA va les interpréter de travers, passer à côté de leur signification et finalement lui proposer un dessin complètement à côté de la plaque qu'elle s'amuse ensuite à reproduire sur étoffe en utilisant les techniques traditionnelles de la broderie ouzbèke.

Selon un rapport réalisé pour la foire par UBS et le cabinet Arts Economics, l'art numérique ne représentait que 0,4% des ventes sur le marché de l'art en 2025, contre 59% pour la peinture et 15% pour la sculpture. Le rapport note cependant un intérêt grandissant de la part des riches collectionneurs.

Dès le premier jour de la foire, un triptyque sur écrans LED de l'artiste irlandais John Gerrard, présenté dans cette exposition, s'est vendu pour un demi-million de dollars.

Le souvenir de la bulle des NFT est toutefois encore très frais dans les mémoires. En 2021, un NFT de l'artiste américain Beeple s'était arraché à 69,3 millions de dollars au sommet de la bulle, mais les prix s'étaient effondrés l'année suivante.

Les choses sont différentes quand "la démarche aboutit sur une oeuvre tangible", a indiqué à l'AFP Hans Laenen, expert en art chez Axa XL, pour ces nouvelles formes d'art numérique qui ont "beaucoup plus de chances de rester".

"L'art numérique est un domaines de création qui évolue très vite", et "finira par trouver sa place", estime lui aussi Nicolas Kaddeche, qui exerce chez l'assureur Hiscox, même s'il faut "rester prudent", selon lui.

"Cela reste un segment émergent et encore très spéculatif", prévient-il.