«Nostalgique», Enrico Macias garde l’espoir d’un retour en Algérie

Le chanteur et musicien Gaston Ghrenassia, également connu sous le nom d'Enrico Macias (Photo, AFP).
Le chanteur et musicien Gaston Ghrenassia, également connu sous le nom d'Enrico Macias (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 29 novembre 2022

«Nostalgique», Enrico Macias garde l’espoir d’un retour en Algérie

  • Parti avec les pieds noirs en 1961, Enrico Macias n’a depuis plus été autorisé à retourner en Algérie
  • «C’est comme quand vous perdez quelqu’un et vous ne faites pas son deuil, je n’ai pas fait le deuil de l’Algérie»

ALGER: Dans une interview accordée au site français Pure People, le chanteur français d'origine algérienne, Enrico Macias, en plus de s’être confié sur ses déboires financiers, ainsi que sur sa famille, a de nouveau évoqué le mal de l'Algérie dont il n’a pas foulé le sol depuis plus de soixante ans. 

L’interprète des Filles de mon pays ou encore d’Adieu mon pays, a réitéré sa nostalgie de l’Algérie. «Ça a été une déchirure, le soleil me manque, les couleurs, les odeurs […] C’est pas terminée cette souffrance» a-t-il déclaré. 

Le chanteur dit se sentir «exilé» et explique que son «cœur est toujours en Algérie». «C’est comme quand vous perdez quelqu’un et vous ne faites pas son deuil, je n’ai pas fait le deuil de l’Algérie» déplore le musicien. 

Plusieurs tentatives échouées  

Enrico Macias estime que malgré de nombreuses invitations à rentrer dans son pays natal, «les autorités algériennes, influencés par certains extrémistes», ne lui ont pas permis de revenir dans le pays où il est né, a grandi et a appris l’art de la musique arabo-andalouse.

Après l'annulation d'un énième projet de tournée en Algérie en 2000, il a écrit un livre, Mon Algérie, qu’il décrit comme une lettre d’amour à sa patrie. 

En 2007, il était prévu que ce dernier accompagne le président Sarkozy, lors d’un voyage officiel en Algérie. Voyage auquel s’opposent les autorités algériennes, en particulier le Premier ministre de l’époque Abdelaziz Belkhadem et le ministre des Anciens Combattants, Cherif Abbas, qui reprochent au chanteur son soutien à Israël. 

Amazigh, juif et algérien 

De son vrai nom, Gaston Ghrenassia, est né à Constantine, la ville des ponts suspendus. Ses parents, quant à eux, sont originaires d’Aïn Abid et font partie des familles amazigh et juive d'Algérie. 

En 1961, celui qui a quitté son pays de naissance pour devenir la voix des pieds noirs, n’a depuis plus été autorisé à retourner en Algérie.

Pour le contexte historique, conformément au décret Crémieux de 1870, la France a attribué d'office la citoyenneté française aux «Israélites indigènes» d'Algérie, créant ainsi les prémices du fossé qui existe aujourd’hui entre les Algériens juifs et musulmans. Ces derniers étaient traités avec beaucoup moins d’égards par les autorités françaises durant la période coloniale. 

En plus de lui reprocher son affiliation à l’état d’Israël, dont l’Algérie condamne l’entreprise coloniale en Palestine, des membres du gouvernement algérien suspecte Ghrenassia d’avoir participé aux attentats sanguinaires de l’Organisation Armée Secrète (OAS) durant la guerre de libération nationale.

Cette organisation criminelle avait combattu les résistants algériens entre 1961 et 1963 pour le maintien de l'Algérie française. Ce qu'Enrico Macias a toujours véhément nié. 

Opinion publique 

En Algérie, les avis quant au retour du chanteur de musique arabo-andalouse divergent. 

D'une part, certains rejettent catégoriquement sa venue : «cet homme est un sioniste par excellence. Il défend l'État sioniste, pas même l'État juif d'Israël.Il ne peut pas se prétendre Algérien et défendre des criminels au nom d'une même appartenance religieuse» s’offusque un internaute. 

Tandis que d’autres, émus par les propos du vieil homme, sont plus enclins au pardon. «Il reste un fils de l'Algérie, et personne ne peut l'empêcher de visiter sa ville natale et la ville dans laquelle il a grandi. Enrico Macias a quitté l'Algérie contre son gré quand il était jeune. Mais il a chanté l’amour pour son pays le reste de sa vie», écrit une internaute, attendri. 

Aujourd’hui âgé de 84 ans, le chanteur a exprimé avec émotion, et à de nombreuses reprises, son désir de fouler de nouveau le sol algérien, «avant de quitter ce monde, au moins une fois. De retrouver ma ville natale, mon pays et tous les amis que j’ai là-ba».


En Russie, une artiste de 77 ans présente ses pancartes pacifistes en plein conflit en Ukraine

Mme Ossipova est connue depuis plusieurs années comme une farouche opposante à la politique de Vladimir Poutine (Photo, AFP).
Mme Ossipova est connue depuis plusieurs années comme une farouche opposante à la politique de Vladimir Poutine (Photo, AFP).
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  • Rares sont les actions de protestation à Saint-Pétersbourg qui se déroulent sans elle
  • Interpellée à plusieurs reprises par la police, elle voit souvent ses pancartes confisquées

SAINT-PETERSBOURG: Elle est surnommée la "conscience de Saint-Pétersbourg" et s'oppose à toute guerre: Elena Ossipova, artiste peintre de 77 ans, a présenté mardi une exposition de ses pancartes pacifistes dans l'ancienne capitale impériale russe, en plein conflit en Ukraine.

Inaugurée dans les locaux de l'antenne locale du parti d'opposition Iabloko en présence d'une trentaine de personnes, l'exposition réunit 15 pancartes créées par Mme Ossipova entre 2014 et 2022.

Parmi elles figure celle intitulée "Les yeux de la conscience": on y voit le visage d'une petite fille aux grands yeux, et une phrase en bas de la pancarte, en russe et en ukrainien, "Maman, j'ai peur de la guerre".

"C'est une exposition anti-guerre, elle est tragique", commente devant son public l'artiste, que son âge oblige à s'asseoir rapidement. "C'est une repentance, même si personne chez nous ne veut se repentir pour l'instant", ajoute-t-elle.

Selon Alexandre Chichlov, responsable de l'antenne locale du parti Iabloko, toutes les œuvres de l'artiste n'ont pas pu être présentées à l'exposition, en raison des lois russes prévoyant de lourdes peines pour ceux qui diffusent de "fausses informations" sur l'armée ou tentent de la "discréditer".

Certaines pancartes "contiennent des mots pour lesquels on pourrait être obligés de payer une amende ou encourir quelque chose de pire", a-t-il expliqué.

Mme Ossipova est connue depuis plusieurs années comme une farouche opposante à la politique de Vladimir Poutine et surtout à toute sorte de conflit armé.

Elle était sortie avec une pancarte pacifiste pour la première fois en 2002, après la prise d'otages du théâtre Doubrovka de Moscou par des combattants tchétchènes.

Depuis, rares sont les actions de protestation à Saint-Pétersbourg qui se déroulent sans elle.

Interpellée à plusieurs reprises par la police, elle voit souvent ses pancartes confisquées.

Pour Sergueï, 40 ans, l'un des premiers visiteurs de l'exposition, "tant qu'il y a des gens comme Elena Ossipova, il y a de l'espoir".


Le mannequin britannique Naomi Campbell aperçu à Abu Dhabi avec sa fille

La star des défilés, âgée de 52 ans, a partagé des images d’elle dans ce haut-lieu touristique des Émirats arabes unis, vêtue d’une abaya à imprimé léopard et d’un voile gris. (Instagram)
La star des défilés, âgée de 52 ans, a partagé des images d’elle dans ce haut-lieu touristique des Émirats arabes unis, vêtue d’une abaya à imprimé léopard et d’un voile gris. (Instagram)
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  • Naomi Campbell a visité la grande mosquée cheikh Zayed avec sa fille d’un an et demi
  • La star des défilés a partagé des images d’elle dans ce haut-lieu touristique des Émirats arabes unis, vêtue d’une abaya à imprimé léopard et d’un voile gris

DUBAÏ: Le mannequin britannique Naomi Campbell a été aperçu à Abu Dhabi en train de visiter la grande mosquée cheikh Zayed cette semaine.

La star des défilés, âgée de 52 ans, a partagé des images d’elle dans ce haut-lieu touristique des Émirats arabes unis, vêtue d’une abaya à imprimé léopard et d’un voile gris.  

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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Campbell a visité la mosquée avec sa fille. Sur certaines des photos qu’elle a partagées sur Instagram, on peut voir le mannequin debout dans l’une des salles de la mosquée, tenant les mains de sa petite fille.  

«La splendeur de la grande mosquée cheikh Zayed», a-t-elle écrit sur Instagram à ses 14 millions de followers. «Merci pour cette visite à couper le souffle», a-t-elle ajouté, remerciant les organisateurs.  

Depuis qu’elle a annoncé la naissance de sa fille en mai 2021, Naomi Campbell n’a partagé que quelques images de son enfant.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Dana Hassan: art, narration et Beyrouth

L'œuvre de Dana Hassan, bien que centré autour de la figure de Beyrouth, porte en elle un message universel. (Photo fournie)
L'œuvre de Dana Hassan, bien que centré autour de la figure de Beyrouth, porte en elle un message universel. (Photo fournie)
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  • «J'ai toujours envie de déconstruire l'art»
  • La narration pour Dana Hassan précède la peinture

BEYROUTH: Les œuvres de Dana Hassan intriguent. La narration y précède le visuel. Si Beyrouth est au cœur de son travail, il n'en demeure pas moins qu'il s'en dégage une dimension universelle qui plaît énormément aux quatre coins du monde. Arab News en français a rencontré la créatrice libanaise qui vit actuellement à Chypre.

La centralité de Beyrouth

Le départ forcé de la capitale libanaise durant la guerre civile libanaise a provoqué chez Dana Hassan une déchirure à laquelle elle continue de faire écho dans son œuvre.

Après des études de commerce à l'université américaine de Beyrouth (AUB), elle complète son cursus en suivant un Bachelor of Arts (BA) en illustration et bande dessinée au sein de l'Académie libanaise des beaux-arts (Alba), car elle sent qu’il manque quelque chose dans sa vie. À Alba, ses professeurs sont contents de sa technique, «une technique basée sur l'expérimentation et la remise en question de ce que je perçois comme art. J'ai toujours envie de déconstruire l'art», précise-t-elle.

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Dana Hassan. (Photo fournie)

Cette déconstruction n'est pas le fruit du hasard, mais d'un travail méticuleux. En octobre 2019, elle reçoit les honneurs de la Banque mondiale en étant sélectionnée avec quatorze autres artistes internationaux pour exposer son œuvre If Not Now, When? à Washington. Elle aime questionner les normes. Elle a ainsi demandé que son œuvre soit exposée horizontalement sur une surface plane et non suspendue verticalement. C'est grâce aux concours d’art internationaux que son nom a pu émerger de Washington jusqu'à Nicosie en passant par Londres et Venise.

Le départ forcé de la capitale libanaise durant la guerre civile libanaise a provoqué chez Dana Hassan une déchirure à laquelle elle continue de faire écho dans son œuvre.

La centralité de Beyrouth dans son œuvre s’est accentuée après l'explosion du port le 4 août 2020. «Cette explosion m'a plongée dans mon enfance et dans des blessures que je pensais enfouies à jamais.» Elle écume les rues de Beyrouth afin de mettre en lumière les tissus urbains représentés comme des strates de mémoire. La métaphore de Beyrouth en tant que mère est prégnante notamment dans la pièce Ode to a Mother exposée au Venice International Art Fair en 2020.

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Beyrouth et les strates de mémoire. If Not Now, When? a été exposé au quartier-général de la Banque mondiale à Washington en octobre 2019. (Photo fournie)

La primauté de la narration

La narration est au cœur de son processus artistique. Véritable fil conducteur, elle précède la peinture et indique implicitement un mode d'expression. Lors de l'exposition baptisée «Wall Calls for Peace» au Line Contemporary Art Space à Londres, son œuvre avait pour ambition de montrer une ville qui unit les habitants sous un même toit. 

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Beyrouth et le tissu urbain. Cette œuvre met en lumière tout le travail de terrain entrepris par Dana Hassan. Comme son nom l'indique Under the Same Roof vise à transformer symboliquement la capitale libanaise en un seul bâtiment. (Photo fournie)

Si son œuvre se cristallise autour de Beyrouth, le message qui en découle est universel. Elle en a fait le constat lors de la dernière exposition à laquelle elle a participé, à Nicosie. «Lors de l’exposition baptisée “Under the same roof”, les gens ont su s'identifier à mon œuvre. Ils ont considéré mon œuvre comme étant un reflet de leur propre pays.» Ses sentiments pour la capitale libanaise ont été amplifiés depuis son départ vers l'île d'Aphrodite. Elle se sent parfois comme déracinée. L'art lui permet d'exprimer ce sentiment si amer. «J'ai récemment peint un tableau dont j'ai déchiré la toile que j'ai ensuite tissée au fur et à mesure.»

La narration continue de guider son pinceau. Elle a pour projet ultérieur de participer à une œuvre collective. «Je veux peindre une toile puis passer le relais à d'autres artistes et ainsi de suite jusqu'à ce que l'œuvre devienne la propriété de toute la communauté.» Dana Hassan, une exploratrice de l'art à sa façon!