Le grand plan climat de Biden nourrit les tensions entre l'Europe et les Etats-Unis

Un drapeau des États-Unis, de la France et du district de Columbia sont vus flottant près de la Maison Blanche, à Washington, DC, le 28 novembre 2022, en préparation de la visite d'État du président français Emmanuel Macron. (AFP).
Un drapeau des États-Unis, de la France et du district de Columbia sont vus flottant près de la Maison Blanche, à Washington, DC, le 28 novembre 2022, en préparation de la visite d'État du président français Emmanuel Macron. (AFP).
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Publié le Mardi 29 novembre 2022

Le grand plan climat de Biden nourrit les tensions entre l'Europe et les Etats-Unis

  • Axé principalement sur le climat et les dépenses sociales, le plan, baptisé «Inflation Reduction Act» (IRA), prévoit plus de 430 milliards de dollars d'investissement dont 370 milliards afin de réduire les émission de gaz à effet de serre
  • Ces investissements prennent la forme de réductions d'impôt pour les entreprises qui investissent dans l'énergie propre, ainsi que d'importantes subventions pour les véhicules électriques, les batteries et les projets d'énergies renouvelables

WASHINGTON : Le grand plan climat arraché par Joe Biden au Congrès américain est devenu un sujet de tension entre les Etats-Unis et l'Union européenne (UE), qui craint de voir certaines mesures affaiblir son industrie, au point d'en faire l'un des principaux sujets lors de la visite d'Etat du président français Emmanuel Macron, qui débute mercredi.

Quelles sont les mesures prévues par l'IRA?

Axé principalement sur le climat et les dépenses sociales, le plan, baptisé "Inflation Reduction Act" (IRA), prévoit plus de 430 milliards de dollars d'investissement dont 370 milliards afin de réduire les émission de gaz à effet de serre de 40% d'ici à 2030, soit le plus important effort jamais consenti par les Etats-Unis dans ce domaine.

Ces investissements prennent la forme de réductions d'impôt pour les entreprises qui investissent dans l'énergie propre, ainsi que d'importantes subventions pour les véhicules électriques, les batteries et les projets d'énergies renouvelables dès lors que ces produits sont fabriqués aux Etats-Unis.

Parmi ces mesures, une subvention de 7 500 dollars accordée aux ménages pour l'achat d'un véhicule électrique "made in USA", une autre en faveur des fabricants d'éoliennes et panneaux solaires utilisant de l'acier américain, ou encore une baisse d'impôt pour aider les entreprises à réaliser leur transition énergétique.

Pourquoi de telles réactions côté européen?

L'IRA a fait bondir tant Bruxelles que les capitales européennes, qui voient les diverses subventions prévues par cette loi comme des mesures "discriminatoires", en particulier pour les constructeurs automobiles européens.

"C'est inacceptable pour l'UE. En l'état, ce texte est extrêmement protectionniste, au détriment des exportations européennes" a ainsi souligné fin octobre le ministre tchèque de l'Industrie, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE, qui a cependant souligné la "bonne volonté des deux côtés" après une rencontre des ministres européens avec l'ambassadrice américaine au Commerce Katherine Tai.

Début novembre, le commissaire européen au Marché intérieur Thierry Breton a menacé Washington  d'"aller devant l'OMC" et dit envisager des "mesures de rétorsion" si les Etats-Unis ne revenaient pas sur des subventions qu'il estime "contraires aux règles de l'Organisation mondiale du commerce".

"Dans certains cas, le montant des subventions que l'administration Biden propose est quatre à dix fois le montant maximal autorisé par la Commission européenne", a de son côté regretté le ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire, qui a appelé la Commission à créer "des dispositifs de préférence européenne" ou à accélérer "l'utilisation des instruments de réciprocité".

Le sujet sera sur la table à l'occasion de la visite de M. Macron à Washington.

"Nous comprenons totalement la volonté d'être plus indépendant des Etats-Unis", a assuré lundi un responsable français, "mais les problèmes viennent du fait qu'en Europe, nous n'avons pas ce type d'instrument discriminatoire. Nous respectons les règles de l'OMC en la matière."

Il a rappelé que la France souhaitait que "l'Europe aussi, pas seulement les Etats-Unis, ressorte plus forte" de la période de crises multiples que le continent traverse.

Quelles marges de manoeuvres pour amender l'IRA?

Même si le président américain voulait revenir sur certaines mesures ou en élargir les bénéficiaires, ses options sont en pratique assez réduites, d'autant que les démocrates perdront en janvier leur majorité à la Chambre des représentants, résultat des élections de début novembre.

Mais il n'est surtout pas certain que Joe Biden souhaite retoucher ce symbole fort de son mandat, qu'il a arraché de haute lutte après d'intenses négociations au Sénat américain.

A l'origine, le démocrate de 80 ans espérait faire voter un programme encore plus ambitieux, le Build Back Better Act, qui prévoyait 1.700 milliards de dollars d'investissement et avait été voté fin 2021 par la Chambre, mais n'était pas parvenu à passer la barrière du Sénat.

Ces mesures sont par ailleurs très populaires, en particulier dans certains Etats où l'industrie automobile reste très puissante, comme l'Ohio ou le Michigan, qui sont désormais considérés comme des Etats clés, où les élections peuvent se jouer.

Washington veut cependant arrondir les angles avec leurs partenaires européens, a souligné lundi Katherine Tai à l'issue d'un échange à distance avec Bruno Le Maire, en appelant à "travailler ensemble afin de renforcer la compréhension commune de la législation".

De son côté, le président Macron espère aller plus loin, en obtenant de son homologue américain "des exemptions pour un certain nombre d'industries européennes, peut-être sur le modèle de ce (l'administration américaine) consent déjà pour le Mexique et le Canada", selon un conseiller de l'Elysée. Ces deux pays voisins se sont vus intégrer parmi les bénéficiaires des avantages prévus après être également montés au créneau.


Sébastien Raoult: un comité de l'ONU demande la suspension de son extradition, déjà intervenue

Le tribunal de district américain est photographié où le cybercriminel français présumé Sébastien Raoult, alias Sezyo Kaizen, membre du soi-disant «ShinyHunters Group», sera mis en accusation pour complot, cybercriminalité et vol d'identité aggravé à Seattle, Washington, le 27 janvier 2023 (Photo, AFP)
Le tribunal de district américain est photographié où le cybercriminel français présumé Sébastien Raoult, alias Sezyo Kaizen, membre du soi-disant «ShinyHunters Group», sera mis en accusation pour complot, cybercriminalité et vol d'identité aggravé à Seattle, Washington, le 27 janvier 2023 (Photo, AFP)
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  • Il est accusé d'être un membre des «ShinyHUnters», groupe de «cybercriminels» soupçonnés par la justice américaine d'être derrière des cyberattaques d'entreprises
  • Aux Etats-Unis, l'ex-étudiant risque jusqu'à 116 ans de prison s'il est reconnu coupable, selon son avocat.

PARIS: Le Comité des droits de l'homme de l'ONU, saisi par la défense du jeune Français Sébastien Raoult accusé de cybercriminalité, a demandé mardi la suspension de son extradition du Maroc vers les Etats-Unis, quelques jours après que celle-ci soit intervenue.

Selon des sources concordantes, le Comité a enregistré la demande faite le 17 janvier d'examiner le cas de ce jeune homme, arrêté au Maroc en mai sur la base d'une notice rouge émise par Interpol à la demande de la justice américaine.

Le comité onusien a par ailleurs indiqué avoir demandé "de ne pas extrader l'auteur vers les États-Unis tant que sa requête (était) en cours d'examen", selon un courrier consulté mercredi par l'AFP.

Sébastien Raoult a néanmoins été extradé le 25 janvier et présenté trois jours plus tard devant un tribunal de Seattle, où il a plaidé "non coupable".

Il est accusé d'être un membre des "ShinyHUnters", groupe de "cybercriminels" soupçonnés par la justice américaine d'être derrière des cyberattaques d'entreprises.

"On peut se demander, le Maroc étant informé de notre requête, si la précipitation de l'extradition de Sébastien n'était pas une stratégie pour échapper à une injonction du comité", a estimé le père du jeune homme, Paul Raoult.

Le 25 janvier, la porte-parole du Quai d'Orsay, Anne-Claire Legendre, avait affirmé que "le calendrier de l'extradition de M. Sébastien Raoult" relevait "des relations souveraines entre le Maroc et les Etats-Unis".

Mais pour l'avocat français du jeune homme, Me Philippe Ohayon, qui a envoyé un courrier mercredi à la ministre des Affaires étrangères Catherine Colonna, "il ne s'agit désormais plus d’une affaire bilatérale qui concerne uniquement les Etats-Unis et le Maroc, mais également la France" car le Comité des droits de l'homme est "saisi sur le fondement du Pacte international relatif aux droits civils et politiques".

Aux Etats-Unis, l'ex-étudiant risque jusqu'à 116 ans de prison s'il est reconnu coupable, selon son avocat.


La résidence balnéaire de Biden perquisitionnée, aucun document confidentiel retrouvé

Sur cette photo prise le 7 novembre 2021, le président américain Joe Biden et la première dame Jill Biden marchent sur la plage de Rehoboth, Delaware. La police fédérale américaine a mené mercredi une perquisition dans la résidence balnéaire de Joe Biden à Rehoboth sans y trouver de document classé confidentiel (Fichier, AFP)
Sur cette photo prise le 7 novembre 2021, le président américain Joe Biden et la première dame Jill Biden marchent sur la plage de Rehoboth, Delaware. La police fédérale américaine a mené mercredi une perquisition dans la résidence balnéaire de Joe Biden à Rehoboth sans y trouver de document classé confidentiel (Fichier, AFP)
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  • Après 3H30 de recherche, «aucun document portant mention de classification n'a été trouvé», a fait savoir Bob Bauer dans un communiqué
  • La police fédérale avait déjà fouillé récemment une autre maison de Joe Biden dans le Delaware, située dans la ville de Wilmington, à la recherche de documents confidentiels datant des anciennes fonctions de vice-président et de sénateur

WASHINGTON: La police fédérale américaine a mené mercredi une perquisition dans la résidence balnéaire de Joe Biden à Rehoboth (Delaware, est) sans y trouver de document classé confidentiel, a annoncé l'avocat personnel du président.

Après 3H30 de recherche, "aucun document portant mention de classification n'a été trouvé", a fait savoir Bob Bauer dans un communiqué à la mi-journée.

Il ajoute toutefois que les enquêteurs "ont emporté certains documents et notes manuscrites qui semblent remonter au temps de sa vice-présidence, afin de les passer en revue".

En début de journée, l'avocat personnel du président démocrate avait annoncé que la résidence de son client faisait l'objet d'une fouille menée par le FBI, et que Joe Biden coopérait "pleinement" avec ce dernier.

"Pour des raisons de sécurité et de procédure, (le FBI) voulait procéder à cette action sans communication publique préalable et nous avons décidé de coopérer", avait-il précisé.

La police fédérale avait déjà fouillé récemment une autre maison de Joe Biden dans le Delaware, située dans la ville de Wilmington, à la recherche de documents confidentiels datant des anciennes fonctions de vice-président et de sénateur du démocrate de 80 ans.

Le président passe le plus souvent ses week-ends soit à Wilmington soit, moins régulièrement, à Rehoboth.

Depuis le mois de novembre dernier, une série de documents confidentiels, dont le nombre exact et la teneur restent inconnus à ce jour, ont été trouvés soit dans un bureau qu'occupait Joe Biden dans un cercle de réflexion de Washington, soit dans la maison de Wilmington.

Ces documents remontent à la vice-présidence de Joe Biden (2009-2017) et à ses trois décennies au Sénat, au cours desquelles il s'est beaucoup occupé de politique étrangère.

Le ministère de la Justice a nommé un procureur spécial pour enquêter sur ces découvertes, embarrassantes pour le président démocrate car elles évoquent, malgré de nombreuses différences, une affaire d'archives officielles emportées en Floride par son prédécesseur Donald Trump.

La loi aux Etats-Unis oblige les présidents et les vice-présidents à transférer l'ensemble de leurs documents officiels, communications, et autres notes aux Archives nationales.

L'ancien vice-président de Donald Trump, le très conservateur Mike Pence, avait lui aussi révélé fin janvier qu'un "petit nombre de documents portant la mention 'confidentiel'" avait été découvert dans sa résidence.


La Russie met en garde Israël contre toute livraison d'armes à l'Ukraine

La Russie a mis en garde Israël contre d'éventuelles livraisons d'armes à l'Ukraine, après que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a indiqué «examiner la question». (Photo, AFP)
La Russie a mis en garde Israël contre d'éventuelles livraisons d'armes à l'Ukraine, après que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a indiqué «examiner la question». (Photo, AFP)
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  • «S'agissant des livraisons d'armes (à l'Ukraine), on ne classe pas les pays selon la géographie», a dit la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova
  • Mercredi, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré que son pays envisageait une aide militaire pour l'Ukraine, tout en se proposant comme médiateur dans le conflit ukrainien

MOSCOU: La Russie a mis en garde Israël mercredi contre d'éventuelles livraisons d'armes à l'Ukraine, après que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a indiqué "examiner la question".

"S'agissant des livraisons d'armes (à l'Ukraine), on ne classe pas les pays selon la géographie. Nous disons que tous les pays qui livrent des armes doivent comprendre que nous considèrerons (ces armes) comme des cibles légitimes pour les forces armées russes", a dit la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, au sujet de la possibilité d'approvisionnements israéliens.

Depuis le début de l'offensive russe en Ukraine en février dernier, Israël a cherché à rester neutre dans ce conflit, ne fournissant par exemple pas d'armes à Kiev malgré les demandes répétées du président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Israël a par ailleurs fait valoir des liens privilégiés avec Moscou, l'Etat hébreu comptant plus d'un million de citoyens originaires de l'ex-Union soviétique et la Russie disposant de troupes en Syrie, pays voisin d'Israël.

Mercredi, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a cependant déclaré que son pays envisageait une aide militaire pour l'Ukraine, tout en se proposant comme médiateur dans le conflit ukrainien.

"Toute tentative -- réalisée ou même non réalisée, mais annoncée -- de livrer des armements supplémentaires, nouveaux, ou autres, aboutit et va aboutir à une escalade de cette crise. Tout le monde doit s'en rendre compte", a souligné Mme Zakharova.

Ces derniers jours, plusieurs pays occidentaux ont exprimé leur intention de fournir rapidement des chars lourds à l'Ukraine, à l'instar du Royaume-Uni qui compte fournir des Challenger fin mars et de l'Allemagne qui entend envoyer ses premiers Leopard 2 "fin mars-début avril".

Mais l'Ukraine réclame également à l'Occident des avions de combat et de l'artillerie lourde.