Mondial: La diaspora arabe d'Amérique latine divisée par des loyautés partagées

Supporters à Doha de la Coupe du monde 2022 (Photo, AFP).
Supporters à Doha de la Coupe du monde 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 04 décembre 2022

Mondial: La diaspora arabe d'Amérique latine divisée par des loyautés partagées

  • Les descendants d'immigrants palestiniens, syriens et libanais regardent avec fierté les équipes nationales du monde arabe
  • Bien que beaucoup soutiennent leur équipe locale, les supporters ont suivi avec intérêt les matches de l'Arabie saoudite, de la Tunisie, du Maroc et du Qatar

SAO PAULO: La Coupe du monde de football est un événement majeur en Amérique latine. Les villes du Brésil, d'Argentine, du Mexique et des autres pays sont à l’arrêt dès que leurs équipes nationales respectives sont sur le terrain. Mais pour un groupe de la société en particulier, le tournoi de 2022 organisé par le Qatar revêt une importance particulière.

On estime que les latino-américains d’origine arabe représentent environ 23 millions de personnes. Il existe d'importantes communautés au Brésil et en Argentine, ainsi que des populations importantes au Mexique, au Chili, au Venezuela et en Colombie, composées de descendants d'immigrants arabes venus du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord, volontairement ou en tant que réfugiés. Et, comme tout le monde dans ces pays, les Arabes aiment le football.

Le fait que la Coupe du monde 2022 se déroule pour la première fois dans un pays arabe incite encore plus la diaspora arabe d'Amérique latine à suivre le tournoi depuis des fuseaux horaires éloignés. La seule question est de savoir s'il faut supporter l'équipe arabe qui reflète leurs origines ethniques ou les équipes de leur pays hôte. 

L'organisation de la compétition par le Qatar «suscite certainement la sympathie des communautés arabes; les gens attendent cette Coupe du monde depuis longtemps», a déclaré à Arab News, Agustin Dib, directeur du Club de la culture arabe de Buenos Aires.

Toutefois, selon lui, la plupart des latino-américains d’origine arabe ont tendance à soutenir l'équipe qui représente leur pays hôte.

«En Argentine, les premiers immigrants libanais et syriens ont commencé à arriver à la fin du 19e siècle», a révélé Dib. «Ceci a de même eu lieu au Brésil. Ainsi, nous sommes pleinement argentins, brésiliens, etc. et nous aimons nos équipes nationales.»

En même temps, les latino-américains d’origine arabe regardent avec fierté les sélections nationales du monde arabe et suivent avec intérêt les exploits du Maroc, de l'Arabie saoudite, de la Tunisie et du Qatar. La victoire historique 2-1 de l'équipe saoudienne contre l'Argentine lors de son premier match au Qatar a sans aucun doute suscité l'imagination de beaucoup d’entre eux.

Il existe d'importantes communautés arabes dans les zones frontalières entre le Brésil, l'Argentine, l'Uruguay et le Paraguay. Dans ces régions, une campagne de la Coupe du monde peut diviser temporairement les communautés arabes.

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Saleh al-Shehri célèbre avec l'attaquant saoudien #09 Firas al-Buraikan après avoir marqué le premier but de son équipe lors de la Coupe du monde Qatar 2022, match de football du groupe C entre l'Argentine et l'Arabie saoudite au stade Lusail (Photo, AFP).

C'est le cas de la ville brésilienne de Chui, divisée en deux, et de son homologue uruguayenne, Chuy, où plusieurs milliers de Palestiniens se sont installés. La plupart du temps, cette communauté fait peu de cas de la frontière géographique qui la sépare. Mais une Coupe du monde peut changer cela.

«En général, nous encourageons à la fois l'Uruguay et le Brésil», a déclaré à Arab News Jaber Nassar, un commerçant de 43 ans qui vit du côté brésilien de la ville. «Mais s'il y a un match entre les deux équipes, chaque partie encouragera son équipe nationale.»

Le reste du temps, cependant, les deux communautés ont toujours entretenu un lien historique en matière de football. En 1987, elles ont fondé le Central Palestino Futbol Club. Actif pendant un peu plus d'une décennie avant de cesser ses activités par manque de fonds, Central Palestino faisait partie de la ligue uruguayenne et a marqué les esprits dans les années 1990 en atteignant la finale d'un championnat national.

«J'avais l'habitude de voir de nombreux matchs avec ma mère quand j'étais petit. Central Palestino était un champion local et nous voyagions dans tout l'Uruguay pour les voir jouer», a signalé Nassar, dont le beau-frère a fait partie de l'équipe pendant plusieurs années.

La communauté palestinienne a l'habitude de se déplacer en force pour regarder autant de matchs que possible pendant une Coupe du monde, a indiqué Nassar. Certains de ses amis se sont même rendus au Qatar pour le tournoi.

«Certainement, nous allons nous concentrer sur les équipes arabes», a-t-il ajouté.

Selon Nassar, l'amour des Palestiniens pour le football sud-américain n'est pas seulement le résultat de l'immigration. Même en Palestine, a-t-il affirmé, de nombreuses personnes encouragent le Brésil lors des tournois internationaux.

 

EN BREF

* La diaspora arabe en Amérique centrale et du sud compterait environ 23 millions de personnes.

* Les plus grandes communautés arabes se trouvent au Brésil et en Argentine, puis au Mexique, au Chili, au Venezuela et en Colombie.

 

Selon Dib, cette situation est courante dans de nombreux pays arabes et reflète une reconnaissance et une appréciation des talents des joueurs sud-américains.

«Dans des pays comme la Syrie et le Liban, les gens aiment le football argentin et brésilien», a-t-il jugé. «J'ai vécu quelques mois en Tunisie et les gens me posaient toujours des questions sur Maradona et Messi.»

Zuka Khouri, qui a quitté la Syrie en tant que réfugiée et s'est installée dans la ville brésilienne de Curitiba il y a neuf ans, a affirmé que sa famille encourageait l'équipe nationale brésilienne lors de chaque Coupe du monde.

«Nous avons également aimé voir l'Italie jouer», a-t-elle dévoilé à Arab News. «Cette année, l'Italie n'est pas dans la compétition, donc nous encourageons le Brésil.»

Anas Obaid, un réfugié syrien de 34 ans, a été capturé et retenu en otage par un groupe armé en Syrie jusqu'à ce que sa famille paie une rançon. Après sa libération, il a fui au Liban où il a travaillé dans un camp de réfugiés à Zahlé. Il vit au Brésil depuis 2015 et il est désormais journaliste et militant des droits de l'homme. Il aime le football et a confié qu'il avait l'habitude d'encourager l'Argentine lorsqu'il était enfant.

«J'étais là pendant la Coupe du monde 2014 qui a eu lieu au Brésil», a déclaré Obaid à Arab News. «J'ai encouragé l'Allemagne, car le pays accueillait de nombreux réfugiés syriens. Mais certains réfugiés dans le camp ont soutenu le Brésil.»

Depuis son arrivée à Sao Paulo, il est devenu un fervent supporter de l'équipe nationale brésilienne. «Les Brésiliens ont une passion pour le football et c'est un honneur de soutenir leur équipe», a-t-il estimé.

Bien que le football soit sans équivoque une obsession nationale au Brésil et que la Coupe du monde soit un événement majeur pour les habitants de ce pays, le nombre de supporters brésiliens ayant acheté des billets pour les matchs au Qatar (39 546) est nettement inférieur à celui des Argentins (61 083) et des Mexicains (91 173).

Le Mexique envoie régulièrement un important contingent de supporters aux Coupes du monde. La plupart des Mexicains arabes sont d'origine libanaise, selon Hector Chamlati, membre du conseil d'administration du Centro Libanes, une association communautaire de Mexico. Le nombre de Libano-mexicains est estimé à environ 500 000, dont la plupart sont chrétiens.

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Le président de la FIFA, Gianni Infantino, souriant pendant le match de football du groupe G de la Coupe du monde Qatar 2022 entre le Brésil et la Suisse au stade 974 à Doha (Photo, AFP).

«Nous avons un lien très fort avec l'équipe nationale mexicaine», a déclaré Chamlati à Arab News. «Mais cela fait plaisir à beaucoup d'entre nous de voir des équipes arabes jouer. J'ai été heureux de voir que la Tunisie a réussi à faire match nul avec le Danemark le 22 novembre.»

Petit-fils d'immigrants libanais, il a assuré que la communauté mexicaine ressentait un lien intense avec le Liban et que si l'équipe nationale du pays participait à une compétition au Qatar, nombre d'entre eux la soutiendraient certainement.

«Mais je crois que c'est spécial de voir le succès potentiel de toute équipe arabe», a-t-il ajouté.

Jose Alejandro Serio Haddad, un Libano-mexicain de 25 ans, s'est rendu au Qatar avec ses amis pour voir jouer le Mexique. C'était sa première visite dans un pays arabe et il a subi un choc culturel.

«Je pense que les cultures qatarie et libanaise sont très différentes», a-t-il déclaré à Arab News. «De plus, le nombre d'Arabes ici n'est pas très élevé. La plupart du temps, nous rencontrons des sud-asiatiques. Nous nous sentons tout le temps comme des étrangers.»

Serio Haddad ne s'est pas montré confiant quant aux chances d'une équipe arabe de passer de la phase de groupe à la phase finale du tournoi «mais nous ressentons certainement plus d'empathie à leur égard qu'à l'égard des équipes latino-américaines, comme l'Argentine, par exemple.»

Quant au fait que la Coupe du monde soit organisée pour la première fois par un pays musulman, Obaid a déclaré qu'il s'agit d'un événement notable, mais qu'il était mécontent des nombreuses critiques formulées à l'encontre du Qatar.

«Je suis préoccupé par la réaction de la communauté internationale», a-t-il avisé. «Cela peut être un moyen de lutter contre les préjugés sur les musulmans et les Arabes. Mais en même temps, les gens prêtent beaucoup plus attention aux contradictions sociales du Qatar qu'ils ne le faisaient lorsque la Coupe du monde se déroulait dans des pays non musulmans.»

Dib a souligné qu'il avait organisé des discussions pour débattre des distorsions courantes dans la façon dont les pays occidentaux perçoivent la Coupe du monde au Qatar.

«Depuis la première Coupe du monde, en Uruguay en 1930, il y a eu des scandales de corruption, par exemple», a-t-il indiqué. «Mais les médias se concentrent désormais presque exclusivement sur les problèmes du Qatar. C'est une question de préjugés.»

Dans tout autre contexte, la presse mondiale aurait parlé des merveilles de construction réalisées par le pays hôte, «mais étant donné qu'il s'agit d'un pays arabe, elle ne parle que des décès survenus pendant la construction», a-t-il signalé.

Dib a ajouté: «Je ne dis pas que ces problèmes ne sont pas importants, mais le fait de se concentrer exclusivement sur ces sujets est un problème. Ceci est en lien avec l'orientalisme tel que défini par Edward Saïd.»

Dans son livre de 1978, «Orientalism», Saïd a établi le terme comme un concept critique afin de décrire la représentation occidentale souvent méprisante de l'Orient.

Dib a soutenu que de nombreux Latino-américains d'origine arabe ne sont pas à l'aise avec ce qu'ils perçoivent comme une couverture biaisée du Qatar — ce qui a été répercuté dans les médias latino-américains également — car ils ont le sentiment qu'«il y a une attaque permanente contre la culture arabe dans son ensemble». 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Israël accusé de vouloir étendre Jérusalem vers la Cisjordanie

Des ONG israéliennes ont dénoncé mardi un projet gouvernemental prévoyant la construction d'une nouvelle colonie en bordure de Jérusalem, qui reviendrait selon elles à étendre la ville en empiétant sur la Cisjordanie, occupée depuis 1967. (AFP)
Des ONG israéliennes ont dénoncé mardi un projet gouvernemental prévoyant la construction d'une nouvelle colonie en bordure de Jérusalem, qui reviendrait selon elles à étendre la ville en empiétant sur la Cisjordanie, occupée depuis 1967. (AFP)
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  • Ces mesures ont été qualifiées d'"illégales" par l'ONU et nombre de capitales arabes et occidentales, alors que la croissance des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée atteint un niveau record
  • Le ministère de la Construction et du Logement a annoncé le 3 février un projet d'extension vers l'ouest de la colonie de Geva Binyamin, ou Adam, située en Cisjordanie occupée, qui aboutirait à la création d'un nouveau quartier en bordure de Jérusalem-Est

JERUSALEM: Des ONG israéliennes ont dénoncé mardi un projet gouvernemental prévoyant la construction d'une nouvelle colonie en bordure de Jérusalem, qui reviendrait selon elles à étendre la ville en empiétant sur la Cisjordanie, occupée depuis 1967, à l'heure où les critiques se multiplient face à une annexion rampante du territoire.

Ce projet, encore au stade initial, a été publié début février alors que différentes mesures gouvernementales visant à renforcer le contrôle israélien sur la Cisjordanie font redouter une annexion par Israël de ce territoire palestinien.

Ces mesures ont été qualifiées d'"illégales" par l'ONU et nombre de capitales arabes et occidentales, alors que la croissance des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée atteint un niveau record.

Le ministère de la Construction et du Logement a annoncé le 3 février un projet d'extension vers l'ouest de la colonie de Geva Binyamin, ou Adam, située en Cisjordanie occupée, qui aboutirait à la création d'un nouveau quartier en bordure de Jérusalem-Est, la partie de la ville sainte occupée et annexée par Israël en 1967 après la conquête de la Cisjordanie.

Les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est, dont l'annexion n'est pas reconnue par la communauté internationale, la capitale du futur Etat auquel ils aspirent.

Un projet "symbolique" 

Le nouveau projet, selon le ministère, prévoit la construction de "2.780 unités de logement et une vaste modernisation des infrastructures" dans le cadre de l'extension de Geva Binyamin, pour un montant d'environ 120 millions de shekels (33 millions d'euros).

Mais selon l'ONG La Paix maintenant, opposée à la colonisation, ce projet reviendrait à "une extension" pure et simple de Jérusalem en Cisjordanie, sans précédent depuis 1967.

"Le nouveau quartier sera partie intégrante de la ville de Jérusalem et en particulier de la colonie de Neve Yaakov, construite dans le nord de Jérusalem", a expliqué mardi à l'AFP Lior Amihai, directeur exécutif de La Paix maintenant.

"Ce qui est unique dans ce cas, c'est que le quartier sera relié directement à Jérusalem (...) mais se trouvera intégralement sur le territoire de la Cisjordanie, adjacent à Jérusalem", a-t-il ajouté, en voyant dans ce projet une dimension "symbolique".

"Tout changement touchant à Jérusalem est sensible, pour l'opinion israélienne mais aussi pour les Palestiniens", souligne-t-il.

"Comme des habitants de Jérusalem" 

Aviv Tatarsky, un chercheur de l'ONG Ir Amim, qui travaille sur la place de Jérusalem dans le conflit israélo-palestinien, affirme lui aussi que ce projet équivaut dans les faits à une expansion de la ville.

"Si des gens y vivent, ils vivront là comme des habitants de Jérusalem", a-t-il déclaré à l'AFP. "Dans la pratique, ce n'est pas la colonie qui sera étendue, mais Jérusalem".

A l'heure où une annexion formelle reste difficilement réalisable, "il est beaucoup plus facile de créer une situation de fait sur le terrain", ajoute le chercheur.

La Paix maintenant a souligné, dans un communiqué illustré par une carte, que le nouveau quartier serait séparé de la colonie d'Adam par le mur érigé par Israël dans les années 2000, qui longe la quasi-totalité de la frontière avec la Cisjordanie mais dont le tracé à cet endroit ne suit pas exactement la limite administrative et dévie vers l'est en contournant une colline.

Il n'existera donc "aucune connexion territoriale" entre la nouvelle colonie et celle d'Adam, ajoute l'ONG.

Hormis Jérusalem-Est, plus de 500.000 Israéliens vivent aujourd'hui en Cisjordanie dans des colonies que l'ONU juge illégales au regard du droit international, au milieu de quelque trois millions de Palestiniens.

La colonisation s'est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens, de gauche comme de droite depuis 1967. Elle s'est nettement intensifiée sous l'actuel gouvernement dirigé par Benjamin Netanyahu, l'un des plus à droite de l'histoire d'Israël, en particulier depuis le début de la guerre à Gaza le 7 octobre 2023.

L'expansion de la colonisation juive en Cisjordanie est considérée par l'ONU, avec la poursuite des violences entre populations locales palestiniennes, colons juifs et armée israélienne, comme l'un des principaux obstacles à la résolution du conflit israélo-palestinien.

La croissance des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée a atteint en 2025 un niveau record depuis le début du suivi de l'ONU en 2017, selon un rapport de l'ONU.


Syrie: les autorités évacuent le camp de proches de jihadistes d'al-Hol

Les autorités syriennes ont commencé à transférer mardi les habitants restants du camp d'al-Hol vers un autre site du nord de la Syrie, après l'évasion de milliers de proches de jihadistes étrangers qui y étaient détenus. (AFP)
Les autorités syriennes ont commencé à transférer mardi les habitants restants du camp d'al-Hol vers un autre site du nord de la Syrie, après l'évasion de milliers de proches de jihadistes étrangers qui y étaient détenus. (AFP)
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  • Selon un responsable gouvernemental ayant requis l'anonymat, les autorités ont commencé à transférer les familles d'al-Hol vers le camp d'Akhtarin, au nord d'Alep
  • Al-Hol, le plus grand camp de proches de jihadistes de l'Etat islamique (EI) en Syrie, était contrôlé par les forces kurdes jusqu'à fin janvier. Elles s'en sont retirées sous pression militaire du pouvoir central, qui a ensuite repris la main

DAMAS: Les autorités syriennes ont commencé à transférer mardi les habitants restants du camp d'al-Hol vers un autre site du nord de la Syrie, après l'évasion de milliers de proches de jihadistes étrangers qui y étaient détenus.

"L'évacuation a commencé aujourd'hui", a déclaré à l'AFP le responsable intérimaire du camp, Fadi al-Qassem, ajoutant: "le camp va être entièrement évacué d'ici une semaine, et il ne restera personne".

"Nous avons évalué les besoins du camp et avons constaté qu'il manquait les conditions essentielles pour y habiter, et avons donc décidé en urgence de transférer" la population vers "des camps existants à Alep", a-t-il ajouté.

Selon un responsable gouvernemental ayant requis l'anonymat, les autorités ont commencé à transférer les familles d'al-Hol vers le camp d'Akhtarin, au nord d'Alep.

Al-Hol, le plus grand camp de proches de jihadistes de l'Etat islamique (EI) en Syrie, était contrôlé par les forces kurdes jusqu'à fin janvier. Elles s'en sont retirées sous pression militaire du pouvoir central, qui a ensuite repris la main.

Entre temps, des milliers de femmes et d'enfants de jihadistes étrangers se sont enfuis du camp qui abritait quelque 24.000 personnes, dont environ 6.300 étrangers, pour une destination inconnue.

Des sources humanitaires et des témoins avaient indiqué la semaine dernière à l'AFP que l'Annexe, une section de haute sécurité du camp où étaient détenues les familles de jihadistes étrangers, était désormais presque vide.

L'Annexe comptait des familles de 42 nationalités, dont un grand nombre originaires de Russie, du Caucase et des républiques d'Asie centrale, que leurs pays respectifs refusent de rapatrier.

"Diminution significative" 

Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a constaté "une diminution significative du nombre de résidents dans le camp d'Al-Hol au cours des dernières semaines", a précisé sa porte-parole Céline Schmitt.

"Il reste important que le gouvernement puisse identifier les ressortissants étrangers partis afin que les processus de rapatriement appropriés puissent être poursuivis", a-t-elle souligné, précisant que le HCR avait aussi été informé par les autorités du plan de transfert vers le camp d'Akhtarin.

Les forces kurdes avaient été le fer de lance de la lutte contre l'EI en Syrie, avec l'appui de la coalition multinationale dirigée par les Etats-Unis. Elles avaient incarcéré des milliers de jihadistes dans des prisons, et placé leurs familles dans des camps.

Après la prise de contrôle par les forces gouvernementales de vastes pans du nord et du nord-est de la Syrie et le retrait des Kurdes, les Etats-Unis ont transféré plus de 5.700 jihadistes de 61 nationalités vers l'Irak voisin.

Parmi eux figurent 3.543 Syriens, 467 Irakiens et 710 ressortissants d'autres pays arabes, ainsi que plus de 980 autres étrangers, notamment des Européens (Allemagne, Pays-Bas, France, Belgique, entre autres), des Américains et des Australiens.

Ces détenus transférés en Irak "risquent la disparition forcée, des procès inéquitables, la torture, les mauvais traitements et des violations du droit à la vie", a prévenu mardi Human Rights Watch dans un communiqué.

Les forces kurdes gardent pour le moment le contrôle d'un camp plus petit, Roj, où sont détenus des proches de jihadistes, pour la plupart des étrangers dont des Occidentaux, parmi lesquels des Français.

Lundi, les autorités kurdes avaient libéré 34 Australiens, proches de jihadistes, mais ils ont dû revenir dans ce camp en raison d'un problème de papiers. L'Australie a affirmé qu'elle ne leur fournirait aucune aide.


Un imam de la mosquée Al-Aqsa affirme qu'Israël lui a refusé l'accès

Des centaines de milliers de fidèles palestiniens sont attendus sur l'esplanade des Mosquées, où se trouve la mosquée, durant le mois de jeûne musulman de ramadan qui doit commencer cette semaine. (AFP)
Des centaines de milliers de fidèles palestiniens sont attendus sur l'esplanade des Mosquées, où se trouve la mosquée, durant le mois de jeûne musulman de ramadan qui doit commencer cette semaine. (AFP)
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  • "J'ai été interdit d'entrer dans la mosquée pendant une semaine et cette interdiction peut être reconduite", a déclaré à l'AFP l'imam, Cheikh Muhammad al‑Abbasi
  • L'imam a ajouté qu'il était revenu à Al‑Aqsa "il y a un mois après avoir passé un an à l'hôpital à la suite d'un grave accident de voiture"

JERUSALEM: L'un des principaux imams de la mosquée Al‑Aqsa de Jérusalem-Est a annoncé mardi que les autorités israéliennes lui avaient refusé l'entrée sur ce site, à quelques jours du début du ramadan.

"J'ai été interdit d'entrer dans la mosquée pendant une semaine et cette interdiction peut être reconduite", a déclaré à l'AFP l'imam, Cheikh Muhammad al‑Abbasi, précisant qu'aucune explication ne lui avait été donnée.

L'imam a ajouté qu'il était revenu à Al‑Aqsa "il y a un mois après avoir passé un an à l'hôpital à la suite d'un grave accident de voiture".

"Cette interdiction est une affaire grave pour nous, car notre âme est liée à Al-Aqsa. Al-Aqsa, c'est notre vie", a-t-il ajouté.

Des centaines de milliers de fidèles palestiniens sont attendus sur l'esplanade des Mosquées, où se trouve la mosquée, durant le mois de jeûne musulman de ramadan qui doit commencer cette semaine.

Le site, troisième lieu saint de l'islam, se trouve à Jérusalem-Est, la partie de la ville occupée et annexée par Israël en 1967. Si ce lieu saint musulman est administré par la Jordanie, Israël y impose des restrictions, notamment sur le nombre de fidèles pouvant y accéder ou leur âge.

Au coeur du conflit israélien palestinien, ce site très sensible, appelé Mont du Temple par les juifs, est aussi le lieu le plus sacré du judaïsme, bien que les juifs ne soient pas autorisés à y prier en vertu d'un statu quo datant de 1967.

La police israélienne avait annoncé lundi avoir recommandé une limite de 10.000 autorisations délivrées pour le ramadan à des Palestiniens de Cisjordanie occupée, qui ne peuvent se rendre à Jérusalem sans permis.

Le Gouvernorat de Jérusalem, une entité administrative  palestinienne n'exerçant qu'un rôle très limité dans la ville, avait de son côté dit avoir été informé que les permis ne seraient délivrés qu'aux hommes de plus de 55 ans et aux femmes de plus de 50 ans, comme cela avait été le cas en 2025.