Chine-Arabie Saoudite: Chronique d'un partenariat stratégique

Le roi Salmane s'est rendu en Chine en 2017 (Photo, AFP).
Le roi Salmane s'est rendu en Chine en 2017 (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Mercredi 07 décembre 2022

Chine-Arabie Saoudite: Chronique d'un partenariat stratégique

  • Les dirigeants des deux pays ont travaillé sans relâche depuis l'établissement des relations diplomatiques pour renforcer les liens bilatéraux
  • Le président Jiang Zemin a été le premier chef d'État chinois à se rendre en Arabie saoudite en 1999

RIYAD: Le président chinois, Xi Jinping, entame mercredi une visite officielle en Arabie saoudite à l'invitation du roi Salmane, au cours de laquelle les dirigeants des deux pays participeront à un sommet saoudo-chinois, un sommet golfe-chine et un sommet arabo-chinois pour la coopération et le développement.

Depuis l'établissement des liens diplomatiques il y a plus de trente ans, les dirigeants de l'Arabie saoudite et de la Chine ont travaillé sans relâche pour développer et améliorer les relations bilatérales. Voici une chronologie de certains des développements clés des relations entre Riyad et Pékin.

L'ancien président Jiang Zemin a été le premier chef d'État chinois à se rendre dans le Royaume en 1999 (Photo, AFP).

Les deux pays ont établi des liens diplomatiques en 1990.

Neuf ans plus tard, le président Jiang Zemin est devenu le premier chef d'État chinois à visiter le Royaume. Le point culminant de la visite de 1999 a été la signature de l'accord de coopération pétrolière stratégique.

En 2004, l'Arabie saoudite et la Chine ont entamé une série de réunions politiques régulières. Sinopec, la société d'État chinoise spécialisée dans l'énergie, a signé un accord pour explorer le gaz dans le quart vide du Royaume.

Le roi Fahd d'Arabie Saoudite a accueilli Jiang en 1999 (Photo, AFP).

Deux ans plus tard, le roi Abdallah est devenu le premier chef d'État saoudien à se rendre officiellement en Chine et à signer plusieurs accords majeurs de coopération énergétique.

La visite de 2006 a été l'occasion d'aborder des questions plus larges concernant les échanges économiques, les accords techniques et un accord de formation professionnelle, et de finaliser un prêt pour le développement urbain accordé par la Banque saoudienne de développement à la province chinoise du Xinjiang.

La même année, le président chinois Hu Jintao a effectué une visite de retour. Il a prédit que les relations bilatérales allaient «écrire un nouveau chapitre de la coopération amicale entre la Chine et l'Arabie saoudite dans le nouveau siècle».

Le roi Salmane s'est rendu en Chine en 2017 (Photo, AFP).

Hu a signé avec le roi Abdallah plusieurs accords relatifs à l'exploration et à la sécurité énergétiques. Le roi Abdallah a adopté une politique commerciale pro-asiatique «Look East» (politique de «Regard vers l’Est»), plus de la moitié des exportations de pétrole saoudien étant destinées à l'Asie.

En 2008, lorsqu'un tremblement de terre dévastateur a frappé la province chinoise du Sichuan, l'Arabie saoudite a manifesté son soutien en promettant 50 millions de dollars (1 dollar américain = 0.96 euro) d'aide en espèces et 10 millions de dollars en matériaux.

En 2009, le président Hu s'est rendu pour la deuxième fois en Arabie saoudite, où il a discuté avec le roi Abdallah de questions internationales et régionales d'intérêt commun.

L'ancien président chinois Hu Jintao a également visité le Royaume en 2006 (Photo, AFP).

L'année 2014 a vu l'Arabie saoudite émerger comme le plus grand fournisseur de pétrole brut de la Chine, tandis que la valeur du commerce bilatéral a atteint 69,1 milliards de dollars.

Trois ans plus tard, le roi Salmane s'est rendu en Chine pour consolider les relations saoudiennes avec la deuxième plus grande économie du monde. L'année 2017 a vu la signature de contrats d'une valeur de 65 milliards de dollars.

En 2019, le prince héritier, Mohammed ben Salmane, s'est rendu en Chine dans le cadre d'une tournée en Asie. Il a rencontré le président chinois, Xi Jinping, et d'autres hauts responsables.

Les deux pays ayant leurs propres plans de développement stratégique à long terme – la Chine avec son initiative «Belt and Road» ( la Ceinture et la Route) et l'Arabie saoudite avec sa «Vision 2030 » – les deux dirigeants ont exprimé leur volonté de collaborer afin de relier leurs initiatives.

Le prince héritier, Mohammed ben Salmane, a rencontré le président chinois, Xi Jinping, et d'autres responsables de haut niveau à Pékin en 2019 (Photo, AFP).

Ils ont signé un accord de coopération pour le renforcement de la recherche et des études dans l'industrie du transport maritime.

Le prince héritier saoudien a également accepté d'allouer 10 milliards de dollars à la création d'une raffinerie et d'un complexe pétrochimique en Chine.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: huit personnes, dont trois secouristes, tués dans des frappes israéliennes

Huit personnes, dont trois secouristes de la Défense civile, ont été tuées mardi par des frappes israéliennes sur le sud du Liban, où Israël a par ailleurs annoncé avoir détruit un tunnel du Hezbollah menaçant le nord de son territoire. (AFP)
Huit personnes, dont trois secouristes de la Défense civile, ont été tuées mardi par des frappes israéliennes sur le sud du Liban, où Israël a par ailleurs annoncé avoir détruit un tunnel du Hezbollah menaçant le nord de son territoire. (AFP)
Short Url
  • Cinq des personnes tuées l'ont été lors de frappes israéliennes sur un immeuble dans la localité de Majdal Zoun, puis pendant l'opération de secours menée conjointement sur le site par des soldats et des secouristes, selon les autorités
  • La Défense civile a indiqué que ses trois membres étaient morts à Majdal Zoun "sous les décombres" après la frappe israélienne sur un immeuble. L'armée a, elle, fait état de deux soldats blessés

BEYROUTH: Huit personnes, dont trois secouristes de la Défense civile, ont été tuées mardi par des frappes israéliennes sur le sud du Liban, où Israël a par ailleurs annoncé avoir détruit un tunnel du Hezbollah menaçant le nord de son territoire.

Cinq des personnes tuées l'ont été lors de frappes israéliennes sur un immeuble dans la localité de Majdal Zoun, puis pendant l'opération de secours menée conjointement sur le site par des soldats et des secouristes, selon les autorités.

La Défense civile a indiqué que ses trois membres étaient morts à Majdal Zoun "sous les décombres" après la frappe israélienne sur un immeuble. L'armée a, elle, fait état de deux soldats blessés.

"Israël continue de violer les lois et conventions internationales qui protègent les civils" a dénoncé le président libanais, Joseph Aoun.

Les secouristes tués "participaient à une mission de secours et d'intervention d'urgence auprès des blessés d'une frappe aérienne israélienne visant un bâtiment (...) qui a également causé la mort de résidents civils", a-t-il détaillé.

Ailleurs, le ministère de la Santé a fait état d'une personne tuée et de 15 blessées, dont cinq enfants, dans une frappe israélienne sur Jwaya (sud).

Deux autres personnes ont été tuées et 13 blessées dans un bombardement israélien à Jibchit, toujours dans le sud, selon un premier bilan du ministère.

"Pas encore terminé" 

L'armée israélienne a de son côté annoncé avoir découvert et détruit deux tunnels du Hezbollah, d'une longueur totale de deux kilomètres, à la frontière des deux pays, utilisés selon elles par des unités d'élite du mouvement pro-iranien.

Celui-ci a rouvert un front contre Israël le 2 mars pour venger la mort du guide suprême Ali Khamenei, tué dans l'offensive israélo-américaine contre l'Iran.

Israël a riposté par des frappes meurtrières et déployé des troupes dans le sud du pays voisin.

Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 17 avril mais les deux belligérants ont poursuivi les combats en s'accusant mutuellement de violer la trêve.

Selon une source militaire israélienne, l'installation souterraine détruite près de la frontière avait été "conçue, soutenue et financée par l'Iran" pour "lancer des raids contre les communautés israéliennes".

"Nous détruisons leur infrastructure terroriste, nous tuons plusieurs dizaines de leurs terroristes — et n'avons pas encore terminé", a commenté le Premier ministre, Benjamin Netanyahu.

L'explosion liée à la destruction du tunnel a creusé un "grand cratère" dans la ville de Qantara, selon les médias d'Etat libanais.

Au-delà de la "ligne jaune" 

L'armée israélienne avait ordonné plus tôt dans la journée l'évacuation "immédiate" de nouveaux villages dans le sud du Liban.

Peu après, l'agence de presse libanaise Ani a fait état de frappes aériennes sur ces zones.

Les villages concernés se trouvent au-delà de la zone de dix kilomètres de profondeur, délimitée par une "ligne jaune", que l'armée israélienne a établie il y a dix jours.

"Israël n'a aucune visée territoriale sur le Liban. Notre présence dans les zones situées le long de notre frontière nord n'a qu'un seul objectif: protéger nos citoyens", a affirmé le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar.

Au terme de l'accord de cessez-le-feu, Israël "se réserve le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques".

A trois reprises mardi, l'armée a déclaré avoir tenté d'intercepter "une cible aérienne suspecte" dans la zone où opéraient ses troupes, sans donner de précisions.

Elle a aussi affirmé que le Hezbollah avait lancé des drones "qui ont explosé à proximité de soldats", sans faire de blessés.

Un soldat israélien a été tué dimanche et un autre a été grièvement blessé lundi par des drones, selon l'armée.

Depuis le début de la guerre le 2 mars, plus de 2.500 personnes ont été tuées et quelque 7.800 blessées au Liban dans la campagne militaire israélienne, selon le ministère libanais de la Santé.

Côté israélien, 16 soldats ont été tués sur la période, d'après les autorités.


Reprise de la vie nocturne au Caire avec la fin des économies d'électricité

L'Egypte, fortement dépendante des importations de carburant, a été durement touchée par la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Egypte, fortement dépendante des importations de carburant, a été durement touchée par la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Short Url
  • "Les gens étaient déprimés", témoigne Ahmed Megahed, un retraité de 82 ans
  • "Avec la hausse des prix et les pressions au quotidien, rester à la maison chaque soir empirait les choses. Maintenant on peut sortir, respirer et se sentir à nouveau normal".

LE CAIRE: La célèbre vie nocturne du Caire a repris des couleurs mardi soir, avec la fin des mesures d'économie d'énergie qui avaient mis en pause l'habituelle frénésie de la mégalopole et forcé magasins, cafés et restaurants à fermer bien plus tôt, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

La guerre, accompagnée d'une flambée des prix de l'énergie, avait contraint la capitale égyptienne à réduire durant un mois sa consommation d'électricité.

Les fermetures fixées à 21h00 locales, puis repoussées à 23h00, avaient vidé les rues et créé un immense sentiment de frustration chez les commerçants et leurs clients.

Mais le gouvernement a levé les restrictions et les établissements peuvent de nouveau fermer leurs portes à 01h00 du matin. Quant aux magasins et centres commerciaux, ils sont désormais autorisés à rester ouverts jusqu'à 23h00 et minuit le week-end.

A Heliopolis, quartier chic de l'est, les familles ont envahi les rues avec leurs enfants, tandis que des groupes d'amis fumaient le narguilé.

"Les gens étaient déprimés", témoigne Ahmed Megahed, un retraité de 82 ans. "Avec la hausse des prix et les pressions au quotidien, rester à la maison chaque soir empirait les choses. Maintenant on peut sortir, respirer et se sentir à nouveau normal".

Pour s'assurer du respect des mesures d'économie d'énergie, des patrouilles de police menaçaient les noctambules récalcitrants d'amendes de 50.000 livres égyptiennes (environ 800 euros), voire de peines d'emprisonnement en cas de récidive.

Pour Wafaa Ahmed, 58 ans, propriétaire d'une boutique qui a vu son chiffre d'affaires chuter de 80%, l'assouplissement arrive à point nommé, "surtout à l'approche de la saison estivale".

"Personne ne fait ses courses le matin en été. Maintenant, les clients ont le temps", explique-t-elle, contente de la fin d'un "véritable désastre" pour les commerçants.

La ville de plus de 20 millions d'habitants est réputée pour son niveau sonore nocturne, alimenté par la circulation automobile, des marchés bondés ou encore des bateaux de fêtards illuminant le Nil.

L'Egypte, fortement dépendante des importations de carburant, a été durement touchée par la guerre au Moyen-Orient.

Selon le Premier ministre Moustafa Madbouly, la facture mensuelle d'importation d'énergie a plus que doublé entre janvier et mars, pour atteindre 2,5 milliards de dollars (2,1 millions d'euros). La livre égyptienne a perdu autour de 15% de sa valeur et l'inflation a atteint 13,6% en mars.

M. Madbouly a appelé à la mise en place de mesures incitatives pour accélérer la transition vers l'énergie solaire, tandis que le gouvernement a diffusé des campagnes télévisées appelant les consommateurs à réduire leur consommation d'électricité.

 


L'armée israélienne ordonne l'évacuation de nouveaux villages dans le sud du Liban

Short Url
  • Les habitants sont appelés à "évacuer immédiatement" leurs maisons et à se diriger vers le "district de Saïda", a-t-il ajouté
  • Les villages désignés se trouvent tous au-delà de la "ligne jaune" de démarcation que l'armée israélienne a établie il y a dix jours dans le sud du Liban pour, selon le gouvernement, assurer la sécurité des Israéliens

JERUSALEM: L'armée israélienne a ordonné mardi l'évacuation de nouveaux villages dans le sud du Liban, une annonce précédant généralement des frappes dans ce secteur.

Ce nouvel ordre d'évacuation survient alors qu'un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 17 avril entre le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah et Israël, après un mois et demi de guerre. Les deux belligérants s'accusent de le violer.

"Avertissement urgent aux résidents du Liban se trouvant dans les villages et localités suivants", a indiqué sur X le porte-parole en arabe de l'armée israélienne, Avichay Adraee, énumérant une liste de 17 villages.

Les habitants sont appelés à "évacuer immédiatement" leurs maisons et à se diriger vers le "district de Saïda", a-t-il ajouté.

Les villages désignés se trouvent tous au-delà de la "ligne jaune" de démarcation que l'armée israélienne a établie il y a dix jours dans le sud du Liban pour, selon le gouvernement, assurer la sécurité des Israéliens.

Dans la bande de territoire située entre la frontière et cette ligne jaune, Israël affirme s'autoriser à effectuer des frappes contre le Hezbollah.

Depuis une semaine, l'armée israélienne affirme que le Hezbollah effectue régulièrement des tirs de drones explosifs vers ses positions.

Un soldat israélien a été tué dimanche et un autre grièvement blessé mardi par ces engins volants meurtriers, selon des communiqués publiés par l'armée.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré lundi que les roquettes et les drones du Hezbollah demeuraient un défi majeur, ajoutant qu'Israël poursuivrait ses frappes.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient le 2 mars en tirant des roquettes en direction d'Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué dans l'attaque israélo-américaine contre l'Iran.