Liban: Des divisions apparaissent entre les deux alliés politiques du pays

Le Premier ministre Najib Mikati présidant une réunion du Conseil des ministres au palais du gouvernement à Beyrouth, le 5 décembre 2022 (Photo, AFP).
Le Premier ministre Najib Mikati présidant une réunion du Conseil des ministres au palais du gouvernement à Beyrouth, le 5 décembre 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 08 décembre 2022

Liban: Des divisions apparaissent entre les deux alliés politiques du pays

  • Le Courant patriotique libre laisse entendre qu'il se sépare du Hezbollah, l'accusant d'attaquer la position du président
  • Moussa a souligné la nécessité de mener un dialogue sérieux et efficace entre toutes les parties afin d’apaiser les tensions et d’élire un président

BEYROUTH: La colère du Courant patriotique libre (CPL) à l'égard du Premier ministre intérimaire, Najib Mikati, qui a convoqué une session du Conseil des ministres lundi, a entraîné un bouleversement des relations entre le parti et son allié, le Hezbollah.

Le chef du CPL, Gebran Bassil, a exprimé mardi, lors d'une conférence de presse, sa colère face à «une décentralisation élargie, même sans lois».

Le Hezbollah et le Mouvement Amal ont fourni une couverture politique à Mikati pour qu'il convoque une session du Conseil des ministres afin d'approuver le processus d'obtention de médicaments pour les patients sous dialyse ou atteints de cancer, ce que Mikati considère comme une nécessité absolue.

Le CPL refuse de tenir toute session du Conseil des ministres en raison du vide présidentiel afin d'empêcher Mikati d'exercer les pouvoirs du président chrétien, d'autant plus que le mouvement estime que le gouvernement intérimaire n'a pas le droit de jouer ce rôle.

Alors que le pays traverse une crise économique dévastatrice, huit tentatives d’élire un président par le Parlement libanais ont échoué après la fin du mandat du président, Michel Aoun, il y a plus d'un mois.

Bassil, le gendre d'Aoun, s'est indirectement présenté comme un candidat à la présidence, étant donné que son bloc parlementaire est le plus grand bloc chrétien et qu'il a le droit de nommer le futur président.

Bassil rejette la candidature de l'ancien ministre Sleiman Frangieh pour le poste, qui est soutenu par le Hezbollah et Amal.

Lors d'une conférence de presse, Bassil a signalé que la session du Conseil des ministres de lundi était «inconstitutionnelle, illégale et non conventionnelle», la décrivant comme «une exécution de la Constitution et un coup fatal à l'accord de Taëf».

Les ministres du CPL ont boycotté la session du Conseil des ministres, à l'exception du ministre de l'Industrie George Bouchkian, qui a assuré le quorum pour la session. Son comportement a eu pour conséquence que son parti, le Tachnag, allié du CPL, l'a renié pour ne pas avoir respecté sa décision de boycotter la session.

Le site web du CPL a indiqué que «le Hezbollah contribue à la normalisation du vide et à l'attaque de la position du président».

Bassil s'est indirectement adressé au Hezbollah, en disant: «Si quelqu'un pense qu'il fait pression sur nous sur la question présidentielle, nous aimerions lui dire que cela ne fonctionnera pas.»

«Nous n'assisterons pas aux sessions du Parlement si nous ne trouvons pas une grande nécessité nationale à le faire, et nous chercherons à abandonner le vote blanc plus rapidement et à opter pour un candidat présidentiel», a-t-il ajouté.

Le député Michel Moussa, membre du bloc parlementaire Développement et Libération dirigé par le président du Parlement, Nabih Berri, a minimisé la possibilité d'un changement de la carte politique au niveau des élections présidentielles suite aux tensions qui ont suivi la séance du Conseil des ministres. «Ne pas élire un nouveau président contribue à approfondir ces conflits», a-t-il jugé.

Moussa a souligné la nécessité de mener un dialogue sérieux et efficace entre toutes les parties afin d’apaiser les tensions et d’élire un président.

Le Hezbollah a évité de commenter les déclarations de Bassil.

Le député Bilal Abdallah, membre du bloc du Rassemblement démocratique, a déclaré: «Un parti a tenté sans succès d'élever le discours sectaire. Le Hezbollah n'a pas réagi.»

Un observateur politique, préférant garder l'anonymat, a révélé: «En participant à la session du Conseil des ministres, le Hezbollah a tenté d'assurer à Bassil qu'il n'était pas seul sur la scène.»

Le Front souverain pour le Liban, qui s'oppose au Hezbollah, a souligné que les députés doivent rester dans la salle du Parlement jusqu'à ce qu'un nouveau président soit élu, pour le bien du pays et de la Constitution.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Liban: les explosions israéliennes près d'un château menacent l'accord-cadre bilatéral, dit le président

De la poussière recouvre les collines près du château de Beaufort, dans le sud du Liban, après des détonations israéliennes visant, selon Israël, des tunnels du Hezbollah, le 31 juillet 2026. (AFP)
De la poussière recouvre les collines près du château de Beaufort, dans le sud du Liban, après des détonations israéliennes visant, selon Israël, des tunnels du Hezbollah, le 31 juillet 2026. (AFP)
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  • Le Liban accuse Israël de menacer l'accord-cadre bilatéral après de puissantes explosions près du château de Beaufort, attribuées à la destruction de tunnels du Hezbollah
  • Israël affirme avoir ciblé des infrastructures du Hezbollah après une violation du cessez-le-feu, tandis que de nouveaux pourparlers sont prévus à Rome

BEYROUTH: Le Liban a jugé vendredi que les explosions massives provoquées par l'armée israélienne, pour selon elle détruire des tunnels du Hezbollah, près du château de Beaufort, dans le sud, menaçaient l'application de l'accord-cadre bilatéral conclu récemment.

"Les forces israéliennes ont provoqué de très puissantes explosions vers minuit", notamment "dans le secteur de la forteresse de Beaufort", classée par l'Unesco, a annoncé l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Le président libanais, Joseph Aoun, a dénoncé "une escalade extrêmement dangereuse (...) et une menace directe" pour la mise en oeuvre de l'accord-cadre conclu en juin entre le Liban et Israël sous égide américaine.

Cet accord prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël - qui occupe toujours une partie du sud du pays - sous réserve d'un désarmement du Hezbollah pro-iranien.

Les Etats-Unis ont confirmé lundi la tenue de nouveaux pourparlers entre Israël et le Liban, à Rome du 4 au 6 août, en vue notamment d'étendre ce processus.

"Le timing de ces agressions (...) envoie des messages négatifs et sape les efforts internationaux visant à consolider la stabilité", à quelques jours de ces nouveaux pourparlers, a déploré la présidence dans un communiqué.

Les explosions ont "provoqué des ondes équivalant à celles d'un séisme", a-t-elle pointé.

L'Ani a fait ensuite état dans la soirée de trois nouveaux dynamitages israéliens "violents" dans la région méridionale de Marjeyoun.

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a condamné "les agressions israéliennes continues dans le sud, sous forme d'explosions, bombardements et destructions méthodiques", y compris "les atteintes aux sites archéologiques".

Le château de Beaufort datant de l'époque des Croisés, situé dans la zone du sud occupée par Israël, a été inscrit la semaine dernière sur la liste du patrimoine mondial en péril de l'Unesco.

Selon le ministère libanais de la Culture, les explosions "pourraient avoir causé des dégâts aux abords de la forteresse", dont l'ampleur "ne pourra être évaluée qu'à l'issue d'une inspection sur le terrain", actuellement impossible.

Un correspondant de l'AFP dans un village proche a entendu d'énormes déflagrations et vu la poussière recouvrir de larges zones boisées de la région. Des fenêtres ont été brisées dans des maisons de villages alentour, selon l'Ani.

Dans un communiqué commun, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Israël Katz ont annoncé que l'armée avait détruit "les tunnels terroristes dans la région", utilisant quelque 700 tonnes d'explosifs.

Ils ont affirmé que l'opération faisait suite à une  "violation flagrante du cessez-le-feu par le Hezbollah" mercredi.

L'armée israélienne avait accusé le mouvement chiite pro-iranien d'avoir lancé un drone explosif contre un de ses véhicules dans le sud du pays.

Le Hezbollah n'a pas revendiqué d'attaque contre Israël depuis le 20 juin.

Mais il a appelé vendredi le pouvoir libanais à agir "à tous les niveaux politiques et diplomatiques pour la cessation des crimes de destruction commis par l'ennemi".

Le mouvement avait entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, et son armée continue d'occuper des zones du sud du Liban.


Frappe contre un pétrolier au large des côtes d'Oman, selon l'agence maritime britannique

Des navires naviguent dans le détroit d'Ormuz, vus depuis la péninsule de Musandam, à Oman, le 31 juillet 2026. (REUTERS/Stringer)
Des navires naviguent dans le détroit d'Ormuz, vus depuis la péninsule de Musandam, à Oman, le 31 juillet 2026. (REUTERS/Stringer)
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  • Un pétrolier a été touché par un projectile non identifié au large de Limah (Oman), près du détroit d'Ormuz, causant des dégâts à la salle des machines, sans faire de victimes
  • Le trafic dans le détroit a chuté de 77 % sur fond de tensions entre l'Iran et les États-Unis

DUBAI: Un pétrolier a été frappé par un "projectile non-identifié" samedi au large de la ville côtière de Limah à Oman, à l'entrée du détroit d'Ormuz, a annoncé l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

Selon le rapport de l'UKMTO, le "projectile non-identifié" a causé "des dommages dans la salle des machines". Aucune victime n'a été recensée indique l'agence britannique, qui précise que le navire a été touché à 11 miles nautiques (environ 20 kilomètres) de Limah.

Après la reprise des hostilités avec Washington le 7 juillet, l'Iran a de nouveau verrouillé le détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale pour le commerce mondial des hydrocarbures, revendiquant d'imposer des droits de passage sur les bateaux et autorisant uniquement la route longeant ses côtes.

La plateforme Kpler, a confirmé vendredi sur X que le trafic dans le détroit d'Ormuz a fortement chuté. "Les traversées du détroit d'Ormuz ont diminué de 77% en un jour pour tomber à seulement cinq navires, toutes concentrées dans le cadre du dispositif unilatéral iranien", indique Kpler.

"Les positions publiques des Etats-Unis et de l'Iran demeurant inconciliables, les opérateurs surveillent de près les volumes de trafic, les comportements de routage et toute évolution diplomatique susceptible de remodeler le risque sur les routes maritimes régionales dans les prochains jours", ajoute encore Kpler.


L'Iran dit avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït

L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran. (AFP)
L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran. (AFP)
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  • Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat
  • L'armée iranienne a qualifié ces frappes de "réaction à la récente agression de notre pays par l'armée américaine terroriste et son attaque brutale contre une habitation sur l'île de Qeshm"

TEHERAN: L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran.

Dans un communiqué, l'armée a indiqué avoir visé "des abris d'avions de combat, des systèmes de communication par satellite et des installations de stockage d'équipement sur la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït".

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

L'armée iranienne a qualifié ces frappes de "réaction à la récente agression de notre pays par l'armée américaine terroriste et son attaque brutale contre une habitation sur l'île de Qeshm".

Selon des médias iraniens jeudi, trois membres d'une même famille ont été tués dans des frappes contre cette île située dans le détroit d'Ormuz.

La revendication de l'armée iranienne intervient alors que selon le Pakistan, médiateur dans le conflit entre Washington et Téhéran, les belligérants négocient en vue d'une désescalade après une nouvelle série de bombardements réciproques mercredi et jeudi.

La diplomatie pakistanaise a affirmé faire "tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d'accord d'Islamabad" signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix.

Ce processus a déraillé depuis début juillet avec une reprise des frappes menées par les Etats-Unis et l'Iran, Téhéran visant des bases américaines et des pays alliés de Washington au Moyen-Orient, dont le Koweït.