Les Libanais confrontés à des hausses de taxes et à des importations plus coûteuses

Des employés servent des clients dans un bureau de transfert d'argent à Beyrouth, le 27 juillet 2022 (Photo, AFP).
Des employés servent des clients dans un bureau de transfert d'argent à Beyrouth, le 27 juillet 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 03 décembre 2022

Les Libanais confrontés à des hausses de taxes et à des importations plus coûteuses

  • Le gouvernement décuple le taux de change sur les importations en réponse à la dévaluation de la livre libanaise
  • Bechara al-Asmar, président de l'Union générale du travail, a déclaré à Arab News que l'État n'avait toujours pas de plan de relance économique

BEYROUTH: Le Liban a officiellement adopté un nouveau taux de change sur les importations qui est dix fois supérieur au précédent, une décision qui aggravera la misère économique dans un pays déjà en proie aux difficultés.

Le nouveau taux de change douanier de 15 000 livres libanaises pour un dollar remplace le taux précédent de 1 500, qui était en vigueur depuis près de trois ans.

Le dollar douanier, qui est payé en livres libanaises, est le prix qui sert à calculer la valeur douanière des importations.

L'opinion publique s’inquiète déjà de la capacité à contrôler l'instabilité des marchés car les commerçants ont déjà commencé à ajouter des produits à faire figurer sur la base du nouveau taux.

Les importations au cours des sept premiers mois de cette année ont atteint 10,5 milliards de dollars américains (1 dollars américains = 0,95 euro) et le total des importations pour l'ensemble de l'année pourrait atteindre 18 milliards de dollars américains, ce qui constitue un record proche des niveaux d'avant la crise et a été interprété comme une préemption pour augmenter le taux du dollar douanier. 

Les produits importés comprenaient des voitures, des téléphones et des équipements électriques et électroniques.

Amin Salam, le ministre intérimaire de l'Économie, a déclaré vendredi qu'il n'autorisera pas de frais supplémentaires qui accentueraient la pression sur les consommateurs qui achètent des produits essentiels tels que les denrées alimentaires.

Il a ajouté que 70% des produits alimentaires étaient exemptés et que leurs prix ne seront pas affectés par le nouveau taux.

Les produits restants seront étudiés attentivement, a-t-il indiqué, ajoutant que le gouvernement avait «exigé l'exemption de produits supplémentaires, ce qui a retardé la publication des listes de produits exemptés».

Le Liban subit la pire crise économique depuis des décennies et une détérioration dramatique de la valeur de la monnaie nationale, qui a atteint 41 500 pour un dollar sur le marché noir vendredi.

Salam a ajouté que son ministère, les Forces de sécurité intérieure et l'appareil de sécurité de l'État avaient obtenu des engagements signés de la part des marchands indiquant que les stocks déjà au Liban seront vendus au taux de change précédent du dollar.

Les commerçants ont signé l'engagement après quelques hésitations initiales, a-t-il ajouté.

Mounir al-Bassat, directeur du Syndicat des industries alimentaires du Liban, a déclaré que la plupart des matières premières destinées à l'industrie alimentaire étaient exemptées de droits de douane et qu'une grande partie des aliments étaient cultivés localement.

Selon Al-Bassat, la part des produits locaux sur les marchés est passée de moins de 30% avant le début de la crise économique à entre 50 et 60% aujourd'hui.

L’augmentation du taux de change est l'une des exigences du Fonds monétaire international, de même que la hausse des droits de douane et des taxes.

Bechara al-Asmar, président de l'Union générale du travail, a déclaré à Arab News que l'État n'avait toujours pas de plan de relance économique.

«Tout ce que nous faisons, c'est réagir. Des remèdes quotidiens à des crises absorbées par l'aggravation de l'effondrement», a-t-il signalé, ajoutant que le gouvernement était paralysé par des désaccords.

Il a mentionné que la chute de la valeur de la livre libanaise a poussé certains employeurs à payer une partie des salaires en dollars. Ces dollars sont désormais soumis à une nouvelle taxe.

La taxe sur la valeur ajoutée, soit la TVA, qui s'applique aux achats et à certains services, devrait également être multipliée par dix en fonction de la modification des taux de douane, ce qui pourrait se produire dès février, lorsque le taux de change officiel sera unifié avec le nouveau taux de douane.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 

 


Les ambassades américaines au Moyen-Orient ferment alors que la guerre avec l’Iran s’intensifie

Des ambassades américaines ont été fermées à travers le Golfe. (AFP)
Des ambassades américaines ont été fermées à travers le Golfe. (AFP)
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  • Des alertes de sécurité ont été émises à l’attention des citoyens américains, leur conseillant de quitter les lieux lorsque cela est possible

Alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran s’intensifie, les ambassades américaines à travers le Moyen-Orient sont passées en mode d’urgence, multipliant les alertes de sécurité, suspendant leurs services et appelant les ressortissants américains à prendre des précautions immédiates.

En Arabie saoudite, l’Ambassade des États-Unis à Riyad a fermé ses portes après que des drones iraniens ont frappé le complexe, provoquant des dégâts mineurs et un petit incendie. La mission a annulé tous les rendez-vous consulaires, qu’ils soient de routine ou d’urgence, et conseillé aux Américains à Riyad, Djeddah et Dhahran de rester confinés chez eux. Il leur a également été demandé d’éviter les abords de l’ambassade jusqu’à nouvel ordre.

Au Koweït, l’Ambassade des États-Unis à Koweït City a demandé à son personnel ainsi qu’aux citoyens américains présents dans le pays de rester à l’intérieur face à la menace persistante de missiles et de drones. L’ambassade a averti la population de ne pas s’approcher du complexe, de rester loin des fenêtres et de suivre les alertes officielles.

L’Ambassade des États-Unis à Bahreïn a également suspendu ses opérations normales. Les avis de sécurité invitent les personnes à se mettre à l’abri à l’intérieur et à faire preuve de vigilance, avertissant que des zones civiles pourraient être exposées au risque à mesure que les tensions régionales s’aggravent.

Au Qatar, qui abrite la grande base militaire américaine d’Al Udeid, l’Ambassade des États-Unis au Qatar a diffusé des consignes similaires, demandant aux Américains de rester confinés et de se préparer à d’éventuelles perturbations. L’alerte insiste sur la nécessité de demeurer dans des lieux sécurisés et de disposer de provisions essentielles.

En Jordanie, l’Ambassade des États-Unis en Jordanie a averti que des missiles, roquettes ou drones pourraient pénétrer l’espace aérien jordanien à mesure que le conflit évolue. Les citoyens américains ont été encouragés à rester vigilants et prêts à se mettre à l’abri en cas de sirènes ou d’alertes officielles.

En Israël, où les hostilités sont directement liées à la confrontation plus large avec l’Iran, l’Ambassade des États-Unis en Israël a recommandé aux Américains de revoir leurs plans de sécurité personnels. Elle a indiqué que sa capacité à faciliter les départs pourrait être limitée dans les conditions actuelles et a exhorté les citoyens à suivre attentivement les directives officielles.

Au-delà des alertes nationales, le Département d’État des États-Unis a élargi ses avis régionaux, appelant les Américains présents dans plusieurs pays du Moyen-Orient à envisager un départ en raison de la dégradation de la situation sécuritaire. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée israélienne émet un nouvel ordre d'évacuation pour des dizaines de localités au Liban

Un immeuble endommagé est visible après une frappe aérienne israélienne dans la banlieue sud de Beyrouth, à Haret Hreik, au Liban. (AFP)
Un immeuble endommagé est visible après une frappe aérienne israélienne dans la banlieue sud de Beyrouth, à Haret Hreik, au Liban. (AFP)
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  • L’armée israélienne a ordonné l’évacuation immédiate d’une cinquantaine de localités au Liban, invoquant des opérations contre le Hezbollah
  • Deux secteurs de la banlieue sud de Beyrouth, Ghobeiry et Haret Hreik, sont également visés par un avertissement en raison de cibles liées au Hezbollah

JERUSALEM: L'armée israélienne a émis tôt mardi un nouvel ordre d'évacuation pour des dizaines de localités du Liban, dont deux lieux de la banlieue sud de Beyrouth, en raison d'opérations contre le mouvement Hezbollah.

"Les activités du Hezbollah contraignent l'IDF (l'armée israélienne) à agir avec force contre lui (...) Pour votre sécurité, vous devez évacuer immédiatement vos logements", a écrit Avichay Adraee, porte-parole de l'armée pour le public arabophone, sur X, listant une cinquantaine de villages.

Dans la banlieue sud de Beyrouth, deux zones font également l'objet d'un avertissement, Ghobeiry et Haret Hreik, selon la même source. "Vous vous situez près d'installations et d'intérêts du Hezbollah, contre lesquels l'IDF va agir dans un avenir proche", a prévenu le porte-parole.

Le gouvernement libanais a pris lundi la décision sans précédent d’interdire les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah, provoquant la colère du mouvement soutenu par l’Iran.

Le Hezbollah est représenté au sein du gouvernement et du Parlement, et cette mesure est intervenue quelques heures après qu’il a annoncé avoir lancé des roquettes et des drones vers Israël tôt lundi, en représailles à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei lors de frappes américano-israéliennes.

Israël a bombardé lundi la banlieue sud de Beyrouth ainsi que des dizaines de villages du sud du Liban en riposte, promettant de faire payer au mouvement un « lourd tribut ».

Le ministère libanais de la Santé a indiqué que les frappes ont fait au moins 31 morts et au moins 149 blessés.


L’ambassade des États-Unis à Riyad visée par des drones : ministère saoudien de la Défense

Vue générale de l’ambassade des États-Unis à Riyad. (Photo d’archive AFP)
Vue générale de l’ambassade des États-Unis à Riyad. (Photo d’archive AFP)
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  • L’ambassade a émis un avis de confinement (« shelter in place ») pour Djeddah, Riyad et Dammam

RIYAD : L’ambassade des États-Unis à Riyad a été prise pour cible par des drones, provoquant un incendie limité et des dégâts mineurs au bâtiment, a indiqué le ministère saoudien de la Défense.

L’ambassade des États-Unis à Riyad était vide au moment de l’attaque et aucune blessure n’a été signalée à ce stade.

L’ambassade a émis un avis demandant aux ressortissants de rester confinés à Djeddah, Riyad et Dammam.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com