Coup d'envoi de la COP15, le sommet de la décennie pour sauver la nature

Le sommet de l'ONU sur la biodiversité s'est ouvert mercredi à Montréal avec un défi colossal (Photo, AFP).
Le sommet de l'ONU sur la biodiversité s'est ouvert mercredi à Montréal avec un défi colossal (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 08 décembre 2022

Coup d'envoi de la COP15, le sommet de la décennie pour sauver la nature

  • Les délégués de 190 pays ont jusqu'au 19 décembre pour adopter un «cadre mondial décennal» assez ambitieux pour mettre un terme d'ici 2030 à la destruction de la nature
  • Et le temps presse: un million d'espèces sont menacées d'extinction, un tiers des terres sont gravement dégradées et les sols fertiles disparaissent

MONTREAL: Le sommet de l'ONU sur la biodiversité s'est ouvert mercredi à Montréal avec un défi colossal: tenter en moins de deux semaines de sceller un accord historique, la "dernière chance" de sauver les espèces et les milieux naturels d'une destruction irréversible.

"Cette réunion est notre chance de passer de la discorde à l'harmonie, d'arrêter cette orgie de destruction et de conclure un pacte de paix avec la nature", a déclaré le président de la COP15, Huang Runqiu, ministre chinois de l'Ecologie et de l'Environnement.

"Le monde a les yeux tournés vers nous, attend nos travaux et nous devons avancer ensemble", a-t-il ajouté, alors que les négociations patinent depuis trois ans et font craindre un échec retentissant.

Les délégués de 190 pays ont jusqu'au 19 décembre pour adopter un "cadre mondial décennal" assez ambitieux pour mettre un terme d'ici 2030 à la destruction de la nature et de ses ressources, indispensable à la survie de l'humanité et à la lutte contre le réchauffement climatique.

Et le temps presse: un million d'espèces sont menacées d'extinction, un tiers des terres sont gravement dégradées et les sols fertiles disparaissent, tandis que la pollution et le changement climatique accélèrent la dégradation des océans.

"L'humanité est devenue une arme d'extinction massive", a tonné le secrétaire général de l'ONU, à cause de "notre appétit sans limite pour une croissance économique incontrôlée et inégale".

Cette COP15, sœur jumelle, dans l'ombre, des COP sur le climat, est une des dernières chances de "stopper notre guerre contre la nature", a-t-il déclaré.

Il s'agit de concrétiser un accord sur une vingtaine d'objectifs, dont le principal vise à protéger 30% des terres et des mers. D'autres prévoient la restauration des milieux naturels, la réduction des pesticides, la lutte contre les espèces invasives ou les conditions d'une pêche et d'une agriculture durables.

«Ultime ligne droite»

Trois jours de discussions préalables ont eu lieu du 3 au 5 décembre mais elles se sont conclues sans avancée significative - seulement cinq objectifs approuvés - alimentant une inquiétude de plus en plus vive chez les observateurs.

Les travaux ont repris lentement mardi. Freinés immédiatement par une passe d'armes entre les Occidentaux et la Russie, accusée d'"écocide" après la découverte de milliers de dauphins morts échoués en mer Noire, théâtre de la guerre.

"Il n'y a pas le niveau d'urgence, le niveau d'implication, le niveau d'ambition dont nous avons réellement besoin", a déploré Patricia Zurita, présidente de BirdLife International en marge d'une manifestation dans les couloirs de la Conférence. "L'argent est là, il nous manque seulement la volonté politique", a-t-elle ajouté.

"Arrêtez l'effondrement", "Bilan positif pour la nature = bilan positif pour les humains", proclamaient les pancartes de cette coalition de 350 ONG.

Dans le centre-ville de Montréal, quelques dizaines de militants habillés tout en noir ont manifesté pour dénoncer l'hypocrisie du sommet, très encadrés par de gros contingents policiers qui barricadent les accès au Palais des congrès où se tiennent les discussions.

100 milliards

Le sommet se déroule sans l'appui des leaders mondiaux, pourtant venus en nombre à la COP climat de Charm-el-Cheikh en novembre. Ce sont donc les ministres de l'Environnement qui seront chargés, à partir du 15 décembre, de faire aboutir les négociations.

L'ambition affichée reste de sceller un accord aussi historique que celui de Paris pour le climat en 2015. Mais certains craignent "des stratégies éventuellement délibérées pour provoquer un scénario semblable à Copenhague", où la COP Climat avait connu un échec retentissant en 2009, note l'ONG Avaaz.

Pour éviter cela, les pays doivent s'accorder sur des objectifs mesurables et contrôlés, afin de ne pas répéter l'échec du cadre précédent, adopté en 2010 à Aichi, au Japon.

Les financements des pays riches vers les pays en développement seront aussi un point décisif. Une coalition de nations du Sud a réclamé au moins 100 milliards de dollars par an pour la biodiversité, autant que pour le climat, et d'augmenter progressivement ce montant jusqu'à atteindre 700 milliards de dollars par an d'ici 2030.

Certains pays souhaitent mettre en place un fonds dédié à la biodiversité, une proposition à laquelle résistent les pays riches.

La question épineuse de la biopiraterie est également source de blocages: de nombreux pays exigent que les pays riches partagent enfin les bénéfices des cosmétiques et des médicaments dérivés des ressources conservées au Sud.

Enfin, la reconnaissance, politique et financière, du rôle des peuples autochtones, dont les territoires conservent 80% de la biodiversité de la terre, promet aussi d'être cruciale dans les négociations finales.


Ballon abattu: Pékin a refusé samedi un contact avec le chef du Pentagone

Cette photo fournie par la marine américaine montre des marins affectés au groupe 2 de neutralisation des explosifs et munitions récupérant un ballon de surveillance à haute altitude au large de Myrtle Beach, en Caroline du Sud, dans l'océan Atlantique le 5 février 2023 (Photo, Marine américaine via AFP).
Cette photo fournie par la marine américaine montre des marins affectés au groupe 2 de neutralisation des explosifs et munitions récupérant un ballon de surveillance à haute altitude au large de Myrtle Beach, en Caroline du Sud, dans l'océan Atlantique le 5 février 2023 (Photo, Marine américaine via AFP).
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  • L'armée américaine a abattu samedi, au large des côtes de Caroline du Sud, un ballon chinois considéré par le Pentagone comme un ballon espion
  • Pékin soutient de son côté qu'il s'agissait d'un aérostat civil, principalement destiné à recueillir des données météorologiques

WASHINGTON: Le gouvernement à Pékin a refusé samedi la proposition américaine d'un appel téléphonique entre le chef du Pentagone Lloyd Austin et son homologue Wei Fenghe, peu après que l'US Air Force eut abattu un ballon chinois, a annoncé mardi le ministère américain de la Défense.

"Notre engagement pour conserver des canaux de communication ouverts se poursuivra", a toutefois promis le général Pat Ryder, le porte-parole du Pentagone, après ce rejet confirmant la dégradation des relations entre les deux premières puissances mondiales.

L'armée américaine a abattu samedi, au large des côtes de Caroline du Sud, ce ballon chinois considéré par le Pentagone comme un ballon espion, destiné à récolter des informations sensibles. Pékin soutient de son côté qu'il s'agissait d'un aérostat civil, principalement destiné à recueillir des données météorologiques.

"Le samedi 4 février, juste après être passé à l'acte pour abattre le ballon du Parti communiste chinois, le ministère (américain) de la Défense a soumis une requête pour un appel sécurisé entre le ministre Austin et le ministre de la Défense chinois Wei Fenghe", a détaillé le général Ryder.

"Les communications entre nos armées sont particulièrement importantes en des moments comme ceux-là. Hélas, le Parti communiste chinois a décliné notre requête", a-t-il ajouté.

Le gouvernement chinois a estimé lundi que les Etats-Unis, en abattant le ballon chinois qui survolait leur territoire, avaient "gravement affecté et endommagé" les relations entre les deux pays.

Le même jour, les Etats-Unis ont affirmé avoir récupéré de premiers débris du ballon chinois, dont une partie de la toile.

Selon le Pentagone, le ballon lui-même était haut d'environ 60 mètres et portait une sorte de nacelle pesant plus d'une tonne qui reste à récupérer.

Le président Joe Biden a pris la décision d'abattre le présumé ballon espion chinois dès mercredi dernier mais les militaires américains lui avaient conseillé d'attendre que l'engin soit au-dessus de l'Atlantique, dans les eaux territoriales américaines.

M. Biden, qui doit prononcer mardi soir son discours de politique générale devant le Congrès, a été durement critiqué par l'opposition républicaine, qui lui reproche d'avoir attendu, signe selon elle de la "faiblesse" de son administration vis-à-vis de Pékin.

Des responsables américains ont toutefois assuré que cela avait fourni "une formidable occasion de mieux comprendre et d'étudier" l'engin, dont la traversée du territoire américain a captivé le pays pendant plusieurs jours.

L'incident du ballon a contraint le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, à reporter in extremis vendredi un déplacement très attendu en début de semaine dans la capitale chinoise, destiné justement à apaiser les relations entre les deux grands rivaux stratégiques.

Malgré cela, l'administration de Joe Biden assure vouloir maintenir le dialogue avec Pékin et que la visite de M. Blinken serait reprogrammée dès que les "conditions seront réunies".


L'Ukraine va recevoir des chars Leopard 1, Moscou revendique des «succès»

Cette photo publiée par le ministère ukrainien de la Défense le 12 septembre 2022 et prise dans un lieu indéfini montre une colonne de chars de l'armée ukrainienne lors d'une offensive, au milieu de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo, AFP)
Cette photo publiée par le ministère ukrainien de la Défense le 12 septembre 2022 et prise dans un lieu indéfini montre une colonne de chars de l'armée ukrainienne lors d'une offensive, au milieu de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo, AFP)
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  • «Au moins 100 chars Leopard 1 A5» seront livrés «dans les prochains mois», ont indiqué les ministres de la Défense de l'Allemagne, des Pays-Bas et du Danemark, dans un communiqué commun
  • «Actuellement, les combats évoluent avec succès dans les zones» de Bakhmout et Vougledar, a affirmé le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou

KIEV: Trois pays européens ont annoncé mardi l'envoi "dans les prochains mois" d'une centaine de chars lourds à Kiev, pour aider son armée à repousser les forces russes qui affirment mener avec "succès" une offensive dans l'est de l'Ukraine. 

Cette annonce est intervenue au moment où le nouveau ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, est en visite surprise à Kiev, et alors que les dirigeants ukrainiens exhortent leurs alliés occidentaux à accélérer l'envoi de chars lourds qui leur ont été promis. 

"Au moins 100 chars Leopard 1 A5" seront livrés "dans les prochains mois", ont indiqué les ministres de la Défense de l'Allemagne, des Pays-Bas et du Danemark, dans un communiqué commun. 

Ces Leopard 1, plus vieux que les Leopard 2 - dont Berlin a promis également à Kiev 14 exemplaires - proviennent de stocks et seront remis à neuf. 

Sur Twitter, le ministre ukrainien de la Défense, Oleksiï Reznikov, a lui affirmé ironiquement que "le 'premier' Leopard 2 est arrivé à Kiev", en postant une photo le montrant en compagnie de M. Pistorius en train de tenir un modèle réduit du char allemand. 

Le calendrier des livraisons occidentales reste toutefois flou, à l'heure où Kiev s'inquiéte de ne pas recevoir les blindés à temps pour repousser une éventuelle nouvelle attaque russe de grande envergure. 

Mardi, la Russie a même revendiqué le "succès" de sa récente offensive dans l'est de l'Ukraine. 

Depuis janvier, son armée, épaulée par les paramilitaires du groupe Wagner et renforcée par des centaines de milliers de civils mobilisés, est repassée à l'offensive, en particulier dans le Donbass, région de l'est dont Moscou revendique l'annexion. 

« Plus ou moins stable » 

"Actuellement, les combats évoluent avec succès dans les zones" de Bakhmout et Vougledar, a affirmé le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, selon un communiqué publié à l'issue d'une réunion avec les cadres de l'armée et de son ministère. 

Il a cité les récentes conquêtes de sept localités dont Soledar, petite ville voisine de Bakhmout que les forces ukrainiennes ont cédée en janvier après des combats meurtriers pour les deux camps. 

M. Choïgou a en outre mis en garde l'Occident contre un accroissement de son aide militaire à l'Ukraine. "De telles mesures entraînent les pays de l'Otan dans le conflit et peuvent conduire à un niveau imprévisible d'escalade", a-t-il dit. 

Les observateurs s'accordent à prédire que la Russie prépare une offensive majeure à la fin de l'hiver où au début du printemps, avec au minimum comme objectif de conquérir tout le Donbass, qu'elle ne contrôle que partiellement. 

Près de Bakhmout, l'artillerie a continué mardi de pilonner les positions russes, selon des reporters de l'AFP qui pouvaient entendre de fréquentes détonations. 

Plus loin du front, Iaroslav, capitaine d'une unité opérant un lance-roquettes multiple Grad, se prépare à ordonner le tir d'une salve d'une quarantaine de projectiles quand l'attaque est finalement annulée. 

"Si on n'a pas besoin de nous, c'est que la situation est plus ou moins stable" sur le front, veut croire le militaire de 35 ans, visage fouetté par un vent glacial. 

La chute de Bakhmout, théâtre depuis plusieurs mois de combats très meurtriers, ouvrirait la voie à une offensive russe vers Kramatorsk, principale ville du Donbass sous contrôle ukrainien. 

« Pas beaucoup de munitions » 

Quelque 150 kilomètres plus au sud, Moscou est également à l'offensive sur Vougledar, à proximité d’un noeud ferroviaire desservant l'est et le sud occupé du pays. 

Dans le nord du Donbass, les Russes sont également en train de presser leur adversaire, dans une zone reconquise par Kiev en septembre. 

Serguiï Solomon, un ouvrier du bâtiment ukrainien de 31 ans devenu soldat, confirme que les forces de Kiev risquent de manquer de moyens face à celles de Moscou. 

"Les Russes ont des chars, des (véhicules de) transport de troupes blindés, des (roquettes) Grad, tout ce que l'on peut imaginer", dit-il. "Nous avons de l'équipement, mais pas beaucoup de munitions". 

Face aux demandes répétées de Kiev et après avoir longtemps tergiversé de peur de provoquer une escalade, Américains et Européens ont récemment décidé d'envoyer des dizaines de chars lourds pour que l'Ukraine puisse mieux s'opposer à une offensive russe et organiser la sienne. 

Leur nombre reste cependant en deçà des attentes de Kiev. Et les Occidentaux continuent de refuser de livrer des avions de combats. 

Les Etats-Unis ont en revanche promis des armements dotés d'une portée allant jusqu'à 150 km, que Kiev réclamait pour pouvoir frapper loin derrière le front les dépôts de munitions et les lignes d'approvisionnements russes. 


Espagne: levée de l'obligation du masque dans les transports

L'Espagne avait levé en avril 2022 le port obligatoire du masque en intérieur, mais il était resté obligatoire dans les transports (métro, bus, trains...). (Photo, AFP)
L'Espagne avait levé en avril 2022 le port obligatoire du masque en intérieur, mais il était resté obligatoire dans les transports (métro, bus, trains...). (Photo, AFP)
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  • «Nous avons approuvé une modification du décret» sur le port du masque en vertu de laquelle «le port obligatoire dans les transports en commun» est levé, a déclaré la ministre de la Santé, Carolina Darias
  • Le port du masque restera en revanche obligatoire dans les hôpitaux, les centres de santé et les maisons de retraite

MADRID: Le masque cessera mercredi d'être obligatoire dans les transports en commun en Espagne, a annoncé mardi le gouvernement, levant ainsi l'une des dernières restrictions sanitaires encore en vigueur dans le pays.

"Nous avons approuvé une modification du décret" sur le port du masque en vertu de laquelle "le port obligatoire dans les transports en commun" est levé, a déclaré la ministre de la Santé, Carolina Darias, à l'issue du Conseil des ministres.

"L'entrée en vigueur aura lieu demain", mercredi, a ajouté la ministre qui s'est félicitée "de l'énorme stabilité de la situation épidémiologique dans le pays".

Le port du masque restera en revanche obligatoire dans les hôpitaux, les centres de santé et les maisons de retraite.

L'Espagne avait levé en avril 2022 le port obligatoire du masque en intérieur, mais il était resté obligatoire dans les transports (métro, bus, trains...).

Cette mesure a toujours été respectée dans le pays, qui a été traumatisé par la première vague de la pandémie de Covid-19, au printemps 2020, et avait alors imposé l'un des confinements les plus stricts au monde.

L'Espagne avait même été l'un des rares pays à rétablir durant quelques semaines, fin 2021, l'obligation de porter un masque en extérieur pour faire face à la déferlante du variant Omicron.