La Chine et l'Arabie saoudite, pionniers de la transformation numérique

En tant que géant technologique émergent, la Chine a fait d'immenses progrès dans la robotique, l'intelligence artificielle et les sciences spatiales (Photo, AFP).
En tant que géant technologique émergent, la Chine a fait d'immenses progrès dans la robotique, l'intelligence artificielle et les sciences spatiales (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Jeudi 08 décembre 2022

La Chine et l'Arabie saoudite, pionniers de la transformation numérique

  • La Chine dispose aujourd'hui de la plus grande infrastructure internet du monde
  • Les dépenses prévues de l'Arabie saoudite en matière de technologie sont évaluées à environ 24,7 milliards de dollars

RIYAD: L'Arabie saoudite et la Chine ont toutes deux adopté l'innovation technologique et la transformation numérique comme moyen d'élargir leurs économies, de créer de nouvelles façons de faire des affaires et d'être compétitives au niveau mondial dans ce que l'on a appelé la quatrième révolution industrielle.

En tant que géant technologique émergent, la Chine a fait d'immenses progrès dans les domaines de la robotique, de l'intelligence artificielle et des sciences spatiales, ainsi que dans ceux de l'internet et de la connectivité 5G, de la construction et de l'ingénierie, et des technologies vertes renouvelables, notamment l'énergie solaire.

Bien que plusieurs économies développées et émergentes aient fait des progrès similaires dans les domaines de la science, de l'ingénierie, de l'informatique et de la technologie, peu d'entre elles ont égalé le rythme et l'ampleur des changements observés en Chine au cours de la seule dernière décennie.

La Chine dispose aujourd'hui de la plus grande infrastructure internet du monde, le nombre d'utilisateurs étant passé de 564 millions à 1,032 milliard au cours de la dernière décennie, et d'une économie numérique robuste, dont la valeur est passée de 11 000 milliards de yuans (1 yuan = 0,14 dollar) à 45 500 milliards de yuans.

ds
La Chine possède aujourd'hui la plus grande infrastructure Internet au monde (Photo, AFP).

Le succès de la Chine est le reflet de ses objectifs sociétaux clairement définis, qui consistent notamment à atteindre et à maintenir la croissance économique, à mettre en œuvre une campagne massive de réduction de la pauvreté intérieure et à promouvoir l'innovation technologique.

L'utilisation de la technologie et l'adoption de la transformation numérique sont largement considérées comme des moyens efficaces d'accélérer le développement économique et social d'une manière inclusive, dynamique et cybersécurisée.

L'Arabie saoudite a adopté ce modèle, en transférant plusieurs fonctions du gouvernement et du secteur privé en ligne afin d'assurer une prestation de services transparente, d'améliorer l'expérience de l'utilisateur final et de favoriser l'innovation.

De même, après quatre décennies de progrès technologique et numérique, les consommateurs chinois sont devenus une communauté hyper-adaptée et hyper-adoptive, faisant de la Chine l'un des marchés les plus compétitifs au monde sur le front numérique.

En Arabie saoudite, le gouvernement a élaboré une série de plans quinquennaux visant à remplacer les processus traditionnels par des plateformes numériques sécurisées, efficaces et responsables, afin de fournir des services publics de haute qualité, qu'il s'agisse de l'octroi de licences et de permis, de l'aide sociale ou des dons de charité.

Les dépenses prévues de l'Arabie saoudite en matière de technologie sont évaluées à environ 24,7 milliards de dollars (1 dollar = 0,96 euro) d'ici 2025, soit le montant le plus élevé au monde, représentant 21,7% des dépenses nationales, selon la Digital Government Authority.

Cette année, la Chine a consacré 2,44% de son produit intérieur brut (PIB), soit environ 441 milliards de dollars, à la recherche et au développement. Elle ambitionne que 10% de son PIB proviennent de l'économie numérique d'ici 2025, contre 7,8 % en 2020.

ds
Les dépenses de l'Arabie saoudite en technologie sont évaluées à environ 24,7 milliards de dollars d'ici 2025 (Photo, AFP).

Dans sa propre course pour devenir un centre technologique régional et un leader mondial de l'innovation, l'Arabie saoudite a également prévu d'ajouter près de 16 milliards de dollars à son PIB d'ici 2040 grâce à son programme de recherche et de développement.

En septembre, lors de la réunion des ministres de l'économie numérique du G20 à Bali, en Indonésie, Abdallah al-Swaha, ministre saoudien des Communications et des Technologies de l'information, a déclaré que les investissements dans ces domaines étaient essentiels au développement économique durable.

L'un des objectifs du Royaume, énoncé dans son programme de réforme sociale et de diversification économique, Vision 2030, est de devenir l'un des dix premiers pays au monde dans l'indice de compétitivité mondiale d'ici à la fin de la décennie, alors qu'il occupe actuellement la 24e place.

Bien que la Chine soit déjà le premier partenaire commercial de l'Arabie saoudite, la visite du président Xi Jinping cette semaine devrait être l'occasion de conclure de nouveaux accords et partenariats stratégiques pour un montant de 29 milliards de dollars, ainsi que d'élaborer un plan visant à harmoniser la Vision 2030 avec l'initiative chinoise «Belt and Road».

La route de la soie numérique est le volet technologique de l'initiative «Belt and Road», qui devrait, selon les prévisions, ajouter 255 milliards de dollars au PIB régional et créer 600 000 emplois liés à la technologie dans la zone du Conseil de coopération du Golfe.

Au début de l'année, la Chine a publié son 14e plan quinquennal pour le développement de l'économie numérique, présentant des propositions pour s'engager activement avec l'UE, l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est, les pays africains et les pays de la Belt and Road sur la politique de l'économie numérique.

Les analystes considèrent la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord comme un lien commercial essentiel avec les marchés européens et africains, ce qui fait de l'Arabie saoudite et de ses voisins du CCG des partenaires stratégiques vitaux pour l'expansion numérique de la Chine.

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Suez remporte à Oman un des plus gros contrats de son histoire, dans la gestion de l'eau

Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman. (AFP)
Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman. (AFP)
  • Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman
  • Ce contrat, qui couvre la gestion et la maintenance des services d'eau potable et d'assainissement de la capitale Mascate et des gouvernorats de Sharqiyah Nord et Sharqiyah Sud, figure "dans le top 3 de l'histoire de Suez"

PARIS: Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman, un des plus importants de son histoire, a-t-il annoncé lundi.

Ce contrat, qui couvre la gestion et la maintenance des services d'eau potable et d'assainissement de la capitale Mascate et des gouvernorats de Sharqiyah Nord et Sharqiyah Sud, figure "dans le top 3 de l'histoire de Suez", a déclaré le directeur général du groupe, Xavier Girre, lors d'un entretien à l'AFP.

 

 


Air France reprend ses vols directs entre Riyad et Paris

 Air France a annoncé la reprise de ses vols directs entre Riyad et Paris, rétablissant une liaison stratégique entre le Royaume d'Arabie saoudite et la France après une suspension temporaire liée à la situation régionale. (AFP)
Air France a annoncé la reprise de ses vols directs entre Riyad et Paris, rétablissant une liaison stratégique entre le Royaume d'Arabie saoudite et la France après une suspension temporaire liée à la situation régionale. (AFP)
  • « L'Arabie saoudite est un marché d'une importance stratégique pour Air France, et nous sommes heureux de reprendre nos vols directs entre Riyad et Paris »
  • « Nous sommes de nouveau en mesure d'offrir à nos clients des solutions de voyage fluides, aussi bien pour les déplacements professionnels que pour les voyages de loisirs, tout en leur garantissant le niveau de service et l'hospitalité française »

RIYAD: Air France a annoncé la reprise de ses vols directs entre Riyad et Paris, rétablissant une liaison stratégique entre le Royaume d'Arabie saoudite et la France après une suspension temporaire liée à la situation régionale.

À compter de cette reprise, la compagnie française retrouvera son programme initial de trois vols hebdomadaires entre l'aéroport international King Khalid de Riyad et l'aéroport Paris-Charles de Gaulle, conformément à son programme de la saison estivale 2026.

Cette reprise intervient dans un contexte de renforcement des échanges économiques, touristiques et culturels entre les deux pays. Elle marque également la volonté d'Air France de consolider sa présence sur le marché saoudien, considéré comme l'un des plus stratégiques de la région.

« L'Arabie saoudite est un marché d'une importance stratégique pour Air France, et nous sommes heureux de reprendre nos vols directs entre Riyad et Paris », a déclaré Raza Syed, Country Manager Arabie saoudite et Égypte d'Air France-KLM.

Il a souligné que cette reprise reflète l'engagement à long terme du groupe envers le Royaume et permettra aux voyageurs de bénéficier à nouveau de l'ensemble du réseau international d'Air France-KLM grâce aux correspondances proposées depuis Paris. « Nous sommes de nouveau en mesure d'offrir à nos clients des solutions de voyage fluides, aussi bien pour les déplacements professionnels que pour les voyages de loisirs, tout en leur garantissant le niveau de service et l'hospitalité française qui font la réputation d'Air France », a-t-il ajouté.

Dans le cadre de cette reprise, Flying Blue, le programme de fidélité d'Air France et de KLM, lance une offre promotionnelle destinée aux voyageurs au départ du Royaume. Les passagers réservant leurs billets entre le 29 juin et le 13 juillet 2026 pourront cumuler trois fois plus de Miles, pour des voyages effectués jusqu'au 31 décembre 2026.

Horaires des vols

La liaison Riyad-Paris (AF685) sera assurée les mardis, jeudis et dimanches, avec un départ de Riyad à 8h45 et une arrivée à Paris à 14h25.

Le vol retour Paris-Riyad (AF684) opérera les lundis, mercredis et samedis, avec un départ de Paris à 23h20 et une arrivée à Riyad à 6h35 le lendemain.

Fondée en 1933, Air France emploie plus de 40 000 collaborateurs et, avec KLM et Transavia, fait partie du groupe Air France-KLM. Le groupe dessert plus de 300 destinations dans le monde grâce à une flotte de plus de 500 appareils et poursuit ses investissements dans la modernisation de sa flotte ainsi que dans la réduction de son empreinte environnementale.


La dette française dépasse les 3.500 milliards d'euros, en pleine préparation du budget 2027

La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre, en plein débat sur le budget 2027 et la maîtrise des finances publiques. (AFP)
La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre, en plein débat sur le budget 2027 et la maîtrise des finances publiques. (AFP)
  • La situation de la dette française est "assez délicate", estime Mathieu Plane, économiste de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), "parce qu'on n'est pas du tout dans une zone de stabilité ou de décrue"
  • "Depuis 2007, en points de PIB, la dette a quasiment doublé", car elle ne pesait alors que 65,5% du PIB

PARIS: La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre, en plein débat sur le budget 2027 et la maîtrise des finances publiques.

La dette publique a augmenté à 3.536,1 milliards d'euros, pour s'établir à 117,5% du produit intérieur brut (PIB), a annoncé jeudi l'Institut national de la statistique (Insee).

Cela représente une augmentation de 75,6 milliards d'euros par rapport à fin 2025, où elle était de 3.460,5 milliards d'euros, soit 115,7% du PIB. Elle avait alors baissé sur un trimestre mais continué à grimper par rapport à fin 2024, où elle était de 3.306,1 milliards et pesait 112,6% du PIB.

La situation de la dette française est "assez délicate", estime Mathieu Plane, économiste de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), "parce qu'on n'est pas du tout dans une zone de stabilité ou de décrue".

"Depuis 2007, en points de PIB, la dette a quasiment doublé", car elle ne pesait alors que 65,5% du PIB, ajoute-t-il. "On a depuis 20 ans des chocs macroéconomiques qui font que les dettes publiques ont beaucoup augmenté", mais "depuis quelques années la France décroche de la moyenne européenne".

Entre 2019 et 2025, la France a connu "la plus forte progression, après celle de la Finlande," de sa dette en points de PIB, relève le spécialiste des finances publiques François Ecalle.

"Ce qui l'explique, c'est le niveau du déficit", et "la plupart des gouvernements en sont responsables depuis 50 ans", estime-t-il.

Premier poste de l'Etat 

Deuxième économie de la zone euro derrière l'Allemagne, la France en est l'un des cancres budgétaires. Elle affiche le deuxième déficit le plus élevé, à 5,1% du PIB en 2025, derrière la Belgique (5,2%). Un niveau trop important pour lui permettre de stabiliser sa dette, la troisième plus élevée (par rapport au PIB) après celles de la Grèce et de l'Italie.

"Notre position relative, par rapport aux autres pays, s'est nettement dégradée", renchérit Bruno Cavalier, économiste chez Oddo BHF.

Dans le budget, le poste consacré au remboursement de la dette est devenu le premier de l'Etat, devant celui de l'Education (hors pensions), rappelait récemment le ministre français de l'Economie Roland Lescure lors d'un colloque à la Cour des comptes, évoquant un "coût de la dette record".

Le service de la dette de l'Etat devrait ainsi atteindre 64 milliards d'euros en 2026, et "pourrait augmenter jusqu'à 100 milliards dans les années qui viennent", avait-il ajouté.

"Notre charge d'intérêts de la dette va mécaniquement augmenter" car "le renouvellement de la dette va nous coûter plus cher qu'avant", souligne Mathieu Plane. "C'est très important d'être crédibles pour garantir un financement bon marché" des investisseurs.

Le gouvernement français veut afficher une trajectoire vertueuse: il s'est fixé comme objectif un déficit à 5% en 2026, avec une dette à 118,4% du PIB, avant de ramener son déficit sous 3% en 2029, avec une dette stabilisée à 118% du PIB.

Comité d'alerte 

Mais la tâche s'annonce ardue. Selon une étude réalisée par quatre économistes de l'Institut des politiques macroéconomiques et internationales (i-MIP), il existerait un peu plus d'une chance sur deux (55%) de rater la cible des 118% du PIB en 2029.

Le redressement des finances publiques est d'autant plus complexe que le gouvernement, en quête d'un budget pour 2027 - dont il doit présenter les grandes lignes mi-juillet -, a promis d'éviter les hausses d'impôts.

Pour faire le point sur la situation, il réunira prochainement un Comité d'alerte des finances publiques. Ce Comité devrait être l'occasion d'annoncer de nouvelles coupes budgétaires pour compenser le coût de la guerre au Moyen-Orient, après déjà 6 milliards d'euros d'économies présentées en avril.

Dans un contexte économique difficile, le gouvernement devrait aussi abaisser ses prévisions de croissance pour 2026, actuellement de 0,9%. La Banque de France a revu à la baisse les siennes à 0,5% du PIB (contre 0,9% avant). L'Insee, elle, table sur 0,7%.

Face à une équation budgétaire complexe, le ministre des Comptes publiques David Amiel a aussi missionné quatre économistes pour réfléchir à des scénarios de redressement des finances publiques dès 2027. Ils devraient rendre leurs conclusions début juillet.