UE: les compagnies aériennes devront payer pour leurs émissions de CO2

Les compagnies aériennes devront payer pour les émissions de CO2 de leurs vols intra-européens (Photo, AFP).
Les compagnies aériennes devront payer pour les émissions de CO2 de leurs vols intra-européens (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 08 décembre 2022

UE: les compagnies aériennes devront payer pour leurs émissions de CO2

  • Les compagnies se voyaient jusqu'ici offrir des quotas gratuits couvrant l'essentiel de leurs émissions pour les aider à rester compétitives face à leurs rivales étrangères
  • Un nouveau mécanisme allouera des quotas gratuits d'émissions de CO2 en contrepartie de l'adoption de carburants aériens durables

BRUXELLES: Les compagnies aériennes devront payer pour les émissions de CO2 de leurs vols intra-européens, avec la disparition de quotas gratuits dont elles bénéficiaient jusqu'ici, mais les vols internationaux resteront épargnés, selon un accord conclu mercredi dans l'UE.

Le texte, approuvé après de longues négociations par les eurodéputés et les Etats membres, s'inscrit dans le vaste plan climat européen. Outre les vols intérieurs à l'UE, il s'appliquera aussi aux vols entre l'UE et le Royaume-Uni ou la Suisse, mais exclut pour le moment les vols entre l'Europe et le reste du monde, selon un communiqué du Conseil européen.

Les vols intra-européens sont déjà soumis au marché des quotas d'émissions carbone (ETS) où les compagnies aériennes peuvent acheter et échanger les "droits à polluer" requis pour compenser leurs émissions, à l'instar des industriels et des énergéticiens.

Mais elles se voyaient jusqu'ici offrir des quotas gratuits couvrant l'essentiel de leurs émissions pour les aider à rester compétitives face à leurs rivales étrangères.

Un privilège que les eurodéputés et Etats membres ont décidé de supprimer progressivement d'ici trois ans: 25% de ces allocations "gratuites" disparaîtront dès 2024 et 25% de plus en 2025. Elles seront entièrement supprimées en 2026.

Une partie des recettes collectées par la vente des quotas sera transférée au Fonds d'innovation européen, pour subventionner des technologiques bénéfiques au climat.

Un nouveau mécanisme allouera des quotas gratuits d'émissions de CO2 en contrepartie de l'adoption de carburants aériens durables (SAF), permettant aux compagnies de compenser en partie la différence de prix avec le kérosène classique.

Ce mécanisme sera appliqué de façon plus généreuse dans certain cas pour contribuer à garantir l'approvisionnement en carburants "verts" des îles de petite taille, des petits aéroports et des régions ultrapériphériques.

"Nous avons trouvé un bon équilibre entre l'ambition climatique pour les compagnies aériennes et le soutien à ce secteur pour accomplir cette transition, avec un outil tangible pour l'aider à se décarboner", a observé l'eurodéputée Suncana Glavak (PPE, droite), négociatrice pour le Parlement.

A contrario, l'association européenne des compagnies aériennes Airlines for Europe (A4E) s'est dite "extrêmement déçue" de la disparition programmée des quotas gratuits d'ici 2026. A cette date, les solutions de décarbonation ne seront pas disponibles à grande échelle, a-t-elle déploré dans un communiqué.

Enfin, selon l'accord, les compagnies devront, à partir de 2025, déclarer non seulement leurs émissions de CO2, mais également d'autres particules polluantes (dioxyde d’azote, suie…) contribuant au réchauffement climatique, en vue d'un possible durcissement réglementaire de l'UE en 2028.

Pour autant, les eurodéputés n'ont pas obtenu gain de cause sur l'inclusion des vols internationaux au départ de l'Europe: ces derniers seront toutefois couverts de 2022 à 2027 par le mécanisme international de compensation carbone (CORSIA), dans lequel les compagnies aériennes seront contraintes d'acheter des "crédits carbone" au-delà d'un certain seuil d'émissions, précise l'accord.

La Commission devra cependant examiner après 2025 l'efficacité de ce mécanisme international, et, si elle est jugée insuffisante, préparer une proposition pour soumettre au marché carbone de l'UE ces vols internationaux.

En excluant les vols internationaux, l'accord européen "ignore 58% des émissions de CO2 de l'aviation européenne (...) Nous sommes sur le point de perdre une décennie en inaction climatique", déplore l'ONG environnementale Transport&Environment. Selon elle, le système CORSIA ne "couvrirait qu'à peine 22% des émissions internationales totales d'ici 2030".


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.


Saint-Gobain: bénéfice et ventes en recul au premier semestre mais des signes de croissance retrouvés

Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
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  • Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français
  • En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique

PARIS: Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance.

Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français.

"Après un premier trimestre marqué par l'impact de conditions climatiques défavorables dans l'hémisphère nord, le chiffre d'affaires à données comparables renoue avec la croissance au deuxième trimestre dans toutes les régions, y compris en volumes: en Europe grâce au marché de la construction neuve, en Amérique avec une normalisation des conditions climatiques en Amérique du Nord, et en Asie-Pacifique qui poursuit sa forte croissance", décrypte Saint-Gobain, qui emploie plus de 162.000 personnes dans 81 pays.

En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique.

C'est la zone Amériques qui tire le chiffre d'affaires vers le bas avec -7,2% sur le semestre. En ne prenant en compte que le deuxième trimestre, les ventes sont restées stables (+0,4%).

En 2025, la zone représentait plus du quart du chiffre d'affaires global de Saint-Gobain.

L'Ebitda (excédent brut d'exploitation), un indicateur de rentabilité, atteint 3,6 milliards d'euros "affecté par l'effet de change", mais "bénéficiant du retour à la croissance au deuxième trimestre", explique Saint-Gobain.

L'entreprise a confirmé ses perspectives de croissance, malgré "un environnement macroéconomique contrasté et géopolitiquement incertain", selon Benoît Bazin, PDG du groupe, lors d'un point presse.

Saint-Gobain anticipe une croissance de ses ventes au deuxième semestre 2026 dans toutes les zones, "contrastées par pays" en Europe, "dans un contexte incertain" dans les Amériques et "tirée par l'Inde et l'Asie du sud-est" pour la zone Asie-Pacifique.


Veolia renforce sa performance opérationnelle et relève ses objectifs pour 2026

Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
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  • Veolia confirme une dynamique de croissance solide, avec des résultats financiers en hausse et une meilleure performance opérationnelle
  • Le groupe relève ses ambitions 2026, soutenu par ses activités internationales et ses marchés d’avenir

DUBAI: Veolia a signé un premier semestre 2026 solide, porté par une amélioration de sa rentabilité et une croissance de ses principaux indicateurs financiers. Fort de ces résultats, le groupe relève ses objectifs pour l'ensemble de l'année et confirme la trajectoire de son plan stratégique GreenUp.

Le chiffre d'affaires atteint 22,2 milliards d'euros, en hausse de 1,5 %, tandis que l'EBITDA progresse de 5 % pour s'établir à 3,55 milliards d'euros. La marge d'EBITDA s'améliore de 70 points de base, reflet des efforts continus du groupe en matière d'efficacité opérationnelle. Le résultat net courant part du groupe s'élève à 837 millions d'euros, en progression de 10,4 %, dépassant le rythme de croissance initialement attendu.

Cette performance repose sur la bonne tenue des activités Eau et Énergie, sur une croissance soutenue à l'international, notamment dans les Amériques et en Asie, ainsi que sur des gains d'efficacité de 195 millions d'euros réalisés au premier semestre. Veolia continue de bénéficier d'une forte demande pour ses services liés à la gestion de l'eau, de l'énergie et des déchets, tout en maintenant une discipline stricte sur ses coûts et ses investissements.

Le groupe poursuit également sa transformation avec la finalisation de l'acquisition de Clean Earth, qui renforce sa position sur le marché américain du traitement des déchets dangereux. Cette opération s'inscrit dans la stratégie de développement international de Veolia et devrait contribuer à sa croissance à partir de 2027.

Parallèlement, Veolia accélère son développement sur les marchés liés aux centres de données, à la microélectronique et aux solutions numériques. Le groupe vise un milliard d'euros de chiffre d'affaires annuel sur ces activités d'ici 2030 et entend accroître le rôle de l'intelligence artificielle dans l'amélioration de son efficacité opérationnelle.

Au vu de ces performances, Veolia relève son objectif de croissance du résultat net courant pour 2026 à un minimum de 8 %, contre une prévision précédente plus prudente, et confirme l'ensemble des ambitions de son plan GreenUp. Ces résultats illustrent la capacité du groupe à conjuguer croissance, amélioration de la rentabilité et investissements dans ses relais de développement.