Les rencontres arabo-chinoises sont «une bonne nouvelle pour le monde entier», selon le rédacteur en chef du China Daily

Les rencontres arabo-chinoises sont «une bonne nouvelle pour le monde entier», selon le rédacteur en chef du China Daily
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Publié le Vendredi 09 décembre 2022

Les rencontres arabo-chinoises sont «une bonne nouvelle pour le monde entier», selon le rédacteur en chef du China Daily

  • Le président Xi Jinping est arrivé mercredi à Riyad pour une visite de trois jours au cours de laquelle il rencontrera des dirigeants en provenance d’Arabie saoudite, du Golfe et des pays arabes
  • La visite du président chinois reflète le désir de l’Arabie saoudite et de la Chine de renforcer leurs relations bilatérales

​​​​​​RIYAD: Un journaliste chinois chevronné, qui se trouve dans le Royaume pour couvrir la visite historique du président Xi Jinping, s’est dit extrêmement touché par l’hospitalité saoudienne et impressionné par le rythme rapide du développement de la capitale.

«C’est ma première visite. Cela faisait des années que je voulais me rendre en Arabie saoudite», déclare ainsi Wen Zongduo, rédacteur en chef du quotidien chinois d’expression anglaise China Daily, un journal de premier plan, dans un entretien accordé à Arab News.

«Je suis très reconnaissant envers les responsables et diplomates saoudiens. Ils ont fourni, à mon équipe et moi, toute l’aide nécessaire pour venir en Arabie saoudite, travaillant des heures supplémentaires pendant le week-end. Leur dévouement et le soutien qu’ils nous ont apporté m’ont touché, ainsi que les membres de mon équipe.»

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Wen Zongduo, rédacteur en chef du China Daily, avec Nour Nugali, rédactrice en chef adjointe d’Arab News, et d’autres membres du personnel d’Arab News. (Photo AN)

«Je dois avouer que la ville de Riyad est impressionnante. Il y a de nombreux gratte-ciel ici et d’autres sont encore à venir. Il semble que la ville traverse une période de nouvelles constructions massives. Pour moi, Riyad commence une toute nouvelle vie. La construction du Boulevard World, une zone de divertissement de premier ordre qui comprend de nombreux éléments d’autres pays, vient d’être achevée.»

«Riyad semble être une ville inclusive. Elle introduit différents éléments du monde entier afin d’améliorer la vie des résidents et de rendre la capitale saoudienne plus attrayante. Je trouve ces développements très impressionnants.»

Saluant l’hospitalité remarquable de la population locale, M. Wen confie à Arab News: «Les habitants de Riyad sont gentils, généreux et accueillants… Partout où je suis allé, tous étaient très serviables.»

Commentant la visite du président Xi Jinping, M. Wen l’a qualifiée de très importante du point de vue médiatique chinois.

«Les sommets sont importants, surtout lorsque notre monde a besoin des efforts de toutes les nations, y compris la Chine, l’Arabie saoudite et d’autres pays qui sont confrontés aux mêmes défis. Nous traversons une période difficile, ce qui signifie que chaque pays a une responsabilité envers l’humanité», déclare-t-il à Arab News.

Selon M. Wen, au lieu de vendre des armes et de déclencher des guerres, le monde a besoin de déployer plus d’efforts pour parvenir à un développement durable, en particulier lorsque des milliards de personnes dans le monde en développement connaissent déjà des difficultés liées en raison du changement climatique.

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Il y aura trois sommets au sein du Royaume lors de la visite. (AFP)

«La décision de la Chine et des États arabes de s’unir en cette période difficile est une très bonne nouvelle pour le monde entier», explique M. Wen à Arab News.

«C’est aussi parce que la Chine et les États arabes sont de bons partenaires et des amis depuis très longtemps. […] Nous avons toutes les raisons de continuer et de faire plus pour le monde en cette période difficile.»

Le président Xi Jinping est arrivé mercredi à Riyad pour une visite de trois jours au cours de laquelle il rencontrera des dirigeants en provenance d’Arabie saoudite, du Golfe et des pays arabes.

Trois sommets auront lieu pendant son séjour au sein du Royaume: le sommet saoudo-chinois ainsi que les sommets Golfe-Chine et arabo-chinois pour la coopération et le développement.

La visite du président chinois reflète le désir de l’Arabie saoudite et de la Chine de renforcer leurs relations bilatérales, d’améliorer leur partenariat stratégique et de réaliser le plein potentiel politique et économique de la relation afin de renforcer leurs intérêts communs.

Plus de vingt accords initiaux entre les deux pays, d’une valeur de plus de 110 milliards de riyals saoudiens, soit 29,3 milliards de dollars (1 dollar = 0,95 euro), seront signés lors de la visite présidentielle. Un accord de partenariat stratégique et un plan qui vise à harmoniser la mise en œuvre du projet de développement et de diversification Vision 2030 de l’Arabie saoudite avec l’initiative chinoise intitulée «La ceinture et la route» sont également à l’ordre du jour.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les Émirats assurent que la rupture de l’accord aérien par l’Algérie n’affectera pas immédiatement les vols

Les passagers quittent la salle de récupération des bagages du terminal 3 de l’aéroport international de Dubaï, à Dubaï, aux Émirats arabes unis, le 25 octobre 2022. (AP)
Les passagers quittent la salle de récupération des bagages du terminal 3 de l’aéroport international de Dubaï, à Dubaï, aux Émirats arabes unis, le 25 octobre 2022. (AP)
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  • L’Algérie a lancé la procédure de résiliation de son accord de transport aérien avec les Émirats arabes unis, conclu en 2013
  • Les autorités émiraties assurent que cette décision n’aura pas d’effet immédiat sur les vols, l’accord restant valide durant le préavis légal

ABOU DHABI : Les Émirats arabes unis ont déclaré que la notification par l’Algérie de la résiliation de l’accord de services aériens entre les deux pays n’aurait aucun « impact immédiat sur les opérations de vol », a rapporté dimanche l’agence de presse officielle WAM, citant l’Autorité générale de l’aviation civile (GCAA).

Samedi, l’Algérie a annoncé avoir engagé le processus d’annulation de cet accord de services aériens avec les Émirats arabes unis, signé à Abou Dhabi en 2013.

La GCAA a précisé que l’accord restait en vigueur « pendant la période de préavis légalement requise », sans fournir davantage de détails.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Entre peur et attente: au Maroc, des habitants évacués sous le choc des inondations

Dans certaines localités, des enfants et des personnes âgées ont attendu les secours sur les toits de leurs habitations, encerclées par les eaux, avant d'être évacués par la gendarmerie royale à l'aide de petites embarcations. (AFP)
Dans certaines localités, des enfants et des personnes âgées ont attendu les secours sur les toits de leurs habitations, encerclées par les eaux, avant d'être évacués par la gendarmerie royale à l'aide de petites embarcations. (AFP)
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  • Près de Kénitra, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Rabat, les autorités ont installé un vaste campement où s'alignent à perte de vue de petites tentes bleues accueillant la population déplacée par les récentes inondations
  • Plus de 7.800 familles, soit plus de 38.700 personnes, y ont trouvé refuge

KENITRA: Dans son village de l'ouest du Maroc, Kasia El Selami a compris qu'il fallait fuir lorsque les haut-parleurs de la mosquée ont appelé à évacuer en raison des intempéries. Rapidement, elle s'est retrouvée dans un immense camp provisoire, sans visibilité sur son retour.

"Nous avons ressenti une grande peur (...) surtout pour nos enfants", raconte à l'AFP cette Marocaine de 67 ans originaire d'Ouled Ameur, en étendant une couverture sur un fil tendu devant sa tente.

Près de Kénitra, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Rabat, les autorités ont installé un vaste campement où s'alignent à perte de vue de petites tentes bleues accueillant la population déplacée par les récentes inondations, liées à des épisodes de précipitations exceptionnels.

Plus de 7.800 familles, soit plus de 38.700 personnes, y ont trouvé refuge.

Au total, plus de 150.000 habitants ont été évacués depuis la semaine dernière dans le nord-ouest du pays. Dimanche, les autorités locales de Tétouan (nord) ont annoncé la mort de quatre personnes dans des crues soudaines.

Dans certaines localités, des enfants et des personnes âgées ont attendu les secours sur les toits de leurs habitations, encerclées par les eaux, avant d'être évacués par la gendarmerie royale à l'aide de petites embarcations.

Des distributions d'aide humanitaire ont également été effectuées par hélicoptère, de nombreuses routes restant submergées.

"L'eau continue de monter" 

De fortes pluies, des averses orageuses avec risque de grêle et de fortes rafales de vent ont encore été annoncées dimanche jusqu'à mardi dans plusieurs provinces par la Direction générale de la météorologie (DGM).

Autour des tentes du camp près de Kénitra, la vie s'organise. Une femme frotte son linge dans une bassine avec une planche à laver à quelques mètres d'enclos abritant vaches, chevaux, poules et moutons, eux aussi déplacés par les eaux.

Sur place, des vétérinaires administrent piqûres et traitements aux animaux affaiblis. Près du campement, une brebis et son agneau gisent, morts.

Plus loin, une longue file s'étire devant une clinique mobile qui reçoit des personnes malades ou légèrement blessées.

"La hauteur de l'eau était d'environ un mètre et demi", se souvient Ali El Aouni, assis sous sa toile de tente, entouré de sa famille et de quelques ustensiles dont des verres à thé, un tajine et plusieurs assiettes.

"Nous avons peur de retourner (dans notre village, NDLR), de crainte que l'eau ne revienne", raconte le sexagénaire originaire d'une commune dans les environs de Kénitra.

Il évoque des "jours très difficiles", marqués par le froid et l'angoisse. Ses enfants, dit-il, étaient "terrifiés".

Son fils aîné a voulu rester pour surveiller leur propriété. Il "communique avec nous par téléphone, nous disant que l'eau continue de monter", explique-t-il.

Secouristes en jet-ski 

A quelques kilomètres de là, au dernier endroit accessible depuis Kénitra en direction de Tanger par la route nationale, le trafic est interrompu. Seule l'autoroute reste ouverte.

Des membres de la protection civile avancent dans les eaux en bateau ou en jet-ski. Dans les zones submergées, seules dépassent les cimes des arbres.

L'Espagne et le Portugal ont aussi subi des intempéries ces derniers jours. En cause, selon la DGM: la rencontre d'air froid venu du nord et d'air chaud et humide du sud, qui déstabilise l'atmosphère et favorise des pluies abondantes.

Au Maroc, les apports hydriques enregistrés au cours des cinq derniers mois ont dépassé la moyenne annuelle des dix dernières années, avait indiqué fin janvier le ministère de l'Eau à l'AFP, après sept années consécutives d'une grave sécheresse.

Dans le camp provisoire, la protection civile distribue des sacs de provisions.

"Des tentes, couvertures et matelas ont été fournis, ainsi que des aides alimentaires et des fournitures essentielles pour les personnes affectées, en plus de soins de santé et de suivi vétérinaire pour le bétail", rapporte Adil Al-Khatabi, un responsable de la province de Kénitra sur place.

Kasia El Selami, elle, ne pense qu'à regagner son foyer: "Nous attendons que cette épreuve prenne fin au plus vite afin de pouvoir rentrer chez nous."


Liban: le Premier ministre promet la reconstruction dans le sud, dévasté par le conflit Israël-Hezbollah

En visite à Tayr Harfa, à environ trois km de la frontière, et Yarine, à proximité, M. Salam a déclaré que les villes et villages frontaliers avaient subi "une véritable catastrophe". (AFP)
En visite à Tayr Harfa, à environ trois km de la frontière, et Yarine, à proximité, M. Salam a déclaré que les villes et villages frontaliers avaient subi "une véritable catastrophe". (AFP)
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  • De larges secteurs des régions méridionales du Liban, proches de la frontière avec Israël, restent désertées et en ruines, plus d’un an après le cessez-le-feu qui visait à mettre fin à un an d'hostilités entre le Hezbollah pro-iranien et Israël
  • Aux termes de l'accord de trêve de novembre 2024, le gouvernement libanais s’est engagé à désarmer le Hezbollah, ce que l’armée a déclaré le mois dernier avoir mené à bien dans la zone entre le fleuve Litani et la frontière israélienne

TAYR HARFA: Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a promis samedi d'oeuvrer à la reconstruction dans le sud, lors d'une visite de localités dévastées par des frappes israéliennes, la première depuis que l’armée a annoncé avoir désarmé le Hezbollah dans la zone.

De larges secteurs des régions méridionales du Liban, proches de la frontière avec Israël, restent désertées et en ruines, plus d’un an après le cessez-le-feu qui visait à mettre fin à un an d'hostilités (dont deux mois de guerre ouverte) entre le Hezbollah pro-iranien et Israël.

Aux termes de l'accord de trêve de novembre 2024, le gouvernement libanais s’est engagé à désarmer le Hezbollah, ce que l’armée a déclaré le mois dernier avoir mené à bien dans la zone entre le fleuve Litani et la frontière israélienne, à une trentaine de km plus au sud.

En visite à Tayr Harfa, à environ trois km de la frontière, et Yarine, à proximité, M. Salam a déclaré que les villes et villages frontaliers avaient subi "une véritable catastrophe".

A Dhayra, la délégation officielle a été saluée par des habitants rassemblés sur les gravats, et à Bint Jbeil, plus à l’est, elle a tenu une réunion avec des responsables, dont des députés du Hezbollah et de son allié, le mouvement Amal.

M. Samal a promis aux habitants des localités concernées le lancement de projets clés de reconstruction, portant notamment sur la réhabilitation des routes et le rétablissement des réseaux de communication et d’eau.

L’an dernier, la Banque mondiale avait annoncé avoir débloqué 250 millions de dollars pour soutenir la reconstruction post-guerre du Liban. Elle a estimé les coûts de reconstruction et de relance du pays à environ 11 milliards de dollars.

La deuxième phase du plan gouvernemental de désarmement du Hezbollah concerne la zone située entre les fleuves Litani et Awali, à environ 40 km  au sud de Beyrouth.

Israël, qui accuse le Hezbollah de se réarmer, a jugé insuffisants les progrès de l'armée libanaise, tandis que le Hezbollah a rejeté les appels à remettre ses armes.

Malgré l'accord de cessez-le-feu, Israël mène des frappes régulières contre ce qu’il présente généralement comme des cibles du Hezbollah et maintient des troupes dans cinq zones du sud du Liban.

Des responsables libanais ont accusé Israël de chercher à empêcher la reconstruction dans le sud, un bastion du Hezbollah, en menant des frappes répétées visant notamment des engins de chantier.