Electricité: le gouvernement étend son aide aux entreprises en 2023

Le ministre français de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire après la réunion hebdomadaire du cabinet à l'Elysée présidentielle à Paris le 7 décembre 2022. (Photo, AFP)
Le ministre français de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire après la réunion hebdomadaire du cabinet à l'Elysée présidentielle à Paris le 7 décembre 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 08 décembre 2022

Electricité: le gouvernement étend son aide aux entreprises en 2023

  • A coups de dizaines de milliards d'euros, la France a multiplié les mesures de soutien pour maintenir le pouvoir d'achat des ménages et des entreprises face à l'inflation et l'explosion des prix de l'énergie
  • Initialement destiné à s'arrêter fin 2022, le « guichet électricité» prévu par le gouvernement pour aider les petites entreprises à payer leurs factures sera ainsi finalement prolongé en 2023

PARIS: Pour aider les petites entreprises étranglées par la crise énergétique, le gouvernement va prolonger en 2023 un dispositif prenant en charge une partie de leur facture d'électricité, tout en voulant siffler la fin du "quoi qu'il en coûte" pour préserver les finances publiques.

Gel des prix de l'électricité, chèques énergétiques, remise sur les carburants... A coups de dizaines de milliards d'euros, la France a multiplié les mesures de soutien pour maintenir le pouvoir d'achat des ménages et des entreprises face à l'inflation et l'explosion des prix de l'énergie observées depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Des artisans comme les boulangers et les bouchers avaient toutefois tiré la sonnette d'alarme, estimant être laissés pour compte et insuffisamment soutenus.

Initialement destiné à s'arrêter fin 2022, le "guichet électricité" prévu par le gouvernement pour aider les petites entreprises à payer leurs factures sera ainsi finalement prolongé en 2023, a annoncé jeudi le ministre de l'Economie Bruno Le Maire sur RMC.

«Pas d'hécatombe»

Ce dispositif s'ajoutera à l'"amortisseur", un autre système entrant en vigueur l'an prochain, où l'Etat prendra aussi en charge une partie des dépenses énergétiques des entreprises.

Seront éligibles au "guichet" les TPE et les PME dont, après réduction perçue au titre de l'amortisseur, les dépenses d'énergie représentent 3% du chiffre d'affaires de 2021 et la facture d'électricité a augmenté de plus de 50% par rapport à 2021.

Les deux dispositifs cumulés représenteront un "allègement de la facture" d'électricité qui pourra aller jusqu'à 35%, selon le ministre. L'enveloppe totale est maintenue à 10 milliards d'euros, d'après Bercy.

Interpellé par une boulangère du Doubs qui l'avertissait d'une "hécatombe" à venir parmi les artisans de sa région, il s'est voulu rassurant: "Il n'y aura pas d'hécatombe, je vous le garantis. Nous sommes là pour protéger les boulangers et nous ferons tout ce qui est nécessaire pour les aider à passer les mois d'hiver".

Les plus petites entreprises de moins de 10 salariés ayant un compteur de faible puissance (inférieur à 36 kVA) continueront, comme les particuliers, à bénéficier du bouclier tarifaire qui limitera en 2023 la hausse des tarifs réglementés de l'électricité à 15%, après un plafonnement à 4% cette année.

Initialement créé dans le cadre du plan de résilience en mars, le "guichet électricité" a été plusieurs fois remanié et simplifié ces derniers mois face aux critiques des entreprises qui jugeaient son fonctionnement complexe. Il ne devait initialement subsister l'an prochain que pour les entreprises de taille intermédiaire et les grandes entreprises.

Si le patronat a salué via la Confédération des petites et moyennes entreprises une "avancée majeure" avec la prorogation du guichet, c'est loin d'être suffisant pour le Syndicat des indépendants qui réclame une hausse de la facture de maximum 50% en 2023.

Les finances publiques en jeu

Cette annonce intervient alors que le gouvernement affirme depuis des semaines vouloir mettre fin au "quoi qu'il en coûte", ces dépenses publiques massives initiées durant la pandémie pour soulager les entreprises et les ménages.

"Ma responsabilité, c'est de cibler les aides sur ceux qui sont les plus en difficulté", a déclaré Bruno Le Maire, tout en assurant ne vouloir laisser "tomber personne face à l'inflation". "Nous avons aussi un sujet de finances publiques" et il s'agit de "faire attention à ne pas dilapider l'argent public."

Si les initiatives du gouvernement ont permis de contenir le taux d'inflation (6,2% sur un an en novembre), lequel flirte avec ses records de la mi-1980, elles lui ont aussi valu d'être rappelé à l'ordre par le Fonds monétaire international (FMI), qui les évalue à 2% du PIB français.

Selon la Direction générale du Trésor, l'Etat aura pris en charge 52% des pertes de revenu réel en raison de la crise énergétique en 2022, "au prix d'une augmentation de l'endettement des administrations".

Concernant les carburants, la ristourne générale sera ainsi remplacée "à partir du 16 janvier", selon Bruno Le Maire, par une indemnité de 100 euros pour les actifs les plus modestes utilisant la voiture pour aller travailler.


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
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  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.