Tanaz Agha, au service de l'art au Liban

L'art joue un rôle fondamental dans la vie de Tanaz Agha. (Photo, fournie)
L'art joue un rôle fondamental dans la vie de Tanaz Agha. (Photo, fournie)
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Publié le Dimanche 11 décembre 2022

Tanaz Agha, au service de l'art au Liban

  • «L'art est toujours une bonne idée»
  • «J'ai senti qu'il était temps pour moi de donner quelque chose en retour au Liban» 

PARIS: Il coule dans les veines de Tanaz Agha un amour singulier du Liban. Fruit de son histoire familiale, elle souhaite transmettre ce legs à ses enfants. Arab News en français a rencontré Tanaz Agha, pour qui le collectif prime sur le reste. 

De la Perse à Beyrouth, une famille ingénieuse 

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Tanaz Agha et son père ont un amour inconditionnel pour le Liban. (Photo, fournie)

Les Agha: une famille d’Orient. Le grand-père de Tanaz Agha, commerçant en textiles, est venu travailler et habiter à Beyrouth pour y trouver des débouchés commerciaux. «Ma mère est une véritable Perse. Tout ce qu'elle fait est de l'art pur», déclare-t-elle avec enthousiasme. Choyée par des parents attentionnés qui lui ont permis de découvrir des joyaux artistiques comme la cité italienne de Florence, elle a aussi suivi les pas de son père. «Il est un entrepreneur disruptif avec une grande empathie et une grande intelligence émotionnelle. Il m'a beaucoup influencée dans sa manière de connecter le milieu des affaires et la philanthropie.» 

Mon père m'a beaucoup influencée dans sa manière de connecter le milieu des affaires et la philanthropie. 

Tanaz Agha

Disruptive, Tanaz Agha l'est incontestablement! Guidée par son amour pour la science et après des études secondaires à Chypre, elle a voulu s'inscrire au début des années 1990 en sciences médico-légales à l'université de Liverpool, mais elle a changé d'avis lorsqu'elle s’est rendu compte qu'elle était la seule personne à avoir choisi ce parcours. Elle décide finalement de s'inscrire à l'université de Manchester pour y étudier les sciences de gestion. Brillante étudiante, elle écrit sa thèse de doctorat sur l'importance du travail en équipe. Elle travaille ensuite dans la plus importante compagnie de service public en Grande-Bretagne. 

Son parcours prend une tout autre tournure à la fin de l’année 1998. Elle choisit de venir vivre à Beyrouth, ville alors en pleine reconstruction. Elle y fonde une famille et elle décide de se consacrer à l'éducation de ses enfants. «Mes enfants ayant atteint un âge où ils pouvaient être autonomes, j'ai décidé de franchir le pas et d’investir dans l’art. Je contemplais des toiles chez World Art Collector dans la rue Bliss à Hamra lorsqu'une terrible explosion a retenti. C'était celle du 4 août 2020. Ma mère a passé plus de sept mois à l’hôpital.» 

Un travail d'équipe 

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Tanaz Agha et l'artiste libanais Wissam Melhem. (Photo, fournie).

Encore très émue à l’évocation de cette tragédie, Tanaz Agha explique la raison qui l’a poussée à opérer un changement de paradigme dans sa vie en devenant une influente et respectée «artpreneur», une entrepreneuse dans le secteur de l’art. «J'ai cru que ma vie allait prendre fin et j’ai senti qu'il était temps pour moi de donner quelque chose en retour au Liban sans que ce soit lié à la politique. Je me suis tournée vers le groupe World Art Collector, car nous avons la même vision concernant les artistes auxquels nous voulons apporter notre soutien et surtout sur l'importance du travail d'équipe.» 

Tanaz Agha a ainsi retrouvé des principes qui l’ont guidée: la philanthropie et l'importance du travail d'équipe. Elle livre à Arab News en français un grand réquisitoire en faveur de l'art. 

L'art est sûrement l'unique industrie qui offre encore un certain espoir au Liban. Le travail d'équipe est primordial dans notre domaine et j'espère que d'autres secteurs suivront.

Tanaz Agha

«L'art est toujours une bonne idée. En ces jours si particuliers, c’est un investissement sûr et très souvent passionnel, et même une valeur refuge en ces temps d’inflation. L'art est sûrement l'unique industrie qui offre encore un certain espoir au Liban. Le travail d'équipe est primordial dans notre domaine et j'espère que d'autres secteurs suivront.» 

«Chez World Art Collector, on a une approche très scientifique de l'art. Il ne s'agit pas uniquement de présenter les artistes et leurs œuvres aux potentiels investisseurs, mais de bâtir une véritable communauté.» World Art Collector va prochainement mettre en place un incubateur pour intégrer de nouveaux artistes issus du Liban et du monde arabe. 

Philanthrope au service du collectif, Tanaz Agha agit en ayant en tête le respect de son héritage familial et le futur de ses enfants. «J'ai cherché mes racines toute ma vie. Je ne veux pas que mes enfants entreprennent le même périple. Je veux qu'ils considèrent le Liban comme leur unique maison. Le seul moyen d'arriver à ce sentiment est l'art.» 


Le président libanais en route pour Washington où il doit rencontrer Donald Trump

Le président libanais Joseph Aoun prononce une allocution télévisée à la nation depuis le palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth, le 17 avril 2026. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun prononce une allocution télévisée à la nation depuis le palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth, le 17 avril 2026. (AFP)
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  • Le président libanais Joseph Aoun est à Washington pour rencontrer le président américain Donald Trump et discuter du cessez-le-feu et du retrait israélien du sud du Liban
  • Les négociations entre le Liban et Israël se poursuivent sous médiation américaine, tandis que les tensions persistent avec de nouvelles frappes israéliennes dans le sud

BEYROUTH: Le président libanais a quitté Beyrouth samedi matin pour Washington, où il doit rencontrer Donald Trump, alors que son pays négocie avec Israël le retrait des zones du sud du Liban qu'il occupe depuis sa dernière guerre avec le Hezbollah pro-iranien.

Il s'agira de la première visite d'un chef d'Etat libanais aux Etats-Unis depuis 2009, lorsque Michel Sleiman avait été reçu par Barack Obama.

Outre le "sommet libano-américain" prévu à la Maison Blanche, Joseph Aoun doit s'entretenir "avec plusieurs responsables américains de la situation au Liban et des moyens de consolider le cessez-le-feu", notamment dans le sud, ainsi que du "retrait d'Israël des régions libanaises qu'il occupe", a précisé la présidence dans un communiqué.

Le Liban et Israël ont entamé en avril des négociations inédites depuis des décennies, sous l'égide des Etats-Unis, afin de mettre un terme à l'état de guerre entre eux.

Ils ont conclu un accord-cadre le 26 juin à Washington, qui prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël, qui occupe une partie du sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah.

A l'issue d'une sixième session de négociations tenue à Rome, les deux pays sont parvenus "à un accord sur la structure et les lignes directrices" de ce processus, selon un responsable américain.

En parallèle, l'armée libanaise a commencé à renforcer ses patrouilles dans plusieurs villages jouxtant les zones occupées par les forces israéliennes dans le sud, avait indiqué une source militaire libanaise à l'AFP.

L'accord-cadre a été conclu après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu fragile dans la nouvelle guerre qui a éclaté entre le Hezbollah et l'armée israélienne.

Le mouvement chiite avait entraîné le Liban dans la guerre le 2 mars en bombardant Israël en soutien à l'Iran, son allié.

L'armée israélienne poursuit toutefois des frappes limitées dans le sud et procède à des destructions dans les villages qu'elle occupe, selon les médias officiels libanais.

Samedi, l'Agence nationale d'information (Ani) a fait état de nouvelles frappes contre deux localités situées en bordure de la zone occupée, dans les régions de Tyr et de Nabatiyé.

Dans un contexte de tensions régionales, l'ambassade des Etats-Unis au Liban a conseillé vendredi à ses ressortissants de "ne pas voyager au Liban".


Bahreïn et le Koweït affirment avoir contré des attaques iraniennes

Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
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  • "L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes"
  • Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues

MANAMA: Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran.

"L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes".

Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues, a rapporté une journaliste de l'AFP.

L'état-major koweïtien a également indiqué dans la nuit avoir répondu à "des attaques hostiles de drones" iraniens. Il a précisé que les explosions entendues étaient le résultat d'interceptions aériennes.

Les forces iraniennes ont annoncé avoir visé "des systèmes de radar, un système de défense antiaérienne Patriot et des sites de stockage de carburant" sur la base aérienne Ali al-Salem  au Koweït, ainsi que des installations militaires américaines sur la base aérienne de Cheikh Isa à Bahreïn.

Téhéran mène des attaques quasi quotidiennes dans ces deux pays du Golfe depuis la reprise des hostilités le 7 juillet avec les Etats-Unis, en disant cibler des intérêts militaires américains.

Les autorités bahreïnie et koweïtienne accusent toutefois leur voisin de viser aussi des sites civils.

Dimanche, le Koweït a affirmé que trois postes-frontières et une plateforme pétrolière offshore avaient été ciblés, sans préciser leur origine.

La confrontation a repris après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l'Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent au Moyen-Orient depuis le cessez-le-feu du 8 avril.


La Syrie dit avoir saisi des armes en provenance d'Irak destinées au Hezbollah

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
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  • Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad
  • Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak

DAMAS: La Syrie a annoncé jeudi avoir déjoué une tentative de faire passer des armes destinées au Hezbollah pro-iranien au Liban, dont des missiles, via sa frontière avec l'Irak.

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana.

"Les premières investigations ont établi que la cargaison était destinée à transiter par la Syrie au profit de la milice terroriste du Hezbollah", a ajouté cette source.

Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad.

Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump met la pression sur la Syrie pour qu'elle intervienne au Liban contre le Hezbollah.

Depuis qu'une coalition islamiste a pris le pouvoir en Syrie en 2024, les autorités ont affirmé avoir démantelé des cellules liées à la formation pro-iranienne qui préparaient des attentats en Syrie, mais le Hezbollah a toujours démenti.

Le groupe est affaibli par la nouvelle guerre qu'il a menée contre Israël depuis mars pour soutenir l'Iran.

Le président syrien Ahmad al-Chareh dit refuser d'intervenir militairement au Liban contre le Hezbollah, comme l'a suggéré à plusieurs reprises Donald Trump.