Wirecard en faillite, Santander reprend les activités européennes

Le fournisseur de services de paiement Wirecard a fait faillite (Photo, Christof STACHE/AFP).
Le fournisseur de services de paiement Wirecard a fait faillite (Photo, Christof STACHE/AFP).
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Publié le Mardi 17 novembre 2020

Wirecard en faillite, Santander reprend les activités européennes

  • Le montant du rachat n'a pas été communiqué par les parties prenantes, mais le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung évoque la somme de 100 millions d'euros
  • La majorité des quelque 600 employés restants de Wirecard, employés dans sa division gérant des participations financières et dans sa filiale bancaire, vont être repris par Santander

FRANCFORT: Le groupe bancaire espagnol Santander va racheter les activités européennes du fournisseur de services de paiement Wirecard, une étape majeure dans le démantèlement de la fintech plongée dans une faillite scandaleuse sans précédent. 

«Banco Santander reprendra la plate-forme technologique» de Wirecard en Europe «ainsi que tous les actifs nécessaires» qui ont formé auparavant son cœur de métier, indique un communiqué de Michael Jaffé, liquidateur de la firme bavaroise, publié mardi en fin de soirée.

Le montant du rachat n'a pas été communiqué par les parties prenantes, mais le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung évoque la somme de 100 millions d'euros, citant des sources proches de l'entreprise.

La majorité des quelque 600 employés restants de Wirecard, employés dans sa division gérant des participations financières et dans sa filiale bancaire, vont être repris par Santander, selon le communiqué.

Le géant bancaire espagnol va de son côté accélérer sa croissance en Europe dans les services de paiement pour des clients commerçants.

Depuis l'ouverture il y a trois mois de la procédure d'insolvabilité de Wirecard, le liquidateur a vendu d'autres filiales au Brésil, en Roumanie et en Amérique du Nord. Des cessions sont en cours en Asie, en Afrique du Sud et en Turquie.

La cession des activités européennes de Wirecard, soumise à l'approbation d'autorités réglementaires, est «d'autant plus remarquable que l'ensemble du processus a été éclipsé par de nouvelles révélations sur le scandale» de l'ancienne icône de la finance allemande, indique Jaffé.

Des révélations sur le passé sulfureux de Wirecard qui n'ont fait que gonfler une affaire ayant éclaté en juin quand l'ancien membre du prestigieux indice boursier Dax à Francfort a avoué que 1,9 milliard d'euros inscrits dans ses comptes n'existaient pas – entraînant une chute de plus de 98% du cours de Bourse.

Les ventes par appartement de Wirecard pourraient rapporter quelques 500 millions d'euros, bien moins que les 3,2 milliards d'euros réclamés par les créanciers à la fintech déchue, souligne selon la Süddeutsche Zeitung.

Ces derniers, des banques et investisseurs, se réunissent mercredi en assemblée à Munich. 

Le fondateur et ancien patron de Wirecard, l'Autrichien Markus Braun, en détention provisoire, sera lui auditionné jeudi par une commission d'enquête de la chambre des députés allemands.


Bitcoin ou dollars: la diaspora salvadorienne face à la volatilité des cryptomonnaies

Un homme paie en bitcoins dans un magasin au sud-est de San Salvador, le 9 juin 2021. Le bitcoin va avoir cours légal au Salvador, a déclaré le président du pays (AFP)
Un homme paie en bitcoins dans un magasin au sud-est de San Salvador, le 9 juin 2021. Le bitcoin va avoir cours légal au Salvador, a déclaré le président du pays (AFP)
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  • Le président salvadorien Nayib Bukele a approuvé le 9 juin le bitcoin comme devise légale dans le petit pays d'Amérique centrale
  • Le Salvador est ainsi le pays d'Amérique latine percevant le plus gros volume d'argent de sa diaspora, qui vit en majorité aux Etats-Unis, proportionnellement à la taille de son économie

MONTEVIDEO : Les Salvadoriens de l'extérieur peuvent désormais transférer des fonds en bitcoin à leurs familles restées dans le pays. Mais se risqueront-ils à utiliser la cryptomonnaie au cours hautement volatile ?

Le président salvadorien Nayib Bukele a approuvé le 9 juin le bitcoin comme devise légale dans le petit pays d'Amérique centrale. Il a affirmé que son adoption évitera de perdre des "millions de dollars" en taux de change interbancaire lors des envois d'argent depuis l'extérieur.

Le Salvador, 6,4 millions d'habitants, est très dépendant de ces "remesas", qui représentent 24,1% de son Produit intérieur brut (PIB). Selon les données de la Banque mondiale (BM), en 2020, il a reçu plus de 5,9 milliards de dollars de ses ressortissants vivant hors du pays.

Le Salvador est ainsi le pays d'Amérique latine percevant le plus gros volume d'argent de sa diaspora, qui vit en majorité aux Etats-Unis, proportionnellement à la taille de son économie.

Avec une contraction de 7,9% du PIB en 2020 en raison de la pandémie, le Salvador parie sur la croissance de ces transferts de fonds (+4,8 % l'an dernier) comme un soutien important pour son économie dollarisée.

"En mai, les expéditions de bitcoins vers le Salvador ont quadruplé et pourraient encore s'accroître si le cours (des cryptomonnaies) continue d'augmenter", constate Edward Moya, analyste de marché chez Oanda.

"Il s'agit d'une expérience en cours qui pourrait être couronnée de succès si la volatilité du bitcoin continue de baisser et que son prix évolue à la hausse", ajoute-t-il.

Mais M. Moya estime que dans un premier temps les "méthodes traditionnelles" d'envoi de dollars perdureront "jusqu'à ce que le bitcoin devienne un actif stable".

Manuel Orozco, directeur du Centre pour la migration et la stabilisation économique à Washington, prévient cependant qu'"il est faux de supposer qu'il n'y aura pas de frais de transaction" pour l'envoi de fonds en bitcoins "car le traitement lui-même et le sceau réglementaire entraînent des coûts".

«Lacunes»

Le bitcoin est régulièrement critiqué par les régulateurs pour ses usages illégaux, notamment le blanchiment d'argent provenant d'activités criminelles, le financement du terrorisme et le manque de protection de ses utilisateurs.

D'autres pointent du doigt son empreinte carbone.

La Banque mondiale a rejeté jeudi la demande d'assistance du Salvador dans sa tentative d'adopter le bitcoin comme devise légale et devenir le premier pays au monde à l'utiliser à partir de septembre pour toutes les transactions.

"Ce n'est pas quelque chose que la Banque mondiale peut soutenir étant donné les lacunes en matière d'environnement et de transparence", a expliqué  un responsable de la BM.

La semaine dernière, le Fonds monétaire international (FMI) avait, lui, avait fait part de ses inquiétudes."L'adoption du bitcoin comme monnaie légale soulève un certain nombre de problèmes macroéconomiques, financiers et juridiques qui nécessitent une analyse très minutieuse", avait déclaré un porte-parole, notant les "risques importants".

Le FMI a cependant accepté de rencontrer cette semaine des représentants du gouvernement salvadorien. La Banque centraméricaine d'intégration économique (BCIE) a annoncé qu'elle fournirait son assistance technique.

Volatilité

L'extrême volatilité du prix du bitcoin, qui peut faire varier la valeur d'un envoi entre son point de départ et son arrivée au Salvador, est l'un des problèmes les plus généralement pointés.

"Pour qu'une monnaie remplisse la fonction de réserve de valeur (...) elle ne devrait pas être aussi volatile", juge Oscar Cabrera, ancien président de la Banque centrale de réserve du Salvador.

Une enquête de la Chambre de commerce et d'industrie du Salvador, publiée la semaine dernière, dévoile que 96,4% des hommes d'affaires du pays préfèrent que l'utilisation du bitcoin soit facultative, que 93,2% des salariés préfèrent conserver le dollar pour percevoir leurs salaires, et 82,5 % choisiraient la monnaie américaine plutôt que le bitcoin pour recevoir des transferts de fonds.

Pour M. Orozco, la circulation du bitcoin aurait cependant un côté positif : la génération d'"une importante liquidité qui générerait un surplus pour le crédit et l'investissement", en plus de la modernisation du système bancaire.

"À court terme, sur le plan stratégique, c'est une opportunité pour le système financier salvadorien", juge-t-il.


Un nouveau fonds saoudien rivalise avec la plus grande caisse au monde

Ceci s’inscrit parmi les nombreuses mesures prises par l'Arabie saoudite dans le cadre d'un plan de diversification de l'économie au-delà du pétrole. (Photo, Shutterstock)
Ceci s’inscrit parmi les nombreuses mesures prises par l'Arabie saoudite dans le cadre d'un plan de diversification de l'économie au-delà du pétrole. (Photo, Shutterstock)
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  • La fusion va entraîner une réduction des coûts et contribuer à l’augmentation des retours sur investissement
  • Le gouvernement a présenté un plan pour porter les actifs de ses fonds souverains à plus de mille milliards de dollars d'ici 2025

RIYAD : L'Arabie saoudite s’apprête à faire concurrence aux plus grands investisseurs mondiaux dans le secteur des assurances, après la fusion de deux de ses plus grands fonds.

Le cabinet saoudien a approuvé la semaine dernière la fusion de l'Agence des pensions publiques avec l'Organisation générale de l'assurance sociale (GOSI) afin de consolider le parapluie de protection des assurances publiques et privées.

La nouvelle entité va disposer d'actifs de plus de 250 milliards de dollars, rapporte Bloomberg d’après Saad Al-Fadly, le PDG de Hassana Investment Co, la branche de gestion des investissements de l'Organisation générale des assurances sociales du Royaume (GOSI).

Ce chiffre la place parmi les dix premiers fonds mondiaux, et qui sont mesurés par rapport aux actifs sous gestion.

La fusion va entraîner une réduction des coûts et contribuer à l’augmentation des retours sur investissement, explique Al-Fadly dans l’interview.

«La fusion va renforcer la position du fonds, améliorer les performances et positionner GOSI parmi les dix meilleurs investisseurs dans les régimes de retraite au monde», affirme-t-il.

«L’ampleur d’un fonds constitue un avantage dans la gestion des relations, des coûts et des négociations. Elle est utile à bien des égards, ce qui améliore les rendements», explique-t-il.

Ceci s’inscrit parmi les nombreuses mesures prises par l'Arabie saoudite dans le cadre d'un plan de diversification de l'économie au-delà du pétrole.

Le gouvernement a présenté un plan pour porter les actifs de ses fonds souverains à plus de mille milliards de dollars d'ici 2025.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Croissance fulgurante de Tesla et TikTok parmi les marques les plus puissantes

Tesla est la marque qui a enregistré la croissance la plus forte (Photo, AFP).
Tesla est la marque qui a enregistré la croissance la plus forte (Photo, AFP).
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  • Selon les experts du cabinet Kantar, «ces marques ont su réagir et profiter des nouvelles attentes générées par la crise COVID»
  • Tesla est la marque qui a enregistré la croissance la plus forte : +275% par rapport à 2020, à 42,6 milliards de dollars

PARIS: Le constructeur de véhicules électriques Tesla et l'application chinoise TikTok font partie des entreprises ayant connu les plus fortes croissances au cours de l'année écoulée, selon le classement Kantar des marques les plus puissantes publié lundi.

Le logiciel Zoom, un des symboles de la généralisation du télétravail et des confinements, la plateforme audio Spotify ou encore les fabricants de puces Nvidia et AMD font par ailleurs leur entrée dans l'édition 2021 de ce classement Brandz Top 100 réalisé par le cabinet Kantar, qui prend en compte la performance financière et l'avis des consommateurs.

La valeur cumulée de ces 100 marques a progressé « de 42%, ce qui constitue une performance historique (soit plus de quatre fois la croissance moyenne observée depuis 15 ans) », souligne Kantar dans un communiqué. 

Selon les experts du cabinet, « ces marques ont su réagir et profiter des nouvelles attentes générées par la crise COVID ».

« 2020-2021 a été une année record pour la croissance des marques, et ce, malgré le fait que beaucoup d'entre elles ont connu une année difficile. Notre étude a de nouveau démontré que les marques fortes offrent des rendements supérieurs pour les actionnaires, sont plus résilientes et se rétablissent plus rapidement », estime Marie-Agathe Nicoli, de Kantar, citée dans le communiqué.

En tête du classement, les mastodontes Amazon et Apple, tous les deux avec une valeur bien au-dessus du demi-milliard de dollars, conservent leur place et scellent l'hégémonie américaine au sein de ce classement (56 des 100 premières marques).

« La valeur totale du classement atteint 7 100 milliards de dollars, soit l'équivalent du PIB combiné de la France et de l'Allemagne », relève Kantar.

Dans le sillage d'Amazon, Alibaba, 7e au classement, a consolidé sa deuxième place parmi les distributeurs.

Tesla est la marque qui a enregistré la croissance la plus forte : +275% par rapport à 2020, à 42,6 milliards de dollars. C'est l'une des cinq marques qui a plus que doublé sa valeur, aux côtés de TikTok et de trois autres entreprises chinoises (Pinduoduo, Meituan, Moutai).

Les experts de Kantar notent également la forte croissance des entreprises proposant des solutions d'abonnement, comme Spotify, Xbox, Disney ou Netflix.