Parlement européen: Eva Kaili face à un nouveau front judiciaire

La politicienne grecque et vice-présidente du Parlement européen Eva Kaili s'exprime lors de la cérémonie de remise du Prix du livre européen à Bruxelles. (Photo, AFP)
La politicienne grecque et vice-présidente du Parlement européen Eva Kaili s'exprime lors de la cérémonie de remise du Prix du livre européen à Bruxelles. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 16 décembre 2022

Parlement européen: Eva Kaili face à un nouveau front judiciaire

La politicienne grecque et vice-présidente du Parlement européen Eva Kaili s'exprime lors de la cérémonie de remise du Prix du livre européen à Bruxelles. (Photo, AFP)
  • Eva Kaili est actuellement détenue en Belgique dans le cadre d'un «dossier de corruption, blanchiment d’argent et organisation criminelle» au sein de l'institution européenne
  • Ces soupçons font suite à un rapport de l'Office européen de lutte antifraude (OLAF)

BRUXELLES: L'horizon de l'eurodéputée grecque Eva Kaili, écrouée dans un scandale de corruption présumée au Parlement européen impliquant le Qatar, s'est assombri jeudi avec sa mise en cause dans une autre affaire, liée à des soupçons de fraude.

Déchue mardi de sa vice-présidence du Parlement européen, l'élue socialiste de 44 ans est actuellement détenue en Belgique dans le cadre d'un "dossier de corruption, blanchiment d’argent et organisation criminelle" au sein de l'institution européenne.

L'affaire a provoqué une onde de choc à Bruxelles et Strasbourg, poussant la présidente de l'assemblée, Roberta Metsola, à annoncer des "réformes d'ampleur" pour 2023.

Mme Kaili fait aussi l'objet d'une enquête préliminaire du parquet financier d'Athènes pour "corruption" et "blanchiment d'argent" en coopération avec la justice belge, a-t-on appris jeudi de source judiciaire.

Mais sur un nouveau front, le parquet européen a réclamé jeudi la levée de son immunité parlementaire ainsi que celle d'une autre eurodéputée grecque, Maria Spyraki, dans une autre affaire portant cette fois sur des "soupçons de fraude" dans la rémunération d'assistants parlementaires.

Ces soupçons font suite à un rapport de l'Office européen de lutte antifraude (OLAF).

"J'accepte volontiers la levée de mon immunité pour prouver qu'il n'y a pas un seul euro litigieux", a réagi dans un communiqué Maria Spyraki, eurodéputée du PPE (droite).

Le Parlement a confirmé avoir "immédiatement entamé la procédure prévue", la réponse à la requête du parquet devant faire l'objet in fine d'un vote en séance plénière.

«Liaisons dangereuses»

Mis en cause dans l'enquête pour corruption instruite à Bruxelles, le compagnon de Mme Kaili, Francesco Giorgi, est également en détention préventive, de même que l'ancien eurodéputé Pier-Antonio Panzeri.

Un troisième homme, Niccolo Figa-Talamanca, responsable de l'ONG "No Peace Without Justice", devait être libéré moyennant le port d'un bracelet électronique.

De son côté, le secrétaire général de la Confédération syndicale internationale (CSI), Luca Visentini, qui a passé 48 heures en garde à vue dans cette affaire avant d'être relâché dimanche, s'est mis en retrait de son poste, en attendant une réunion du conseil général de la CSI la semaine prochaine, a annoncé jeudi l'organisation syndicale.

Par ailleurs, la présidente du Parlement européen Roberta Metsola a annoncé, lors d'un sommet européen à Bruxelles, être "en train de mettre au point un paquet de réformes d'ampleur qui sera prêt en début d'année prochaine".

Elle a notamment mentionné le renforcement de la protection des lanceurs d'alerte et l'interdiction des groupes d'amitié non officiels avec des pays tiers.

"Il y a des lacunes qui doivent être comblées, en ce qui concerne par exemple les activités d'ex-membres du Parlement européen, les inscriptions sur le registre de transparence, les personnes autorisées à entrer au Parlement", a-t-elle indiqué à la presse.

Réunis en session plénière à Strasbourg, les eurodéputés ont voté jeudi à la quasi-unanimité un texte dans lequel ils demandent "instamment la suspension des titres d'accès des représentants d'intérêts qatariens" le temps des enquêtes judiciaires. Cette décision reviendra à Mme Metsola.

La responsable maltaise a déjà précisé que l'ONG "No Peace Without Justice" avait vu son accès suspendu.

Se disant "consternés" par ces actes présumés de corruption et de blanchiment d'argent, les eurodéputés ont aussi décidé de suspendre "tous les travaux sur les dossiers législatifs relatifs au Qatar", en premier lieu ceux concernant une libéralisation des visas pour le Qatar et le Koweit ainsi qu'un accord sur l'aviation.

A l'issue de l'enquête judiciaire, les parlementaires se sont engagés aussi à "créer une commission d'enquête (...) sur les cas de corruption et d'abus de pays tiers" destinés à influencer le Parlement.

"Il est grand temps d'avancer enfin sur les questions de transparence et d'éthique", a commenté l'eurodéputée française Manon Aubry (gauche radicale), ajoutant avoir "dénoncé sans relâche les liaisons dangereuses entre les élus et les lobbyistes qui affaiblissent la confiance des citoyens".

En réponse à un journaliste, Roberta Metsola a indiqué avoir décliné une invitation du Qatar à assister à la Coupe du monde de football. "J'ai refusé parce que j'ai des préoccupations à propos de ce pays", a-t-elle dit.

Elle a précisé avoir eu "deux rencontres avec des représentants du gouvernement qatari à Bruxelles", et avoir "refusé" la demande du pays du Golfe de s'adresser au Parlement européen.

Doha a démenti être impliqué dans des tentatives de corruption.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Fayçal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Attaques de drones sur des infrastructures pétrolières en Russie, une raffinerie en feu

Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
  • Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes
  • Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine

MOSCOU: Des attaques de drones ont visé plusieurs infrastructures pétrolières dans le sud de la Russie vendredi, déclenchant un incendie dans une raffinerie de la région de Krasnodar, ont indiqué les autorités, faisant état de la destruction de 376 drones ukrainiens dans la nuit.

"A la suite de la chute de débris de drones, un incendie s’est déclaré à la raffinerie d'Ilskiï", a indiqué le quartier général opérationnel de la région de Krasnodar sur Telegram, précisant qu'il n'y a pas eu de victimes.

Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes.

Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine.

Entre 20H00 locales jeudi et vendredi 7H00, les forces russes ont détruit 376 drones ukrainiens, a précisé le ministère russe de la Défense sur la messagerie Max.

La Russie continue de frapper presque quotidiennement l'Ukraine, plus de quatre ans après le début de la guerre, pire conflit en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, jusqu'à présent sans issue diplomatique.

L'Ukraine a également intensifié ses frappes sur le territoire russe, parfois très loin de la frontière, visant particulièrement des infrastructures de transport et de stockage d'hydrocarbures pour tenter d'assécher la capacité de Moscou à financer son effort de guerre.


L'Iran cherche à tuer Donald Trump, a affirmé Israël auprès de Washington

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu écoute le président américain Donald Trump s'exprimer devant les journalistes lors d'une conférence de presse conjointe à la résidence Mar-a-Lago de Trump, à Palm Beach, en Floride. (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu écoute le président américain Donald Trump s'exprimer devant les journalistes lors d'une conférence de presse conjointe à la résidence Mar-a-Lago de Trump, à Palm Beach, en Floride. (AFP)
  • Israël a transmis aux États-Unis des renseignements affirmant que l'Iran préparerait un nouveau projet d'assassinat contre Donald Trump, selon des médias américains.
  • Ces révélations surviennent sur fond de tensions entre Washington et Israël concernant la guerre en Iran, certains responsables américains évoquant une possible tentative d'influencer la politique de Donald Trump

WASHINGTON: Israël a transmis à Washington des informations de ses services de renseignement selon lesquelles l'Iran prépare un nouveau plan pour assassiner Donald Trump, rapportent jeudi le Wall Street Journal et CNN en citant des sources anonymes.

Les deux médias américains sont avares en détails. Selon une source citée par CNN, l'alerte est arrivée cette semaine aux oreilles des Américains. Selon une autre source auprès de la chaîne, les Israéliens ont confirmé un nouveau plan iranien déjà partiellement détecté par les services américains.

Interrogée par l'AFP, la Maison Blanche n'a pas démenti, renvoyant simplement vers des déclarations de Donald Trump datant de mercredi: "Ils veulent éliminer le dirigeant américain - moi. Je suis sur une sorte de liste, j'ai vu ce matin que je suis sur toutes leurs listes".

Le président avait alors quitté le sommet de l'Otan en Turquie avec l'ancien avion présidentiel, et non le nouveau offert par le Qatar, en raison de questions de sécurité, selon le New York Times.

Ces fuites évoquant un nouveau complot interviennent au moment où la relation entre Israël et les Etats-Unis et leurs deux dirigeants, le Premier ministre Benjamin Netanhayu et Donald Trump, bat de l'aile à propos de la guerre en Iran.

Les Etats-Unis sont le principal allié d'Israël, mais le président américain s'est à plusieurs reprises livré ces dernières semaines à des critiques publiques de M. Netanyahu, après que la guerre menée par Israël contre le Hezbollah au Liban a menacé les pourparlers avec l'Iran.

Des sources américaines citées par CNN estiment que cette transmission d'informations israéliennes aux Américains pourrait constituer un effort du gouvernement Netanyahu visant à convaincre Donald Trump de poursuivre ses bombardements contre l'Iran, redémarrés cette semaine.

Les Etats-Unis ont assassiné le puissant général iranien Qassem Soleimani en Irak en 2020, lors du premier mandat du républicain, et l'Iran a publiquement menacé de représailles, notamment à l'encontre de Donald Trump.

L'Iran vient d'inhumer son défunt guide suprême Ali Khamenei, tué dans une frappe américano-israélienne fin février au tout début de leur guerre, après plusieurs jours de funérailles marquées le désir de vengeance.