«C'est incessant»: des journalistes canadiens veulent des actions contre la hausse des attaques en ligne

"J'en ai assez": acculée sur les réseaux sociaux, une journaliste canadienne a récemment lancé un cri l'alarme, épuisée par la montée de la haine et des menaces proférées contre elle et d'autres reporters. (AFP)
"J'en ai assez": acculée sur les réseaux sociaux, une journaliste canadienne a récemment lancé un cri l'alarme, épuisée par la montée de la haine et des menaces proférées contre elle et d'autres reporters. (AFP)
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Publié le Samedi 17 décembre 2022

«C'est incessant»: des journalistes canadiens veulent des actions contre la hausse des attaques en ligne

  • Rachel Gilmore, journaliste à Global News, a appelé la police et Ottawa à prendre au sérieux le harcèlement qui a atteint un pic au cours de l'année
  • «La presse indépendante est menacée», avertit-elle. «Nous ne serons pas réduits au silence. Mais nous avons besoin que vous vous leviez pour nous»

OTTAWA: "J'en ai assez": acculée sur les réseaux sociaux, une journaliste canadienne a récemment lancé un cri l'alarme, épuisée par la montée de la haine et des menaces proférées contre elle et d'autres reporters.

Rachel Gilmore, journaliste à Global News, a ainsi appelé sur Twitter et TikTok la police et Ottawa à prendre au sérieux le harcèlement qui a atteint un pic au cours de l'année, estimant que l'un des piliers de la démocratie canadienne est en danger.

"La presse indépendante est menacée", avertit-elle. "Nous ne serons pas réduits au silence. Mais nous avons besoin que vous vous leviez pour nous."

Plus tôt ce mois-ci, 52 journaux, radiodiffuseurs et médias canadiens ont exhorté dans une lettre ouverte les dirigeants politiques à agir, martelant que "la haine et les menaces qui frappent les journalistes ont un effet paralysant qui met à mal la démocratie" et dénoncé "toute tentative d'affaiblir" la presse.

Emissions en direct interrompues pour cause de huées, messages obscènes en ligne, menaces... des journalistes en parlent comme d'un véritable assaut, qui prend à la gorge la profession.

Certains disent être effrayés à l'idée de quitter leurs domiciles, d'autres relatent avoir été contraints de prendre des mesures extraordinaires de sécurité.

"C'est incessant" déplore Erica Ifill, chroniqueuse au journal The Hill Times dans la capitale canadienne, Ottawa. "Ça va des menaces de mort aux menaces de viol, en passant par des personnes qui nous font savoir qu'elles nous surveillent."

"Je pense que je devrais peut-être quitter le journalisme", lâche cette Canadienne.

L'Association canadienne des journalistes estime ainsi que les attaques "menacent non seulement la sécurité et le bien-être des journalistes, mais aussi le bon fonctionnement de la démocratie elle-même".

"Le harcèlement en ligne est un fléau pour notre démocratie et il doit cesser", a dénoncé l'association, soulignant que ces "abus ignobles" sont le plus souvent dirigés contre les femmes et les journalistes issus de l'immigration.

Pour Saba Eitizaz, du quotidien Toronto Star, la situation s'est tellement aggravée - elle est citée dans des dizaines de messages haineux par jour - qu'elle a dû prendre un congé maladie.

"C'est certainement bien pire et bien plus insidieux qu'une sorte de désenchantement général du public envers les médias", regrette-t-elle auprès de l'AFP.

«Effet paralysant»

D'après Saba Eitizaz, tout a commencé fin 2021, lorsqu'un homme politique d'extrême droite a appelé ses partisans à "faire des coups bas aux journalistes". Puis la situation s'est aggravée avec la crise des camionneurs, un mouvement d'opposition aux mesures sanitaires qui a paralysé la capitale canadienne durant plusieurs semaines, dans un contexte de méfiance à l'égard des médias traditionnels.

"Maintenant, je redoute constamment d'ouvrir mes messages privés", confie-t-elle.

Originaire du Pakistan, cette journaliste explique avoir fui au Canada après avoir été ciblée par une "campagne malveillante similaire en ligne" lancée après ses reportages sur les droits humains. "Je suis venue ici pour ma sécurité", explique-t-elle.

Erica Ifill et d'autres personnes attribuent la montée de la haine à une multitude de facteurs: la polarisation politique, l'insécurité économique et une pandémie qui a forcé les gens à s'isoler, "assis chez eux devant leur ordinateur, effrayés et en colère".

Le ministre de la Sécurité publique, Marco Mendicino, a réagi sur Twitter: "les abus dont Rachel et d'autres journalistes ont été victimes (...) sont odieux et inacceptables".

Les autorités sont réticentes à inculper les auteurs de ces actes, ont regretté plusieurs journalistes auprès de l'AFP.

"Ils ne voient pas ces gens comme une menace", a expliqué Erica Ifill.

Contactée, la police d'Ottawa n'a pas souhaité indiquer si des enquêtes avaient été ouvertes après des plaintes de journalistes, mais l'agent Mike Cudrasov a précisé que "les allégations de menaces sont prises au sérieux."

Ottawa doit également dévoiler en 2023 une "loi sur la sécurité en ligne" qui a suscité chez certains l'espoir de freiner les mauvais comportements. De hauts fonctionnaires ont indiqué à l'AFP que ce sont les plateformes qui modèreront les contenus.


Avec l'ouverture de consulats, France et Canada marquent leur soutien au Groenland

Des passagers se préparent à embarquer à bord d’un avion d’Air Inuit alors qu’ils voyagent de Montréal à Nuuk, au Groenland, le 5 février 2026. (Christinne Muschi / The Canadian Press via AP)
Des passagers se préparent à embarquer à bord d’un avion d’Air Inuit alors qu’ils voyagent de Montréal à Nuuk, au Groenland, le 5 février 2026. (Christinne Muschi / The Canadian Press via AP)
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  • La France et le Canada ouvrent des consulats généraux à Nuuk, marquant leur soutien au Groenland face aux velléités américaines et renforçant la reconnaissance internationale de l’autonomie groenlandaise
  • Cette démarche s’inscrit dans une stratégie européenne et alliée visant à internationaliser la question du Groenland, tout en accompagnant le territoire dans sa montée en puissance diplomatique et politique

COPENHAGUE: La France et le Canada, qui s'opposent au projet de l'administration américaine de prendre le contrôle du Groenland, ouvrent chacun vendredi un consulat général à Nuuk, la capitale de ce territoire autonome danois, une reconnaissance pour le gouvernement local.

"C'est une victoire pour les Groenlandais de voir deux pays alliés ouvrir des représentations diplomatiques à Nuuk", estime Jeppe Strandsbjerg, politologue rattaché à l'Université du Groenland. "Les Groenlandais apprécient énormément le soutien face aux remarques de Trump".

La récente crise a débouché sur la conclusion entre le président américain et le secrétaire général de l'Otan d'un "cadre" en vue d'un accord sur l'avenir de l'île arctique, aux contours encore flous tandis qu'Américains, Groenlandais et Danois se retrouvent au sein d'un groupe de travail.

Le contenu de l'accord et la teneur des discussions n'ont pas été rendus publics.

Danemark et Groenland, qui partagent les préoccupations de Donald Trump sur la sécurité arctique, refusent tout transfert de souveraineté.

La décision française d'ouvrir un consulat est antérieure aux récentes tensions. Elle avait été annoncée en juin lors d'une visite du président Emmanuel Macron à Nuuk où il était venu exprimer la "solidarité européenne" pour l'île, critiquant déjà les velléités de Donald Trump de l'annexer.

Jean-Noël Poirier, ancien ambassadeur de France au Vietnam, a été nommé consul général.

Le Canada avait lui indiqué fin 2024 qu'il allait ouvrir un consulat général sur l'immense territoire arctique pour affermir la coopération avec les Groenlandais.

L'ouverture de ces représentations diplomatiques permet de dire "à Donald Trump que son agressivité envers le Groenland et le Danemark n'est pas seulement une question pour le Groenland et le Danemark, c'est aussi une affaire pour les alliés européens, mais également pour le Canada", souligne à l'AFP Ulrik Pram Gad, spécialiste de l'Arctique à l'Institut danois des études internationales.

"C'est un petit pas, cela fait partie de la stratégie de rendre le problème européen", insiste Christine Nissen, analyste du think-tank Europa, experte en questions de sécurité et de défense. "Ses conséquences ne sont évidemment pas seulement danoises, c'est un problème européen et global".

- Reconnaissance -

Pour la diplomatie groenlandaise, l'ouverture de consulats - qui dépendent formellement des ambassades de France et du Canada à Copenhague - c'est aussi "l'occasion de s'entraîner à l'indépendance en ayant des relations directes", note M. Strandsbjerg.

C'est une forme de reconnaissance pour leur autonomie grandissante, définie dans la loi-cadre de 2009.

"Les Groenlandais penseront, dans le cadre de leur propre quête de souveraineté, à avoir des contacts plus directs avec d'autres pays européens", dit Mme Nissen.

Cela permet de "réduire l'importance du rôle du Danemark en diversifiant la dépendance du Groenland vis-à-vis du monde extérieur, pour que tout ne vienne plus uniquement du Danemark, mais qu'il y ait davantage de relations sur les plans économique, commercial, des investissements, politique, etc.", abonde M. Pram Gad.

Le Groenland a des représentations diplomatiques auprès de l'Union européenne depuis 1992, à Washington depuis 2014 et à Reykjavik depuis 2017.

A Nuuk, l'Islande a ouvert son consulat général en 2013 et les Etats-Unis en 2020. Entre 1940 et 1953, les Américains avaient eu un premier consulat dans la paisible capitale groenlandaise.

La Commission européenne a elle ouvert un bureau en 2024.


Le président Trump déclare qu'il «travaille dur pour mettre fin» à la guerre au Soudan

Le président américain Donald Trump s'exprime lors du National Prayer Breakfast à Washington DC, jeudi. (Capture d'écran)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors du National Prayer Breakfast à Washington DC, jeudi. (Capture d'écran)
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  • M. Trump a déclaré pour la première fois qu'il commencerait à "travailler" sur la guerre au Soudan en novembre dernier, après que le prince héritier saoudien lui a demandé d'aider à mettre fin au conflit lors d'une visite aux États-Unis
  • "Sa majesté aimerait que je fasse quelque chose de très puissant en rapport avec le Soudan", a déclaré M. Trump lors du Forum d'investissement américano-saoudien

LONDRES : Le président américain Donald Trump a déclaré jeudi qu'il "travaillait dur" pour mettre fin à la guerre au Soudan.

"Je travaille dur pour mettre fin à cette guerre. Nous sommes très proches d'y parvenir. Ce sera le neuvième, si nous ne réglons pas d'abord la question de la Russie et de l'Ukraine. Mais nous travaillons dur pour mettre fin à toute cette guerre. Nous sommes très près d'y parvenir. Nous l'avons presque fait", a déclaré le président lors du National Prayer Breakfast à Washington DC.

M. Trump a déclaré pour la première fois qu'il commencerait à "travailler" sur la guerre au Soudan en novembre dernier, après que le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed bin Salman lui a demandé d'aider à mettre fin au conflit lors d'une visite aux États-Unis.

"Sa majesté aimerait que je fasse quelque chose de très puissant en rapport avec le Soudan", a déclaré M. Trump lors du Forum d'investissement américano-saoudien.

"Ce n'était pas dans mon programme, je pensais que c'était quelque chose de fou et d'incontrôlable", a-t-il ajouté.

"Mais je vois à quel point c'est important pour vous, et pour beaucoup de vos amis dans cette salle, le Soudan. Et nous allons commencer à travailler sur le Soudan".

Depuis son déclenchement en avril 2023, la guerre entre l'armée soudanaise et les forces paramilitaires de soutien rapide a tué des dizaines de milliers de personnes et en a déplacé près de 12 millions.


Pologne: l'ambassadeur américain rompt avec le président du Parlement à cause d'«insultes» envers Trump

Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix. (AFP)
Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix. (AFP)
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  • Le Premier ministre, Donald Tusk, a réagi aussitôt aux déclarations de l'ambassadeur, insistant sur le fait que "les alliés devraient se respecter et non pas se faire la morale"
  • Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix

VARSOVIE: L'ambassadeur des Etats-Unis à Varsovie a annoncé jeudi la rupture de "tout échange" avec le président de la chambre basse du Parlement polonais, qualifiant d'"insultes" ses propos sur son refus de soutenir Donald Trump pour le Prix Nobel de la Paix.

"Nous ne permettrons à personne de nuire aux relations américano-polonaises ni de manquer de respect à (Donald Trump) qui a tant fait pour la Pologne et le peuple polonais", a écrit l'ambassadeur Tom Rose sur X.

Le Premier ministre, Donald Tusk, a réagi aussitôt aux déclarations de l'ambassadeur, insistant sur le fait que "les alliés devraient se respecter et non pas se faire la morale".

Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix.

"Je ne soutiendrai pas la motion en faveur d'un prix Nobel de la paix pour le président Trump, parce qu'il ne le mérite pas", a alors déclaré M. Czarzasty.

Il a estimé que plutôt que se rapprocher davantage de la Maison-Blanche, la Pologne devrait "renforcer les alliances existantes" telles que l'OTAN, l'ONU et l'OMS.

Il a critiqué M. Trump, notamment pour l'imposition de tarifs douaniers aux pays européens, ses menaces d'annexer le Groenland ou ses affirmations selon lesquelles les alliés des Etats-Unis au sein de l'OTAN, dont la Pologne, seraient "restés un peu loin des lignes de front" pendant la guerre en Afghanistan.

"C'est une violation de la politique des principes et des valeurs, souvent une violation du droit international", a déclaré M. Czarzasty.

Fin janvier, avec plusieurs autres hauts responsables polonais, M. Czarzasty a dénoncé des propos du président Trump selon lesquels les États-Unis "n’avaient jamais besoin" des alliés de l'OTAN.

Il a qualifié ces affirmations de "scandaleuses".

Quarante-trois soldats polonais sont morts au sein de la coalition de l’OTAN dirigée par les Etats-Unis en Afghanistan.

Jeudi, le président de la Diète a soutenu ses propos.

"Conformément à mes valeurs, j'ai défendu les soldats polonais engagés dans des missions et je n'ai pas soutenu la candidature du président @realDonaldTrump au prix Nobel de la paix", a-t-il déclaré sur X, accueillant "avec regret" la déclaration de l'ambassadeur.

M. Czarzasty dirige le parti La Nouvelle Gauche, membre de la coalition gouvernementale pro-européenne du Premier ministre Donald Tusk, avec laquelle M. Rose a déclaré entretenir "d'excellentes relations".

Cette coalition est confrontée à une cohabitation difficile avec le président conservateur-nationaliste Karol Nawrocki, fervent soutien de M. Trump.