L'ex-star des cryptos Sam Bankman-Fried menacée par la justice mais omniprésente dans les médias

Andrew Ross Sorkin et Sam Bankman-Fried (à l'écran) sur la scène du New York Times DealBook 2022, le 30 novembre 2022 à New York. (Getty Images via AFP).
Andrew Ross Sorkin et Sam Bankman-Fried (à l'écran) sur la scène du New York Times DealBook 2022, le 30 novembre 2022 à New York. (Getty Images via AFP).
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Publié le Samedi 10 décembre 2022

L'ex-star des cryptos Sam Bankman-Fried menacée par la justice mais omniprésente dans les médias

  • Plusieurs milliards de dollars prêtés à Alameda seraient en réalité des placements des clients de FTX, qui ont vraisemblablement été perdus dans des investissements risqués
  • Une telle utilisation de ces fonds constituerait une fraude si elle bafouait les termes de l'accord entre FTX et ses clients, ont estimé des analystes juridiques

NEW YORK : Patron déchu de la bourse de cryptomonnaies FTX, Sam Bankman-Fried est sous la menace de poursuites pénales pour son rôle dans l'effondrement spectaculaire de l'entreprise. Malgré le spectre de lourdes sanctions, "SBF" enchaîne les apparitions médiatiques.

"Je n'ai jamais essayé d'escroquer qui que ce soit", a assuré fin novembre l'ancienne égérie du monde des cryptos lors d'une conférence organisée par le New York Times. "J'ai clairement fait beaucoup d'erreurs et je donnerais tout pour pouvoir refaire certaines choses."

Il devrait tenir un discours semblable mardi prochain face à une commission parlementaire de la Chambre des représentants devant laquelle il a accepté de témoigner.

Mais de l'avis de plusieurs avocats et experts, M. Bankman-Fried ne pourra pas échapper à la justice indéfiniment.

Cette offensive médiatique représente "une tentative désespérée de persuader le public américain et les jurés potentiels qu'il n'avait pas l'intention de frauder", affirme Jacob Frenkel du cabinet Dickinson Wright.

"La question est de savoir quand nous verrons un acte d'accusation, pas si" ce sera le cas, ajoute ce spécialiste des enquêtes fédérales, qui a travaillé pour le gendarme boursier américain (SEC).

«Dépendance»

La gravité des accusations pesant sur M. Bankman-Fried pourrait l'inciter à faire profil bas.

Mais le jeune homme de 30 ans, qui réside aux Bahamas, a choisi une stratégie radicalement différente en répondant à des interviews télévisées, apparaissant dans des événements publics et s'exprimant abondamment sur Twitter.

Ce faisant, "M. Bankman-Fried se met davantage en danger et agit contrairement à ce qu'un avocat compétent conseillerait à un client", prévient M. Frenkel.

Ces interventions augmentent le risque de déclarations fausses ou problématiques et mettent à mal une future stratégie de défense, estime pour sa part Aitan Goelman, ancien responsable au sein de l'agence américaine en charge des produits dérivés (CFTC).

"Il est mis à l'honneur et adulé depuis plusieurs années", rappelle M. Goelman.

"Se retrouver sous les feux de la rampe et bénéficier de l'attention du public peut créer une forme de dépendance. Il lui est impossible de rester assis et de se taire, ce qui serait la chose la plus intelligente à faire", explique M. Goelman.

Mark Cohen, un avocat pénaliste qui représente M. Bankman-Fried, n'a pas souhaité s'exprimer.

Prodige

L'air contrit et le ton hésitant de "SBF" lors de ses récentes interventions offrent un contraste saisissant avec l'image rassurante qu'il s'était forgée ces dernières années.

Plus que quiconque, M. Bankman-Fried était parvenu à légitimer les cryptomonnaies auprès du grand public et de la classe politique.

Diplômé du Massachusetts Institute of Technology, fils de professeurs de droit à l'université Stanford, il faisait figure de prodige, apparaissant en couverture de magazines financiers et s'attirant les services de célébrités pour de vastes campagnes publicitaires.

Mais FTX, valorisée 32 milliards de dollars en début d'année, a connu une spectaculaire implosion début novembre après un article du site spécialisé CoinDesk sur les liens entre la plateforme et Alameda, un fonds d'investissement également fondé par SBF.

CoinDesk a révélé qu'une partie considérable des positions d'Alameda était constituée de la devise virtuelle FTT, émise par FTX. Le cours du FTT a alors plongé, ébranlant à la fois Alameda et FTX.

Face aux retraits massifs de ses clients et accusant un déficit de quelque 8 milliards de dollars, FTX et une centaine d'entités liées se sont placées sous le régime américain des faillites.

«Beaucoup de temps»

Plusieurs milliards de dollars prêtés à Alameda seraient en réalité des placements des clients de FTX, qui ont vraisemblablement été perdus dans des investissements risqués.

Une telle utilisation de ces fonds constituerait une fraude si elle bafouait les termes de l'accord entre FTX et ses clients, ont estimé des analystes juridiques.

D'autres articles dans la presse américaine ont cherché à savoir si M. Bankman-Fried s'était livré à une manipulation du marché ou s'il s'était rendu coupable de délit d'initié via Alameda.

M. Goelman tient toutefois à mettre en garde contre des conclusions trop hâtives.

Si la gestion calamiteuse de FTX semble établie, comme l'a affirmé le nouveau patron de l'entreprise John Ray III, le caractère frauduleux des activités de SBF n'est à ce stade pas avéré.

"Ces enquêtes prennent beaucoup de temps", souligne M. Goelman.

"L'idée que Sam Bankman-Fried devrait déjà avoir les fers aux pieds est incompatible avec notre système judiciaire."


« Data Center Resource 360 » : Veolia face à l’empreinte écologique du numérique

Lancement de « Data Center Resource 360 » à Londres, un événement organisé par Veolia réunissant dirigeants et experts autour des enjeux liés à la transition écologique des infrastructures numériques. (Photo: fournie)
Lancement de « Data Center Resource 360 » à Londres, un événement organisé par Veolia réunissant dirigeants et experts autour des enjeux liés à la transition écologique des infrastructures numériques. (Photo: fournie)
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  • Veolia lance « Data Center Resource 360 », une offre globale visant à rendre les data centers plus durables, circulaires et résilients dans un contexte de forte croissance du secteur
  • Cette solution permet jusqu’à 20 % de réutilisation d’énergie, une réduction de 75 % de l’empreinte hydrique et 95 % de recyclage et de réutilisation des déchets, tout en renforçant l’intégration locale et la sécurité environnementale

LONDRES: À Londres, Veolia a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie environnementale en dévoilant « Data Center Resource 360 », une offre globale destinée à répondre à un défi croissant : concilier l’essor fulgurant des infrastructures numériques avec les impératifs écologiques et sociétaux.

Dans un monde où l’accès à l’information est devenu essentiel, la donnée s’impose désormais comme une ressource stratégique. Cette transformation s’accompagne toutefois d’un coût invisible mais considérable : les data centers, piliers de l’économie numérique, nécessitent des volumes toujours plus importants d’eau, d’énergie et d’infrastructures. Leur développement rapide — estimé à une croissance annuelle de plus de 11 % — accentue les tensions sur les ressources, notamment dans les zones urbaines où ils sont implantés.

Face à cette réalité, Veolia propose une approche holistique et intégrée. L’offre « Data Center Resource 360 » vise à transformer ces infrastructures en modèles de durabilité. Elle repose sur une gestion complète du cycle des ressources, permettant jusqu’à 75 % de réduction de l’empreinte hydrique, 95 % de recyclage et de valorisation des déchets, ainsi que 20 % de réutilisation de l’énergie.

Déjà déployée sur plus de 100 sites à travers le monde, notamment auprès des principaux opérateurs du secteur, cette offre s’appuie sur l’expertise combinée du groupe dans la gestion de l’eau, des déchets et de l’énergie.

« Il s’agit d’un marché stratégique, à la croisée des révolutions numérique et écologique », a déclaré Estelle Brachlianoff, directrice générale de Veolia, lors de l’événement de lancement. « À mesure que la pression sur les ressources s’intensifie, transformer les data centers en acteurs utiles aux territoires devient une nécessité », a-t-elle ajouté.

Estelle Brachlianoff a insisté sur l’ADN d’innovation du groupe, hérité de plus de 170 ans d’histoire. « Aujourd’hui, la donnée est la prochaine génération de ressources », a-t-elle affirmé. « Nous sommes le laboratoire d’innovation des services essentiels. » Une vision qui s’inscrit dans une logique d’anticipation : pour Veolia, innover consiste avant tout à sécuriser ce dont les sociétés ne peuvent se passer — l’eau, l’énergie, la santé. 

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Estelle Brachlianoff, directrice générale de Veolia, lors du lancement de « Data Center Resource 360 » à Londres. (Photo: fournie)

Cette ambition prend une dimension particulière dans un contexte marqué par l’essor de l’intelligence artificielle. Les industries de l’IA, fortement consommatrices de ressources, renforcent la pression sur l’eau, l’énergie et le foncier. Dans certaines régions du monde, comme le Moyen-Orient, où jusqu’à 85 % de l’eau provient du dessalement, ces enjeux prennent une dimension géopolitique. L’eau, à l’instar du pétrole, devient un levier stratégique pour la stabilité et le développement.

Veolia entend répondre à ces défis en s’appuyant sur ses technologies propriétaires et sa capacité à intervenir à toutes les échelles — des États aux collectivités locales. L’offre présentée à Londres s’appuie notamment sur des outils digitaux avancés, capables d’optimiser en temps réel les performances des installations, d’anticiper les risques et de maximiser l’efficacité opérationnelle.

La stratégie repose également sur un modèle décentralisé, permettant d’adapter les solutions aux spécificités locales tout en bénéficiant d’une expertise globale. « Notre échelle mondiale est un avantage compétitif qui nourrit la croissance locale », a souligné Estelle Brachlianoff. Cette capacité à “penser global, agir local” permet au groupe de proposer des solutions sur mesure, en lien direct avec les besoins des territoires.

Lors de l’événement, une table ronde consacrée à l’innovation dans les industries de l’IA a également mis en lumière le rôle clé des infrastructures dans la transformation numérique. Les data centers ne sont plus de simples installations techniques : ils deviennent des nœuds stratégiques, au croisement des enjeux industriels, environnementaux et sociétaux.

De son côté, Emmanuelle Menning, directrice générale adjointe en charge des finances, a insisté sur la nécessité de concilier innovation et déploiement à grande échelle. « L’innovation n’a de valeur que si elle peut être mise en œuvre efficacement et à coût maîtrisé », a-t-elle déclaré. Elle a rappelé que Veolia dessert aujourd’hui plus de 110 millions de personnes en eau, illustrant la capacité du groupe à opérer des solutions complexes à grande échelle. 

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Emmanuelle Menning, directrice générale adjointe en charge des finances de Veolia, lors du lancement de « Data Center Resource 360 » à Londres. (Photo : fournie)

Elle a également mis en avant le rôle croissant de l’intelligence artificielle dans les opérations du groupe, qu’il s’agisse de détecter les fuites, d’optimiser la consommation énergétique ou encore d’améliorer la maintenance prédictive. « L’IA et l’innovation de design permettent de générer des gains opérationnels significatifs pour nos clients, nos partenaires et nos équipes », a-t-elle ajouté.

Au-delà de la performance environnementale, l’enjeu est aussi économique. Dans un marché estimé à plusieurs milliards de dollars, les solutions intégrées pour data centers connaissent une croissance rapide. Veolia entend s’y positionner comme un acteur de référence, en capitalisant sur son expertise dans la gestion de l’eau, des déchets et de l’énergie.

Avec « Data Center Resource 360 », le groupe ne se contente pas de répondre à une problématique technique : il propose une nouvelle vision des infrastructures numériques. Des infrastructures capables non seulement de réduire leur empreinte, mais aussi de créer de la valeur pour les territoires, notamment grâce à la récupération de chaleur ou à une meilleure intégration dans les réseaux locaux.

À l’heure où la transition écologique s’impose comme une priorité mondiale, Veolia fait le pari que l’innovation, alliée à une approche systémique, peut transformer les contraintes en opportunités — et faire des data centers un levier clé du développement durable.


Hermès pénalisé au premier trimestre par la guerre au Moyen-Orient et les taux de change

L'activité dans les magasins du groupe, en croissance de 7%, "a perdu presque 1,5 point de croissance lié aux événements au Moyen-Orient". (AFP)
L'activité dans les magasins du groupe, en croissance de 7%, "a perdu presque 1,5 point de croissance lié aux événements au Moyen-Orient". (AFP)
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  • L'activité dans les magasins du groupe, en croissance de 7%, "a perdu presque 1,5 point de croissance lié aux événements au Moyen-Orient", a précisé à des journalistes le directeur général finances, Éric du Halgouët
  • "On avait une très belle croissance à deux chiffres en janvier et février, le mois de mars a marqué un coup d'arrêt puisque notre activité s'est trouvée en recul de 40%", "principalement aux Émirats arabes unis"

PARIS: Le groupe français de luxe Hermès a publié mercredi des ventes en baisse de 1,4% sur un an à 4,1 milliards d'euros au premier trimestre, pénalisées par les taux de change et la guerre au Moyen-Orient.

A taux de change constant, le chiffre d'affaires du sellier-maroquinier progresse de 6%, l’effet défavorable des changes représentant 290 millions d'euros. "Dans un contexte géopolitique sous tension, la maison Hermès garde son cap", déclare le gérant du groupe Axel Dumas, cité dans le communiqué.

L'activité dans les magasins du groupe, en croissance de 7%, "a perdu presque 1,5 point de croissance lié aux événements au Moyen-Orient", a précisé à des journalistes le directeur général finances, Éric du Halgouët.

"On avait une très belle croissance à deux chiffres en janvier et février, le mois de mars a marqué un coup d'arrêt puisque notre activité s'est trouvée en recul de 40%", "principalement aux Émirats arabes unis", a-t-il détaillé, précisant que le groupe opère dans six magasins dans cette zone qui représentent "4% des ventes du groupe".

Les ventes aux Royaume-Uni, en Italie et en Suisse ont également souffert de cette guerre car Hermès y a un "proportion significative de clientèle du Moyen-Orient", selon le directeur finances.

Les ventes en France, en baisse de 2,8% à 347 millions d'euros sont pénalisées par "le ralentissement des flux touristiques, notamment en mars", selon le communiqué.

Pour les autres régions, les ventes en Amérique, Japon et Europe hors France "réalisent de belles progressions", "malgré le ralentissement des flux touristiques en lien avec les événements survenus au Moyen- Orient".

La zone Amérique "réalise un premier trimestre exceptionnel, avec une croissance équilibrée dans tous les métiers, tant aux États-Unis, qu'au Canada ou en Amérique du Sud", avec un chiffre d'affaires en hausse de 6,4% à 739 millions d'euros.

Le chiffre d'affaires au Japon en baisse de 3,9% (mais en hausse de 9,6% à taux de change constant) atteint 404 millions d'euros grâce à la clientèle locale.

En Europe hors France, le chiffre d'affaires est en hausse de 7,6% à 538 millions d'euros, soutenu par la demande locale également.

Le chiffre d'affaires en Asie hors Japon baisse de 4,6% (mais augmente de 2,2% hors effet de change) à 1,88 milliard d'euros avec une Grande Chine (qui inclut Hong Kong, Taïwan, Macao et la Chine) qui "poursuit une légère croissance".

 


Keolis MHI : Le métro et le tramway de Dubaï sous une nouvelle direction

Sous cette nouvelle direction, Keolis MHI entend renforcer ses équipes pluridisciplinaires et exploiter les nouvelles technologies afin de maintenir la qualité de service du métro et du tramway de Dubaï. (Fournie)
Sous cette nouvelle direction, Keolis MHI entend renforcer ses équipes pluridisciplinaires et exploiter les nouvelles technologies afin de maintenir la qualité de service du métro et du tramway de Dubaï. (Fournie)
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  • Keolis MHI nomme Vikas Sardana directeur général, alors que l’entreprise accélère son « Plan stratégique 2026 » et renforce son partenariat avec la RTA de Dubaï
  • Keolis MHI, consortium réunissant Keolis, Mitsubishi Heavy Industries et Mitsubishi Corporation, exploite le métro et le tramway de Dubaï avec plus de 1.700 employés et mise sur l’innovation pour maintenir la qualité de service

DUBAÏ : Keolis MHI, opérateur du métro et du tramway de Dubaï, a récemment annoncé la nomination de Vikas Sardana au poste de directeur général. Cette nomination intervient alors que l’entreprise accélère la mise en œuvre de son « Plan stratégique 2026 » et consolide son partenariat avec la Roads and Transport Authority (RTA).

Ancien directeur des opérations de Keolis MHI, Vikas Sardana apporte plus de vingt ans d’expérience dans les réseaux de métro au Moyen-Orient et en Inde.

« C’est un honneur de diriger Keolis MHI à un moment déterminant pour la mobilité urbaine à Dubaï », a-t-il déclaré. « Notre objectif reste de fournir une expérience de transport fluide, durable et de classe mondiale. »

Youenn Dupuis, CEO Moyen-Orient et Asie de l’Est du groupe Keolis, a estimé que cette nomination reflétait « la profondeur de l’expertise opérationnelle au sein de Keolis MHI », ainsi que sa connaissance du réseau local.

Keolis MHI est un consortium réunissant Keolis, Mitsubishi Heavy Industries Engineering et Mitsubishi Corporation. L’entreprise exploite et maintient le métro de Dubaï ainsi que le tramway, dans le cadre d’un contrat de long terme avec la Roads and Transport Authority (RTA), depuis 2021. Présente à l’échelle internationale via le groupe Keolis, elle s’appuie sur plus de 1.700 employés et opère dans plusieurs régions du monde.

Sous cette nouvelle direction, Keolis MHI entend renforcer ses équipes pluridisciplinaires et exploiter les nouvelles technologies afin de maintenir la qualité de service du métro et du tramway de Dubaï.