La guerre en Ethiopie «annonce une catastrophe humanitaire», avertit l’Onu

Des réfugiés éthiopiens rassemblés mardi dans la région de Qadarif, dans l'est du Soudan, alors que des milliers de personnes fuient la région du Tigré (AP)
Des réfugiés éthiopiens rassemblés mardi dans la région de Qadarif, dans l'est du Soudan, alors que des milliers de personnes fuient la région du Tigré (AP)
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Publié le Mercredi 18 novembre 2020

La guerre en Ethiopie «annonce une catastrophe humanitaire», avertit l’Onu

  • L'Égypte et le Soudan organisent cette semaine des exercices de guerre conjoints, voulus comme une démonstration de force
  • Les travailleurs humanitaires réduisent leurs activités pour des raisons de sécurité, ce qui ajoute à la complexité des conditions de vie

DJEDDAH : L’ONU a averti mardi qu’une catastrophe humanitaire s’annonce dans la Corne de l’Afrique, alors que des milliers de personnes fuient les combats au nord de l’Éthiopie.

Près de 4 000 réfugiés traversent la frontière du Soudan chaque jour, des missiles ont été tirés sur l'Érythrée et on craint que le conflit n’implique d'autres pays voisins tels que l'Égypte, la Somalie et Djibouti.

L’Éthiopie, le Soudan et l’Égypte sont déjà impliqués dans un conflit acharné autour d’un projet de barrage éthiopien qui, selon les deux autres pays, restreint leur accès à l'eau du Nil Bleu. L'Égypte et le Soudan organisent cette semaine des exercices de guerre conjoints, voulus comme une démonstration de force.

Le dernier conflit a commencé le 4 novembre, lorsque le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a accusé le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), au nord de la province, de révolte armée, et a lancé des frappes aériennes et une offensive terrestre contre leurs positions.

Le Premier ministre a annoncé mardi qu’un ultimatum de trois jours demandant au TPLF de déposer leurs armes et de se rendre avait expiré, ouvrant la voie à une avance sur la capitale du Tigré, Mekele. «Le dernier acte critique d'application de la loi sera accompli dans les prochains jours», a déclaré M. Abiy, le plus jeune dirigeant d'Afrique et lauréat du prix Nobel de la paix 2019.

Babar Baloch, porte-parole de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, a noté que «les gens sortent d’Éthiopie très apeurés, effrayés, et racontent qu’ils ont fui de violents combats qui ne s’arrêteront probablement pas de sitôt». Au moins 30 000 personnes ont déjà fui le pays, précise-t-il.

Des centaines de milliers de Tigréens dépendent des aides alimentaires, avant même le début du conflit. Les travailleurs humanitaires réduisent leurs activités pour des raisons de sécurité, ce qui ajoute à la complexité des conditions de vie.

L’ONU et les pays d’Europe et d’Afrique appellent à des pourparlers, et le comité Nobel a exprimé sa préoccupation, dans un commentaire inusité sur les actions du lauréat. M. Abiy a insisté qu'il ne négocierait que lorsque l'état de droit serait rétabli.

Ses forces armées fédérales sont composées de 140 000 soldats aguerris par les combats en Somalie, dans les zones rebelles frontalières et en Érythrée. Cependant, de nombreux hauts gradés sont Tigréens, et de puissantes armes sont disponibles au Tigré, et de plus, le TPLF a mis la main sur le quartier général du commandement nord, fort convoité, à Mekele.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com