Discriminations en Afghanistan: L'Arabie saoudite se joint aux appels à garder l'université ouverte aux femmes

Des étudiantes se tiennent à l'extérieur d'une université de Kaboul après que les talibans les ont empêchées d'y entrer, mercredi (Photo, AFP).
Des étudiantes se tiennent à l'extérieur d'une université de Kaboul après que les talibans les ont empêchées d'y entrer, mercredi (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 22 décembre 2022

Discriminations en Afghanistan: L'Arabie saoudite se joint aux appels à garder l'université ouverte aux femmes

  • Le régime ultraconservateur a annoncé mardi la suspension immédiate de l'enseignement universitaire pour les femmes
  • Depuis leur retour au pouvoir, les talibans ont annulé l'enseignement secondaire pour les filles et écarté les femmes de la vie publique

LONDRES: L'Arabie saoudite s'est jointe aux appels lancés aux Talibans pour qu'ils reviennent sur leur décision d'interdire l'enseignement supérieur aux femmes en Afghanistan. Cette décision intervient un jour après que le groupe a ordonné aux femmes de tout le pays de ne plus fréquenter les universités privées et publiques jusqu'à nouvel ordre.

Le ministère des Affaires étrangères du Royaume a exprimé sa surprise et son regret face à cette décision et a déclaré qu'elle avait été accueillie avec étonnement dans tous les pays musulmans.

Il a signalé que cette décision privait les femmes afghanes de leurs pleins droits juridiques et du droit à l'éducation, qui contribue à soutenir la sécurité, la stabilité, le développement et la prospérité en Afghanistan.

Dans la capitale afghane, les forces de sécurité talibanes ont fait respecter l'interdiction de l'enseignement supérieur pour les femmes en leur bloquant l'accès aux universités mercredi. Des femmes ont été filmées en train de pleurer et de se consoler les unes les autres devant un campus de Kaboul.

Les dirigeants talibans ont annoncé la dernière restriction des droits des femmes et des filles dans une déclaration laconique, mardi en fin de journée.

«Vous êtes tous informés qu'il faut immédiatement mettre en œuvre l'ordre mentionné de suspendre l'éducation des femmes jusqu'à nouvel ordre», a déclaré Neda Mohammed Nadeem, le ministre taliban de l'Enseignement supérieur.

Des femmes afghanes ont organisé des manifestations à l'université en octobre après que des étudiantes ont été expulsées des dortoirs (Photo, AFP).

Cette annonce n'est que la dernière en date d'une série de restrictions de plus en plus strictes des libertés des femmes afghanes, qui incluent désormais le port obligatoire du voile sur le visage et l'interdiction de voyager sans escorte masculine.

Selon l'ancien conseiller à la sécurité nationale de l'Afghanistan, la frustration de la population à l'égard du régime et de ses politiques oppressives semble s'accroître, à l'image du mouvement de protestation mené par les femmes dans l'Iran voisin.

«Je crois qu'à chaque jour qui passe, la frustration du peuple afghan augmente face à l'oppression des talibans», a déclaré Hamdullah Mohib, conseiller en matière de sécurité nationale auprès du gouvernement afghan déchu d'Achraf Ghani, au talk-show «Frankly Speaking» d'Arab News en octobre.

«Si cette situation perdure, cette oppression du peuple afghan continue, je suis certain qu'il y aura une mobilisation de masse dans le pays. C'est juste une question de savoir quand ce sera le cas», a-t-il estimé.

Les gouvernements et les autorités religieuses ont rapidement dénoncé l'interdiction de mardi. L'Organisation de la coopération islamique a déclaré qu'elle «portait gravement atteinte à la crédibilité du gouvernement».

Le Qatar, qui a joué un rôle clé dans la facilitation des pourparlers entre l'Occident et les Talibans, a déclaré que tout le monde mérite le droit à l'éducation et a exhorté les dirigeants afghans à revoir cette décision «conformément aux enseignements de la religion islamique».

Bien qu'il ait rejeté cette décision, le Pakistan, voisin de l'Afghanistan, a affirmé que l'alliance avec les talibans restait la meilleure voie à suivre.

«Je pense toujours que le chemin le plus facile pour atteindre notre objectif, malgré de nombreux revers en matière d'éducation des femmes et d'autres sujets, passe par Kaboul et par le gouvernement intérimaire», a signalé Bilawal Bhutto Zardari, le ministre pakistanais des Affaires étrangères.

Washington a immédiatement dénoncé cette interdiction et a prévenu que le régime taliban risquait d'être encore plus isolé du reste du monde.

«Les talibans doivent s'attendre à ce que cette décision, qui va à l'encontre des engagements qu'ils ont pris à plusieurs reprises et publiquement envers leur propre peuple, entraîne des coûts concrets pour eux», a déclaré Ned Price, le porte-parole du département d'État.

Les talibans ont de plus en plus restreint l'accès des femmes à l'éducation (Photo, AFP).

«Ils ont sérieusement, peut-être même fatalement, sapé l'une de leurs ambitions les plus profondes... à savoir l'amélioration des relations avec les États-Unis et le reste du monde», a averti Price.

«Cette position inacceptable aura des conséquences importantes pour les talibans et les éloignera encore plus de la communauté internationale, leur refusant la légitimité qu'ils désirent.»

Antonio Guterres, le secrétaire général de l'ONU, a été «profondément alarmé» par cette interdiction, a déclaré mardi son porte-parole, Stephane Dujarric.

Annalena Baerbock, la ministre allemande des Affaires étrangères, a déclaré qu'elle mettrait la question à l'ordre du jour du G7, le club des nations riches, dont l'Allemagne assure actuellement la présidence.

Au cours des vingt années qui séparent les deux règnes des talibans, les filles ont été autorisées à aller à l'école et les femmes ont pu chercher un emploi dans tous les secteurs, même si le pays est resté socialement conservateur.

Le retour des talibans a considérablement réduit ces avancées modérées. Une enquête récente sur les femmes en Afghanistan, citée par les Nations unies, a révélé que seulement 4% des femmes déclaraient avoir toujours assez à manger, tandis qu'un quart d'entre elles déclaraient que leur revenu était tombé à zéro.

Les violences familiales et les fémicides auraient augmenté, et 57% des femmes afghanes sont mariées avant l'âge de 19 ans, selon l'enquête. Il existe même des cas de familles qui vendent leurs filles et leurs biens pour acheter de la nourriture.

Le traitement des femmes par les talibans pourrait également aggraver la situation de l'Afghanistan dans son ensemble. Selon les Nations unies, le fait d'empêcher les femmes de travailler coûte à l'Afghanistan jusqu'à 1 milliard de dollars (1 dollar américain = 0,94 euro), soit 5% du produit intérieur brut.

Des études ont également montré que chaque année supplémentaire de scolarisation peut augmenter jusqu'à 20% les revenus d'une fille à l'âge adulte, avec d'autres répercussions sur la réduction de la pauvreté, l'amélioration de la santé maternelle, la diminution de la mortalité infantile, la prévention du VIH et la réduction de la violence à l'égard des femmes.

«Le statut des filles et des femmes afghanes a rarement été bon, même lorsque les talibans n'étaient pas au pouvoir», a révélé à Arab News Michael Kugelman, directeur adjoint du programme Asie et associé principal pour l'Asie du Sud au Wilson Center.

«Mais cette succession rapide de restrictions concernant leur habillement, leurs déplacements, leur travail et leur éducation les ramène à un point où elles n'ont plus été depuis les années 1990, lorsque les talibans étaient aux commandes.

Les gouvernements et les autorités religieuses ont rapidement dénoncé l'interdiction de mardi (Photo, AFP).

«Je dirais que les choses pourraient être pires aujourd'hui qu'elles ne l'étaient dans les années 1990, parce que, contrairement à l'époque, les talibans contrôlent l'ensemble du pays et il n'y a pas de poches de résistance substantielles. Cela signifie qu'il sera encore plus difficile de faire reculer ce type de politique qu’il ne l’était dans les années 1990.»

Les États-Unis ont précipitamment battu en retraite d'Afghanistan en août 2021 après avoir conclu un accord de paix fragile avec les talibans. Depuis lors, le pays est plongé dans la crise économique, la pauvreté et l'isolement international.

Au cours des négociations de Doha, les talibans ont essayé de convaincre le monde qu'ils avaient changé depuis leur précédent passage au pouvoir, de 1996 à 2001, lorsqu'une interprétation extrême de l'islam avait empêché les femmes et les filles d'accéder à l'éducation et à la vie publique, et que la liberté d'expression avait été largement supprimée.

Toutefois, dès son retour au pouvoir, le régime a réimposé un grand nombre de ces restrictions, réduisant à néant deux décennies de progrès modestes en matière de droits des femmes et de développement institutionnel du pays. 

«C'est douloureux à dire, mais cette décision n'est pas si surprenante», a affirmé Kugelman. «Depuis des mois, les talibans réimposent bon nombre de leurs politiques les plus draconienne des années 1990, et ce n'est donc que la dernière étape – particulièrement traumatisante pour les femmes et les filles afghanes – de leur stratégie actuelle visant à imposer leur idéologie épouvantable au sein de toute la société.»

Les talibans avaient initialement promis d'adoucir leurs positions les plus extrêmes, affirmant qu'ils respecteraient les obligations en matière de droits de l'homme, notamment celles des femmes. Néanmoins, un mois à peine après son retour au pouvoir, le régime a imposé la ségrégation des sexes à l'entrée des universités et dans les salles de classe, ainsi que le port du hijab dans le cadre d'un code vestimentaire obligatoire.

Puis, le 23 mars de cette année, alors que les écoles secondaires pour filles devaient rouvrir, les talibans ont brusquement annulé la directive, empêchant des dizaines de milliers d'adolescentes de recevoir leur éducation. Les filles en âge de fréquenter l'école primaire, du moins pour l'instant, sont toujours autorisées à recevoir un enseignement jusqu'à la sixième année.

En mai, le chef suprême des talibans, Hibatullah Akhundzada, a ordonné aux femmes de se couvrir entièrement en public, surtout le visage, de rester chez elles et de ne se déplacer entre les villes qu'accompagnées d'un homme. En novembre, une nouvelle directive a interdit aux femmes d'entrer dans les parcs, les fêtes foraines, les salles de sport et les bains publics.

Les hauts responsables ont envoyé des messages contradictoires concernant l'éducation des femmes et des filles, ce qui pourrait être le signe d'un schisme dans les rangs des talibans entre les radicaux basés dans le bastion du mouvement à Kandahar et les responsables plus modérés qui gèrent les affaires depuis la capitale.

«Il est certain qu'un grand nombre de dirigeants talibans rejettent cette décision», a assuré Kugelman. «Le fait qu'elle ait quand même eu lieu reflète les divisions idéologiques au sein du groupe ainsi que le pouvoir du chef suprême des talibans basé à Kandahar et de ses alliés.

Les dirigeants talibans ont annoncé la dernière restriction des droits des femmes et des filles dans une déclaration laconique, mardi en fin de journée (Photo, AFP).

«Ils constituent la faction la plus radicale sur le plan idéologique au sein des talibans, et c'est là que réside véritablement le pouvoir – particulièrement le droit de veto permettant de renverser les mesures prises par les dirigeants à Kaboul», a souligné Kugelman.

À moins que les talibans ne montrent qu'ils sont disposés à assouplir leur ligne dure, notamment sur les questions relatives aux droits des femmes, il est peu probable que le régime ait accès aux milliards de dollars d'aide, de prêts et d'actifs gelés par les États-Unis, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, dont les Talibans ont désespérément besoin.

«La communauté internationale peut condamner cette action et exprimer sa solidarité envers les filles et les femmes afghanes, et elle le fera. Mais au bout du compte, elle ne peut pas faire grand-chose qui puisse changer ce triste état de fait», a jugé Kugelman.

«Les talibans ne sont pas prêts à modérer leur idéologie de base, et les hauts dirigeants se moquent bien de savoir si cela leur ferme les portes de l'aide financière internationale et de la reconnaissance diplomatique officielle. Ce qui compte pour ceux qui mènent la barque des talibans, c'est que leur idéologie de base continue d'être imposée dans tout le pays.»

Bien que Kugelman reconnaisse que l'opposition aux restrictions croissantes imposées par les talibans est largement répandue parmi les Afghans, il doute que la société civile ait les moyens – du moins pour l'instant – de menacer l'autorité du régime.

«Il est certain que la résistance interne potentielle est à surveiller. Nous avons déjà vu des élèves de sexe masculin quitter leur classe par solidarité avec leurs camarades de sexe féminin, et c'est une donnée essentielle. La société afghane est peut-être patriarcale, mais cela ne signifie pas que le pays – notamment ses hommes - va se contenter d'ignorer cette situation», a-t-il ajouté.

«Mais la question qui se pose n'est pas un manque de volonté de résister, mais un manque de capacité. Les talibans gouvernent d'une main de fer et, à moins que les protestations ne prennent une telle ampleur qu'ils ne puissent les contrôler, ils n'hésiteront probablement pas à réprimer toute dissidence et toute opposition à cette décision.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Trump se moque du couple Macron lors d'un déjeuner

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  • "Macron, que sa femme traite extrêmement mal,… il se remet encore du coup de poing qu'il a pris à la mâchoire"
  • Il faisait vraisemblablement référence à une vidéo virale, tournée en mai 2025 en Indonésie, montrant Brigitte Macron porter les deux mains au visage de son mari dans ce qui pouvait ressembler à un petit coup

WASHINGTON: Donald Trump s'en est pris mercredi à Emmanuel et Brigitte Macron lors d'un déjeuner, faisant suite à une série de remontrances contre les dirigeants de pays de l'Otan à qui il reproche de ne pas prendre part à la guerre contre l'Iran.

"Macron, que sa femme traite extrêmement mal,… il se remet encore du coup de poing qu'il a pris à la mâchoire", a déclaré le président américain dans une vidéo postée brièvement sur la chaîne YouTube de la Maison Blanche qui en a ensuite fermé l'accès.

Il faisait vraisemblablement référence à une vidéo virale, tournée en mai 2025 en Indonésie, montrant Brigitte Macron porter les deux mains au visage de son mari dans ce qui pouvait ressembler à un petit coup.

Ces images avaient été largement exploitées sur les réseaux sociaux par des comptes hostiles au président français. Emmanuel Macron avait démenti toute "scène de ménage" et affirmé que cette petite chamaillerie n'était qu'un "moment de complicité".

La classe politique française s'est indignée jeudi matin de cette nouvelle déclaration irrespectueuse de Donald Trump.

"Franchement, c'est pas au niveau (...) On est en train de parler de l'avenir du monde, en ce moment en Iran, ça a des conséquences sur la vie de millions de personnes, des gens meurent sur les théâtres d'opérations et on a un président (américain) qui rigole, qui se moque des autres", a réagi la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet sur franceinfo.

"Vous connaissez l'ampleur de mes désaccords avec le président de la République, mais que Donald Trump se permette de lui parler comme ça et de parler comme ça de son épouse, je trouve ça absolument inacceptable", a réagi le coordinateur de la France insoumise (gauche radicale), Manuel Bompard, sur BFMTV.

M. Trump a aussi affirmé avoir demandé au chef de l'État français un soutien militaire dans le Golfe: "J'ai dit: +Emmanuel, on aimerait bien avoir un peu d'aide dans le Golfe, même si on bat tous les records en matière d'élimination des méchants et de destruction de missiles balistiques+".

Puis, imitant son homologue avec un accent français: "+Non, non, non… on ne peut pas faire ça, Donald. On pourra le faire une fois la guerre gagnée+".


Trump dit que l'Iran sera frappé «extrêmement durement» pendant encore deux à trois semaines

 Donald Trump a promis mercredi de frapper sans relâche l'Iran pendant encore deux à trois semaines, menaçant notamment le réseau électrique. (AFP)
Donald Trump a promis mercredi de frapper sans relâche l'Iran pendant encore deux à trois semaines, menaçant notamment le réseau électrique. (AFP)
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  • "S'il n'y a pas d'accord, nous allons frapper chacune de leurs centrales électriques très durement et probablement simultanément"
  • Lors de sa première allocution à la nation depuis les premières heures du conflit il y a un peu plus d'un mois, le président américain a vanté des victoires "décisives" et "écrasantes" obtenues par les Etats-Unis

WASHINGTON: Donald Trump a promis mercredi de frapper sans relâche l'Iran pendant encore deux à trois semaines, menaçant notamment le réseau électrique.

"Nous allons les frapper extrêmement durement au cours des deux à trois prochaines semaines. Nous allons les ramener à l'âge de pierre, auquel ils appartiennent. En attendant, les discussions se poursuivent", a lancé le président américain lors d'une allocution aux Américains depuis la Maison Blanche.

"S'il n'y a pas d'accord, nous allons frapper chacune de leurs centrales électriques très durement et probablement simultanément", a-t-il ajouté.

Lors de sa première allocution à la nation depuis les premières heures du conflit il y a un peu plus d'un mois, le président américain a vanté des victoires "décisives" et "écrasantes" obtenues par les Etats-Unis, réaffirmant que les frappes étaient nécessaires pour empêcher l'Iran d'avoir l'arme nucléaire.

Malgré tout, le locataire de la Maison Blanche a martelé que la fin du conflit n'était pas encore venue.

"Nous allons les frapper extrêmement durement au cours des deux à trois prochaines semaines. Nous allons les ramener à l'âge de pierre auquel ils appartiennent", a-t-il lancé.

Donald Trump a de nouveau menacé de s'en prendre aux infrastructures énergétiques iraniennes, affirmant qu'en l'absence d'accord, les Etats-Unis allaient "frapper chacune de leurs centrales électriques très durement et probablement simultanément".

Le président américain a également appelé les pays qui dépendent du détroit d'Ormuz à "s'occuper" de résoudre le blocage par l'Iran de cette voie maritime stratégique pour la distribution d'hydrocarbures à travers le monde.

Demandes "maximalistes" 

Dans la matinée, il avait pourtant exclu toute trêve sans réouverture de détroit, dont le blocage déstabilise l'économie mondiale. Sans levée du blocus, l'Iran serait bombardé "jusqu'à l'anéantissement", avait-il averti.

La quasi-fermeture de ce passage maritime a entraîné une envolée des cours du pétrole, nourrissant la peur d'une inflation durable.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont réaffirmé mercredi que le détroit resterait fermé aux "ennemis" du pays.

Dans ce contexte, Londres a annoncé la tenue jeudi d'une réunion virtuelle impliquant une trentaine de pays prêts à garantir la sécurité dans le détroit une fois les hostilités terminées.

Avant son allocution, Donald Trump avait assuré sur son réseau Truth Social que son homologue iranien, Massoud Pezeshkian, aurait réclamé "un CESSEZ-LE-FEU".

Des affirmations "fausses", a balayé le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, qui a aussi démenti l'existence de négociations directes avec les Etats-Unis, et a qualifié les demandes de Washington de "maximalistes et irrationnelles".

Massoud Pezeshkian avait évoqué mardi une volonté "de mettre fin" à la guerre, mais il avait listé des exigences, comme des garanties de sécurité et des compensations financières.

Le Brent repart à la hausse 

Portées par un espoir d'une désescalade, les Bourses européennes et Wall Street avaient terminé en hausse mercredi avant le discours de Donald Trump.

Mais après l'allocution, le baril de pétrole Brent -- référence mondiale -- est reparti à la hausse, au-delà des 105 dollars.

Les répercussions économiques du conflit continuent de se faire sentir dans le monde.

Dans un entretien à l'AFP, le directeur général de la Banque mondiale, Paschal Donohoe, s'est dit mercredi "très inquiet" des conséquences de la guerre, notamment "sur l'inflation, les emplois et la sécurité alimentaire".

Dans la journée de mercredi, les pays du Golfe ont été encore visés par des attaques iraniennes, comme aux Emirats, où un Bangladais a été tué.

Comme aussi en Israël, où l'armée a dit avoir contré des tirs de missiles depuis l'Iran dans la nuit de mercredi à jeudi, après une journée marquée par d'autres tirs qui ont fait 14 blessés près de Tel-Aviv.

Dans son allocution, Donald Trump a promis qu'il n'abandonnerait pas ces alliés du Golfe, nommément "Israël, l'Arabie saoudite, le Qatar, les Emirats arabes unis, le Koweït et Bahreïn".

"Vengeance" 

De son côté, Israël a également poursuivi ses bombardements, avec une "vague de frappes de grande ampleur" à Téhéran.

De puissantes explosions ont retenti mercredi après-midi dans l'ouest de la ville, selon un journaliste de l'AFP.

Malgré les frappes, des milliers d'Iraniens ont assisté dans la capitale aux funérailles d'un commandant, tué par une frappe israélienne. "Vengeance", proclamait en anglais une pancarte tenue par un enfant.

Côté israélien, si le gouvernement a estimé qu'une partie de ses objectifs était atteint en portant "un coup" aux programmes nucléaires et balistiques iraniens, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a insisté: la "campagne n'est pas terminée".

Au Liban, le bilan d'un mois de frappes israéliennes s'élève désormais à plus de 1.300 tués, selon le gouvernement qui a fait état mercredi de sept morts dans la région de Beyrouth.

Le mouvement pro-iranien Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre le 2 mars en attaquant Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, dès le premier jour du conflit le 28 février.

Israël a averti qu'il prévoyait d'occuper une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée.

 

 


Rubio affirme que les Etats-Unis doivent "réexaminer" leurs relations avec l'Otan

Donald Trump a qualifié l’alliance de l’OTAN de « tigre de papier ». (ARCHIVES/REUTERS)
Donald Trump a qualifié l’alliance de l’OTAN de « tigre de papier ». (ARCHIVES/REUTERS)
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  • Marco Rubio évoque un possible réexamen du rôle des États-Unis dans l’OTAN, après des tensions liées au conflit avec l’Iran et au manque de coopération de certains alliés européens
  • Donald Trump intensifie ses critiques contre l’alliance, remettant en cause l’engagement américain et accusant l’OTAN d’être déséquilibrée au détriment des États-Unis

WASHINGTON: Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a remis en cause comme jamais le lien transatlantique avec l'Otan, déclarant mardi que les Etats-Unis devaient "réexaminer" leurs relations avec l'alliance atlantique militaire une fois la guerre contre l'Iran terminée.

"Je pense qu'il ne fait malheureusement aucun doute qu'une fois ce conflit terminé, nous devrons réexaminer cette relation. Nous devrons réexaminer l'intérêt que présente l'Otan pour notre pays dans le cadre de cette alliance", a déclaré M. Rubio sur la chaîne Fox News, ajoutant qu'il reviendrait au président Donald Trump de trancher cette question.

Les Etats-Unis reprochent à des pays de l'Otan dont la France, l'Espagne et l'Italie de ne pas avoir autorisé le survol de leurs territoires ou d'utiliser les bases américaines pour acheminer des équipements militaires à Israël dans le cadre de la guerre contre l'Iran, déclenchée le 28 février.

Donald Trump avait lui-même déclaré vendredi dernier que les Etats-Unis pourraient ne pas venir en aide à l'Otan en cas de besoin, réitérant ses critiques contre l'Alliance atlantique, lors d'un forum d'affaires à Miami.

"Nous dépensons des centaines de milliards de dollars par an pour l'Otan, des centaines de milliards, pour les protéger, et nous aurions toujours été là pour eux, mais maintenant, au vu de leurs actions, je suppose que nous n'avons plus à l'être, n'est-ce pas ?", a-t-il dit.

Ces dernières semaines, le président américain a multiplié les prises de parole belliqueuses envers l'Otan, la qualifiant notamment sur son réseau Truth Social de "TIGRE DE PAPIER" et de "LACHES". Les Etats-Unis "s'en souviendront", avait-il déjà déclaré en Conseil des ministres.

"Si nous en sommes arrivés au point où l'alliance de l'Otan nous empêche d'utiliser ces bases, où nous ne pouvons en fait plus les utiliser pour défendre les intérêts des Etats-Unis, alors l'Otan est une voie à sens unique", a déclaré M. Rubio.

"L'Otan se résume alors simplement à la présence de nos troupes en Europe pour défendre l'Europe (...) Lorsque nous avons besoin qu'ils nous autorisent à utiliser leurs bases militaires, leur réponse est +non+ ? Alors pourquoi sommes-nous dans l'Otan ? Il faut se poser cette question", a ajouté le chef de la diplomatie américaine.

Il a encore souligné qu'il revenait aux alliés des Etats-Unis de sécuriser le détroit d'Ormuz, bloqué de facto par l'Iran, dont ils dépendent pour leur pétrole.

Parlant de la guerre en Iran, il a indiqué que "nous sommes proches de la ligne d'arrivée" sans donner de calendrier.

Les relations entre les Etats-Unis, qui en sont membre fondateur et principal acteur, et l'Otan traversent depuis le retour au pouvoir du président américain une zone de fortes turbulences, les premiers accusant les Européens de prendre leur sécurité pour argent comptant, les seconds inquiets d'un éventuel désengagement américain.