Le jus d'oignon, un faux remède révélateur des inégalités d'accès à la santé aux Etats-Unis

Sur cette photo d'illustration, une page de vérification des allégations de santé de AFP Fact Check est affichée sur un téléphone portable avec une vidéo TikTok d'Onion Water montrée en arrière-plan à Washington, DC le 20 décembre 2022 (Photo, AFP)
Sur cette photo d'illustration, une page de vérification des allégations de santé de AFP Fact Check est affichée sur un téléphone portable avec une vidéo TikTok d'Onion Water montrée en arrière-plan à Washington, DC le 20 décembre 2022 (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 22 décembre 2022

Le jus d'oignon, un faux remède révélateur des inégalités d'accès à la santé aux Etats-Unis

  • Des vidéos faisant la promotion de cette solution âcre, réalisée en macérant dans l'eau des oignons émincés, ont cumulé des dizaines de millions de vues sur la plateforme
  • Environ 30 millions d'Américains - 9% de la population - vivent sans assurance santé, selon les autorités, alors que les soins y coûtent une fortune

WASHINGTON: Sur TikTok, tourne en boucle une solution miracle contre la grippe: le jus d'oignon. Mais au-delà du succès inquiétant de ce faux remède, cette viralité montre selon des experts la difficulté pour des millions d'Américains d'accéder à de véritables soins.

Des vidéos faisant la promotion de cette solution âcre, réalisée en macérant dans l'eau des oignons émincés, ont cumulé des dizaines de millions de vues sur la plateforme malgré l'absence de preuve scientifique de son efficacité.

"Les oignons ne vont pas faire de mal à quiconque, mais si quelqu'un est malade, il faut qu'il se tourne vers de vrais professionnels de santé", prévient Katrine Wallace, épidémiologiste à l'université de l'Illinois à Chicago.

"Je crains que certains vont juste boire du jus d'oignon et ne pas vraiment se faire soigner, et ils pourraient alors diffuser le Covid ou la grippe autour d'eux", ajoute-t-elle auprès de l'AFP, alors que ces deux virus se diffusent aux Etats-Unis en même temps qu'un troisième qui provoque la bronchiolite.

Cette potion magique est pourtant saluée sous les vidéos, avec des commentaires tels que "ça marche pour moi!" - une réussite qui pourrait être simplement due à l'effet placebo.

Algorithme 

Le succès des vidéos sur le jus d'oignon illustre la prégnance sur TikTok d'informations plus que douteuses sur la santé. Des vaccins à l'avortement, des influenceurs du monde virtuel peuvent avoir un effet délétère sur la santé bien réelle des utilisateurs.

Dans l'une des vidéos les plus virales (2,5 millions de vues), une femme qui s'identifie comme une "enfant de mère nature" promeut le jus d'oignon et appelle les internautes à laisser fermenter la solution quelques heures pour la rendre plus puissante.

"Les remèdes miracle sont très attractifs, et d'une certaine manière, on pense que plus une solution est douloureuse, plus la magie sera efficace", note Abbie Richards, spécialiste de la désinformation sur TikTok.

"Les solutions simples pour les problèmes compliqués fonctionnent souvent bien avec des algorithmes fondés sur l'engagement, comme celui de TikTok", explique-t-elle. "Plus encore quand ces solutions sont peu chères et facilement accessibles, alors que les soins reconnus ne le sont pas."

Les vidéos sur le jus d'oignon n'ont pas été retirées de TikTok car le réseau social, par ailleurs en disgrâce auprès des autorités américaines, ne les a pas classées dans la catégorie du contenu qui "pourrait faire du mal", a fait savoir un porte-parole à l'AFP.

Système de santé 

Une question délicate pour des réseaux sociaux et des plateformes qui cherchent à déterminer le juste équilibre entre lutte contre la désinformation et liberté d'expression.

Une modération trop importante sur le jus d'oignon pourrait pousser l'idée selon laquelle ce type de traitement est censuré, explique Abbie Richards. Selon elle, TikTok pourrait plutôt s'assurer qu'une information fiable et reconnue sur les questions de santé soit "disponible, accessible et captivante".

Le succès de ces vidéos expose au grand jour "les problèmes béants" du système de santé américain, poursuit Abbie Richards.

Environ 30 millions d'Américains - 9% de la population - vivent sans assurance santé, selon les autorités, alors que les soins y coûtent une fortune. Et des millions d'autres ont une assurance minimale.

"C'est facile de dire +pensez à prendre contact avec votre médecin+", prévient Abbie Richards.

"Ça ne m'étonne pas vraiment que, dans une société dans laquelle l'accès à la santé est restreint, où le système est surchargé et où la confusion règne dans la lutte contre les nouvelles maladies, les gens boivent du jus d'oignon ou se mettent de l'ail dans les oreilles".


Israël: les militants d'une nouvelle flottille en détention après leur interception en mer

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  • Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël
  • Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus

ASHDOD: Les autorités israéliennes ont entamé mercredi le transfert et le placement en détention à Ashdod, dans le sud d'Israël, de centaines de militants propalestiniens arrêtés à bord d'une flottille à destination de Gaza, selon une ONG.

Les forces israéliennes avaient intercepté lundi au large de Chypre des bateaux participant à une nouvelle "flottille pour Gaza".

Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël.

Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus.

"Ayant mis le cap sur Gaza pour y apporter de l'aide humanitaire et contester le blocus illégal, ces participants civils ont été enlevés de force dans les eaux internationales et conduits en territoire israélien entièrement contre leur volonté" a déclaré Adalah.

Une cinquante de navires avaient quitté la Turquie la semaine dernière avec pour objectif une nouvelle tentative de briser le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, ravagée par deux ans de guerre.

Un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré dans la nuit de mardi à mercredi que les 430 militants pourraient rencontrer leurs représentants consulaires.

"Cette flottille s'est une fois de plus révélée n'être rien de plus qu'un coup de communication au service du Hamas", a ajouté le porte-parole, en référence au mouvement islamiste palestinien qui a mené l'attaque sans précédent contre Israël en octobre 2023, déclenchant la guerre à Gaza.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait dénoncé plus tôt "un plan malveillant destiné à briser le blocus (...) imposé aux terroristes du Hamas".

Neuf ressortissants indonésiens, membres de la flottille, "ont été signalés comme ayant été arrêtés par Israël", a déclaré une porte-parole du ministère indonésien des Affaires étrangères, citant des informations datées de mercredi.

L'Indonésie a appelé Israël à libérer immédiatement tous les navires et membres d'équipage. Le journal indonésien Republika avait indiqué plus tôt que deux de ses journalistes figuraient parmi les personnes interpellées.

La Turquie et l'Espagne ont condamné l'interception. Les organisateurs ont indiqué que la flottille comptait également 15 citoyens irlandais, dont Margaret Connolly, la sœur de la présidente Catherine Connolly.

Israël contrôle tous les points d'entrée vers la bande de Gaza, sous blocus israélien depuis 2007.

Pendant la guerre à Gaza, où une trêve fragile est en vigueur depuis octobre 2025, le territoire a connu de graves pénuries de nourriture, de médicaments et d'autres biens essentiels, Israël ayant parfois complètement interrompu les livraisons d'aide humanitaire.

Une précédente flottille avait été interceptée en avril dans les eaux internationales au large de la Grèce et la plupart des militants expulsés vers l'Europe. Deux d'entre eux ont été amenés en Israël, détenus pendant plusieurs jours puis expulsés.

 


Négociations Etats-Unis-Iran: nouvelle visite d'un ministre pakistanais à Téhéran

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  • Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine
  • "Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran"

TEHERAN: Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine, a rapporté mercredi l'agence officielle Irna, en pleine impasse dans les négociations de paix.

"Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran", a précisé l'agence, citant "des sources diplomatiques à Islamabad".

 

 


L'armée iranienne prévient qu'elle «ouvrira de nouveaux fronts» en cas de nouvelle attaque américaine

Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
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  • Téhéran continue de contrôler le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, tandis que l'armée américaine poursuit le blocus des ports iraniens
  • La quasi-paralysie du détroit a secoué l'économie mondiale, faisant flamber les cours du pétrole

TEHERAN: L'armée iranienne a averti mardi dans un communiqué qu'elle "ouvrira de nouveaux fronts" si les Etats-Unis reprennent leurs attaques contre l'Iran, interrompues depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 8 avril.

"Si l'ennemi commet la bêtise de tomber à nouveau dans le piège des sionistes et de commettre une nouvelle agression contre notre Iran bien-aimé, nous ouvrirons de nouveaux fronts contre lui", a déclaré le porte-parole de l'armée Mohammad Akraminia, cité par l'agence de presse iranienne Isna.

Lundi, le président américain Donald Trump avait annoncé avoir annulé au dernier moment une nouvelle attaque contre l'Iran qui aurait dû avoir lieu mardi selon lui, tout en assurant qu'il existait de "très bonnes chances" de parvenir à un accord avec Téhéran.

Il n'avait jamais parlé de ce projet d'attaque avant ce lundi et un message sur sa plateforme Truth Social dans lequel il a expliqué avoir renoncé à une nouvelle offensive à la demande des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, qui, selon lui, jugent possible la conclusion d'un accord.

Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril, après quasiment 40 jours de frappes, des tractations sont en cours pour tenter de trouver un accord mais les positions des deux parties restent très éloignées, notamment sur le volet nucléaire.

Une seule session de discussions entre représentants américains et iraniens a eu lieu, le 11 avril à Islamabad, se soldant par un échec.

Lundi matin, la diplomatie iranienne avait déclaré avoir répondu à une nouvelle proposition des Etats-Unis visant à sortir de l'impasse diplomatique et à mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

Elle a réitéré ses exigences, réclamant en particulier le déblocage des avoirs iraniens gelés à l'étranger et la levée des sanctions internationales asphyxiant son économie.

Lundi, M. Trump avait estimé devant la presse qu'il avait "de très bonnes chances" de s'entendre avec l'Iran, disant observer une évolution "très positive" des tractations avec Téhéran, mais sans fournir aucun détail sur leur contenu.

Il avait toutefois assuré que les Etats-Unis se tenaient prêts à lancer une "attaque totale et à grande échelle contre l'Iran à tout moment, si un accord acceptable n'était pas trouvé" avec Téhéran.

Le chef du commandement des forces armées iraniennes, Ali Abdollahi, avait répondu en mettant en garde "les Etats-Unis et leurs alliés" contre toute nouvelle "erreur stratégique et de calcul".

L'accord en question doit assurer que l'Iran ne se dote pas de l'arme nucléaire, a écrit Donald Trump sur son réseau.

Des médias iraniens avaient déjà dénoncé les "conditions excessives" imposées par les Etats-Unis dans leur dernière offre.

Selon l'agence Fars, Washington exige que l'Iran ne maintienne qu'un seul site nucléaire en activité et transfère son stock d'uranium hautement enrichi aux Etats-Unis.

Washington a également refusé de débloquer "ne serait-ce que 25%" des avoirs ou de verser des compensations pour les dommages subis par l'Iran pendant la guerre, selon la même source.