Comment le projet d’éclairage intelligent durable de Médine renforcera l’identité unique de la ville sainte

Photo prise à l’intérieur de l’Autorité de développement de la région de Médine. (Photo, Hamza Mahmoud Hassan)
Photo prise à l’intérieur de l’Autorité de développement de la région de Médine. (Photo, Hamza Mahmoud Hassan)
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Publié le Vendredi 23 décembre 2022

Comment le projet d’éclairage intelligent durable de Médine renforcera l’identité unique de la ville sainte

  • Conformément à la Vision 2030 et aux objectifs environnementaux du Royaume, l’Arabie saoudite déploie des «solutions pour les villes intelligentes»
  • Le projet d’éclairage de Médine consiste à créer une atmosphère unique améliorant la qualité de vie et encourageant le tourisme et les investissements

MÉDINE: Depuis des centaines d’années, la ville sainte de Médine, en Arabie saoudite, connue sous le nom de «ville illuminée», est un phare de la connaissance, de la paix et de l’illumination. Aujourd’hui, la ville du prophète veut enchanter les visiteurs et les habitants avec un tout nouveau système d’éclairage intelligent.

L’architecte Ziad Tariq Darwish Daiwali, directeur des études et de la conception du projet, affirme à Arab News qu’il est optimiste quant à cette transformation durable, qui mettra en valeur la beauté naturelle de Médine, tout en renforçant la sûreté et la sécurité nocturnes.

La première étape du projet, qui n’en est encore qu’à ses débuts, consistera à remplacer un grand nombre d’ampoules jaunes de la ville par des réverbères LED, qui consomment beaucoup moins d’énergie et sont bénéfiques pour l’environnement.

«La lumière peut changer votre humeur, vos sentiments et l’ambiance à l’intérieur de la ville, lorsque vous vous y promenez, et près de la mosquée Al-Haram», indique M. Daiwali à Arab News. «Ce projet a pour but de faire vivre une expérience visuelle particulière aux résidents et aux visiteurs de Médine. Nous avons commencé à nous concentrer sur les zones les plus populaires que les gens viennent visiter, à côté d’Al-Haram, au centre.»

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Vue extérieure du bâtiment de l’Autorité de développement de la région de Médine, à Médine. (Photo, Hamza Mahmoud Hassan)

«Ce sera la première étape de ce projet, après quoi nous nous concentrerons sur les zones patrimoniales, les éléments architecturaux et les monuments de toute la ville.»

«Conformément à la Vision 2030, ce projet est d’une grande importance pour la ville de Médine, pour les résidents et les visiteurs, car il favorisera le tourisme, encouragera la croissance économique, améliorera ses caractéristiques et augmentera la sûreté et la sécurité pour tous. Il nous donnera également une identité particulière, différente des autres villes du Royaume.»

Les villes du monde entier se tournent vers des solutions d’éclairage durables pour améliorer le paysage urbain et la qualité de vie. Dans le cadre de la Vision 2030, programme de réforme sociale et de diversification économique de l’Arabie saoudite, le bien-être des citoyens est de la plus haute importance.

La vision de ville intelligente du Royaume vise à développer des solutions innovantes axées sur les infrastructures durables et l’habitabilité, et à mettre en valeur les caractéristiques les plus marquantes du paysage urbain.

Conformément à cette vision, l’Autorité de développement de la région de Médine (MMDA) a commencé à préparer une étude intégrée pour moderniser et renouveler les lumières électriques de la ville, sous les directives du prince Faisal ben Salmane ben Abdelaziz, gouverneur de la province de Médine, selon le quotidien Asharq al-Awsat.

Dans sa première phase, l’étude se concentrera sur la zone centrale entourant la mosquée du prophète, et elle s’étendra progressivement pour inclure tous monuments et sites vitaux de Médine. L’objectif final est d’installer des ampoules LED à faible consommation d’énergie dans toute la ville.

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L’architecte Ziad Tariq Darwish Daiwali, qui est en charge de ce projet, s’adresse à Arab News depuis le bâtiment de l’Autorité de développement de la région de Médine, à Médine. (Photo, Hamza Mahmoud Hassan)

Le plan consiste à créer une atmosphère unique, compatible avec l’identité de la ville, offrant aux résidents et aux visiteurs une expérience visuelle inspirante améliorant la qualité de vie et encourageant l’expansion des opportunités commerciales, touristiques et d’investissement dans la région.

Fahad Albuliheshi, PDG de la MMDA, a précisé à Asharq al-Awsat que le projet avait pour principal objectif d’étudier le renouvellement et la promotion de l’identité lumineuse de Médine en fonction de «son statut religieux parmi les musulmans et d’incarner l’intérêt que le gouvernement du Gardien des Deux Saintes Mosquées attachait à l’entretien des deux villes saintes et à l’entretien des Deux Saintes Mosquées.»

Dans le cas de Médine, l’accent est mis sur le système d’éclairage de la ville, en améliorant son domaine public avec le moins d’impact possible sur l’environnement grâce à des stratégies modernes, efficaces et durables, intelligemment mises en réseau, qui s’harmoniseront avec le noyau urbain de la ville et ses montagnes environnantes.

Depuis que le voyage du prophète Mahomet depuis La Mecque a fait connaître cette ville, anciennement connue sous le nom de «Hijra», il y a plus de mille cinq cents ans, elle représente un lieu de paix et d’illumination très apprécié, où l’ignorance et l’obscurité ont été transformées en sagesse et en lumière.

Connue dans le monde arabe sous le nom de «Al-Madinah al-Mounawwarah», elle a été la première capitale du monde islamique et serait la première ville du Royaume à avoir introduit l’électricité. Quel meilleur endroit pour mettre en œuvre cet ambitieux projet d’illumination?

De tels changements sont considérés comme des «solutions pour les villes intelligentes», qui aideront le Royaume à rendre ses bâtiments, ses industries, ses infrastructures et ses installations plus durables, conformément à ses engagements en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre et d’élimination des déchets.

Les experts estiment que lorsque de telles solutions durables sont intégrées à l’environnement existant, elles peuvent contribuer de manière considérable à l’écoperformance des projets résidentiels. La Vision 2030 a notamment pour objectif de fournir les moyens de créer une société dynamique et de placer le bien-être de la population au cœur des décisions en matière de développement et d’aménagement.

Les villes conçues au cours des décennies précédentes à l’aide de technologies anciennes commencent à céder sous la pression de la croissance démographique et ne parviennent pas à atteindre les objectifs de changement climatique et de développement durable du Royaume. Si des changements ne sont pas apportés dès maintenant, ces défis ne feront que se multiplier.

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Photo prise à l’intérieur de l’Autorité de développement de la région de Médine. (Hamza Mahmoud Hassan)

L’éclairage joue un rôle crucial dans la transformation des bâtiments pour répondre aux besoins de la vie moderne, en combinant l’esthétique, la fonctionnalité et l’efficacité dans la fourniture d’un éclairage optimal dans toutes les zones pour assurer le confort et la sécurité du public.

Yazid Alshaibani, expert saoudien de l’éclairage intérieur, a comparé les nouveaux projets de Médine à un autre projet urbain qui utilise la lumière pour communiquer et transmettre des émotions.

«Lors du festival Noor Riyadh, des éclairagistes du monde entier ont projeté de l’art dans tout l’espace, ce qui était très attrayant. La communication par l’éclairage est une chose magnifique. Médine créé sa propre version avec son propre projet», assure M. Alshaibani à Arab News.

De l’aube au crépuscule, les alentours de la mosquée du prophète sont bondés de fidèles, dont beaucoup se promènent dans la paisible cour. D’autres se bousculent pour entrer dans la mosquée afin de trouver le moindre espace vide pour tranquillement réciter leurs prières.

À six heures précises, l’espace extérieur fait penser à des colombes blanches synchronisées lorsque les parapluies de la Piazza, décorés de façon complexe, s’ouvrent gracieusement, ajoutant à l’espace une ombre bien nécessaire et une délicate teinte de lumière blanche. La lumière est différente lorsque le premier rayon de soleil peint le ciel du matin.

La nuit, la ville est pleine de lumières vives qui jaillissent de chaque bâtiment, tandis que le chemin menant à la mosquée du prophète et les nombreuses ruelles environnantes sont parsemés de lampes lumineuses, ce qui crée une atmosphère sereine et paisible. Même les étoiles dans le ciel semblent se battre pour attirer l’attention.

M. Alshaibani, qui a participé à un projet d’éclairage dans une mosquée de La Mecque, est convaincu que le changement d’éclairage à Médine viendra compléter cette atmosphère unique et renforcer l’expérience spirituelle. «L’idée que Médine utilise désormais des lumières blanches pour que les gens se sentent plus éveillés et plus concentrés est bonne», estime M. Alshaibani. «Ce type de lumière aide les fidèles à lire le Coran plus facilement.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


L’accord avec les FDS kurdes est une « victoire pour tous les Syriens », selon l’ambassadeur syrien à l’ONU

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  • Ibrahim Olabi affirme que l’accord de cessez-le-feu et d’intégration progressive montre que le « meilleur scénario de réussite » des FDS se situe au sein de l’État syrien
  • Il salue le « rôle diplomatique constant » de l’Arabie saoudite dans l’encouragement à la désescalade et le soutien à la réintégration de la Syrie dans les systèmes régional et international

NEW YORK : Un accord historique de cessez-le-feu et d’intégration progressive entre le gouvernement syrien et les Forces démocratiques syriennes (FDS), dirigées par les Kurdes, a été annoncé vendredi. Des responsables syriens de haut rang ont qualifié cet accord d’étape majeure vers l’unité nationale et la stabilité, après des années de conflit et de négociations au point mort.

S’exprimant auprès d’Arab News à New York, Ibrahim Olabi, représentant permanent de la République arabe syrienne auprès des Nations unies, a décrit l’accord non seulement comme une réussite militaire et administrative, mais aussi comme une victoire symbolique pour tous les Syriens, reflétant les aspirations collectives du pays à la paix, à la reconstruction et à la coopération internationale.

Il a souligné que la stabilité, une répartition équitable des ressources et la sécurité intérieure constituent le socle de l’importance de cet accord. Il a également mis en avant le large soutien international, ainsi que l’implication spécifique de pays tels que l’Arabie saoudite et les États-Unis.

Selon lui, l’Arabie saoudite a joué un rôle diplomatique constant pour encourager la désescalade et soutenir la réintégration de la Syrie dans le système régional et international, notamment par des appels à la levée des sanctions et au soutien des institutions étatiques.

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Le drapeau national de la République arabe syrienne. (AFP)

Concernant Washington, Olabi a déclaré que les États-Unis considéraient désormais qu’un État syrien unifié servait leurs intérêts ainsi que ceux de la région, et voyaient l’intégration au sein du gouvernement syrien comme la protection à long terme la plus viable pour les FDS.

« Nous considérons l’étape franchie aujourd’hui comme un succès pour tous les Syriens et pour la Syrie. Tous les Syriens bénéficient de la stabilité, de la présence d’appareils de sécurité dans leurs villes. Tous bénéficient du contrôle des ressources par l’État, car elles peuvent être distribuées équitablement. Il en va de même pour les frontières. Tous les Syriens bénéficient du calme intérieur, qui a aussi des répercussions régionales et sur la reconstruction », a-t-il déclaré.

« Nous le voyons donc comme un succès, comme une victoire pour tous les Syriens. »

Il a ajouté que l’accord s’inscrivait dans une dynamique déjà amorcée par des ententes précédentes et des soutiens internationaux, ainsi que par l’évolution des réalités politiques et militaires, créant des conditions favorables à sa pérennité.

Le cœur de l’accord du 30 janvier repose sur l’intégration progressive des unités militaires et des structures administratives des FDS dans les institutions de l’État syrien, en commençant par les dispositifs de sécurité et en évoluant vers une intégration institutionnelle complète.

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Des soldats montent la garde alors que les forces gouvernementales syriennes se dirigent vers la ville de Hassaké, dans le nord-est de la Syrie, le 20 janvier 2026. (AFP)

Selon Olabi, ce modèle vise à éviter des changements brusques susceptibles de déstabiliser des équilibres locaux fragiles.

« L’approche d’intégration progressive s’inscrit dans la logique plus large d’un gouvernement syrien qui a toujours été ouvert aux propositions, aux idées et au débat, pourvu que cela serve une Syrie unie, forte et stable », a-t-il expliqué.

« On commence par la sécurité, puis l’administration, puis les institutions de l’État. Nous avons estimé qu’un mois constituait un délai raisonnable. L’objectif n’est pas de précipiter les choses, mais pas non plus de les faire durer indéfiniment. Tous les Syriens souhaitent avancer vers l’avenir et tourner la page de quatorze années de conflit et de divisions. »

Conformément à l’accord, les combattants des FDS commenceront à rejoindre des unités et brigades de sécurité nationales, tandis que les forces du ministère de l’Intérieur seront déployées dans des villes clés sous contrôle kurde, notamment Hassaké et Qamichli, où la présence de l’État syrien était limitée depuis des années.

Une nouvelle formation militaire, comprenant trois brigades issues des FDS, sera intégrée à la structure globale de l’armée syrienne, tandis que les institutions civiles kurdes seront intégrées au cadre administratif de l’État.

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Des membres des Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes font la queue pour régulariser leur statut auprès du gouvernement syrien à Raqqa, en Syrie, le 27 janvier 2026. (REUTERS)

Olabi a insisté sur le fait que l’accord prévoit un délai pour une intégration ordonnée, et non une absorption immédiate, délai convenu avec les FDS afin de renforcer la confiance et de réduire les tensions.

Répondant aux inquiétudes concernant la sincérité des garanties accordées aux membres des FDS contre les représailles ou la perte de leur statut, Olabi a souligné les ouvertures de longue date du gouvernement et ses interactions précédentes avec les dirigeants kurdes, ainsi que la conduite du gouvernement tout au long des négociations comme preuves de son approche.

« Mazloum Abdi a été accueilli à Damas comme un héros, et non comme un ennemi. Les FDS ont toujours été les bienvenues à Damas. Nous n’avons aucun intérêt aux représailles ni à la détérioration de la situation. Nous voulons avancer », a-t-il déclaré, ajoutant que les partenaires internationaux avaient également constaté l’absence de volonté d’escalade de la part du gouvernement syrien.


L’IA ne remplacera jamais la créativité humaine, affirme la PDG de SRMG

Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
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  • S’exprimant auprès de Maya Hojeij, présentatrice économique senior à Asharq avec Bloomberg, Jomana R. Alrashid a dit être fière des plateformes de SRMG qui ont su intégrer et adopter l’IA

RIYAD : Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group (SRMG), a souligné que l’intelligence artificielle ne pouvait pas remplacer la créativité humaine lors d’une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office sur l’île de Shura, vendredi.

« On ne peut jamais remplacer la créativité humaine. Le journalisme, au final, et la création de contenu, reposent sur le storytelling, et c’est un rôle créatif que l’IA n’a pas encore la capacité d’assumer », a déclaré Alrashid lors du sommet d’investissement.

« Nous n’éliminerons jamais ce rôle humain qui consiste à raconter l’histoire, à mener un véritable travail d’enquête, à distinguer ce qui relève de l’actualité ou des faits de ce qui est faux… à différencier la désinformation du biais. C’est là le rôle fondamental que joue la rédaction au sein d’une newsroom. »

Abordant le thème de l’IA lors de cette discussion modérée par Maya Hojeij, présentatrice économique senior à Asharq avec Bloomberg, la PDG a exprimé sa fierté quant à la manière « transformatrice » dont les plateformes de SRMG ont intégré l’IA.

« Nous traduisons désormais l’ensemble de nos contenus en nous appuyant sur l’IA. Nous produisons également des documentaires grâce à l’IA. Nous disposons aujourd’hui de la vérification des faits assistée par l’IA, de l’indexation, du clipping et de la transcription automatisés. C’est cela, selon nous, l’avenir. »

Interrogée sur le profil du journaliste de demain, Alrashid a répondu : « C’est à la fois un journaliste et un ingénieur. Quelqu’un qui doit comprendre les données. Et c’est un autre sujet extrêmement important : comprendre les données avec lesquelles on travaille. »

« L’IA a également facilité cet aspect. Je dois dire qu’au cours des vingt dernières années dans la région, en particulier dans les entreprises de médias, nous n’avons pas suffisamment compris l’importance des données. »

La PDG a rappelé qu’auparavant, les médias s’appuyaient principalement sur des sondages, des enquêtes ou des chiffres d’audience, alors qu’aujourd’hui, des informations beaucoup plus détaillées sur les attentes des publics sont disponibles.

Lors de cette discussion informelle, Alrashid a également été interrogée sur la perception des médias du Moyen-Orient par la communauté internationale. Elle a expliqué qu’au fil des décennies, ces médias avaient joué un rôle essentiel pour informer un public plus large sur des enjeux extrêmement complexes — politiques, culturels et économiques — et continuaient de le faire.

« Aujourd’hui, ce rôle est encore plus important, notamment en raison de l’essor des réseaux sociaux, des journalistes citoyens et des créateurs de contenu. Mais je pense aussi que cela a été facilité par la puissance de l’IA. Désormais, un contenu produit par des journalistes crédibles, de premier plan, de classe mondiale, peut immédiatement dépasser les frontières, atteindre différentes zones géographiques, différents publics, différents pays, dans plusieurs langues et sous divers formats. »

Elle a souligné qu’il existait une opportunité majeure pour les médias arabes de ne plus se limiter à un public exclusivement arabe, mais de franchir les frontières, d’être disponibles en plusieurs langues et de mieux servir leurs audiences.

La PDG s’est montrée optimiste quant à l’avenir, insistant sur l’importance d’une vision claire, d’une stratégie solide et d’un alignement total des équipes.

Les modèles publicitaires traditionnels, autrefois centrés sur la télévision et la presse écrite, évoluent rapidement, les plateformes de réseaux sociaux dominant désormais les revenus publicitaires.

« Le changement est radical. Autrefois, nous étions en concurrence les uns avec les autres pour l’audience. Aujourd’hui, nous sommes aussi en concurrence avec les plateformes de réseaux sociaux : 80 % des revenus publicitaires au Moyen-Orient vont aux réseaux sociaux, mais cela signifie aussi qu’il existe 80 % d’opportunités d’intérêt. »

Selon elle, le défi consiste à créer le bon contenu sur ces plateformes afin d’engager les audiences cibles et de permettre des partenariats commerciaux. « Ce n’est un secret pour personne : les marques n’aiment pas faire de la publicité sur les chaînes d’information. Cela est souvent associé aux conflits ou à la guerre, ce qui dissuade les annonceurs. »

« C’est pourquoi nous nous sommes développés dans de nouveaux secteurs comme le sport. Et c’est aussi pour cela que nous avons renforcé notre position dans le lifestyle. Nous détenons la plus grande part de marché dans ce domaine… Et nous avons lancé de nouvelles plateformes comme Billboard Arabia, qui nous permet d’entrer dans l’univers de la musique. »

Alrashid a expliqué que cette diversification plaçait le groupe dans une position solide pour faire face au déclin des revenus publicitaires sur différentes plateformes, grâce au lancement de nouveaux produits.

« Un autre actif de propriété intellectuelle très important que nous avons créé, ce sont les événements associés à des marques présentes dans la région depuis plus de 30 ans. Aujourd’hui, toute marque ou tout titre qui n’est pas accompagné d’un événement passe à côté d’une opportunité commerciale majeure, qui nous permet de nous retrouver dans une même salle, d’échanger des idées et de nous connaître au-delà des écrans. »

La PDG a déclaré que les perturbations étaient désormais constantes et souvent autonomes, ajoutant que l'avenir du secteur reposait souvent sur la narration et la capacité à innover en créant des contenus convaincants qui touchent directement le public. 

« Mais la prochaine perturbationsviendra encore de l’IA. De la vitesse à laquelle cet outil et cette technologie extrêmement puissante évoluent. Et de notre capacité à y faire face, à nous y adapter et à l’intégrer pleinement — ou non. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince Turki Al-Faisal réaffirme la solidité des relations saoudo-émiraties et appelle à se fier aux sources officielles

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  • L’ancien chef du renseignement se dit « optimiste » quant au nouveau Conseil de paix formé par Donald Trump
  • Israël applique le deux poids deux mesures en soutenant le terrorisme tout en accusant les autres de le faire, estime-t-il

ÎLE DE SHURA – MER ROUGE : Le prince Turki Al-Faisal, président du Centre du roi Faisal pour la recherche et les études islamiques, et ancien ambassadeur en Grande-Bretagne et aux États-Unis, a réaffirmé vendredi les « relations fraternelles » entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, appelant le public à « se référer aux sources d’information officielles saoudiennes » plutôt qu’aux publications sur les réseaux sociaux.

« Comme nous l’avons vu, les responsables saoudiens ont réaffirmé les relations fraternelles avec les Émirats arabes unis. Ces liens ne sont pas uniquement politiques, mais profondément enracinés dans l’affection, les liens familiaux et une histoire commune », a-t-il déclaré.

S’exprimant lors de la séance d’ouverture du sommet Investing Is a Sea, organisé par The Family Office, le prince Turki Al-Faisal a affirmé que malgré le bruit sur les réseaux sociaux autour du différend politique entre Riyad et Abou Dhabi sur le Yémen, les relations entre les deux pays demeurent solides. Il s’exprimait lors d’un échange avec le rédacteur en chef d’Arab News, Faisal J. Abbas, modérateur de la session.

« Notre relation avec les Émirats est fondée sur l’intégration, non sur la confrontation, et ce principe s’applique à l’ensemble du CCG », a expliqué Al-Faisal.

« Les divergences d’opinion sont naturelles, y compris au sein de l’Union européenne, mais nous espérons que les utilisateurs des réseaux sociaux s’abstiendront de toute dérive immorale dans ce différend », a répondu Abbas, en référence à ceux qui propagent la haine et les mensonges en ligne.

Les tensions entre les deux pays du Golfe se sont accrues en décembre lorsque les Émirats ont soutenu et approvisionné le Conseil de transition du Sud (STC) yéménite, qui a agi unilatéralement dans une tentative de sécession près de la frontière saoudienne. La coalition dirigée par Riyad pour rétablir la légitimité au Yémen est alors intervenue fermement, ciblant ce qu’elle a qualifié de livraison militaire non autorisée au STC et demandant à Abou Dhabi de retirer tous ses moyens et personnels du Yémen. Peu après, le ministère émirati de la Défense a annoncé qu’il se conformerait à cette demande et qu’il soutenait la sécurité et la stabilité de l’Arabie saoudite.

Malgré cela, une guerre médiatique s’est poursuivie sur les réseaux sociaux des deux côtés, amenant de nombreux observateurs à s’interroger sur la volonté réelle des deux capitales de mettre fin au différend.

S’exprimant lundi depuis Varsovie, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a reconnu une « divergence de vues » sur le Yémen, tout en soulignant que la relation entre les deux pays restait « d’une importance cruciale ». Il a insisté sur le fait que « les Émirats se sont totalement retirés du dossier yéménite ».

« Il s’agit d’un élément essentiel de la stabilité régionale, et le Royaume tient toujours à entretenir une relation forte et positive avec les Émirats arabes unis, partenaire clé au sein du CCG », a déclaré le prince Faisal lors d’une conférence de presse en Pologne.

Deux jours plus tard, le ministre saoudien des Médias, Salman Al-Dossary, a démenti dans un message publié sur les réseaux sociaux les rumeurs circulant en ligne selon lesquelles le Royaume aurait refusé de recevoir Cheikh Tahnoun ben Zayed Al Nahyan, vice-gouverneur d'Abou Dhabi et conseiller à la sécurité nationale des Émirats arabes unis.

« Cheikh Tahnoun ben Zayed se rend au Royaume quand il le souhaite, sans avoir besoin d’autorisation. L’Arabie saoudite est sa maison et ses dirigeants sont sa famille », a écrit Al-Dossary.

Le panel d’ouverture de The Family Office a également abordé les évolutions mondiales récentes. Le prince Turki a dit espérer que le Conseil de paix mis en place par le président américain Donald Trump apportera un changement.

« Le rôle de l’Arabie saoudite au sein du Conseil de paix est de poursuivre son soutien à la Palestine, et les déclarations du prince héritier Mohammed ben Salmane à Washington visent toutes à convaincre les États-Unis que la paix doit reposer sur la justice et non sur des principes sélectifs », a-t-il déclaré.

Al-Faisal a déclaré qu'on ne pouvait pas accorder à Israël le « droit à l'autodéfense » tout en refusant ce même droit aux Palestiniens, alors que ce sont eux qui sont attaqués.

Il a rappelé que la position saoudienne a toujours été l’établissement d’un État palestinien avant toute normalisation avec Israël.

Évoquant la visite du prince héritier Mohammed ben Salmane à la Maison-Blanche en novembre dernier, Al-Faisal a affirmé que la position du Royaume repose sur la justice et sur les principes fondateurs de l’Arabie saoudite.

Concernant Israël, le prince Turki a réitéré son point de vue selon lequel Israël applique le deux poids deux mesures, tant dans ses actes que dans son discours.

Interrogé par Abbas sur un article du Times of Israel, signé par la correspondante politique Tal Schneider et publié le 8 octobre 2023, affirmant qu’Israël avait payé le prix, le 7 octobre, de la politique de soutien au Hamas menée pendant 16 ans par Benyamin Netanyahou au détriment de l’Autorité palestinienne, Abbas a demandé : « Ne trouvez-vous pas ironique qu’Israël soutienne publiquement et massivement le terrorisme, puis accuse les autres de faire la même chose ? »

Le prince Turki Al-Faisal a répondu qu’Israël affiche un double standard évident lorsqu’il accuse d’autres pays de soutenir le Hamas et l’extrémisme, alors qu’il est largement connu comme l’un des principaux soutiens du mouvement.

« Il existe un dicton dans le Hedjaz, où j’ai grandi, qui dit : “Il m’a frappé, puis il a pleuré et s’est plaint avant moi.” Les dirigeants israéliens ont maîtrisé cette tactique. Depuis sa création, Israël s’est présenté comme la victime à qui l’on aurait volé ses droits. Cette machine de propagande fonctionne depuis quatre-vingts ans », a-t-il expliqué.

« Je ne suis pas surpris lorsque Netanyahou ou ses partisans affirment aujourd’hui que l’Arabie saoudite adopte une position extrémiste à l’égard du judaïsme ou d’Israël. En réalité, ce sont les actions d’Israël, sous la direction de Netanyahou, qui nous ont conduits à la situation actuelle, où nous assistons à un génocide contre les Palestiniens, non seulement à Gaza mais aussi en Cisjordanie », a-t-il ajouté.

« Netanyahou a récemment déclaré que quiconque souhaitait normaliser ses relations avec Israël devait reconnaître son “droit à l’autodéfense”, accordant de facto à Israël un permis pour sacrifier les Palestiniens », a-t-il ajouté.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com