Nagorny Karabakh: manifestations contre le blocage d'un axe vital vers l'Arménie

Des manifestants brandissent un drapeau arménien géant alors qu'ils assistent à un rassemblement à Stepanakert, capitale de la région autoproclamée du Haut-Karabakh en Azerbaïdjan, le 25 décembre 2022 (Photo, AFP).
Des manifestants brandissent un drapeau arménien géant alors qu'ils assistent à un rassemblement à Stepanakert, capitale de la région autoproclamée du Haut-Karabakh en Azerbaïdjan, le 25 décembre 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 26 décembre 2022

Nagorny Karabakh: manifestations contre le blocage d'un axe vital vers l'Arménie

  • Erevan accuse Bakou de vouloir provoquer une «crise humanitaire», ce que l'Azerbaïdjan rejette
  • Dimanche, de nombreux drapeaux arméniens et séparatistes étaient brandis dans la foule réunie place de la Renaissance, dans le centre-ville de Stepanakert

STEPANAKERT : Plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés dimanche à Stepanakert, la principale ville du Nagorny Karabakh, appelant la communauté internationale "à agir maintenant" contre le blocage du seul axe routier vers l'Arménie par l'Azerbaïdjan, ce que Bakou dément.

"Ouvrez la 'route de la vie'", pouvait-on lire sur un dessin, tenu dans les mains d'une petite fille vêtue d'un manteau rose, dans la foule. "Auto-détermination", était écrit sur une autre pancarte, alors que le Nagorny Karabakh, une enclave montagneuse à majorité arménienne, a fait sécession de l'Azerbaïdjan qui la considère toutefois comme sienne.

Depuis près de deux semaines, des activistes azerbaïdjanais bloquent le corridor de Latchine, la seule route qui relie le Nagorny Karabakh à l'Arménie, disant protester contre des mines illégales dans la région.

Erevan accuse Bakou de vouloir provoquer une "crise humanitaire", ce que l'Azerbaïdjan rejette, assurant qu'il est toujours possible de circuler sur cet axe.

Dimanche, de nombreux drapeaux arméniens et séparatistes étaient brandis dans la foule réunie place de la Renaissance, dans le centre-ville de Stepanakert, a constaté un journaliste de l'AFP. Au premier rang se tenait le dirigeant des séparatistes du Nagorny Karabakh, Arayik Haroutiounian.

"Agissez maintenant pour notre futur !", lance une femme dans la foule.

Au micro, devant plusieurs milliers de manifestants, Mary Assatrian, du cabinet du chargé des droits de l'homme local, appelle - en français dans le texte - la communauté internationale "à agir maintenant" auprès de Bakou, "en ce jour saint de Noël", pour exiger la levée "de ce blocus total".

"Pendant 14 jours, aucun aliment, médicament, carburant ou autre produit vital n'a été autorisé à entrer" au Nagorny Karabakh, affirme-t-elle.

Elle dénonce face à la foule "un crime contre l'humanité" organisé selon elle par Bakou avec "ce blocus délibéré de 120 000 personnes" et regrette l'absence de "réponse" de la communauté internationale.

De son côté, le ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères a fustigé dans un communiqué "les activités destructrices" de l'Arménie qui "ne servent pas à rétablir la paix dans la région".

"Rien ne permet d'affirmer que les manifestations sur le corridor de Latchine constituent une menace de crise humanitaire et que les Arméniens sont sous blocus", a-t-il appuyé.

Inquiétude internationale

L'Arménie et l'Azerbaïdjan se sont affrontés au début des années 1990, lors de la dislocation de l'URSS, pour contrôler le Nagorny Karabakh.

Ce premier conflit, qui a fait 30 000 morts, s'était soldé par une victoire arménienne. Mais l'Azerbaïdjan a pris sa revanche lors d'une deuxième guerre qui a coûté la vie à 6 500 personnes à l'automne 2020 et a permis à Bakou de reprendre de nombreux territoires.

Ces derniers mois, alors que la Russie est accaparée par son intervention militaire en Ukraine, les Etats-Unis et l'Union européenne avaient tenté de relancer un fragile processus de paix, sans réussite.

Ce nouveau regain de tensions a suscité de vives inquiétudes sur la scène internationale.

Dimanche matin, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a affirmé, cité par Interfax, qu'une réunion tripartite entre Vladimir Poutine, qui essaie de jouer le rôle de médiateur, et les dirigeants azerbaïdjanais Ilham Aliev et arménien Nikol Pachinian, n'était pas prévue en début de semaine en marge d'un sommet régional à Saint-Pétersbourg (nord-ouest de la Russie).

Vendredi, le président français Emmanuel Macron avait, lui, appelé son homologue azerbaïdjanais à permettre la "libre circulation" entre l'enclave séparatiste et l'Arménie.

"Il est indispensable de faire baisser au plus vite la tension", avait pour sa part exhorté le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov à l'issue d'une rencontre le même jour à Moscou avec son homologue azerbaïdjanais, boycottée par Erevan.


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.