Les Yazidis d'Irak intronisent leur nouveau chef spirituel

Le Yazidisme, vieux de 4 000 ans, excommunie les femmes mariées hors de la communauté. Si cette loi ancestrale avait été appliquée, les Yazidies kidnappées par l'EI n'auraient jamais pu revenir. (AFP)
Le Yazidisme, vieux de 4 000 ans, excommunie les femmes mariées hors de la communauté. Si cette loi ancestrale avait été appliquée, les Yazidies kidnappées par l'EI n'auraient jamais pu revenir. (AFP)
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Publié le Mercredi 18 novembre 2020

Les Yazidis d'Irak intronisent leur nouveau chef spirituel

  • Au milieu de centaines de fidèles en tenue traditionnelle, le visage masqué pour se protéger de l'épidémie de Covid-19, le nouveau Baba cheikh, la tête ceinte d'un turban blanc, a été intronisé dans l'immense temple de Lalish
  • Sa fonction est uniquement spirituelle, affaires sociales et politiques étant entre les mains du Prince des Yazidis, Hazem Tahsin Bek, intronisé en juillet 2019

LALISH : Les Yazidis ont élevé mercredi au rang de « Baba Cheikh », chef spirituel suprême de leur communauté ésotérique, Ali Alyas, un quadragénaire qui guidera désormais la petite minorité martyrisée par le groupe Etat islamique (EI) en Irak.

Au milieu de centaines de fidèles en tenue traditionnelle, le visage masqué pour se protéger de l'épidémie de Covid-19, le nouveau Baba cheikh, la tête ceinte d'un turban blanc, a été intronisé dans l'immense temple de Lalish, dans le nord montagneux irakien.

Sa fonction est uniquement spirituelle, affaires sociales et politiques étant entre les mains du Prince des Yazidis, Hazem Tahsin Bek, intronisé en juillet 2019.

Mais le traumatisme de la percée djihadiste de l'été 2014 a déjà rebattu les cartes dans la minorité kurdophone qui compte 1,5 million de fidèles dans le monde.

Khurto Hajji Ismail, chef spirituel durant 25 ans avant de mourir en octobre dernier à 87 ans, avait su adapter des règles religieuses millénaires pour aider sa communauté à survivre à l'horreur.

C'est désormais à Ali Alyas -dont le propre père a lui-même été Baba Cheikh puisque la communauté est organisée en castes- de reprendre le flambeau après qu'en 2014 l'EI a tué des hommes, transformé les plus jeunes en enfants-soldats et des milliers de femmes en esclaves sexuelles. 

L'ONU enquête sur ces atrocités commises dans le foyer historique des Yazidis sur les monts Sinjar (nord) pour déterminer si elles constituent un « génocide ».

Le Yazidisme, vieux de 4 000 ans, excommunie les femmes mariées hors de la communauté. Si cette loi ancestrale avait été appliquée, les Yazidies kidnappées par l'EI n'auraient jamais pu revenir. 

Mais l'ancien Baba Cheikh avait accepté de façon inédite d'accueillir les survivantes.

Certains poussaient pour que son fils Ismaïl lui succède mais le prince Hazem a finalement choisi Ali Alyas, rapporte à l'AFP Talal Murad, qui dirige le site d'informations yazidies Ezidi24. 

« Ceci pourrait créer de nouvelles divisions » car plusieurs figures yazidies se sont plaintes de ne pas avoir été consultées, affirme M. Murad, envisageant même un possible nouveau choix plus tard.

Les Yazidis, monothéistes dépourvus de livre sacré et persécutés depuis des siècles par les extrémistes qui les considèrent comme des « satanistes », étaient 550 000 en Irak en 2014. Aujourd'hui, près de 100 000 ont quitté l'Irak et 360 000 autres sont déplacés au Kurdistan irakien.

Plus de 6 400 Yazidis ont été enlevés par l'EI, dont la moitié sont toujours introuvables.

 

 


Le ministre israélien des Affaires étrangères au Somaliland, colère de la Somalie

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, est en visite au Somaliland, en Afrique de l'Est. (Fichier/AFP)
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, est en visite au Somaliland, en Afrique de l'Est. (Fichier/AFP)
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  • M. Saar a déclaré avoir eu des discussions « sur l'ensemble des relations » avec le président du Somaliland, Abdirahman Mohamed Abdullahi, dans la capitale Hargeisa
  • Le ministère somalien des Affaires étrangères a déclaré dans un communiqué que la visite de Saar constituait une « ingérence inacceptable » dans ses affaires intérieures

MOGADISCIO : Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, s'est rendu mardi au Somaliland dans le cadre d'un voyage dénoncé par la Somalie, dix jours après qu'Israël ait officiellement reconnu la république autoproclamée comme un État indépendant et souverain.

Israël est le seul pays à avoir officiellement reconnu la sécession du Somaliland, que la Somalie a qualifiée de « mesure illégale » et a déclaré que la visite de Saar constituait une « grave violation » de sa souveraineté.

Dans une déclaration publiée sur X, M. Saar a déclaré avoir eu des discussions « sur l'ensemble des relations » avec le président du Somaliland, Abdirahman Mohamed Abdullahi, dans la capitale Hargeisa.

« Nous sommes déterminés à faire progresser vigoureusement les relations entre Israël et le Somaliland », a écrit Saar sur X, accompagnant son message de photos de sa rencontre avec le dirigeant du Somaliland au palais présidentiel.

Le 26 décembre, Israël est devenu le premier pays à reconnaître le Somaliland comme "Etat indépendant et souverain" depuis sa sécession en 1991 de la Somalie qui sombrait alors dans le chaos après la chute du régime militaire de l'autocrate Siad Barre.

Si Israël a invoqué le 30 décembre son droit à "entretenir des relations diplomatiques" avec les pays de son choix, sa décision a été critiquée par de nombreux pays d'Afrique et du monde musulman et vue comme une attaque contre la souveraineté somalienne.

Le président de la Somalie, Hassan Sheikh Mohamud a lui affirmé mercredi que le Somaliland avait accepté trois conditions d'Israël: la réinstallation de Palestiniens sur son sol, l'établissement d'une base militaire dans le golfe d'Aden et l'adhésion aux accords d'Abraham, pour normaliser ses relations avec Israël.

Les deux premières allégations ont été qualifiées de "mensongères" jeudi par le ministère des Affaires étrangères du Somaliland, pour qui l'accord entre les deux pays est "purement diplomatique".

La reconnaissance du pays "et l'arrivée d'Israël ne causeront pas de violences, n’apporteront pas de conflits et ne nuiront jamais à quiconque", avait affirmé fin décembre le ministre de la Présidence du Somaliland, Khadar Hussein Abdi.

"Cela ne nuira ni à la Somalie, ni aux Arabes, ni à qui que ce soit", avait-il avancé, ajoutant que la collaboration avec Israël se ferait "dans les domaines de l'amélioration de notre économie, de la production agricole, dans lesquels Israël excelle, et de l’eau".

Des analystes estiment aussi qu'une alliance avec le Somaliland est particulièrement avantageuse pour Israël en raison de sa position stratégique sur le détroit de Bab-el-Mandeb, face aux rebelles houthis du Yémen, soutenus par l'Iran et qui ont mené de nombreuses attaques contre Israël depuis le début de la guerre à Gaza.


Soudan: une attaque de drone fait 10 morts, dont 7 enfants, à el-Obeid 

Une frappe de drone sur la ville soudanaise d'El-Obeid, capitale de l'Etat du Kordofan-Nord, a tué lundi 10 personnes, dont 7 enfants, a indiqué une source médicale à l'AFP. (AFP)
Une frappe de drone sur la ville soudanaise d'El-Obeid, capitale de l'Etat du Kordofan-Nord, a tué lundi 10 personnes, dont 7 enfants, a indiqué une source médicale à l'AFP. (AFP)
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  • Les FSR ont ensuite concentré leur offensive sur la région voisine du Kordofan, au centre du Soudan, mais des combats continuent sporadiquement au Darfour
  • Le courant y a été coupé dimanche après une frappe de drone qui a visé sa centrale électrique, selon la compagnie d'électricité nationale

PORT-SOUDAN: Une frappe de drone sur la ville soudanaise d'El-Obeid, capitale de l'Etat du Kordofan-Nord, a tué lundi 10 personnes, dont 7 enfants, a indiqué une source médicale à l'AFP.

Un témoin oculaire a affirmé que la frappe avait touché une maison dans le centre de cette ville, contrôlée par l'armée mais assiégée par la milice des Forces de soutien rapide (FSR).

Ces deux sources se sont exprimées auprès de l'AFP sous couvert d'anonymat, craignant pour leur sécurité.

Un conflit oppose depuis avril 2023 l'armée aux paramilitaires des FSR qui contrôlent notamment les cinq capitales de la vaste région du Darfour.

Les FSR ont ensuite concentré leur offensive sur la région voisine du Kordofan, au centre du Soudan, mais des combats continuent sporadiquement au Darfour.

Ils y encerclent notamment El-Obeid, la principale ville de la région, qui se trouve à un carrefour stratégique reliant la capitale Khartoum au Darfour, où l'armée a perdu sa dernière position importante en octobre.

Le courant y a été coupé dimanche après une frappe de drone qui a visé sa centrale électrique, selon la compagnie d'électricité nationale.

Le 31 décembre, des forces alliées à l'armée avaient annoncé la reprise aux FSR de plusieurs villes situées au sud d'El-Obeid.

Selon une source militaire, cette progression pourrait ouvrir la route entre El-Obeid et Dilling, une ville assiégée par les FSR du Kordofan-Sud, tout comme la capitale Kadougli.

Depuis la mi-décembre, plus de 11.000 personnes ont fui les régions du Kordofan-Sud et Kordofan-Nord "en raison d'une recrudescence des violences", selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Le conflit au Soudan a fait plusieurs dizaines de milliers de morts, déraciné des millions de personnes et provoqué ce que l'ONU qualifie de "pire crise humanitaire au monde".

Les différentes tentatives de médiation pour mettre fin aux combats ont échoué.


Le ministre saoudien des Affaires étrangères arrive au Caire pour rencontrer le président égyptien

 Le prince Faisal bin Farhan, ministre saoudien des Affaires étrangères. (SPA)
Le prince Faisal bin Farhan, ministre saoudien des Affaires étrangères. (SPA)
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  • Le Prince Faisal bin Farhan discutera des développements régionaux avec les responsables égyptiens
  • Il devrait rencontrer le président Abdel Fattah El-Sisi lundi et son homologue égyptien Badr Abdelatty, selon l'agence de presse saoudienne


LONDRES : Le prince Faisal ben Farhane, ministre saoudien des Affaires étrangères, est arrivé dimanche soir au Caire pour une visite officielle.

Il devrait rencontrer le président Abdel Fattah El-Sisi lundi et son homologue égyptien Badr Abdelatty, selon l'agence de presse saoudienne.

Le prince Fayçal discutera des moyens de renforcer les relations saoudo-égyptiennes dans divers secteurs, et les discussions porteront également sur les développements régionaux, a ajouté l'agence de presse saoudienne.