Retour de Netanyahou, à la tête du gouvernement le plus à droite d'Israël

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou présente le nouveau gouvernement au parlement à la Knesset, à Jérusalem, le 29 décembre 2022 (Photo, AFP).
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou présente le nouveau gouvernement au parlement à la Knesset, à Jérusalem, le 29 décembre 2022 (Photo, AFP).
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou présentera son nouveau gouvernement au parlement israélien pour un vote de ratification (Photo, Reuters).
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou présentera son nouveau gouvernement au parlement israélien pour un vote de ratification (Photo, Reuters).
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Publié le Vendredi 30 décembre 2022

Retour de Netanyahou, à la tête du gouvernement le plus à droite d'Israël

  • Sa coalition comprend notamment les formations «Sionisme religieux» de Bezalel Smotrich et «Force juive» d'Itamar Ben Gvir
  • Dans ce nouveau gouvernement, Smotrich et Ben Gvir sont respectivement en charge des colonies en Cisjordanie et de la police israélienne

JÉRUSALEM: Après une pause dans l'opposition, Benyamin Netanyahou a renoué jeudi avec le pouvoir en formant le gouvernement le plus à droite de l'histoire d'Israël qui suscite déjà de vives inquiétudes.

Vainqueur des législatives du 1er novembre, M. Netanyahou avait présenté dans la matinée son équipe ministérielle aux députés, avant la tenue en après-midi d'un vote de confiance remporté par une majorité de 63 élus sur les 120 du Parlement et de sa prestation de serment.

Le retour de Benyamin Netanyahou a été salué par le président russe Vladimir Poutine tandis que le président américain Joe Biden a qualifié le Premier ministre nouvellement investi d'"ami depuis des décennies".

De son côté, le président ukrainien Volodymyr Zelensky qui a critiqué la neutralité observée par Israël depuis l'invasion de son pays par la Russie, a souhaité à Benyamin Netanyahou "du succès sur la voie de la prospérité et de la sécurité".

"Nous avons quatre missions principales: contrecarrer les efforts de l'Iran pour se doter d'un arsenal nucléaire, ramener la sécurité et la souveraineté à l'intérieur d'Israël, lutter contre la cherté de la vie et des logements, et élargir le cercle de la paix", en normalisant les relations avec d'autres pays arabes, a déclaré en soirée M. Netanyahou lors de son premier Conseil des ministres.

"Nous sommes un gouvernement uni, partageant les mêmes objectifs et la même vision alors maintenant: en avant et au travail!", a-t-il ajouté lors de cette réunion, tout sourire aux côtés de ses alliés politiques.

Inculpé pour corruption dans plusieurs affaires, le chef du Likoud (droite) avait été chassé du pouvoir en juin 2021 par une coalition hétéroclite avant de promettre un retour aux affaires en s'alliant avec des partis ultra-orthodoxes et d'extrême droite.

Sa coalition comprend notamment les formations "Sionisme religieux" de Bezalel Smotrich et "Force juive" d'Itamar Ben Gvir, connus pour leurs propos anti-palestiniens et leurs positions favorables à l'annexion d'une partie de la Cisjordanie.

En dépit de la présence de ce parti dans le gouvernement, les députés ont élu Amir Ohana comme président du Parlement, une première pour un député ouvertement homosexuel dans ce pays.

Des centaines de personnes, dont plusieurs faisant état de sympathies à l'égard des Palestiniens, manifestaient jeudi devant le Parlement contre le nouveau gouvernement.

"Il s'agit du gouvernement le plus sombre, le plus raciste, le plus mauvais que nous pouvions imaginer", a déclaré Niv, un manifestant sur place.

«Soif de pouvoir»

Dans ce nouveau gouvernement, MM. Smotrich et Ben Gvir sont respectivement en charge des colonies en Cisjordanie et de la police israélienne, dont des unités opèrent aussi dans ce territoire palestinien occupé depuis 1967 par Israël.

La procureure générale, Gali Baharav-Miara, a récemment dit craindre des réformes réduisant le pouvoir des juges et d'une "politisation des forces de l'ordre" qui "porterait un coup sérieux aux principes les plus fondamentaux de l'Etat de droit".

Le chef d'état-major de l'armée Aviv Kochavi s'est dit inquiet de la création d'un second poste de ministre, celui de M. Smotrich, au sein même de la Défense pour superviser la gestion civile de la Cisjordanie.

L'ambassadrice d'Israël en France, Yael German, une proche du Premier ministre sortant Yaïr Lapid, a remis jeudi sa démission disant que le programme du gouvernement était contraire "à ma conscience, à ma vision du monde et aux principes de la déclaration d'indépendance de l'Etat d'Israël"

Pour de nombreux analystes, M. Netanyahou a multiplié les concessions à ses partenaires dans l'espoir d'obtenir une immunité judiciaire ou l'annulation de son procès pour corruption.

"Ce gouvernement est l'addition de la faiblesse politique de Netanyahou, compte tenu de son âge et de son procès, et du fait qu'on a une nouvelle famille politique, liée à la droite révolutionnaire, que l'on n'avait jamais vu avec cette force en Israël", explique à l'AFP Denis Charbit, professeur de sciences politiques à l'Open University d'Israël.

«Explosion»?

Dans la foulée de la dernière guerre Hamas/Israël à Gaza en mai 2021 et des violences récentes en Cisjordanie, les plus graves depuis la fin de la Seconde intifada (2000 à 2005), la crainte d'une escalade militaire avec les Palestiniens est bien présente.

"Il y a de nombreuses lignes rouges: Al-Aqsa, l'annexion [de la Cisjordanie], le statut des prisonniers palestiniens (en Israël) ... Si Ben Gvir, à titre de ministre se rend à Al-Aqsa, ce sera une grande ligne rouge de franchie et cela mènera à une explosion", confie Basem Naim, haut responsable politique du Hamas.

M. Ben Gvir s'est déjà rendu ces derniers mois sur l'esplanade des Mosquées (mont du Temple pour les juifs), lieu saint au cœur des tensions israélo-palestiniennes à Jérusalem-Est.

En vertu d'un statu quo historique, les non-musulmans peuvent s'y rendre mais pas y prier, mais la visite d'un ministre israélien en fonction sur ce site serait perçue comme de la provocation parmi les Palestiniens.

"Si le gouvernement agit de manière irresponsable, cela pourrait provoquer une crise sur le plan de la sécurité", s'est inquiété le ministre sortant de la Défense, Benny Gantz.

"Ce nouveau gouvernement d'extrême droite ne nous effraie pas", a affirmé jeudi le Premier ministre palestinien Mohammed Shtayyeh, lors d'un rassemblement réunissant des milliers de personnes à Ramallah pour marquer l'anniversaire du Fatah, le parti laïc au pouvoir en Cisjordanie. Et d'ajouter: "nous allons rester debout jusqu'à la victoire et l'établissement d'un Etat palestinien".


Gaza: pour le Hamas, le comité d'experts palestinien va consolider la trêve

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GAZA: Un haut responsable du Hamas a salué jeudi la formation d'un comité d'experts chargé d'administrer la bande de Gaza après la guerre, affirmant qu'il contribuerait à consolider le cessez-le-feu et empêcher un retour aux combats.

L'Egypte, médiateur clé dans les pourparlers indirects de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, avait annoncé la veille la formation d'un comité technocratique palestinien de 15 membres, qui opérerait sous la supervision générale du Conseil de la paix, un organe conçu par le plan de paix du président américain Donald Trump.

"La formation du comité est une étape qui va dans la bonne direction", a déclaré Bassem Naim, une des figures du mouvement islamiste palestinien, dans un communiqué.

"C'est essentiel pour consolider le cessez-le-feu, empêcher un retour à la guerre, traiter la crise humanitaire catastrophique et préparer une reconstruction globale", a-t-il ajouté.

Depuis le début de la guerre avec Israël le 7 octobre 2023, le Hamas a déjà déclaré qu'il ne cherchait pas à jouer un rôle dans une quelconque autorité de gouvernance future à Gaza.

Le Hamas "a salué la formation du comité et a annoncé sa disposition à remettre la gestion du secteur au comité national transitoire", a souligné M. Naïm.

Le Hamas n'est pas maître de l'intégralité de la bande de Gaza. Aux termes de l'accord de trêve, l'armée israélienne s'est repliée derrière une "ligne jaune" et contrôle encore plus de la moitié du petit territoire, dont la ville de Rafah dans le sud.

Conformément à la position officielle du mouvement islamiste, M. Naïm a également dit espérer que ce comité préfigure un gouvernement d'union palestinienne, alors que les deux principaux mouvements politiques palestiniens, le Hamas et le Fatah, restent divisés.

"La balle est désormais dans le camp des médiateurs, du garant américain et de la communauté internationale pour donner les moyens d'agir au comité", a-t-il dit, les exhortant à contrer ce qu'il a qualifié de tentatives du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d'entraver les prochaines étapes du cessez-le-feu.

Le principal émissaire de Washington, Steve Witkoff, a déclaré mercredi que le cessez-le-feu, entré en vigueur le 10 octobre, était passé à sa deuxième phase.

Les éléments clés de cette phase comprennent le retrait progressif des forces israéliennes et la démilitarisation de la bande de Gaza, y compris le désarmement du Hamas, ainsi que la mise en place de systèmes pérennes de réponse à la crise humanitaire.

La trêve entre Israël et le Hamas demeure très précaire. Les incidents sont quotidiens, les deux camps s'accusant mutuellement de violer les termes du cessez-le-feu.


Le procureur général du Yémen forme un comité pour enquêter sur Aidarous Al-Zubaidi

Le procureur général du Yémen a décidé jeudi de former un comité chargé d'enquêter sur "les actes présumés attribués au général de division Aidarous Al-Zubaidi". (AN)
Le procureur général du Yémen a décidé jeudi de former un comité chargé d'enquêter sur "les actes présumés attribués au général de division Aidarous Al-Zubaidi". (AN)
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  • Avant de fuir le Yémen le 7 janvier, M. Zubaidi dirigeait le Conseil de transition du Sud (CTS), aujourd'hui dissous
  • Depuis lors, le gouvernement yéménite l'a déchu de son statut de membre et l'a déféré au procureur général, l'accusant de haute trahison


RIYAD: Le procureur général du Yémen a décidé jeudi de former un comité chargé d'enquêter sur "les actes présumés attribués au général de division Aidarous Al-Zubaidi".

Le comité enquêtera sur Al-Zubaidi pour haute trahison présumée, formation d'une bande armée, meurtre d'officiers militaires et de soldats, exploitation de la question du sud, violation de la constitution et dommages causés à des sites militaires.

La commission est autorisée à convoquer et à arrêter des individus, à rassembler des preuves et à prendre les mesures nécessaires conformément à la loi, avec pour mandat de terminer l'enquête rapidement et de fournir des rapports périodiques.

Avant de fuir le Yémen le 7 janvier, Zubaidi dirigeait le Conseil de transition du Sud (CTS), aujourd'hui dissous, et occupait en même temps un poste de haut niveau au sein du gouvernement yéménite.

Depuis lors, le gouvernement yéménite l'a déchu de son statut de membre et l'a déféré au procureur général, l'accusant de haute trahison.


Le ministre saoudien des AE aborde les développements régionaux avec ses homologues omanais et français

Le ministre saoudien des affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane. (SPA)
Le ministre saoudien des affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane. (SPA)
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  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a eu un entretien téléphonique avec le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr ben Hamad Al-Busaidi, jeudi, a rapporté l'agence d'Etat saoudienne SPA.
  • Ils ont discuté des derniers développements de la situation régionale et de leurs implications pour la sécurité et la stabilité de la région

RIYAD: Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan, a eu un entretien téléphonique avec le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr bin Hamad Al-Busaidi, jeudi, a rapporté l'agence d'Etat saoudienne SPA.

Les deux responsables ont passé en revue les derniers développements régionaux et ont discuté des efforts conjoints pour renforcer la sécurité et la stabilité dans la région

Le ministre a également eu un entretien avec le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, au cours duquel ils ont discuté des derniers développements de la situation régionale et de leurs implications pour la sécurité et la stabilité de la région.