La réduction de la présence militaire américaine en Afghanistan saluée par les talibans

Près de 7 000 militaires américains sont morts et plus de 52 000 autres ont été blessés depuis le déclenchement des offensives militaires en Afghanistan en 2001 puis en Irak deux ans plus tard (Photo, AFP)
Près de 7 000 militaires américains sont morts et plus de 52 000 autres ont été blessés depuis le déclenchement des offensives militaires en Afghanistan en 2001 puis en Irak deux ans plus tard (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 19 novembre 2020

La réduction de la présence militaire américaine en Afghanistan saluée par les talibans

  • « C'est une bonne mesure, et c'est dans l'intérêt des peuples » afghan et américain
  • « La solution est de négocier un partage du pouvoir ou une espèce d'accord en vertu duquel les talibans et le peuple afghan peuvent vivre côte à côte en paix »

KABOUL : Les talibans ont salué mercredi l'annonce par les États-Unis de la réduction du nombre de leurs soldats en Afghanistan, parlant de « bonne mesure » susceptible d'aider à mettre fin au long conflit dans ce pays.

En déclarant mardi, près de vingt ans après les attentats du 11 septembre 2001 fomentés par le groupe djihadiste Al-Qaïda, basé à l'époque en Afghanistan que dirigeaient les talibans, qu'environ 2 000 militaires s'en seront retirés le 15 janvier, Donald Trump, qui cédera le pouvoir au président élu Joe Biden cinq jours plus tard, a ainsi concrétisé sa promesse de mettre un terme aux « guerres sans fin ». 

Quelque 500 autres soldats auront aussi quitté l'Irak pour ne laisser que 2 500 soldats dans chacun de ces pays, a annoncé mardi le nouveau ministre américain de la Défense par intérim, Christopher Miller.

« C'est une bonne mesure, et c'est dans l'intérêt des peuples » afghan et américain, a réagi mercredi Zabihullah Mujahid, un porte-parole des talibans. « Le plus tôt les troupes étrangères s'en iront, le plus vite la guerre finira », a-t-il insisté.

Le porte-parole du Conseil afghan de sécurité nationale, Rahmatullah Andar, a quant à lui relativisé l'impact du retrait : « Les forces afghanes de sécurité et de défense réalisent déjà 96 % des opérations de façon indépendante et sont prêtes à continuer à défendre le pays contre nos ennemis. »

Alliés inquiets

Le prédécesseur de Christopher Miller, Mark Esper, limogé la semaine dernière, plaidait pour le statu quo, comme d'autres responsables militaires opposés à un retrait, tant que la violence ne diminuera pas.

Près de 7 000 militaires américains sont morts et plus de 52 000 autres ont été blessés depuis le déclenchement des offensives militaires en Afghanistan en 2001 puis en Irak deux ans plus tard, selon le Pentagone.

Mais l'annonce de Washington suscite la crainte, aux États-Unis et dans le monde, d'une résurgence des groupes extrémistes. 

Et si le « califat » autoproclamé du groupe État islamique (EI) en Irak et en Syrie s'est finalement effondré en mars 2019, les djihadistes continuent de semer la terreur.

Le chef de la majorité républicaine au Sénat américain, Mitch McConnell, pourtant un allié de M. Trump, avait estimé lundi que les États-Unis « abandonneraient » leurs alliés en cas de retrait prématuré, qui « ravirait les personnes qui nous souhaitent du mal ».

Le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, a averti que l'Afghanistan pourrait « redevenir une base pour les terroristes internationaux » en cas de retrait des quelque 12 000 soldats de l'Alliance, le plus gros contingent étant celui des Américains.

Les violences continuent

La France a estimé que ce serait une mauvaise idée, et le gouvernement allemand s'est dit mercredi « particulièrement préoccupé » par l'impact que pourrait avoir ce retrait sur « l'avancée des pourparlers de paix » en Afghanistan.

M. Miller a précisé avoir parlé à M. Stoltenberg et au président afghan, Ashraf Ghani. « Nous continuons à nous tenir à ses côtés à un moment où son gouvernement travaille à un règlement négocié pour la paix » avec les talibans.

Les pourparlers de paix en cours entre les talibans et le gouvernement afghan, faisant suite à un accord entre Washington et les insurgés qui entérine le retrait des forces américaines, semblent aujourd'hui dans l'impasse.

« Al-Qaïda est en Afghanistan depuis des décennies, et nous serions idiots de dire qu'il va s'en aller demain », a expliqué un haut responsable du Pentagone peu avant l'annonce de M. Miller. « La solution est de négocier un partage du pouvoir ou une espèce d'accord en vertu duquel les talibans et le peuple afghan peuvent vivre côte à côte en paix. »

Sans donner de détails, le porte-parole de M. Ghani, Sediq Sediqqi, a annoncé sur Twitter que le président afghan s'était entretenu avec M. Miller mardi soir au sujet du « processus de paix » et d'« un soutien militaire significatif et continu » des États-Unis à l'Afghanistan.

Pour sa part, le secrétaire général de l'Alliance atlantique Jens Stoltenberg a écrit dans un tweet : « J'ai discuté de la mission de l'Otan avec @ashrafghani. Nous soutenons le processus de paix en Afghanistan (...) Même avec la réduction par les Américains (de leurs effectifs militaires, ndlr), l'Otan continuera à entraîner, conseiller et assister les forces afghanes dans leur combat contre le terrorisme international. »

Les violences n'ont cependant fait qu'augmenter ces derniers mois sur le territoire afghan.

Une attaque le 2 novembre contre l'université de Kaboul a fait au moins 22 morts, des étudiants pour la plupart. Elle a été revendiquée par l'EI mais le gouvernement a accusé les talibans d'en avoir été les instigateurs.

Et en Irak, sept roquettes ont visé l'ambassade américaine à Bagdad au moment où intervenait Christopher Miller, rompant plus d'un mois de trêve décrétée par les factions irakiennes fidèles à Iran.


Iran: le détroit d'Ormuz restera fermé tant que Washington n'aura pas satisfait les exigences de Téhéran

Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
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  • Téhéran maintient la fermeture du détroit jusqu’au respect des engagements américains
  • Les négociations avancent, mais la méfiance et les tensions restent fortes

TEHERAN: Le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique au coeur du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, restera fermé tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par le protocole d'accord de juin, a annoncé mardi le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf.

Le détroit d'Ormuz "ne sera pas ouvert tant que les engagements américains stipulés dans le protocole d'accord (...) ne seront pas mis en oeuvre", a déclaré M. Ghalibaf, également chef du Parlement, dans un discours diffusé à la télévision d'Etat.

Il a cité parmi ces conditions "la levée du blocus naval (américain), le déblocage des avoirs (iraniens) gelés, la levée de l'embargo pétrolier" contre Téhéran, ainsi que "la fin des opérations militaires sur tous les fronts".

Après l'attaque américano-israélienne contre l'Iran le 28 février, Téhéran a riposté par des frappes sur les pays voisins alliés de Washington et verrouillé le détroit, voie de transit majeur des hydrocarbures, faisant s'envoler les cours du pétrole.

Les Etats-Unis ont imposé de leur côté un blocus aux ports iraniens.

Un cessez-le-feu a été conclu en avril suivi d'un protocole d'accord en juin en vue de négociations de paix, qui a ensuite volé en éclats après avoir brièvement permis une réouverture du détroit.

Si les hostilités ont récemment baissé en intensité, les efforts diplomatiques menés par les médiateurs marquent le pas.

L'émissaire américain et gendre de Donald Trump, Jared Kushner, a toutefois qualifié lundi de "très positives et animées" les tractations dans le but de conclure un accord entre l'Iran et les Etats-Unis.

S'il a admis sur Fox News qu'il n'y avait pas "beaucoup de confiance" entre les deux parties, il a précisé qu'elles "s'impliquaient très sérieusement".

"Le président Trump va se montrer très patient, il n'aime pas se précipiter pour conclure un accord. Il conclura le bon accord quand celui-ci sera prêt", a-t-il ajouté.

Dans le même temps, l'Iran et Oman mènent depuis plusieurs semaines des discussions pour trouver un accord sur le passage des navires dans le détroit d'Ormuz, situé entre leurs côtes, dont Téhéran revendique le contrôle.

"Si Oman se met en travers de notre chemin, on va leur bombarder la gueule", a déclaré lundi l'imprévisible  président américain, interrogé sur ces discussions par le journaliste de Fox News Trey Yingst.


Désarmement du Hamas à Gaza: Kushner dit espérer des "progrès" d'ici 30 jours

La feuille de route approuvée par le Hamas le 30 juillet prévoyait que la mise hors service des armes serait supervisée par la Force internationale de stabilisation, une unité en cours de création qui doit se déployer à Gaza si la situation s’apaise. (AFP)
La feuille de route approuvée par le Hamas le 30 juillet prévoyait que la mise hors service des armes serait supervisée par la Force internationale de stabilisation, une unité en cours de création qui doit se déployer à Gaza si la situation s’apaise. (AFP)
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  • Kushner vise un début de désarmement du Hamas sous 30 jours, sous supervision américaine
  • Israël conditionne toute reconstruction de Gaza au désarmement total du Hamas

WASHINGTON: L'émissaire américain Jared Kushner a dit lundi espérer un début de désarmement du Hamas d'ici "30 jours", qui se ferait sous supervision d'un général américain, après avoir rencontré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Nous pourrions constater des progrès d'ici à peine 30 jours, avec, espérons-le, le début du retrait d'une partie des armes, et, espérons-le également, le comblement de certains tunnels au cours des 60 à 90 prochains jours", a-t-il déclaré depuis Tel Aviv à la chaîne américaine Fox News.

"Des progrès pourraient donc intervenir assez rapidement, mais cela nécessite la coopération des deux parties, et nous espérons bien sûr surmonter cette épreuve", a ajouté le gendre de Donald Trump.

Selon un responsable israélien, Israël et les États-Unis sont convenus lundi de charger un général américain de superviser le désarmement du Hamas.

Un tel accord vise à satisfaire Israël, après que M. Netanyahu, confronté à une difficile campagne de réélection, a rejeté publiquement le dernier volet d'un plan américain de sortie de guerre dans la bande de Gaza.

"On a eu une très, très bonne réunion aujourd'hui. On a passé près de quatre heures avec lui et son équipe à passer en revue tous les détails (...) et à dissiper certains malentendus", a affirmé M. Kushner, qui avait rencontré la veille des responsables du Hamas.

Le mouvement islamiste palestinien avait donné son accord fin juillet à ce plan américain prévoyant son désarmement et le retrait israélien du territoire palestinien, occupé à plus de 60% par Israël.

Dimanche, M. Kushner avait rencontré des membres de la direction du Hamas, insistant, selon des sources proches des négociations, sur le désarmement du mouvement et appelant à des mesures "vérifiables".

"Ils ont dit tout ce qu'il fallait mais, à l'évidence, il est très très difficile de leur faire confiance", a dit l'émissaire américain à Fox News au sujet de sa rencontre avec le Hamas.

- "Hors service" -

MM. Netanyahu et Kushner "sont convenus qu'aucun redéploiement ni aucune reconstruction n'auraient lieu dans la bande de Gaza avant que le Hamas ne soit désarmé dans l'ensemble" du territoire, a affirmé à l'AFP un haut responsable israélien.

"Il a également été convenu que la première étape vers la démilitarisation de Gaza consisterait à demander au Hamas de remettre ses armes afin qu'elles soient mises hors service sous la supervision d'un général américain", a ajouté ce responsable.

M. Kushner était accompagné de membres du "Conseil de paix" de Donald Trump, notamment l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair.

Selon un responsable de cet organe, qui n'a pas confirmé l'implication d'un général américain, "chaque arme collectée sera entièrement mise hors service".

- Pressions -

L'administration Trump a déjà nommé le général américain Jasper Jeffers à la tête de la Force internationale de stabilisation (ISF) appelée à se déployer à Gaza aux termes du plan du président américain, avalisé par l'ONU, qui a conduit à un cessez-le-feu, précaire, en octobre 2025.

Telle que rendue publique par le "Conseil de Paix" en juillet, la feuille de route prévoit que le désarmement du Hamas aille de pair avec le retrait israélien et soit supervisé par le Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), un organe de technocrates palestiniens censé gérer provisoirement le territoire.

En rejetant ce texte, M. Netanyahu avait exigé un désarmement "véritable" du Hamas, dont l'attaque sans précédent du 7 octobre 2023 en Israël a déclenché la guerre à Gaza.

Au pouvoir dans ce territoire depuis 2007, le mouvement a annoncé en juillet dissoudre son administration civile et vouloir transférer ses responsabilités au NCAG.

M. Kushner avait insisté dimanche sur l'absence de tout rôle futur du Hamas dans la gouvernance de Gaza, selon les mêmes sources proches des négociations.

Le mouvement palestinien avait de son côté appelé à exercer des pressions sur M. Netanyahu pour débloquer la mise en oeuvre de la feuille de route, avait indiqué un responsable du Hamas à l'AFP.

Pendant des années, les Etats-Unis ont refusé tout contact avec le Hamas, qu'ils classent comme terroriste.

Le Hamas et Israël s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu dans le territoire dévasté et en demande d'aide humanitaire.

Au moins 1.265 Palestiniens y ont été tués depuis le début de la trêve, selon le ministère de la Santé du territoire, dont l'ONU juge les chiffres fiables.

Dans le même temps, Israël y a recensé cinq soldats et un contractuel du ministère de la Défense tués.


Niger: plusieurs soldats tués dans des attaques d'un groupe rebelle dans le Nord

Le Premier ministre du Gouvernement d'unité nationale (GNU) de Libye, basé à Tripoli, Abdulhamid Dbeibah, reçoit le Premier ministre du Niger, Ali Mahamane Lamine Zeine, au siège du GNU à Tripoli, le 15 juin 2026. (Photo : Mahmud Turkia / AFP)
Le Premier ministre du Gouvernement d'unité nationale (GNU) de Libye, basé à Tripoli, Abdulhamid Dbeibah, reçoit le Premier ministre du Niger, Ali Mahamane Lamine Zeine, au siège du GNU à Tripoli, le 15 juin 2026. (Photo : Mahmud Turkia / AFP)
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  • Des attaques ont "visé tôt vendredi des postes de sécurité mixtes de Séguédine", a indiqué dimanche à l'AFP une source sécuritaire dans le nord du Niger
  • "Il y a eu plusieurs morts et des dégâts", a précisé la même source, sans plus de détails

ABIDJAN: Plusieurs soldats ont été tués dans des attaques menées vendredi par un groupe rebelle contre des positions des forces nigériennes à Séguédine, dans l'extrême nord désertique du pays, a appris l'AFP dimanche de sources sécuritaire et locale.

Séguédine est une petite localité-oasis située dans l'extrême nord-est du Niger, un point de transit pour les flux migratoires vers la Libye et l'Europe.

Des attaques ont "visé tôt vendredi des postes de sécurité mixtes de Séguédine", a indiqué dimanche à l'AFP une source sécuritaire dans le nord du Niger.

"Il y a eu plusieurs morts et des dégâts", a précisé la même source, sans plus de détails.

Dimanche après-midi, les autorités nigériennes n'avaient pas encore communiqué sur ces attaques.

Un habitant de Bilma, le département qui administre Séguédine, a déclaré à l'AFP que ces attaques ont "fait des morts et une partie du camp militaire et des véhicules ont été incendiés" par les assaillants.

Les attaques ont été revendiquées samedi par les rebelles du Mouvement patriotique pour la liberté et la justice (MPLJ), qui ont affirmé avoir fait "15 victimes dans les rangs des FDS" (Forces de défense et de sécurité) nigériennes, dans un communiqué publié samedi sur sa page Facebook.

L'AFP n'a pas pu confirmer dans l'immédiat ce bilan de sources indépendantes.

Le MPLJ est un groupe rebelle qui soutient le président Mohamed Bazoum, renversé par un coup d'Etat en juillet 2023 et détenu depuis.

Selon ce mouvement, ses "forces ont mené une opération contre le camp de la Garde nationale" et un "poste mixte de la police, de la gendarmerie et de la douane" de Siguédine.

Le MPLJ souligne que "les affrontements" avec l'armée "ont occasionné d'importants dégâts matériels" et dit avoir "emporté du matériel roulant et une quantité d'armes et des munitions".

Ce groupe mène depuis deux ans des attaques sporadiques contre l'oléoduc long de 2.000 km qui achemine le pétrole brut nigérien vers le Bénin, pays côtier voisin.

En février, l'armée nigérienne avait repoussé vers le Tchad une attaque du MPJL visant cet oléoduc dans le nord-est qui abrite des puits de pétrole.

Le MPLJ et son leader Moussa Konaï, qualifiés de "terroristes" par Niamey, réclament notamment le retour à l'ordre constitutionnel au Niger, dirigé par le général Abdourahamane Tiani.