Entre des ventes incertaines et un patron distrait, Tesla souffre à Wall Street

Le PDG de Tesla Motors, Elon Musk (Photo, AFP).
Le PDG de Tesla Motors, Elon Musk (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 31 décembre 2022

Entre des ventes incertaines et un patron distrait, Tesla souffre à Wall Street

  • Le constructeur a pourtant augmenté ses livraisons de 45% sur les trois premiers trimestres
  • L'action du groupe avait bondi de plus de 700% en 2020 puis de 50% en 2021

NEW YORK: Tesla a perdu deux tiers de sa valeur boursière en 2022, victime des craintes sur la demande en véhicules électriques, de l'effarement face aux tribulations d'Elon Musk à la tête de Twitter et de la fin de l'argent facile à Wall Street.

Le constructeur a pourtant augmenté ses livraisons de 45% sur les trois premiers trimestres, malgré les problèmes d'approvisionnement, et dégagé près de 9 milliards de dollars de bénéfices sur cette période en dépit de dépenses en forte hausse.

Mais c'est en dessous de l'objectif de long terme d'une augmentation des livraisons de 50% par an.

Et les observateurs s'inquiètent d'un ralentissement des ventes.

Ces deux dernières années, la demande était supérieure à l'offre sur le marché des voitures électriques, mais cette tendance devrait "s'inverser" en 2023, avance Adam Jonas, analyste pour Morgan Stanley, dans une note publiée mercredi soir.

"Entre un environnement macroéconomique qui se détériore, des prix inabordables pour beaucoup et une compétition croissante, il y a des obstacles à surmonter", estime-t-il.

Nombreux sont les constructeurs traditionnels à proposer désormais des versions électriques, qu'il s'agisse de Ford, General Motors, Nissan, Hyundai, Kia ou Volkswagen. Et dans la catégorie des voitures de luxe sont entrés Mercedes-Benz, BMW, Audi, Polestar, Lucid et Rivian.

Domination écornée 

Tesla domine encore largement aux Etats-Unis avec 65% des parts de marché sur les neuf premiers mois de l'année, mais c'est moins que les 79% de 2020 et ce chiffre devrait tomber à moins de 20% en 2025, prédisent les analystes de S&P Global.

Pour doper les ventes du quatrième trimestre, le groupe a proposé dans le pays des promotions inhabituelles.

La situation en Chine alarme également: selon des informations de presse, la production est actuellement suspendue dans l'usine de Shanghai pour une période plus longue que prévu initialement.

Plusieurs analystes soulignent toutefois que Tesla conserve une avance certaine, en matière de technologie, de gestion des coûts et d'échelle, sur un marché en forte croissance.

Le cabinet Baird estime ainsi dans une note diffusée mercredi que le groupe est le "mieux positionné sur le marché automobile" et recommande encore d'acheter l'action.

L'ombre de Twitter, racheté pour 44 milliards de dollars par Elon Musk fin octobre, plane toutefois.

Tesla a besoin d'un "chef qui puisse le guider à travers la tempête" et pas d'un patron "qui se concentre sur Twitter", estime Dan Ives, de Wedbush, dans une note publiée mardi.

«Folie du marché boursier»

Le multimilliardaire a d'une part vendu plusieurs milliards de dollars d'actions Tesla pour financer l'acquisition puis les frais de fonctionnement de son nouveau jouet, en cédant encore pour 3,6 milliards début décembre alors qu'il avait affirmé au printemps n'avoir pas l'intention d'en vendre davantage.

Il a par ailleurs emporté le réseau social dans la tourmente, licenciant la moitié des employés, autorisant le retour d'internautes suspendus comme Donald Trump, ou bannissant des journalistes pour des raisons floues.

"Musk a perdu toute crédibilité auprès de la communauté des investisseurs", avance Dan Ives en évoquant "les promesses non tenues" sur les ventes d'actions, "le fiasco de Twitter" et "les polémiques politiques" sur la plateforme.

Il est devenu "intenable" d'évaluer Tesla sans prendre en compte la gestion erratique de Twitter par Elon Musk, abonde dans une note récente Colin Rusch, d'Oppenheimer, qui craint que certains acheteurs optent pour une marque concurrente en raison des positions fantasques affichées par l'entrepreneur sur la plateforme.

A la décharge de l'entrepreneur, l'action de Tesla a aussi pâti de la baisse généralisée des marchés boursiers cette année.

Dans une conversation sur Twitter mi-décembre, Elon Musk a reconnu que la hausse des taux d'intérêt et la situation économique allaient probablement ralentir la demande en Tesla.

Mais "je continue toujours à prédire qu'à long terme, Tesla sera l'entreprise ayant la valorisation la plus élevée au monde", a-t-il affirmé.

Mercredi, dans un message aux salariés de l'entreprise consulté par la chaîne CNBC, il les a appelés à ne "pas trop se soucier de la folie du marché boursier".

L'action du groupe avait bondi de plus de 700% en 2020 puis de 50% en 2021.

Elle a repris près de 13% les trois derniers jours de l'année, mais s'affichait quand même en baisse de 65% sur l'ensemble de 2022, accordant à Tesla une valeur boursière de 389 milliards de dollars.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.


Saint-Gobain: bénéfice et ventes en recul au premier semestre mais des signes de croissance retrouvés

Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
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  • Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français
  • En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique

PARIS: Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance.

Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français.

"Après un premier trimestre marqué par l'impact de conditions climatiques défavorables dans l'hémisphère nord, le chiffre d'affaires à données comparables renoue avec la croissance au deuxième trimestre dans toutes les régions, y compris en volumes: en Europe grâce au marché de la construction neuve, en Amérique avec une normalisation des conditions climatiques en Amérique du Nord, et en Asie-Pacifique qui poursuit sa forte croissance", décrypte Saint-Gobain, qui emploie plus de 162.000 personnes dans 81 pays.

En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique.

C'est la zone Amériques qui tire le chiffre d'affaires vers le bas avec -7,2% sur le semestre. En ne prenant en compte que le deuxième trimestre, les ventes sont restées stables (+0,4%).

En 2025, la zone représentait plus du quart du chiffre d'affaires global de Saint-Gobain.

L'Ebitda (excédent brut d'exploitation), un indicateur de rentabilité, atteint 3,6 milliards d'euros "affecté par l'effet de change", mais "bénéficiant du retour à la croissance au deuxième trimestre", explique Saint-Gobain.

L'entreprise a confirmé ses perspectives de croissance, malgré "un environnement macroéconomique contrasté et géopolitiquement incertain", selon Benoît Bazin, PDG du groupe, lors d'un point presse.

Saint-Gobain anticipe une croissance de ses ventes au deuxième semestre 2026 dans toutes les zones, "contrastées par pays" en Europe, "dans un contexte incertain" dans les Amériques et "tirée par l'Inde et l'Asie du sud-est" pour la zone Asie-Pacifique.


Veolia renforce sa performance opérationnelle et relève ses objectifs pour 2026

Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
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  • Veolia confirme une dynamique de croissance solide, avec des résultats financiers en hausse et une meilleure performance opérationnelle
  • Le groupe relève ses ambitions 2026, soutenu par ses activités internationales et ses marchés d’avenir

DUBAI: Veolia a signé un premier semestre 2026 solide, porté par une amélioration de sa rentabilité et une croissance de ses principaux indicateurs financiers. Fort de ces résultats, le groupe relève ses objectifs pour l'ensemble de l'année et confirme la trajectoire de son plan stratégique GreenUp.

Le chiffre d'affaires atteint 22,2 milliards d'euros, en hausse de 1,5 %, tandis que l'EBITDA progresse de 5 % pour s'établir à 3,55 milliards d'euros. La marge d'EBITDA s'améliore de 70 points de base, reflet des efforts continus du groupe en matière d'efficacité opérationnelle. Le résultat net courant part du groupe s'élève à 837 millions d'euros, en progression de 10,4 %, dépassant le rythme de croissance initialement attendu.

Cette performance repose sur la bonne tenue des activités Eau et Énergie, sur une croissance soutenue à l'international, notamment dans les Amériques et en Asie, ainsi que sur des gains d'efficacité de 195 millions d'euros réalisés au premier semestre. Veolia continue de bénéficier d'une forte demande pour ses services liés à la gestion de l'eau, de l'énergie et des déchets, tout en maintenant une discipline stricte sur ses coûts et ses investissements.

Le groupe poursuit également sa transformation avec la finalisation de l'acquisition de Clean Earth, qui renforce sa position sur le marché américain du traitement des déchets dangereux. Cette opération s'inscrit dans la stratégie de développement international de Veolia et devrait contribuer à sa croissance à partir de 2027.

Parallèlement, Veolia accélère son développement sur les marchés liés aux centres de données, à la microélectronique et aux solutions numériques. Le groupe vise un milliard d'euros de chiffre d'affaires annuel sur ces activités d'ici 2030 et entend accroître le rôle de l'intelligence artificielle dans l'amélioration de son efficacité opérationnelle.

Au vu de ces performances, Veolia relève son objectif de croissance du résultat net courant pour 2026 à un minimum de 8 %, contre une prévision précédente plus prudente, et confirme l'ensemble des ambitions de son plan GreenUp. Ces résultats illustrent la capacité du groupe à conjuguer croissance, amélioration de la rentabilité et investissements dans ses relais de développement.