Yémen: Les Houthis reconnaissent leur rôle dans la mort d'un détenu torturé

Hussein al-Ezzi, le vice-ministre houthi des Affaires étrangères, a accusé des «infiltrés» dans la milice de violations des droits humains commises contre des civils (Photo, AFP).
Hussein al-Ezzi, le vice-ministre houthi des Affaires étrangères, a accusé des «infiltrés» dans la milice de violations des droits humains commises contre des civils (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 05 janvier 2023

Yémen: Les Houthis reconnaissent leur rôle dans la mort d'un détenu torturé

  • Le groupe a déclaré que quatre hommes, agissant «de leur propre gré», ont capturé un jeune épicier et l'ont brutalement torturé en captivité, entraînant sa mort
  • Le meurtre d'Al-Thamali a une fois de plus attiré l'attention sur les mauvais traitements dans les centres de détention des Houthis

AL-MUKALLÂ, Yémen: Les Houthis ont admis avoir enlevé, emprisonné et brutalement torturé à mort un jeune homme à Saada, dans le nord du Yémen. La milice révèle rarement les entorses  aux droits humains ayant lieu dans ses centres de détention.

Le groupe a admis que le meurtre du jeune épicier Ibrahim Yahya Hachoul al-Thamali était l’œuvre de quatre de ses miliciens, qui auraient toutefois agi «de leur propre chef».

Des activistes yéménites et des proches de la victime ont partagé une vidéo du corps à moitié nu d'Al-Thamali, présentant de multiples signes de torture.

Hussein al-Ezzi, le vice-ministre houthi des Affaires étrangères, a accusé des «infiltrés» dans la milice de violations des droits humains commises contre des civils.

Les tentatives d'Al-Ezzi d’absoudre son organisation de tels actes ont suscité l'indignation sur les réseaux sociaux, qui ont accusé les Houthis de torturer régulièrement à mort des détenus.

«Quand vous réveillerez-vous de votre sommeil et reconnaîtrez-vous que votre façon de gouverner est défaillante et que votre conduite envers les gens est inacceptable?» a ainsi apostrophé un universitaire basé à Sanaa.

«Ibrahim al-Thamali est l'un des centaines de jeunes yéménites innocents massacrés injustement depuis la prise de la capitale, Sanaa, par une bande d’assassins», a déclaré Mohammed Anam, un journaliste yéménite. L’aveu des Houthis s’explique selon lui par les craintes du groupe de s’attirer les représailles du clan de la victime.  

Le meurtre d'Al-Thamali a une fois de plus attiré l'attention sur les mauvais traitements dans les centres de détention des Houthis dans les régions sous leur contrôle, en particulier à Saada, le bastion de la milice.

Selon Mutahar al-Badhiji, directeur exécutif de la Coalition yéménite de surveillance des violations des droits de l'homme, près de 500 Yéménites ont été enlevés par les Houthis dans les zones sous leur contrôle au cours de l’année dernière. Une quarantaine de signalements de torture ont également été recensés.

Les Houthis usent d’après lui de plusieurs méthodes contre leurs prisonniers, telles que l’isolement, la privation de sommeil, la suspension par les pieds, et les coups de matraques.

Mouammar al-Eryani, ministre yéménite de l'Information, a affirmé que les Houthis avaient enlevé des milliers de Yéménites, dont des politiciens, des journalistes, des activistes et des citoyens ordinaires, et les avaient fait disparaître tout en les soumettant à des tortures brutales, entraînant la mort de centaines de personnes et des handicaps permanents pour de nombreuses autres personnes.

Il a exhorté les organisations internationales de défense des droits de l’homme et les médiateurs à identifier et à condamner les Houthis pour leurs crimes et à faire pression sur la milice pour qu'elle libère tous les détenus.

«La communauté internationale, l'ONU et les organisations et agences de défense des droits de l'homme sont tenues de dénoncer ce crime terrible, ainsi que d'autres crimes et violations commis par la milice houthie, de poursuivre et de tenir les coupables responsables, et d'exercer des pressions sur les chefs de milice à libérer rapidement et sans condition toutes les personnes enlevées de leurs centres de détention illégaux», a publié Al-Eryani sur Twitter.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Rubio poursuit à Bahreïn sa tournée pour rassurer les alliés de Washington dans le Golfe

  • Avant son étape au Koweït, Marco Rubio avait assuré depuis Abou Dhabi le président émirati de l'engagement de Washington en faveur de la sécurité de son pays
  • Il a ensuite rallié Bahreïn pour une réunion jeudi du Conseil de coopération du Golfe (CCG)

MANAMA: Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio est jeudi à Bahreïn, poursuivant sa tournée destinée à rassurer les pays du Golfe sur la volonté des Etats-Unis de protéger leurs intérêts dans les discussions avec l'Iran.

Mercredi au Koweït, le secrétaire d'Etat américain avait assuré que les Etats-Unis entendaient "discuter avec eux de chaque décision prise concernant" les négociations en cours avec Téhéran.

Les pays du Golfe ont payé un lourd tribut à l'offensive américano-israélienne lancée le 28 février contre l'Iran. Ils accueillent des bases militaires américaines et ont été visés par des missiles et drones iraniens en représailles.

Avant son étape au Koweït, Marco Rubio avait assuré depuis Abou Dhabi le président émirati de l'engagement de Washington en faveur de la sécurité de son pays. Il a ensuite rallié Bahreïn pour une réunion jeudi du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

En parallèle, des discussions sur une réconciliation entre les pays du Golfe et l'Iran sont prévues en Arabie saoudite, à une date encore indéterminée, a indiqué à l'AFP un diplomate.

Trump refuse tout péage 

L'Iran et les Etats-Unis ont signé le 17 juin un protocole pour mettre fin aux hostilités, ouvrant la voie à 60 jours de négociations en vue d'un règlement durable.

Une réunion technique avec la délégation iranienne est prévue les 29 ou 30 juin en Suisse, a précisé Marco Rubio.

Mais de nombreuses divergences subsistent, comme le nucléaire ou le détroit d'Ormuz. Et les critiques se multiplient aux Etats-Unis sur les concessions accordées par Donald Trump, soucieux de mettre un terme au plus vite à cette guerre impopulaire.

La Maison Blanche a dû demander aux parlementaires américains une rallonge budgétaire de près de 88 milliards de dollars, notamment pour reconstituer ses stocks de munitions après la guerre.

Le protocole d'accord a "la valeur d'une déclaration de défaite pour l'Amérique", s'est prévalu mercredi le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Si le texte prévoit une réouverture du détroit d'Ormuz, après des mois de blocage qui ont fait flamber les cours de l'or noir, l'Iran a dit vouloir imposer des frais de service, assurant que cette voie maritime stratégique ne retrouvera pas son fonctionnement libre d'avant-guerre.

"AUCUN PEAGE, AUCUN FRAIS D'ASSURANCE ET AUCUN AUTRE FRAIS" ne sera accepté par Washington, a tonné Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.

Aucun pays autre que l'Iran ne soutient l'imposition de frais pour son passage, a assuré pour sa part Marc Rubio.

Pour l'heure, les cours du baril de pétrole Brent continuent leur décrue. Le Brent de la mer du Nord, référence internationale, est brièvement retombé jeudi sous son niveau d'avant-guerre. Durant le conflit, la flambée des cours du brut avaient provoqué une poussée d'inflation mondiale et des pénuries de carburant dans certains pays.

Sur le volet nucléaire, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a assuré mercredi que des inspections en Iran auraient bien lieu, sans fixer de date.

Téhéran a toujours nié vouloir se doter de la bombe atomique, mais campe sur son droit à une filière civile complète.

"Comme le phénix" 

Sur le Liban, dont l'Iran a imposé l'inclusion dans le protocole d'accord, Mohammad Bagher Ghalibaf a estimé que la fin de la guerre y était "aussi importante" que la fin des hostilités dans son propre pays.

Or le Hezbollah libanais a accusé mercredi Israël d'une nouvelle "violation" du cessez-le-feu après qu'un drone israélien a fait deux morts dans le sud du pays. Deux autres personnes avaient été tuées par des tirs israéliens la veille.

L'Iran a par ailleurs accusé jeudi l'Otan, de "complicité" dans la guerre déclenchée contre lui par les Etats-Unis et Israël, reprochant notamment à l'Italie et à la Roumanie d'avoir permis à des avions américains d'utiliser leurs bases pendant le conflit.

"Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale", a écrit sur X le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï.

 


Les autorités saoudiennes consacrent 4,3 milliards de dollars à des projets urbains à La Mecque

La photo montre le parking de Kudai, récemment aménagé par la Commission royale pour la ville de La Mecque et les lieux saints afin d’améliorer les services de transport destinés aux pèlerins du Hajj et aux habitants de La Mecque. (Archives/SPA)
La photo montre le parking de Kudai, récemment aménagé par la Commission royale pour la ville de La Mecque et les lieux saints afin d’améliorer les services de transport destinés aux pèlerins du Hajj et aux habitants de La Mecque. (Archives/SPA)
  • Les sites concernés sont situés dans les quartiers de Jarham, Al-Khalidiyah, Al-Hajlah, Al-Hindawiyah et Al-Zohour
  • La Mecque compte environ 2,7 millions d’habitants dans la région du Hedjaz

RIYAD : La Commission royale pour la ville de La Mecque et les lieux saints a annoncé le développement de sept sites à La Mecque dans le cadre du programme de développement des quartiers.

Ces sites couvrent plus de 4,4 millions de mètres carrés et représentent un investissement de 16,3 milliards de riyals saoudiens (4,3 milliards de dollars). Ils sont situés dans les quartiers de Jarham, Al-Khalidiyah, Al-Hajlah, Al-Hindawiyah et Al-Zohour, selon l’Agence de presse saoudienne (SPA).

L’annonce a été faite mercredi lors d’une cérémonie de signature des contrats d’attribution des projets, illustrant la confiance de la Commission dans l’avenir du développement urbain de La Mecque.

La Commission a indiqué que plusieurs promoteurs immobiliers et sociétés d’investissement participent à la réalisation de ces projets, notamment Maad International, AlRajhi United, ZOOD, Mohammad Abdulaziz Al-Habib and Sons Holding Co. et Jadwa Investment.

Cette initiative s’inscrit dans les efforts de la Commission visant à améliorer l’environnement urbain de La Mecque, stimuler la croissance économique, renforcer la qualité de vie des habitants et promouvoir un développement durable dans la ville sainte, a ajouté la SPA.

La Mecque, située dans la région du Hedjaz et abritant plusieurs hauts lieux de l’islam, dont la Grande Mosquée, compte environ 2,7 millions d’habitants. Chaque année, près de 1,5 million de musulmans y accomplissent le pèlerinage du Hajj, tandis qu’environ 16 millions de fidèles y effectuent la Omra. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le ministre libanais de la Défense reçoit l'ambassadeur saoudien à Beyrouth

Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
  • L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth
  • Les parties ont discuté des développements récents et des moyens de renforcer les relations bilatérales

BEYROUTH : L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth.

Les deux parties ont évoqué les derniers développements et les moyens de renforcer les relations bilatérales, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Par ailleurs, le prince Saud bin Naif bin Abdulaziz, gouverneur de la Province de l’Est, a reçu lundi à Dammam l’ambassadeur du Kenya auprès du Royaume, Joseph Masila. Ils ont eu des entretiens cordiaux et ont abordé des questions d’intérêt commun.