Le régime iranien divisé sur sa réponse à la contestation, selon des analystes

Une manifestante portant un costume «Handmaid's Tale» (Photo, AFP).
Une manifestante portant un costume «Handmaid's Tale» (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 08 janvier 2023

Le régime iranien divisé sur sa réponse à la contestation, selon des analystes

  • «Les messages contradictoires que nous recevons du régime iranien suggèrent un débat interne sur la manière de gérer les protestations», décrypte Nader Hashemi
  • «Dans la plupart des régimes autoritaires, il y a des faucons et des colombes» opposés sur le degré de répression pendant les crises, poursuit-il

NICOSIE: Le régime iranien est divisé sur la manière de mettre fin au mouvement de contestation inédit dans le pays, oscillant entre répression et gestes d'apaisement, estiment des analystes.

"Les messages contradictoires que nous recevons du régime iranien suggèrent un débat interne sur la manière de gérer les protestations", décrypte Nader Hashemi, directeur du Centre d'études du Moyen-Orient à l'Université de Denver.

"Dans la plupart des régimes autoritaires, il y a des faucons et des colombes" opposés sur le degré de répression pendant les crises, poursuit-il.

Si les arrestations et condamnations de manifestants n'ont pas cessé, la libération de certaines figures de la protestation est le signe que certains cherchent à adopter une approche moins ferme.

Les manifestations ont été déclenchées par la mort le 16 septembre de Mahsa Amini, une jeune Kurde iranienne arrêtée par la police des moeurs pour avoir enfreint le code vestimentaire strict en Iran qui impose aux femmes le port du voile en public.

Elles se sont transformées en appels à renverser le régime, constituant le plus grand défi au pouvoir religieux depuis la révolution islamique de 1979.

Les responsables iraniens qualifient généralement ces manifestations d'"émeutes" encouragées par des pays et organisations hostiles.

Selon un dernier bilan fourni fin décembre par l'Iran Human Rights (IHR), une ONG basée à Oslo, au moins 476 personnes ont été tuées par les forces de sécurité depuis le 16 septembre. Environ 14.000 personnes ont été arrêtées, d'après l'ONU.

«Calcul politique»

La justice a condamné à la peine capitale 14 personnes liées à la contestation. Quatre ont déjà été exécutées, dont deux samedi, ce qui a suscité une nouvelle vague d'indignation internationale, l'ONU dénonçant des pendaisons "choquantes".

Mais le gouvernement a annoncé l'ouverture de nouveaux procès pour six des 14 condamnés, relançant l'espoir d'une peine éventuellement plus légère.

Un "calcul politique", tranche Mehrzad Boroujerdi, spécialiste de l'Iran et auteur du livre "L'Iran post-révolution: un guide politique".

"Ils savent que les exécutions massives (...) feront descendre plus de gens dans la rue", souligne-t-il. "D'autre part, ils veulent envoyer le signal qu'ils n'hésitent pas à exécuter des manifestants pour intimider les gens".

Pour les analystes, la libération de Majid Tavakoli et Hossein Ronaghi, deux figures du mouvement de contestation, quelques semaines après leur arrestation, est une autre tentative de calmer la situation.

Anoush Ehteshami, directeur de l'Institut d'études islamiques et moyen-orientales de l'Université de Durham en Angleterre, estime que les nouveaux procès reflètent des pressions extérieures et intérieures.

"Au sein même du régime, il y a des divisions sur la façon de gérer la situation", les partisans de la ligne dure d'un côté et ceux qui considèrent les exécutions comme un encouragement supplémentaire à la résistance, explique M. Ehteshami.

Les nouveaux procès et la libération de dissidents sont "des mesures d'apaisement (...) pour essayer de jeter un os" aux manifestants, dit-il.

De telles mesures peuvent sembler insignifiantes pour certains mais "un régime sécuritaire et aux abois estime qu'il agit généreusement et répond à la pression publique".

«Machiavélique»

Journalistes, cinéastes, avocats et militants ont été aussi arrêtés pour leur soutien aux manifestations. Certains ont été libérés, comme l'actrice Taraneh Alidoosti.

Selon M. Hashemi, cette stratégie d'arrêter et de libérer est utilisée entre autres par le régime pour "tâter le terrain, voir quelle est la réaction" de la rue.

L'"indulgence" dont font parfois preuve les autorités "vise à empêcher davantage de division au sein de l'establishment sécuritaire", la répression ayant aliéné certains de ses partisans, abonde l'universitaire Afshin Shahi.

Le régime "ne semble pas avoir de stratégie claire", poursuit-il. Malgré certaines libérations, d'autres personnalités croupissent depuis des mois en prison, comme le militant Arash Sadeghi et les deux journalistes qui ont aidé à révéler l'affaire Amini.

En décembre, le procureur général Mohammad Jafar Montazeri a annoncé l'abolition de la police des moeurs. Mais aucune autre source officielle n'en a fait état et les militants sont restés sceptiques.

Cette annonce montre qu'"au moins une partie du régime" est favorable à une manière moins brutale de faire respecter le code vestimentaire, estime M. Hashemi.

Pour M. Hashemi, le régime a montré par le passé sa capacité à "faire des concessions quand il le fallait".

"Les gens oublient que ce régime a survécu pendant 44 ans parce qu'il peut être très intelligent, très malin, très machiavélique".


Le Hezbollah dénonce «l'agression israélienne persistante» au Liban malgré la trêve

Des personnes en deuil portent les cercueils lors des funérailles de quatre combattants du Hezbollah et de deux civils dans le village de Maaroub, au sud du Liban, le 26 avril 2026. (AFP)
Des personnes en deuil portent les cercueils lors des funérailles de quatre combattants du Hezbollah et de deux civils dans le village de Maaroub, au sud du Liban, le 26 avril 2026. (AFP)
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  • "Il n'y a pas de cessez-le-feu au Liban, mais une agression israélo-américaine continuelle", a déclaré Naïm Qassem dans un discours écrit, diffusé par la chaîne al-Manar affiliée au groupe islamiste
  • "Le Liban est l'agressé, et c'est lui qui a besoin de garanties pour sa sécurité et sa souveraineté" de la part d'Israël, a-t-il ajouté

BEYROUTH: Le chef du Hezbollah pro-iranien Naïm Qassem a condamné lundi les opérations israéliennes persistantes au Liban malgré la trêve, et réitéré son refus de négociations directes entre Israël et son pays.

Malgré la trêve entrée en vigueur le 17 avril et prolongée à l'issue de deux sessions de pourparlers entre le Liban et Israël à Washington, l'armée israélienne continue de mener des frappes meurtrières, surtout dans le sud du Liban, où elle démolit des bâtiments et interdit aux habitants de dizaines de localités de revenir.

"Il n'y a pas de cessez-le-feu au Liban, mais une agression israélo-américaine continuelle", a déclaré Naïm Qassem dans un discours écrit, diffusé par la chaîne al-Manar affiliée au groupe islamiste.

"Le Liban est l'agressé, et c'est lui qui a besoin de garanties pour sa sécurité et sa souveraineté" de la part d'Israël, a-t-il ajouté.

Critiquant une diplomatie qui place le Liban "sous tutelle", il a plaidé pour "une diplomatie qui mène" à la cessation des hostilités et pour "des négociations indirectes" avec Israël.

"Les négociations directes sont une concession gratuite, sans résultat", a-t-il dit, vantant le comportement "légendaire" du Hezbollah au combat. "Ne trahissez donc pas la résistance", a-t-il ajouté, à l'adresse du pouvoir libanais, en défendant "l'unité nationale".

Entre le président libanais Joseph Aoun, décidé à mener des négociations directes avec Israël, et le Hezbollah pro-iranien qui s'y oppose, le fossé se creuse, et les divisions dans le pays s'accentuent.

L'ambassade américaine à Beyrouth a appelé jeudi à une rencontre entre le président libanais et le Premier ministre israélien, qui serait une "occasion historique" pour le Liban "de forger son avenir en tant que nation véritablement souveraine et indépendante".

Lundi, l'armée israélienne a mené une série de frappes après un nouvel avis d'évacuation adressé aux habitants de quatre localités dans le sud du Liban.

Selon les termes de l'accord de trêve publié par Washington, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense" contre le Hezbollah, qui s'oppose à cette clause et continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes malgré la trêve.

Les frappes israéliennes ont fait plus de 2.600 morts et déplacé plus d'un million de personnes depuis que le Hezbollah a relancé les hostilités le 2 mars, en soutien à son allié iranien, ciblé par une offensive israélo-américaine.


Un tanker touché par «des projectiles inconnus» au large des Emirats 

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  • "Un tanker a signalé avoir été touché par des projectiles non identifiés", indique l'agence ajoutant que tous les membres d'équipage sont sains et saufs et qu'aucun impact environnemental n'a été signalé
  • L'agence n'a pas précisé la provenance du navire

DUBAI: Un tanker a été touché par des "projectiles inconnus" dans le détroit d'Ormuz au large des Emirats arabes unis, sans faire de victime, a indiqué l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO lundi.

"L'UKMTO a reçu des informations faisant état d'un incident survenu à 78 milles nautiques (145 km, ndlr) au nord de Fujaïrah, aux Émirats arabes unis", a annoncé l'agence sur X précisant que l'incident avait été signalé dimanche vers 19H40 GMT.

"Un tanker a signalé avoir été touché par des projectiles non identifiés", indique l'agence ajoutant que tous les membres d'équipage sont sains et saufs et qu'aucun impact environnemental n'a été signalé.

L'agence n'a pas précisé la provenance du navire.

Le détroit d'Ormuz, par lequel transite en temps de paix un cinquième du pétrole et du gaz naturel mondiaux, est en grande partie bloqué depuis le début des frappes israélo-américaines contre l'Iran le 28 février.

Le président américain Donald Trump a annoncé dimanche que la marine américaine allait commencer lundi à escorter des navires bloqués de pays tiers à travers le détroit d'Ormuz dans le cadre du Project Freedom ("Projet Liberté"), qui a été dénoncé par les autorités iraniennes.

 


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.