Ankara dénonce un montage vidéo du PKK en Suède contre Erdogan

Le ministre suédois des Affaires étrangères Tobias Billstrom (à gauche) et son homologue turc Mevlut Cavusoglu se serrent la main après une conférence de presse conjointe à Ankara le 22 décembre 2022. (Photo d'archives AFP)
Le ministre suédois des Affaires étrangères Tobias Billstrom (à gauche) et son homologue turc Mevlut Cavusoglu se serrent la main après une conférence de presse conjointe à Ankara le 22 décembre 2022. (Photo d'archives AFP)
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Publié le Vendredi 13 janvier 2023

Ankara dénonce un montage vidéo du PKK en Suède contre Erdogan

  • La vidéo montre l'exécution du dictateur italien Benito Mussolini en 1945, puis un mannequin qui pourrait vaguement figurer M. Erdogan pendu au bout d'une corde
  • «l est temps qu'Erdogan démissionne avant de finir pendu sur Taksim», est-il écrit dans un texte en surimpression

ANKARA: La Turquie a dénoncé jeudi un montage vidéo réalisé par un groupe proche du Parti des Travailleurs du Kurdistan en Suède, montrant le président Recep Tayyip Erdogan en pendu et traité de "dictateur".

L'ambassadeur de Suède à Ankara a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères, a annoncé en fin de journée une source diplomatique.

Ce nouvel incident intervient sur fond de blocage depuis mai par la Turquie de l'entrée de la Suède -ainsi que de la Finlande- dans l'Otan, l'accusant d'héberger sur son territoire des membres du PKK et d'organisations alliées à celui-ci, qu'elle considère comme étant terroristes.

La vidéo, postée sur Twitter par le Comité du Rojava (le nom des territoires kurdes dans le nord de la Syrie), montre l'exécution du dictateur italien Benito Mussolini en 1945, puis un mannequin qui pourrait vaguement figurer M. Erdogan pendu au bout d'une corde.

"L'Histoire a montré que c'est ainsi que finissent les dictateurs", est-il écrit dans un texte en surimpression. "Il est temps qu'Erdogan démissionne avant de finir pendu sur Taksim", la grande place emblématique d'Istanbul.

Pour le ministère turc des Affaires étrangères, "il s'agit d'une claire violation des promesses de la Suède dans le cadre du protocole d'accord (signé à Madrid en juin, ndlr). Nous exigeons que ce type d'actions terroristes ne soient plus autorisées".

Ankara "insiste pour que les auteurs" de ce montage vidéo soient "identifiés et retrouvés et que les mesures nécessaires soient prises" a ajouté le ministère.

Pour le porte-parole de la présidence turque Fahrettin Altun, "que le PKK défie les autorités suédoises au coeur de Stockholm prouve qu'elles n'ont pas pris les mesures nécessaires contre le terrorisme, contrairement à ce qu'elles ont assuré récemment".

"La Suède doit tenir ses promesses", martèle-t-il dans une série de messages sur Twitter.

M. Altun prévient que, dans ces conditions, "il serait futile d'attendre de la part de la Turquie qu'elle fasse des concessions" et rappelle qu'elle est "membre de l'Otan depuis 70 ans".

"Nous appelons les autorités suédoises à prendre les mesures nécessaires contre les groupes terroristes sans aucun délai", a tweeté M. Altun.

Il répondait ainsi à une déclaration sur Twitter du ministre suédois des Affaires étrangères Tobias Billstrom condamnant la vidéo, mais qui n'a pas suffi à apaiser les autorités turques.

Stockholm soutient "un débat ouvert sur la politique", mais "se distancie des menaces et de la haine contre les représentants politiques", a écrit M. Billstrom.

"Représenter un président élu par le peuple en train d'être exécuté devant l'hôtel de ville est odieux", a souligné le ministre suédois.

Par ailleurs, le président du Parlement turc a annulé une invitation conviant son homologue suédois à venir en visite à Ankara mardi prochain, selon l'agence Anadolu.

Depuis sa demande d'adhésion à l'Alliance atlantique au printemps, la Suède a multiplié les gestes de bonne volonté envers Ankara : dès son accession au poste de Premier ministre dans le royaume scandinave, Ulf Kristersson s'est rendu à Ankara, suivi de son ministre des Affaires étrangères, et la Constitution a été amendée pour durcir les lois antiterroristes.

Début décembre, la Suède a expulsé un membre du PKK vers la Turquie. Mais le gouvernement turc continue d'en réclamer d'autres.

M. Kristersson a estimé le week-end dernier que la Turquie demandait "des choses qu'on ne peut lui donner", avant d'assurer que ses propos avaient été mal compris.

A l'heure actuelle, seuls les Parlements hongrois et turc ont refusé de ratifier l'entrée de la Suède et de la Finlande dans l'Alliance atlantique.


Cinq Italiens décédés dans un accident de plongée aux Maldives

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
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  • Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé
  • Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué

MALE: Cinq Italiens sont décédés dans un accident de plongée aux Maldives, sans que les circonstances précises soient connues, a annoncé jeudi le ministère italien des Affaires étrangères, les forces de sécurité sur place ayant retrouvé un corps.

L'archipel est une destination de vacances de luxe, avec ses plages de sable blanc et ses complexes hôteliers isolés, prisée des plongeurs.

Des responsables locaux ont déclaré qu'il s'agissait du plus grave accident de plongée survenu dans ce pays composé de 1.192 minuscules îles coralliennes dispersées sur quelque 800 kilomètres le long de l'équateur, dans l'océan Indien.

"A la suite d'un accident survenu lors d'une sortie de plongée sous-marine, cinq ressortissants italiens ont trouvé la mort (...) aux Maldives. Les plongeurs auraient perdu la vie alors qu'ils tentaient d'explorer des grottes situées à 50 mètres de profondeur", précise le ministère, en soulignant que les autorités locales menaient une enquête.

Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé.

Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué.

"Un corps a été retrouvé", annonce le communiqué. Il a "été découvert à l'intérieur d'une grotte en profondeur (...) On pense que les quatre autres plongeurs se trouvent également dans cette même grotte, qui descend jusqu'à environ 60 mètres", précise-t-il.

Les MNDF ont aussi précisé qu'un navire des garde-côtes se trouvait dans la zone pour coordonner les opérations de recherche tout au long de la nuit. D'autres plongeurs des garde-côtes ont été envoyés en renfort pour participer aux recherches.

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs.

Une touriste britannique est décédée en décembre lors d'une plongée, et son mari, bouleversé, est mort quelques jours plus tard après être tombé malade.

En juin, un touriste japonais de 26 ans a disparu après une expédition de plongée près de la capitale.

Selon les médias locaux, au moins 112 touristes sont morts dans des incidents liés à la mer dans l'archipel au cours des six dernières années, dont 42 victimes d'accidents de plongée ou de plongée avec tuba.

 


Détroit d'Ormuz: Téhéran annonce laisser passer des navires chinois depuis mercredi

L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran"
  • Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique"

TEHERAN: L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran", ont indiqué jeudi dans un communiqué les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran.

Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique", ont-ils spécifié.

Cette autorisation donnée à plusieurs navires chinois a également été annoncée par des médias officiels iraniens.

La télévision d’État iranienne a notamment précisé que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à franchir le détroit d'Ormuz, sans indiquer s'il s'agissait exclusivement de navires chinois.

Le blocage iranien de cette voie maritime par laquelle transite habituellement un cinquième de la production mondiale de pétrole perturbe les marchés mondiaux et confère à Téhéran un levier stratégique.

Les Etats-Unis ont quant à eux imposé leur propre blocus des ports iraniens malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump, en visite jeudi en Chine, a discuté du détroit d'Ormuz avec son homologue Xi Jinping.

Selon un extrait d'une interview à la chaîne Fox News, Donald Trump a déclaré que M. Xi lui avait assuré que Pékin n'enverrait pas d'équipement militaire à l'Iran et était prêt à aider à la réouverture du détroit d'Ormuz.

La Chine est le principal pays importateur du pétrole iranien.


De nouvelles négociations entre Israël et le Liban s'ouvrent à Washington 

Israël et le Liban ont lancé jeudi à Washington une nouvelle session de discussions pour parvenir à un rapprochement, selon des diplomates, au moment où un cessez-le-feu arrive à expiration. (AFP)
Israël et le Liban ont lancé jeudi à Washington une nouvelle session de discussions pour parvenir à un rapprochement, selon des diplomates, au moment où un cessez-le-feu arrive à expiration. (AFP)
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  • A trois jours de la fin théorique, dimanche, de la trêve au Liban, représentants israéliens et libanais ont repris au département d'Etat des discussions qui doivent durer deux jours
  • Malgré l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 17 avril, Israël a continué à frapper des cibles du Hezbollah pro-iranien au Liban, tuant plus de 400 personnes, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels

WASHINGTON: Israël et le Liban ont lancé jeudi à Washington une nouvelle session de discussions pour parvenir à un rapprochement, selon des diplomates, au moment où un cessez-le-feu arrive à expiration.

Ce troisième cycle de discussions, qui doit durer deux jours, a débuté peu après 09H00 locales (13H00 GMT) au département d'Etat, d'après un diplomate proche du dossier.

A trois jours de la fin théorique, dimanche, de la trêve au Liban, représentants israéliens et libanais ont repris au département d'Etat des discussions qui doivent durer deux jours.

Malgré l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 17 avril, Israël a continué à frapper des cibles du Hezbollah pro-iranien au Liban, tuant plus de 400 personnes, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels.

L'armée israélienne a encore annoncé jeudi de nouvelles frappes visant le Hezbollah pro-iranien dans le sud du pays, après avoir ordonné l'évacuation de huit villages. Selon l'agence de presse libanaise ANI, des bombardements se sont produits dans le sud du pays, au lendemain de raids meurtriers qui ont fait 22 morts.

Dans le nord d'Israël, une attaque de drone du Hezbollah a blessé plusieurs civils, selon l'armée israélienne.

En dépit de la trêve, Israël continue de viser le Hezbollah, le mouvement chiite qui a entraîné le Liban dans la guerre régionale à la suite du déclenchement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février.

Le conflit a tué des milliers de personnes, principalement en Iran et au Liban, où les autorités dénombrent plus de 2.800 morts, dont au moins 200 enfants.

Lors de la dernière réunion le 23 avril à Washington entre Israéliens et Libanais, Donald Trump avait annoncé une prolongation de trois semaines de la trêve, et exprimé l'espoir d'un rapprochement historique entre les deux voisins du Proche-Orient.

Le président des Etats-Unis avait conjecturé qu'il accueillerait dans l'intervalle à la Maison Blanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun.

Mais cette rencontre ne s'est pas concrétisée, le chef d'Etat libanais exigeant au préalable un accord sur les questions de sécurité et la fin des attaques israéliennes.