À Casablanca, l’humoriste D’jal joue son spectacle À cœur ouvert à la sauce marocaine

D'jal sur scène. (Photo fournie).
D'jal sur scène. (Photo fournie).
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Publié le Samedi 14 janvier 2023

À Casablanca, l’humoriste D’jal joue son spectacle À cœur ouvert à la sauce marocaine

  • L’humoriste franco-marocain jouait pour la première fois son spectacle À cœur ouvert, dans son pays d’origine
  • Dans la grande salle du Mégarama de Casablanca, pendant une quinzaine de minutes, le rire a laissé place à l’émotion

CASABLANCA: Pour D’jal, l’année 2023 aura débuté sous la chaleur hivernale de Casablanca. Après Rabat, deux jours plus tôt, l’humoriste franco-marocain jouait pour la première fois À cœur ouvert, dans son pays d’origine. Cette fois, le spectacle a été presque entièrement adapté pour l’occasion.

Dès son arrivée sur scène, D’jal rend hommage aux Lions de L’Atlas, pour leur exploit en Coupe du monde, avant d’alterner pendant plus de deux heures ses «vannes» en français et en darija. Un plaisir que l’artiste ne peut pas se permettre dans l’Hexagone. «C’est un spectacle que je joue en France, donc j’ai essayé d’être généreux, d’essayer des choses en dehors de mon spectacle, de tenter de faire rire en darija et en français. J’ai joué deux ou trois sketchs d’À cœur ouvert. L’idée, c’était d’adapter et de traiter de sujets qui parlent du Maroc et qui touchent le public.»

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L'affiche de L'Houloucouptère. (Fournie).

Ce public, Djalel Biad le connaît bien. Le Francilien, originaire de Bouznika, non loin de la capitale économique, est souvent venu en vacances dans la région. Il y a créé des liens, des habitudes et des souvenirs. Des anecdotes concernant sa famille, les taxis rouges, les pigeons ou encore les moustiques, qu’il raconte aux spectateurs.

L’Houloucouptère

Si D’jal connaît un franc succès auprès du public, c’est notamment grâce à L’Houloucouptère. Devenu viral sur la Toile, le célèbre sketch dans lequel il met en scène un personnage portugais, à l’accent prononcé, qui évoque un «hélicoptère», a également été plébiscité par le public casablancais.

«C’est un sketch qui m’a dépassé, on m’en a parlé au Brésil, aux États-Unis, au Liban… C’est fou! J’essaie de m’en détacher, mais les gens m’y ramènent toujours. C’est la vie, c’est comme ça, j’ai fait un tube, j’ai fait un hit et ça me suivra toute ma vie. Tant mieux pour moi!», confie-t-il à Arab News en français.

«Cela ne fait que quelques semaines que je joue le nouveau sketch sur le Portugais, et en entendant les rires, je sens que ce sera plus fort que L’Houloucouptère

De retour dans le nouveau one-man-show de l’humoriste, encore en rodage, ce personnage phare va vivre de nouvelles aventures. Ainsi, pendant le show, les spectateurs ont pu découvrir, en exclusivité, un extrait inédit de ses péripéties. «Cela ne fait que quelques semaines que je joue le nouveau sketch sur le Portugais, et en entendant les rires, je sens que ce sera plus fort que L’Houloucouptère

Un bel hommage

Dans la grande salle du Mégarama de Casablanca, pendant une quinzaine de minutes, le rire a laissé place à l’émotion. Lorsqu’il évoque le décès de son père ou encore la maladie contre laquelle sa mère s’est courageusement battue, D’jal est submergé par les larmes. Mais, rapidement, le comédien reprend du poil de la bête pour parler, avec humour et fierté, de ses proches.

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L'affiche d'A coeur ouvert. (Fournie).

«C’est un grand hommage à mes parents qui sont Marocains et qui ont quitté leur patrie, leur famille; c’était un déchirement, il ne faut pas l’oublier. Moi, je suis Français et Marocain et c’est indissociable. Mon cœur est marocain, mais je suis aussi français. Nous, les binationaux, on n’est pas des enfants “bâtards” d’une nation ou d’une autre. On est ce qu’on est grâce à nos parents – en tout cas, on a été en demi-finale de la Coupe du monde (rires) et ça, on ne peut pas nous le retirer!»

Déjà reparti sur les routes de France avec son dernier spectacle, D’jal poursuit sa tournée sur les planches. Il faudra attendre quelques mois avant de le revoir sur scène, au Maroc, à l’occasion du Marrakech du rire. Côté cinéma, l’artiste devrait également bientôt donner de ses nouvelles avec la préparation et la sortie du deuxième volet du film Opération Portugal.


« Libye, patrimoine révélé » : l’IMA  célèbre 50 ans de coopération  archéologique  

Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. (AFP)
Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. (AFP)
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  • Depuis la fin des années 1960, la MAFL explore l’ensemble  du territoire libyen
  • Ses travaux ont profondément renouvelé les connaissances sur l’histoire du pays, révélant des occupations humaines continues, des échanges méditerranéens anciens et des paysages façonnés par les sociétés du passé

PARIS: Le musée de l’Institut du monde arabe présente  Libye, patrimoine révélé, une exposition consacrée au  travail scientifique mené depuis près de cinquante ans  par la Mission archéologique française en Libye (MAFL),  en étroite collaboration avec les autorités libyennes. 

À travers une sélection de photographies, films et documents  scientifiques, l’exposition donne à voir la richesse exceptionnelle  du patrimoine libyen, de la préhistoire à l’époque médiévale, tout  en mettant en lumière les enjeux contemporains de recherche, de  préservation et de restauration dans un contexte particulièrement  fragile. 

Un demi-siècle de recherches archéologiques en  Libye 

Depuis la fin des années 1960, la MAFL explore l’ensemble  du territoire libyen. Ses travaux ont profondément renouvelé les connaissances sur l’histoire du pays, révélant des occupations humaines continues, des échanges méditerranéens anciens et des paysages façonnés par les sociétés du passé. 

L’exposition documente ce travail scientifique de terrain et rend  visibles des missions souvent menées dans des contextes  géographiques et politiques complexes.
Du Sahara à la Méditerranée : des sites majeurs Le parcours présente plusieurs zones emblématiques étudiées par les équipes franco-libyennes : le Sahara du Măsak et  ses milliers de vestiges préhistoriques, les fortifications romaines  de Bu Njem, les grandes cités antiques comme Leptis Magna,  ou encore Apollonia, dont une partie est aujourd’hui engloutie. 

Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. 

Préserver un patrimoine menacé 

Depuis 2011, le patrimoine archéologique libyen fait face à une  intensification du pillage et du trafic illicite. L’exposition revient  sur les actions menées par la MAFL aux côtés des autorités et des  forces de l’ordre internationales pour identifier les œuvres dispersées,  documenter les sites menacés et favoriser leur restitution. 

Libye, patrimoine révélé met en lumière l’archéologie comme outil de  connaissance, de coopération internationale et de sauvegarde d’un  patrimoine universel encore largement méconnu.

 


Louvre: le nouveau président du musée confirme le projet de grands travaux

Des visiteurs font la queue pour entrer au musée du Musée du Louvre à Paris, le 9 août 2023. (AFP)
Des visiteurs font la queue pour entrer au musée du Musée du Louvre à Paris, le 9 août 2023. (AFP)
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  • Le nouveau président du Musée du Louvre, Christophe Leribault, confirme le vaste plan de rénovation « Louvre Nouvelle Renaissance », estimé à plus d’un milliard d’euros et jugé indispensable
  • Après le cambriolage d’octobre, le projet inclut un renforcement de la sécurité, la réorganisation des espaces et la création d’une nouvelle présentation pour la Joconde

PARIS: Le nouveau président du Louvre, Christophe Leribault, arrivé dans le sillage du spectaculaire vol survenu en octobre dans ce musée, a confirmé mardi le vaste plan de rénovation de l'établissement annoncé en 2025 par Emmanuel Macron, jugeant par ailleurs son coût "incompressible".

Evalué à plus d'un milliard d'euros, le plan "Louvre Nouvelle Renaissance", qui prévoit notamment la rénovation du bâtiment existant et l'aménagement d'un nouvel espace pour la Joconde, a été mis entre parenthèses depuis le cambriolage du 19 octobre.

"C'est un projet capital et nécessaire pour le Louvre. On ne peut pas continuer d'accueillir 9 millions de visiteurs par la Pyramide. Et il faut impérativement revoir les infrastructures, refaire les couvertures et les installations techniques dans le périmètre de la Cour carrée", a déclaré Christophe Leribault au journal Le Monde.

"Le coût est incompressible", a ajouté celui qui a succédé le 25 février à Laurence Des Cars, mise en difficulté par une série de rapports ayant pointé l'obsolescence des dispositifs de sûreté dans le plus grand musée du monde.

Il a toutefois concédé "envisager de réduire certains aménagements (...), mais cela restera marginal en matière d'économie".

Il a aussi indiqué chercher "330 millions d'euros" supplémentaires auprès des mécènes pour financer les travaux de rénovation.

Alors que le cambriolage a mis au jour des failles au sein de la sûreté du bâtiment, M. Leribault a souligné que "les grilles d'accès au domaine ont été restaurées" et qu'"un poste mobile de police est désormais actif près de la Pyramide".

Il a par ailleurs annoncé que la galerie Apollon, où s'est déroulé le vol des joyaux de la couronne de France, "rouvrira dans le courant du mois de juillet, sans vitrine au centre, telle qu'elle avait été conçue au XVIIe siècle, c'est-à-dire comme une galerie d'apparat".

"Les objets précieux qui s'y trouvaient seront exposés dans l'aile Richelieu" et les joyaux non dérobés, dont la couronne de l'impératrice Eugénie, retrouvée endommagée, "vont rester en lieu sûr, en attendant de disposer d'un espace sécurisé ailleurs dans le musée", a-t-il poursuivi.

La part des recettes de billetterie affectée à la politique d'acquisition d'oeuvres doit pour sa part passer de 20% à 12%, a-t-il indiqué, suivant une préconisation de la Cour des comptes.


Art Jameel présente une double exposition aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite

“Study of History III” (2017) de Subas Tamang (avec l'autorisation de l’artiste)
“Study of History III” (2017) de Subas Tamang (avec l'autorisation de l’artiste)
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  • Une exposition majeure reliant Djeddah et Dubaï, explorant l’impact des systèmes de navigation sur la vie contemporaine
  • Plus de 40 artistes internationaux interrogent cartographie, mobilité et infrastructures à travers des œuvres variées

DUBAÏ : Art Jameel s’apprête à présenter une exposition transrégionale s’étendant sur l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Intitulée « Global Positioning System », cette exposition collective en deux volets ouvrira en mai à Hayy Jameel à Djeddah, parallèlement à une présentation au Jameel Arts Centre à Dubaï.

L’exposition, qui se tiendra à Djeddah du 20 mai au 17 octobre et à Dubaï du 9 mai au 4 octobre, réunit plus de 40 artistes issus de plus de 20 pays, explorant la manière dont les systèmes de navigation façonnent la vie contemporaine.

À travers une large diversité d’œuvres, l’exposition examine la cartographie, la mobilité et les infrastructures qui régissent les déplacements, tout en questionnant leurs limites et leurs défaillances.

Commissariée par Indranjan Banerjee et Lucas Morin, « Global Positioning System » rassemble des installations de grande envergure, des œuvres conceptuelles et des projets axés sur la recherche.

Nora Razian, directrice adjointe d’Art Jameel et responsable des expositions et des programmes, a déclaré :
« Pour la première fois, nous présentons une exposition qui se déploie sur nos deux sites à Dubaï et Djeddah.

« “Global Positioning System” interroge les outils et les systèmes que nous utilisons pour nous orienter, mettant en lumière les tensions entre représentation cartographique et réalités vécues.

« Cette exposition s’inscrit dans l’engagement d’Art Jameel à favoriser un dialogue transrégional, où mobilité et échanges sont essentiels pour soutenir l’interconnexion dans notre monde partagé. »

Le volet de Djeddah réunit une sélection variée d’artistes internationaux et régionaux, dont Bani Abidi, Mahmoud Alhaj, Mona Hatoum et Nalini Malani. Abidi, Ana Amorim et Cinthia Marcelle présenteront des œuvres dans les deux éditions, à Dubaï et à Djeddah.

À Dubaï, la présentation au Jameel Arts Centre comprend de nouvelles commandes d’artistes tels que Vishwa Shroff, Seher Naveed et Fatma Al-Ali, ainsi que des prêts internationaux, dont l’installation vidéo monumentale « Parallel I-IV (2012-2014) » du cinéaste Harun Farocki. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com