Allemagne : Scholz appelé à donner un nouvel élan au ministère clé de la Défense

Le chancelier allemand Olaf Scholz et la ministre allemande de la Défense Christine Lambrecht discutent au début d'une réunion avec les premiers ministres des États fédéraux du pays, à Berlin, le 4 octobre 2022 (Photo, AFP).
Le chancelier allemand Olaf Scholz et la ministre allemande de la Défense Christine Lambrecht discutent au début d'une réunion avec les premiers ministres des États fédéraux du pays, à Berlin, le 4 octobre 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 14 janvier 2023

Allemagne : Scholz appelé à donner un nouvel élan au ministère clé de la Défense

  • Plusieurs médias, dont Bild et la Süddeutsche Zeitung (SZ), ont affirmé vendredi soir que Christine Lambrecht avait décidé de démissionner et qu'elle en avait informé le chancelier Olaf Scholz
  • Olaf Scholz est sous pression pour autoriser l'envoi de chars Leopard de fabrication allemande, des engins réputés pour leur puissance

BERLIN: La démission de la ministre allemande de la Défense semblait imminente, samedi, après une série de controverses ayant fragilisé sa position à ce portefeuille clé pour lequel la classe politique réclame un nouvel élan.

S'appuyant notamment sur des sources de l'entourage de la ministre, plusieurs médias, dont Bild et la Süddeutsche Zeitung (SZ), ont affirmé vendredi soir que Christine Lambrecht avait décidé de démissionner et qu'elle en avait informé le chancelier Olaf Scholz.

Cette figure du parti social-démocrate (SPD), la formation du chancelier, se voit depuis des mois reprocher une mauvaise communication, une série de bévues et de ne pas avoir su imposer son autorité.

Selon le quotidien SZ, elle annoncera sa démission la semaine prochaine, à un moment particulièrement critique puisque l'Allemagne est en pleine concertation avec ses alliés occidentaux pour décider de l'éventuelle livraison de chars de combat à l'armée ukrainienne.

Olaf Scholz est sous pression, à l'étranger et dans sa coalition, pour autoriser l'envoi de chars Leopard de fabrication allemande, des engins réputés pour leur puissance.

La Pologne a proposé d'en fournir à Kiev mais a pour cela besoin du feu vert de Berlin.

«Il était temps»

Des annonces sont attendues alors que l'Allemagne accueillera, vendredi, le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin pour une réunion avec ses homologues du G7 et de l'UE sur de nouvelles aides militaires à l'Ukraine.

Malgré ce calendrier compliqué, "il était temps" que Mme Lambrecht prenne ses responsabilités, estime la Süddeutsche Zeitung, un avis partagé par l'ensemble des éditorialistes.

Au cours des 13 mois passés au ministère, les dérapages se sont multipliés pour cette ancienne ministre de la Justice, âgée de 57 ans, culminant dans un message de voeux raté le soir du Nouvel An.

La vidéo a été jugée de mauvais goût, car enregistrée sur un trottoir de Berlin dans le bruit assourdissant des pétards, alors que la guerre fait rage en Ukraine.

Le fond était également problématique : la ministre confiait candidement que la guerre en Ukraine lui avait permis de faire "beaucoup, beaucoup de rencontres avec des gens intéressants et formidables". "Pour cela, je dis un grand merci", ajoutait-elle.

Au printemps, elle avait essuyé des critiques pour avoir emmené son fils adulte dans hélicoptère de la Bundeswehr pour des vacances sur l'île allemande de Sylt, après une visite des troupes.

En annonçant, peu de temps avant l'agression russe du 24 février 2022, l'envoi de milliers de casques à des Ukrainiens qui attendaient plutôt des livraisons d'armes, la ministre s'était aussi attirée les moqueries.

«Erreur de casting»

Mais pour les observateurs, le problème est plus fondamental : la ministre "a eu du mal à trouver sa place dans le monde de la Bundeswehr", estime la SZ.

Elle "n'a manifestement eu à aucun moment la bonne relation avec cette fonction", critique le député d'opposition de droite (CDU) Johann Wadephul, dans le groupe de presse RND.

Après l'invasion du 24 février, Olaf Scholz a annoncé un "changement d'ère" pour la défense allemande en manque chronique d'investissements. Un fonds spécial de 100 milliards d'euros a été mis sur pied pour moderniser la Bundeswehr.

Mme Lambrecht "a sans doute compris qu'elle n'était pas en mesure de mener à bien le changement d'ère au sein de la Bundeswehr", tranche la SZ.

La réforme de l'armée et les achats de nouveaux équipements dont elle a cruellement besoin ne vont pas assez vite, jugent les observateurs.

La ministre n'est pas épargnée au sein de son parti : les hommes et les femmes de la Bundeswehr "ont besoin d'une personne qui détient le pouvoir de commandement et qui les soutient clairement, qui montre qu'il y a aussi de l'empathie", a déclaré samedi le député SPD Joe Weingarten, sur la radio Deutschlandfunk.

Olaf Scholz, qui avait soutenu fermement sa ministre face aux critiques, en prend pour son grade.

"Le chancelier ne peut pas se permettre une nouvelle erreur de casting !", avertit Bild.

Pour le vice-président du Bundestag Wolfgang Kubicki (libéral), "il serait bon que ce ministère immensément important soit dirigé par quelqu'un qui apporte les connaissances de fond nécessaires".

Plusieurs noms circulent pour succéder à Christine Lambrecht dont celui de Eva Högl, commissaire parlementaire aux forces armées et membre du SPD.


L'armée américaine tire sur un pétrolier au large d'Oman, trois Indiens portés disparus

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  • "Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué
  • L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien

DUBAI: Trois membres d'équipage indiens sont portés disparus mercredi, après une attaque revendiquée par l'armée américaine contre un pétrolier au large d'Oman qui tentait, selon Washington, d'exporter du pétrole d'Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, a précisé sur X que l'un de ses avions de combat avait tiré sur "la salle des machines" du Settebello, qui bat pavillon des Palaos, "après que l'équipage a refusé d'obtempérer aux ordres des forces américaines"

"Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué.

L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien.

Il s'agit du huitième navire neutralisé depuis le début du blocus imposé par les Etats-Unis contre les ports iraniens, d'après le décompte de l'armée américaine.

Le sultanat d'Oman est situé à l'entrée du détroit d'Ormuz, où le trafic maritime est quasiment paralysé depuis le début fin février du conflit opposant les Etats-Unis et Israël à l'Iran. Près d'un cinquième des livraisons mondiales de pétrole et de gaz transitent par cette voie.

La compagnie de sécurité maritime britannique Vanguard a indiqué avoir été informée que le Settebello avait "transmis un appel de détresse indiquant que sa salle des machines avait été touchée par un missile" au large de Sohar, dans le golfe d'Oman et qu'un incendie s'était déclaré à bord.

L'agence de sécurité maritime britannique UKMTO a spécifié que les faits s'étaient produits à 20 miles nautiques au nord-est de la ville omanaise de Sohar.

"Les autorités locales ont indiqué qu'un pétrolier avait signalé un feu dans sa salle des machines, et qu'elles se trouvaient sur place pour aider à l'évacuation de l'équipage", selon le communiqué de l'UKMTO.

"Le navire a fait état d'une victime et de deux membres d'équipage portés disparus. Aucun impact sur l'environnement n'a été signalé", a-t-elle ajouté.

Lundi, les secours omanais avaient évacué par hélicoptère 24 marins indiens d'un pétrolier en feu au large des côtes du sultanat d'Oman, selon les autorités indiennes, qui n'avaient pas précisé les causes de l'incendie. Le sinistre était survenu sur le MT Marivex, un navire battant également pavillon des îles Palaos

Le tir américain contre le Settebello est intervenu alors que l'Iran a revendiqué mercredi matin des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par la destruction d'un hélicoptère américain lundi.


Trump affirme que les Etats-Unis vont «attaquer très durement» l'Iran

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  • "On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous"
  • L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé mercredi qu'il allait "attaquer très durement" l'Iran, y compris potentiellement en visant des centrales électriques ou des ponts, et dénoncé les "tergiversations" de Téhéran concernant un accord.

Il a aussi annoncé que les forces américaines avaient mené une "mission secrète" qui avait permis de faire transiter 100 millions de barils de pétrole par le détroit d'Ormuz.

"On va les attaquer, les attaquer très durement", a déclaré le président américain à la presse dans le Bureau ovale, ajoutant que ce serait dès "aujourd'hui" (mercredi).

"On verra bien ce qui va se passer, mais on les a frappés durement hier, et on va les frapper durement aujourd'hui, (...) au cas où vous n'allumeriez pas votre télé", a-t-il dit.

Il a précisé être en droit de le faire après la destruction lundi d'un hélicoptère américain attribuée à Téhéran.

L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère.

Ces frappes américaines en représailles à l'attaque de l'hélicoptère - qui survolait le détroit d'Ormuz, toujours verrouillé par l'Iran - ont notamment ciblé dans la nuit de mardi à mercredi les villes de Jask et Sirik et l'île de Qeshm, sur la côte sud de l'Iran.

"On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous", a poursuivi Donald Trump.

"Tout a été négocié. Nous avons un accord entièrement négocié, mais ils tergiversent sans cesse", a ajouté le dirigeant républicain.

Plus tôt, il avait estimé que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix".

"MORT!!!" 

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", avait écrit le président américain sur son réseau Truth Social. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"

Donald Trump a aussi affirmé à Fox News qu'il envisageait de plus en plus de mener des frappes contre des centrales électriques et des ponts iraniens.

Interrogé à ce sujet à la Maison Blanche par un journaliste de l'AFP, il a répondu: "Je ne vais pas vous le dire mais je peux le faire".

Sur son réseau Truth Social, il a par ailleurs écrit que l'armée américaine avait mené "une mission secrète en soutien des pétroliers et autres navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz".

"Ces efforts ont permis de faire passer 100 MILLIONS de barils de pétrole par le détroit", a-t-il ajouté, en précisant que "plus de 200 navires" avaient pu franchir le passage.

Cette "mission secrète" évoque le "Project Freedom", un projet d'escorte de navires annoncé début mai puis très rapidement suspendu par Donald Trump en raison, à l'époque, de "grands progrès" dans les discussions avec Téhéran.

Depuis l'entrée en vigueur de la trêve début avril, le dirigeant républicain multiplie les déclarations contradictoires, entre espoir d'un compromis tout proche et menace de reprise des hostilités.

Donald Trump affirmait encore mardi que la diplomatie américaine menait les "derniers efforts" en vue d'un accord avec Téhéran, évoquant un délai de "deux à trois jours" pour sa conclusion.

Il a par ailleurs affirmé, dans un autre message mercredi, que le blocus américain des ports iraniens était "le plus réussi" de l'histoire, allant selon lui jusqu'à empêcher Téhéran de payer la solde de ses militaires.

Peu après les propos de M. Trump à la Maison Blanche, l'armée américaine a annoncé qu'un de ses avions de combat avait mis hors service un pétrolier dans le Golfe d'Oman qui tentait d'apporter du pétrole en Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.


Trump juge que l'Iran a «pris trop de temps pour négocier» et va «en payer le prix»

Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
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  • Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux"
  • Ils vont "devoir en payer le prix"

WASHINGTON: Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix", dans un message sur son réseau Truth social.

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", a-t-il ajouté. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"