Etat islamique en Syrie: un djihadiste français et son épouse marocaine jugés à Paris

Le logo de la justice à l'intérieur du nouveau Palais de Justice, dans le quartier des Batignolles, au nord-ouest de Paris (Photo, AFP).
Le logo de la justice à l'intérieur du nouveau Palais de Justice, dans le quartier des Batignolles, au nord-ouest de Paris (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 16 janvier 2023

Etat islamique en Syrie: un djihadiste français et son épouse marocaine jugés à Paris

  • Originaire de Toulouse (sud), il avait rejoint la Syrie et les rangs de l'EI en février 2015 avec sa femme Latifa Chadli et leur premier enfant, âgé alors seulement de deux mois
  • Le couple est également poursuivi pour abandon de famille pour être parti dans la zone irako-syrienne en février 2015, avec leur premier enfant âgé de 2 mois

PARIS: Le procès d'un djihadiste français qui avait rejoint l'organisation Etat islamique (EI) en Syrie en février 2015 avec sa femme marocaine et leur enfant alors âgé de 2 mois s'est ouvert lundi devant la cour d'assises spéciale de Paris.

Jonathan Geffroy, son épouse Latifa Chadli, tous deux âgés de 40 ans, comparaissent pour participation à une association de malfaiteurs terroriste.

Seul accusé dans le box - son épouse et sa mère comparaissent libres sous contrôle judiciaire -, Jonathan Geffroy, cheveux courts et barbe soigneusement taillée, est devenu une précieuse source d'informations pour les autorités françaises depuis son interpellation il y a six ans.

Ayant lui-même contacté les services français de renseignements intérieurs en novembre 2016, il est capturé début 2017 par l'Armée syrienne libre (ASL) tandis qu'il cherche à fuir la Syrie avec sa femme et leur fils.

Remis à la France en septembre 2017, il a notamment révélé aux enquêteurs que l'EI envisageait d'envoyer des enfants-soldats  - les "lionceaux du califat" - en Europe "pour y mener des opérations suicides".

Selon Jonathan Geffroy, l'EI avait également prévu de "semer la terreur dans les campagnes françaises" et "cibler une centrale nucléaire française". Il a en outre livré les noms de dizaines de Français ayant rejoint l'organisation djihadiste.

Originaire de Toulouse (sud), il avait rejoint la Syrie et les rangs de l'EI en février 2015 avec sa femme Latifa Chadli et leur premier enfant, âgé alors seulement de deux mois, partie civile dans le procès de ses parents par l'intermédiaire d'une association.

"Le niqab, je ne le porterai plus. Je ne veux plus dépendre de personne", a affirmé à la barre Latifa Chadli, les cheveux bruns relevés en chignon.

Le couple est également poursuivi pour abandon de famille pour être parti dans la zone irako-syrienne en février 2015, avec leur premier enfant âgé de 2 mois.

Le couple a eu un deuxième enfant, né en Turquie en juin 2017, quatre mois après leur interpellation par l'Armée syrienne libre (ASL) alors qu'il cherchait à fuir la Syrie.

Le premier enfant, confié à une famille d'accueil, est partie civile par l'intermédiaire de l'association SOS Victimes 93.

La mère de M. Geffroy, Denise P., 59 ans, comparaît pour financement d'entreprise terroriste pour avoir envoyé plusieurs milliers d'euros à son fils quand il était en zone irako-syrienne.

"J'aidais mon fils, pas le combattant", explique cette chrétienne évangéliste, à la barre.

Converti à l'islam en 2007, Jonathan Geffroy s'est assez vite radicalisé, notamment en fréquentant la mosquée Basso Cambo, dans le quartier du Mirail à Toulouse, où sont passés de nombreux futurs djihadistes.

En Syrie, Jonathan Geffroy a servi dans les rangs de la katiba (brigade) Anwar al-Awlaki, un détachement de l'EI regroupant quelques dizaines de Français dont les frères Jean-Michel et Fabien Clain, également originaires de Toulouse, deux responsables de la propagande de l’EI, qui revendiqueront les attentats du 13 novembre 2015 en France.

Il combattra également à Ramadi en Irak dans les rangs de la katiba d'élite Tariq Ibn Zyad, créée par Abdelilah Himich (un des combattants français les plus gradés de l'EI, connu sous le nom de guerre d'Abou Souleymane al-Faransi, le Français), dont ont fait partie notamment les assaillants du Bataclan.

Jonathan Geffroy et Latifa Chadli encourent trente ans de réclusion criminelle, Denise P. dix ans de prison.

Le procès est prévu jusqu'au 23 janvier.


Une attaque iranienne provoque un incendie sur une base accueillant des forces françaises

Une attaque de drones iraniens contre une base navale d'Abou Dhabi accueillant des forces françaises a provoqué un incendie sans faire de victime, ont indiqué dimanche le ministère émirati de la Défense et la ministre française des Armées. (AFP)
Une attaque de drones iraniens contre une base navale d'Abou Dhabi accueillant des forces françaises a provoqué un incendie sans faire de victime, ont indiqué dimanche le ministère émirati de la Défense et la ministre française des Armées. (AFP)
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  • "Des équipes spécialisées sont intervenues aujourd'hui à la suite d'un incident résultant d'une attaque de deux drones iraniens contre un entrepôt de la base navale d'Al Salam, à Abou Dhabi"
  • "L'attaque a provoqué un incendie dans deux conteneurs de matériel divers, mais il n'y a pas eu de victimes"

DUBAI: Une attaque de drones iraniens contre une base navale d'Abou Dhabi accueillant des forces françaises a provoqué un incendie sans faire de victime, ont indiqué dimanche le ministère émirati de la Défense et la ministre française des Armées.

Pour la deuxième journée consécutive, des salves de drones et de missiles iraniens sont lancées en représailles aux frappes américaines et israéliennes contre la République islamique, qui ont tué son guide suprême Ali Khamenei samedi.

"Des équipes spécialisées sont intervenues aujourd'hui à la suite d'un incident résultant d'une attaque de deux drones iraniens contre un entrepôt de la base navale d'Al Salam, à Abou Dhabi", a déclaré le ministère.

"L'attaque a provoqué un incendie dans deux conteneurs de matériel divers, mais il n'y a pas eu de victimes", a-t-il précisé.

La base émiratie, également connue sous le nom de Camp de la Paix, accueille des forces françaises à l'invitation des Emirats arabes unis.

"Un hangar de notre base navale mitoyenne de celle des Emiriens a été touché dans une attaque de drones qui a ciblé le port d'Abou Dhabi. Les dégâts ne sont que matériels et limités. Aucun blessé n'est à déplorer" a affirmé sur X la ministre des Armées, Catherine Vautrin.

"La vigilance de nos forces est maximale face à une situation qui évolue d'heure en heure", a-t-elle ajouté.


Macron après les frappes en Iran: le «travail diplomatique» doit «reprendre ses droits» 

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  • Le président français s'est entretenu avec la plupart des dirigeants de la région, Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Jordanie, Irak, Koweit et région autonome du Kurdistan
  • La France se tient "prête à déployer les moyens nécessaires à la protection de ses partenaires les plus proches selon leur sollicitation"

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a déclaré samedi que le "travail diplomatique" devait "reprendre ses droits", quelques heures après le début de l'offensive israélo-américaine en Iran, affirmant que la crise autour du nucléaire iranien et les "droits légitimes du peuple iranien à se faire entendre" ne pouvaient se régler par des "frappes".

"Je souhaite que nous puissions prendre toutes les initiatives utiles pour que le travail diplomatique reprenne ses droits", a-t-il déclaré au début d'un conseil de défense et de sécurité nationale à l'Elysée.

"Nul ne peut penser que la question du nucléaire iranien, de l'activité balistique, des déstabilisations régionales se règleront simplement par les frappes et évidemment aussi les droits légitimes du peuple iranien à se faire entendre", a affirmé le chef de l'Etat français.

"Ce qu'il a exprimé ces derniers mois encore en étant terriblement réprimé c'est de pouvoir décider lui-même de son destin et c'est aussi une des choses que nous devons tout faire pour défendre", a-t-il ajouté.

"La France n'a été ni prévenue ni impliquée, tout comme d'ailleurs l'ensemble des pays de la région et nos alliés", a par ailleurs précisé Emmanuel Macron, au côté du Premier ministre Sébastien Lecornu, de plusieurs ministres et de hauts responsables militaires.

La "priorité absolue" de la France est la sécurité de ses ressortissants et "emprises militaires" dans la région, a poursuivi le chef de l'Etat.

"C'est d'être aux côtés de tous les pays qui sont aujourd'hui touchés par la riposte iranienne ou qui sont menacés par celle-ci dans leur intégrité territoriale, leur souveraineté", a-t-il encore souligné, en référence notamment aux pays du Golfe.

Le président français s'est entretenu avec la plupart des dirigeants de la région, Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Jordanie, Irak, Koweit et région autonome du Kurdistan, a précisé l'Elysée, à l'exception d'Israël.

Il avait auparavant appelé sur X à "cesser" une "escalade dangereuse pour tous" et affirmé que le régime iranien n'a "plus d'autre option" que de négocier de "bonne foi" le démantèlement de son programme nucléaire et balistique.

La France se tient "prête à déployer les moyens nécessaires à la protection de ses partenaires les plus proches selon leur sollicitation", a-t-il encore relevé sur X.


Lecornu ferait un "bon candidat" en 2027 pour 30% des Français (sondage)

Le Premier ministre Sébastien Lecornu lors de la cérémonie marquant le retour des athlètes français des JO d’hiver Milano Cortina 2026, à Albertville, le 23 février 2026, à l’arrivée du drapeau olympique pour les JO 2030. (AFP)
Le Premier ministre Sébastien Lecornu lors de la cérémonie marquant le retour des athlètes français des JO d’hiver Milano Cortina 2026, à Albertville, le 23 février 2026, à l’arrivée du drapeau olympique pour les JO 2030. (AFP)
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  • Selon un sondage Odoxa pour Le Figaro, Sébastien Lecornu serait un « bon candidat » du bloc central en 2027 pour 30% des Français, derrière Édouard Philippe (39%) mais proche de Gabriel Attal (33%) et Gérald Darmanin (28%)
  • Jugé plus humble et compétent qu’Emmanuel Macron, Lecornu souffre toutefois d’une image « d’exécutant » (72% des sondés), tandis qu’Édouard Philippe reste favori, sous réserve des municipales au Havre

PARIS: Le Premier ministre Sébastien Lecornu ferait un "bon candidat" du bloc central à la présidentielle de 2027 pour 30% des Français, à l'image de Gabriel Attal(33%) et Gérald Darmanin (28%) mais loin derrière Edouard Philippe (39%), selon un sondage Odoxa pour Le Figaro paru jeudi.

Le chef du gouvernement, dont la popularité (34%) est supérieure de 13 points à celle d'Emmanuel Macron, est jugé plus humble (+33 points), plus proche des préoccupations des Français (+18) et plus compétent (+17) que le chef de l'Etat, mais aussi moins dynamique (-9).

"Pour renforcer sa stature, il devra peut-être se détacher de son image de simple collaborateur du Président", 72% des Français le qualifiant "d’exécutant", relève encore l'institut.

Sur les réseaux sociaux, les messages sur Emmanuel Macron restent très négatifs alors que la fidélité du "moine soldat" Lecornu est présentée comme une qualité rare, poursuit l'étude.

Edouard Philippe, maire du Havre et premier chef de gouvernement d'Emmanuel Macron, reste le meilleur candidat pour le bloc central, à condition de ne pas perdre les municipales de mars, "une défaite qui pourrait ternir son leadership", poursuit Odoxa.

Un sondage Opinionway publié mercredi le donne pour la première fois perdant dans sa ville contre Jean-Paul Lecoq (PCF) en cas de maintien du candidat RN-UDR au second tour du scrutin.

L'enquête a été réalisée en ligne les 25 et 26 février auprès d’un échantillon de 1.005 Français représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d'erreur comprise entre 1,4 et 3,1 points.