D’anciens diplomates iraniens critiquent la politique étrangère de Téhéran

Le président iranien, Ebrahim Raïssi, prenant la parole lors d’un rassemblement dans la ville centrale de Yazd. (Photo, AFP)
Le président iranien, Ebrahim Raïssi, prenant la parole lors d’un rassemblement dans la ville centrale de Yazd. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 17 janvier 2023

D’anciens diplomates iraniens critiquent la politique étrangère de Téhéran

  • Trente-six diplomates à la retraite ont publié un communiqué conjoint dénonçant de graves erreurs dans la politique étrangère de l’Iran
  • Un ancien chef des affaires étrangères a prédit que le pays deviendrait de plus en plus isolé

LONDRES: D’anciens diplomates iraniens de haut rang ont reproché à Téhéran de ne pas avoir réussi à relancer l’accord sur le nucléaire et d’avoir fourni des drones à la Russie en Ukraine, prévenant que le pays risquait d’être économiquement affaibli et isolé.

Hamid Aboutalebi, un ancien conseiller politique de Hassan Rouhani, le président iranien sortant, a tweeté lundi que «les extrémistes se sont approprié la politique étrangère iranienne».

De son côté, Seyyid Mohammed Sadr, ancien chef de la division Europe du ministère des Affaires étrangères, a déclaré au journal Etemaad que le gouvernement avait laissé passer «une occasion en or» de relancer l’accord sur le nucléaire, rapporte The Guardian.

M. Sadr a expliqué que trois sources s’opposaient à la relance de l’accord sur le nucléaire: certaines forces de sécurité, ceux qui bénéficient des sanctions occidentales et ceux qui ne comprennent ni la politique étrangère, ni les relations internationales.

Toujours membre en exercice du Conseil de discernement, le principal organe consultatif du Guide suprême, M. Sadr a également averti le président iranien, Ebrahim Raïssi, que si les questions entravant la relance l’accord n’étaient pas résolues, «toutes les pressions économiques pèseraient sur son gouvernement».

En outre, l’ancien diplomate a avancé que l’Iran avait abandonné sa neutralité en Ukraine, exposant le pays à des allégations américaines de crimes de guerre en fournissant des drones à utiliser contre les civils ukrainiens, selon The Guardian.

Il a prédit que le pays deviendrait de plus en plus isolé, notamment en raison des exécutions de manifestants, et a ajouté que ses diplomates pourraient être expulsés de certains pays de l’Union européenne.

Jalal Sadatian, qui était un diplomate de haut rang au Royaume-Uni dans les années 1980, a déclaré au Guardian : «Il faut trouver un moyen de répondre aux problèmes actuels en matière de droits de l’homme afin de pouvoir organiser une nouvelle réunion pour relancer les [négociations sur le nucléaire iranien] et parvenir à un accord. Les Européens n’agissent pas en fonction de leurs émotions, et si certains de leurs intérêts sont garantis, ils peuvent changer d’approche.»

En novembre, 36 diplomates à la retraite ont publié un communiqué conjoint affirmant que de graves erreurs dans la politique étrangère de l’Iran avaient des répercussions négatives sur la stabilité interne du pays, rapporte The Guardian. Dans le communiqué, les diplomates exprimaient aussi des inquiétudes quant à la position morale de l’Iran s’il s’engageait dans le jeu risqué de l’approvisionnement de la Russie en armes.

Nosratollah Tajik, l’un des signataires et ancien ambassadeur en Jordanie, a averti que «devenir un belligérant dans la guerre Russie-Ukraine entraînera l’effondrement de la situation économique de l’Iran, suscitera davantage de mécontentement dans la population et remettra en question l’autorité du gouvernement pour résoudre les problèmes politiques, sociaux et économiques», relate The Guardian.

Le Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a manifesté son soutien à Moscou en déclarant que «si la Russie n’avait pas envoyé de troupes en Ukraine, elle aurait été confrontée à une attaque de l’Otan plus tard».

Le ministère des Affaires étrangères a avoué avoir fourni des drones à Moscou, mais a précisé qu’ils avaient été envoyés avant la guerre en Ukraine, où la Russie les avait utilisés pour cibler des centrales électriques et des infrastructures civiles.

 Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Piratée, l'application de Tunisie Telecom envoie un message critique du pouvoir

Relayé sur les réseaux sociaux et par des médias, le message, intitulé "Un cri pour la Tunisie: la liberté n'est pas un crime", fustigeait samedi un "net recul des libertés" et "une crise économique étouffante". (AFP)
Relayé sur les réseaux sociaux et par des médias, le message, intitulé "Un cri pour la Tunisie: la liberté n'est pas un crime", fustigeait samedi un "net recul des libertés" et "une crise économique étouffante". (AFP)
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  • L'opérateur a d'abord publié un communiqué parlant seulement de maintenance sur son application
  • Puis il a reconnu l'attaque dans un deuxième communiqué, publié dans la nuit de samedi à dimanche

TUNIS: Au lieu d'une offre promotionnelle, un message critique du pouvoir: à la suite d'une cyberattaque, des clients de Tunisie Telecom ont reçu, via l'application de l'opérateur public tunisien, un texte dénonçant la situation politique et économique du pays.

Relayé sur les réseaux sociaux et par des médias, le message, intitulé "Un cri pour la Tunisie: la liberté n'est pas un crime", fustigeait samedi un "net recul des libertés" et "une crise économique étouffante".

"Des promesses et des slogans, pour quel résultat?", demandait-il.

Incrédules et surpris, de nombreux Tunisiens ont aussitôt partagé des captures d'écran sur Facebook.

Il n'a pas été possible de confirmer combien de personnes avaient reçu ce message.

L'opérateur a d'abord publié un communiqué parlant seulement de maintenance sur son application.

Puis il a reconnu l'attaque dans un deuxième communiqué, publié dans la nuit de samedi à dimanche.

"Tunisie Telecom confirme que son application numérique MyTT a fait l'objet d'une cyberattaque aujourd'hui, qui a été détectée immédiatement et neutralisée avec succès en un temps record grâce aux mécanismes de protection et de surveillance mis en place, sans aucun impact sur la sécurité des données ni sur la continuité du service", a écrit l'opérateur.

"Par ailleurs, Tunisie Telecom souligne que la notification reçue par certains clients est sans lien avec les activités de l'entreprise ni avec les objectifs de cette application purement commerciale, conçue avant tout pour servir nos clients", a-t-il ajouté.

Des ONG tunisiennes et internationales dénoncent un recul des droits et libertés en Tunisie depuis le coup de force, en juillet 2021, du président Kais Saied, à la suite duquel il s'est octroyé de très larges pouvoirs.


Sud du Liban: Israël annonce la mort d'un de ses soldats

Des militants de gauche israéliens manifestent contre le gouvernement israélien devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 23 mai 2026. (AFP)
Des militants de gauche israéliens manifestent contre le gouvernement israélien devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 23 mai 2026. (AFP)
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  • Le sergent Nehoray Leizer, âgé de 19 ans, est "tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée sans donner plus de détails
  • Les frappes se poursuivent au Liban, notamment dans le sud, en dépit de l'entrée en vigueur le 17 avril d'une trève entre Israël et le mouvement islamiste et soutenu par l'Iran Hezbollah

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi la mort d'un de ses soldats survenue la veille dans le Sud du Liban, portant à 23 le nombre de morts dans ses rangs depuis le déclenchement le 2 mars de la guerre avec le Hezbollah.

Le sergent Nehoray Leizer, âgé de 19 ans, est "tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée sans donner plus de détails.

Les frappes se poursuivent au Liban, notamment dans le sud, en dépit de l'entrée en vigueur le 17 avril d'une trève entre Israël et le mouvement islamiste et soutenu par l'Iran Hezbollah.

 

 


Sous des chaleurs extrêmes, le hajj met les pélerins à rude épreuve

La chaleur accablante pousse aussi des dizaines de fidèles à chercher refuge à l'ombre des bâtiments jouxtant la mosquée ou dans les galeries intérieures. (AFP)
La chaleur accablante pousse aussi des dizaines de fidèles à chercher refuge à l'ombre des bâtiments jouxtant la mosquée ou dans les galeries intérieures. (AFP)
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  • Pour protéger les fidèles, les autorités ont déployé sur les esplanades de la Grande Mosquée  - dont le marbre blanc brûle sous le soleil de plomb - un puissant circuit de climatisation
  • Immenses ventilateurs, brumisateurs et systèmes de refroidissement des sols complètent le dispositif, tandis que des bouteilles d'eau glacée sont distribuées gratuitement aux pèlerins

LA MECQUE: Sous des températures dépassant les 40°C, Inas Gamal s'est résolue à rester dans la chambre, climatisée, de son hôtel, pour faire, entre le lever et le coucher du soleil les prières du hajj, qui débute lundi en Arabie saoudite.

"Il fait très chaud, beaucoup plus que je ne l'imaginais", dit à l'AFP cette Egyptienne mère de quatre enfants, qui effectue pour la première fois le grand pèlerinage annuel musulman.

"Je n'arrive pas à m'adapter" à la chaleur extrême de la péninsule arabique, admet avec gêne cette quadragénaire, en ajustant ses lunettes de soleil.

"J'avais prévu de faire toutes mes prières à la Grande Mosquée", au coeur de laquelle trône la Kaaba, ce cube noir géant vers lequel les musulmans du monde entier se tournent pour prier, "mais je n'ai pas pu y aller pour les prières qui se tiennent en journée", explique-t-elle.

Le Centre national de météorologie prévoit des températures diurnes comprises entre 42 et 47 degrés pendant le hajj et sa série de rites codifiés se déroulant, souvent en plein air, sur plusieurs jours à la Mecque et dans ses environs.

Sous un soleil brûlant et dans une atmosphère étouffante, les pèlerins s'exposent aux coups de chaleur, malaises et même arrêts cardiaques.

Comme Mme Gamal, 1,5 million de fidèles sont déjà arrivés en Arabie saoudite pour effectuer ce pèlerinage, un des cinq piliers de l'islam, qui doit être entrepris par tout musulman au moins une fois dans sa vie s'il en a les moyens.

"Le seul obstacle" 

Pour beaucoup, la chaleur et l'aridité du climat sont un choc.

"Je veille à boire de grandes quantités d'eau et des boissons riches en sels et en minéraux, parce que nous transpirons en permanence et que nous sommes constamment en mouvement", assure à l'AFP Imad Ahmed, venu du Royaume-Uni.

Pour protéger les fidèles, les autorités ont déployé sur les esplanades de la Grande Mosquée  - dont le marbre blanc brûle sous le soleil de plomb - un puissant circuit de climatisation, que la télévision d'Etat saoudienne vante comme sans équivalent au monde.

Immenses ventilateurs, brumisateurs et systèmes de refroidissement des sols complètent le dispositif, tandis que des bouteilles d'eau glacée sont distribuées gratuitement aux pèlerins.

Mais quand même "il fait vraiment très chaud", souffle sous son chapeau Mohamed Nabil, Algérien venu d'Oran, où les températures ne dépassent actuellement pas les 25°C.

Pour ce professeur de 43 ans, qui explique parcourir plus de 30.000 pas par jour, la chaleur constitue "le seul obstacle" au plaisir d'accomplir les rites à La Mecque, berceau de l'islam.

Coups de chaleur 

Les stands de glaces sont pris d'assaut, les pèlerins faisant la queue pour obtenir un pot vendu environ deux euros.

La chaleur accablante pousse aussi des dizaines de fidèles à chercher refuge à l'ombre des bâtiments jouxtant la mosquée ou dans les galeries intérieures.

Certains rites du hajj restent particulièrement éprouvants, comme l'étape phare du Mont Arafat, mardi, où les pèlerins seront exposés au soleil brûlant sur un promontoire rocheux.

Le ministère saoudien de la Santé a annoncé samedi que ses équipes médicales avaient déjà pris en charge 144 personnes souffrant de coups de chaleur.

En 2024, plus de 1.300 pèlerins avaient péri sous des températures dépassant les 50°C, d'après les autorités.

Dans la vallée de Mina, près de La Mecque, où le pèlerinage doit se conclure avec le rituel de la lapidation de Satan, un hôpital se tient prêt à accueillir les personnes souffrant de coups de chaleur.

Sans cacher sa préoccupation, Jamil Abualenain, directeur général exécutif du Centre national de gestion des crises et des catastrophes sanitaires, y répète pour l'AFP les consignes de base: "consommer suffisamment d'eau, utiliser des parapluies et éviter toute exposition prolongée aux rayons du soleil".