Idris Elba et son épouse Sabrina veulent porter la voix des petits fermiers africains à Davos

L'acteur britannique Idris Elba (à gauche) et sa femme Sabrina Dhowre Elba, mannequin et activiste américaine, répondent lors d'une interview avec l'AFP à la réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF) à Davos, le 16 janvier 2023. (AFP).
L'acteur britannique Idris Elba (à gauche) et sa femme Sabrina Dhowre Elba, mannequin et activiste américaine, répondent lors d'une interview avec l'AFP à la réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF) à Davos, le 16 janvier 2023. (AFP).
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Publié le Mardi 17 janvier 2023

Idris Elba et son épouse Sabrina veulent porter la voix des petits fermiers africains à Davos

  • Les Elbas sont depuis 2020 ambassadeurs de bonne volonté des Nations unies, et collaborent avec le Fonds international de développement agricole (FIDA) pour des actions liées à la sécurité alimentaire et au dérèglement climatique
  • «Les gens écoutent, les gouvernements s'impliquent, mais pas assez. C'est pourquoi nous sommes ici pour frapper aux portes», indique Sabrina Dhowre Elba

DAVOS : La première fois qu'Idris Elba est venu à une réunion du Forum économique mondial à Davos, c'était en 2014, comme DJ à une fête avec la star du R&B Mary J. Blige. "Il y avait des gens très intéressants dans mon public, mais ce n'était rien comparé à cette fois-ci."

L'acteur britannique et son épouse, la mannequin Sabrina Dhowre Elba, sont de retour dans la station de ski suisse avec ce qu'il décrit dans un entretien avec l'AFP comme "une expérience très différente" et "beaucoup de responsabilité": convaincre les entrepreneurs occidentaux qu'il y a des affaires à faire avec les petits fermiers locaux d'Afrique.

"Les gens écoutent, les gouvernements s'impliquent, mais pas assez. C'est pourquoi nous sommes ici pour frapper aux portes et dire à autant de personnes que possible que nous devons nous impliquer deux fois, trois fois, quatre fois, cinq fois plus, car le besoin est là", indique Sabrina Dhowre Elba.

"Le changement climatique est à la porte de l'Afrique. C'est déjà en train de se passer. Les gens ont besoin de s'adapter aujourd'hui pour survivre", insiste-t-elle.

Les Elbas sont depuis 2020 ambassadeurs de bonne volonté des Nations unies, et collaborent avec le Fonds international de développement agricole (FIDA) pour des actions liées à la sécurité alimentaire et au dérèglement climatique.

Investissements du privé

"Je pense que le prochain défi, c'est de faire participer le secteur privé", dit Idris Elba.

Le président du Fida Alvaro Lario, qui accompagne le couple dans la station de ski suisse, insiste sur l'importance d'avoir des entreprises occidentales qui s'impliquent "pas seulement en tant que soutien ou en tant qu'aide", mais avec de vrais investissements.

"En réalité, il y a des opportunités pour faire des affaires" dans l'agriculture, le secteur forestier, la pêche", qui constituent selon lui le 2e secteur le plus prometteur après celui des technologies. "C'est le type de conversation que nous voulons avoir."

L'engagement du couple lui a valu lundi un prix Crystal décerné par le Forum économique mondial, et ils entendent poursuivre à travers leur propre fondation (Elba Hope Foundation) créée en fin d'année dernière et visant à soutenir des initiatives liées toujours aux mêmes sujets, mais aussi aux femmes ou aux jeunes.

Loin des personnages souvent sans pitié qu'il a interprétés dans les séries "The Wire" ou "Luther", ou dans le film "Beasts of no Nation", Idris Elba se dit motivé par "l'injustice d'avoir la moitié du monde qui mange, et la moitié du monde qui ne mange pas. La moitié du monde qui cause des dommages considérables à notre planète, et l'autre moitié qui (...) meurt de faim et souffre le plus de ces dommages."

"Quand je pense à la conversation sur le climat, et quand je pense à la conversation sur le continent (africain), (...) on a l'impression qu'on oublie les vrais gens", relève aussi sa femme. Alors que les petits fermiers ont un rôle crucial "quand on parle de sécurité alimentaire, et même de climat. Parce que les solutions basées sur la nature dont tout le monde parle, ce sont ces gens qui les mettent en place. Ce sont les conservateurs de notre planète".


Iran : l'UE désigne les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
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  • Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont classé les Gardiens de la Révolution iraniens comme organisation terroriste suite à la répression sanglante des manifestations en Iran
  • L’UE a également sanctionné 21 responsables iraniens, avec interdiction d’entrée sur le territoire et gel de leurs avoirs

BRUXELLES: Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'Union européenne sont tombés d'accord jeudi pour désigner les Gardiens de la révolution comme une "organisation terroriste", après la répression sanglante des manifestations en Iran, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.

"+Terroriste+, c'est bien ainsi que l'on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang", a aussitôt réagi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte", a assuré de son côté Mme Kallas, en marge d'une réunion ministérielle à Bruxelles.

Ces derniers ont donné leur feu vert à l'inscription des Gardiens iraniens dans la liste de l'UE recensant les organisations terroristes. Les Européens rejoignent ainsi d'autres pays comme les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie.

La France avait annoncé dès mercredi être prête à soutenir cette décision, en réponse à la répression "la plus violente" de l'histoire récente iranienne.

Les Européens ont aussi décidé jeudi de sanctionner plusieurs responsables iraniens, dont le ministre de l'Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution. La liste de ces responsables iraniens a été publiée jeudi au Journal officiel de l'UE.

Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d'entrer dans l'UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept.


Trump dit qu'il "semble" que le Hamas va se désarmer

Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme que le Hamas « semble » prêt à se désarmer, une étape clé de son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza
  • La deuxième phase de la trêve prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif israélien et le déploiement d’une force internationale

WASHINGTON : Donald Trump a dit jeudi qu'il "semblait" que le mouvement palestinien Hamas allait "se désarmer", ce qui est l'une des étapes cruciales prévues dans son plan de règlement du conflit à Gaza.

"Beaucoup de gens disent qu'ils ne se désarmeront jamais. Il semble qu'ils vont se désarmer", a déclaré le président américain pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Il a également relevé que le Hamas "nous a aidé avec les corps, leur rapatriement et sa famille est très reconnaissante", faisant référence au rapatriement des restes du dernier otage israélien du 7-Octobre, Ran Gvili, à qui Israël a rendu hommage mercredi lors de funérailles nationales.

Pour sa part, l'émissaire spécial Steve Witkoff s'est félicité que "nous ayons chassé les terroristes de là-bas et ils vont se démilitariser".

"Ils le feront parce qu'ils n'ont pas le choix. Ils vont abandonner. Ils vont abandonner les AK-47", a-t-il ajouté.

La veille, le Hamas s'était dit prêt à un "transfert complet de la gouvernance" de la bande de Gaza aussi vite que possible.

Aux termes du plan du président américain pour mettre fin à la guerre de Gaza, un Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) doit administrer provisoirement le territoire palestinien sous la houlette du "Conseil de paix" présidé par M. Trump lui-même.

La deuxième phase de la trêve entrée en vigueur le 10 octobre dernier prévoit entre autres le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.


Ethiopie: combats entre armée fédérale et forces tigréennes, vols supendus vers le Tigré

Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
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  • De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar
  • Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés

ADDIS ABEBA: Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie.

De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar. Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés.

Ces tensions font planer le risque d'une reprise d'un conflit après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l'armée éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Au moins 600.000 personnes étaient mortes, selon l'Union africaine, des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées.

Ces derniers jours, des combats se sont tenus à Tsemlet (ouest du Tigré), une zone revendiquée par des forces de la région voisine de l'Amhara, ont déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, des sources diplomatique et sécuritaire en poste en Ethiopie.

"Raisons opérationnelles" 

A Tsemlet, face aux forces tigréennes, "ce sont les ENDF (armée éthiopienne, NDLR) avec des milices amharas", a déclaré la source diplomatique, sous couvert d'anonymat. Des affrontements se sont tenus "ces derniers jours", mais "aujourd'hui on ne sait pas encore" s'il se poursuivent, a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

Les combats ont été confirmés par une source locale au Tigré, qui a également requis l'anonymat.

"La situation semble dégénérer", a corroboré la source sécuritaire, se montrant "dubitative sur la capacité des TDF (l'armée tigréenne, NDLR), à récupérer par la force Tselemt".

Le porte-parole de l'armée fédérale et des membres du TPLF n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Les liaisons aériennes vers le Tigré d'Ethiopian Airlines, compagnie publique et seule à desservir cette région, ont été suspendues, ont également affirmé les sources diplomatique et sécuritaire.

Les vols, tout comme les services de télécommunications et bancaires, avaient été complètement suspendus durant la guerre, avant de reprendre à la suite de l'accord de paix conclu à Pretoria fin 2022. Leur suspension est une première depuis l'accord de paix.

Selon deux responsables d'Ethiopian Airlines, qui ont requis l'anonymat, les vols ont été interrompus pour "raisons opérationnelles", sans donner plus de détails.

L'un d'eux a toutefois déclaré "suspecter" que l'arrêt pour l'instant temporaire du trafic soit lié "aux tensions politiques" entre les autorités fédérales et l'administration au Tigré.

"Escalade militaire" 

Selon un journaliste à Mekele, joint au téléphone par l'AFP et qui a lui aussi requis l'anonymat, une "anxiété croissante" se ressent dans cette ville, capitale du Tigré.

Depuis plusieurs mois, la situation est tendue dans le nord de l'Ethiopie. Des forces amhara et érythréennes sont toujours présentes dans la région, en violation de l'accord de paix de Pretoria - auquel elles n'ont pas participé - qui prévoyait leur retrait.

Début 2025, le chef de l'administration intérimaire au Tigré, institution mise en place par Addis Abeba, avait été contraint de fuir Mekele, la capitale régionale, en raison de divisions croissantes au sein du TPLF.

Ce parti qui a dominé l'Ethiopie pendant presque trois décennies avant de se retrouver marginalisé après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed et d'être aujourd'hui radié, est accusé par les autorités fédérales de s'être rapproché de l'Erythrée voisine.

Les relations entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique, qui s'étaient réchauffées durant la guerre du Tigré, lorsque les troupes érythréennes avaient appuyé les forces fédérales éthiopiennes, sont de nouveau acrimonieuses, nourries de discours belliqueux, faisant planer le risque d'un nouveau conflit.

Pour Kjetil Tronvoll, professeur à Oslo New University College et spécialiste de la zone, cette confrontation entre forces fédérales et tigréennes "n'est pas surprenante". "Le risque d'une escalade militaire est grave, et il est possible que des forces non éthiopiennes viennent appuyer les forces tigréennes", a-t-il confié à l'AFP.