Brasilia va doubler la présence policière autour de ses centres de pouvoir

Des membres de la Force nationale sécurisent la Place des Trois Pouvoirs après la manifestation des partisans de l'ancien président brésilien Jair Bolsonaro à Brasilia, le 17 janvier 2023 (Photo, AFP).
Des membres de la Force nationale sécurisent la Place des Trois Pouvoirs après la manifestation des partisans de l'ancien président brésilien Jair Bolsonaro à Brasilia, le 17 janvier 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 18 janvier 2023

Brasilia va doubler la présence policière autour de ses centres de pouvoir

  • Le nombre de policiers militaires postés à proximité du Palais présidentiel, du Congrès et de la Cour suprême va «immédiatement» être porté de 248 à 500
  • Jair Bolsonaro, qui se trouve aux États-Unis depuis le 30 décembre, soit deux jours avant la fin de son mandat, nie tout lien avec ces assauts

BRASILIA: Les autorités du District fédéral de Brasilia ont annoncé lundi un doublement permanent de la présence policière autour des centres du pouvoir pris d'assaut le 8 janvier par des partisans de l'ancien président d'extrême droite Jair Bolsonaro.

Le nombre de policiers militaires postés à proximité du Palais présidentiel, du Congrès et de la Cour suprême va "immédiatement" être porté de 248 (et non 240 comme indiqué dans un premier temps par la gouverneure) à 500, a annoncé Celina Leao, gouverneure par intérim du District fédéral (DF).

Il s'agit "d'avoir le maximum de tranquillité et une bonne sécurité", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse aux côtés du président de la Chambre des députés Arthur Lira et du vice-ministre de la Justice Ricardo Cappelli.

Le gouverneur du DF de Brasilia, Ibaneis Rocha, a été suspendu pour 90 jours en raison des failles de la sécurité le 8 janvier.

La sécurité du District fédéral a été placée sous le contrôle de l'exécutif par un décret présidentiel le 8 janvier, date à laquelle des milliers de bolsonaristes ont envahi et saccagé les trois centres du pouvoir, une semaine seulement après l'investiture du président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva.

Plus de 2 000 personnes ont été arrêtées après ces attaques, que le gouvernement a qualifiées d'"actes terroristes". Parmi elles, 1 159 ont été incarcérées, selon les chiffres officiels.

Plus de 800 détenus ont déjà été soumis à des auditions préliminaires, qui doivent se terminer lundi. Les autorités tentent en particulier de déterminer qui a financé et ordonné l'assaut.

Jair Bolsonaro, qui se trouve aux États-Unis depuis le 30 décembre, soit deux jours avant la fin de son mandat, nie tout lien avec ces assauts. Il fait cependant l'objet d'une enquête.

Lula renvoie 40 militaires affectés à la résidence présidentielle

Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a renvoyé 40 militaires affectés à sa résidence officielle, après avoir promis un examen "approfondi" du personnel suite à la tentative d'insurrection.

La mesure, publiée mardi au Journal officiel, concerne des militaires affectés au palais de l'Alvorada, la résidence officielle du chef d'Etat, située à quatre km environ des sièges de la présidence, du Congrès et de la Cour suprême saccagés par des bolsonaristes une semaine après l'investiture de Lula.

Ce dernier avait annoncé jeudi dernier un examen "approfondi" du personnel affecté à la présidence, se disant convaincu que les émeutiers qui étaient entrés dans le palais présidentiel du Planalto avaient bénéficié d'une aide de l'intérieur.

La police fédérale a par ailleurs annoncé une arrestation lundi à Rio de Janeiro lors d'une opération de recherche de trois suspects soupçonnés d'avoir financé et organisé les actes de vandalisme, les barrages routiers et les manifestations antidémocratiques des dernières semaines.

M. Cappelli, nommé par le pouvoir exécutif pour superviser la sécurité à Brasilia, a déclaré lundi que les enquêtes visaient notamment à déterminer s'il y avait des "professionnels" parmi les émeutiers.

"Il y avait des hommes parmi les manifestants ayant une connaissance du terrain, des tactiques de combat et des caractéristiques professionnelles", a-t-il dit, citant un sergent blessé lors de l'émeute, au cours de laquelle, selon M. Cappelli, 44 militaires ont été blessés.

Caméras de surveillance

Le procureur général Augusto Aras a fait part de son côté de la mise en accusation à venir de 40 détenus pour le "saccage et l'invasion" du 8 janvier. "Notre préoccupation est que de tels actes ne se répètent plus jamais", a-t-il indiqué.

Une semaine après l'assaut, la télévision Globo a diffusé des images inédites provenant de caméras de surveillance à l'intérieur du Palais présidentiel.

Elles montrent un homme portant un tee-shirt noir à l'effigie de Bolsonaro en train de jeter au sol une horloge Louis XIV. L'homme, dont le visage n'est pas couvert, récupère ensuite un extincteur et le lance à trois reprises sur la caméra de sécurité pour tenter de la mettre hors d'usage.


Malgré les menaces de Téhéran, les discussions continuent "à un rythme rapide" selon Trump

Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
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  • Les pourparlers États-Unis–Iran sont fragiles, entre annonces d’accords et suspension du dialogue.
  • Malgré les discussions, les frappes et menaces d’escalade régionale se poursuivent, alimentant l’instabilité

TEHERAN: Donald Trump a assuré lundi que les négociations avec Téhéran pour mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient se poursuivaient "à un rythme rapide" et qu'une détente se profilait au Liban, comme exigé par la partie iranienne.

Un peu plus tôt, l'agence de presse iranienne Tasnim avait affirmé que les négociateurs du pays avaient "suspendu" le dialogue indirect avec Washington à cause des "crimes" qu'Israël "continue à commettre", sans que cette information ne soit confirmée de source officielle iranienne.

"Les Etats-Unis sont directement responsables d'une violation du cessez-le-feu contre l'Iran, et d'une violation du cessez-le-feu par le régime israélien contre le Liban", a estimé le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont estimé que "les lignes rouges franchies" à Gaza et au Liban équivalaient "à une guerre directe", en référence aux frappes quasi quotidiennes d'Israël dans le territoire palestinien et à son offensive dans le pays voisin.

"En réponse", l'Iran "est déterminé à mener des opérations défensives" et à "ouvrir de nouveaux fronts", ont averti les Gardiens.

Mais Donald Trump a annoncé avoir obtenu auprès du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, l'engagement de ne pas envoyer de troupes à Beyrouth, et auprès du Hezbollah pro-iranien celui de "cesser totalement le feu".

"Israël ne les attaquera pas et ils n'attaqueront pas Israël", a-t-il écrit.

Peu après, l'ambassade du Liban aux Etats-Unis a confirmé que le Hezbollah avait accepté une proposition américaine de "cessation mutuelle des attaques" avec Israël.

- Le pétrole fébrile -

Les négociations indirectes entre les Etats-Unis et l'Iran, pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par une attaque conjointe israélo-américaine, patinent depuis des semaines.

D'autant que Téhéran a redit lundi que le nucléaire iranien ne faisait pas partie "à ce stade" des discussions, contrairement aux attentes de Donald Trump, qui a affirmé dimanche soir qu'un protocole d'accord devrait stipuler "très clairement que l'Iran n'aura(it) pas d'arme nucléaire".

Autre dossier clé des discussions, la navigation maritime. Selon Tasnim, l'Iran compte continuer à verrouiller le détroit d'Ormuz, et envisage de perturber le trafic dans celui de Bab el-Mandeb, de l'autre côté de la péninsule arabique - ce qui bloquerait l'accès au canal de Suez via la mer Rouge et contraindrait les navires à d'énormes détours.

Un navire a été touché par un projectile dans le Golfe qui a déclenché une forte explosion, a indiqué sans plus de détails l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

Dans ce contexte, le cours du Brent de la mer du Nord, référence mondiale du pétrole brut, est brutalement reparti à la hausse (jusqu'à environ +7%) avant de ralentir quelque peu et de terminer la séance en hausse de 4,24% à 94,98 dollars.

- Washington défend des frappes "défensives" -

L'Iran avait plus tôt dans la journée accusé les Etats-Unis de violer à nouveau le fragile cessez-le-feu conclu le 8 avril, après des frappes américaines ce week-end suivies de représailles militaires iraniennes.

L'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

Les Gardiens iraniens avaient dit avoir riposté en attaquant une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire, sans nommer le pays visé - mais le Koweït a intercepté des missiles et drones "hostiles" et les a attribués à l'Iran.

La guerre a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranle l'économie mondiale.


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

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  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

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  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".