Coupures d'électricité: «l'essentiel des risques» est passé mais il faut rester «vigilant»

La grève qui s'annonce à EDF à partir de jeudi, comme dans d'autres entreprises, sera d'autant plus scrutée qu'elle peut être synonyme de "baisses de charges", autrement dit, une diminution de la production nucléaire, dont la France est tributaire à 70% pour son courant. (AFP).
La grève qui s'annonce à EDF à partir de jeudi, comme dans d'autres entreprises, sera d'autant plus scrutée qu'elle peut être synonyme de "baisses de charges", autrement dit, une diminution de la production nucléaire, dont la France est tributaire à 70% pour son courant. (AFP).
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Publié le Mercredi 18 janvier 2023

Coupures d'électricité: «l'essentiel des risques» est passé mais il faut rester «vigilant»

  • «L'essentiel des risques est derrière nous», a annoncé le président du directoire de RTE Xavier Piechaczyk sur Franceinfo
  • Cette amélioration est rendue possible par un réel effort de sobriété des ménages et des entreprises, et la bonne remontée des centrales nucléaires. Mais il reste «quelques risques autour de la deuxième quinzaine de février»

PARIS : Les craintes de coupures d'électricité se dissipent pour la France mais il n'y a pas de "risque zéro": le gestionnaire du transport d'électricité français RTE a confirmé mercredi sa vision rassurante pour l'hiver, même si la météo et la grève contre la réforme des retraites font planer des incertitudes.

"L'essentiel des risques est derrière nous", a annoncé le président du directoire de RTE Xavier Piechaczyk sur Franceinfo. Cette amélioration est rendue possible par un réel effort de sobriété des ménages et des entreprises, et la bonne remontée des centrales nucléaires. Mais il reste "quelques risques autour de la deuxième quinzaine de février" : "il faut rester vigilant", a-t-il dit.

Les risques se présenteront "si on traverse une période de froid longue et importante" car EDF doit débrancher prochainement plusieurs réacteurs nucléaires pour maintenance.

La grève qui s'annonce à EDF à partir de jeudi, comme dans d'autres entreprises, sera d'autant plus scrutée qu'elle peut être synonyme de "baisses de charges", autrement dit, une diminution de la production nucléaire, dont la France est tributaire à 70% pour son courant. A ce stade, il est difficile d'en évaluer les conséquences, selon RTE car cela dépendra de l'ampleur de la mobilisation et de la tenue des calendriers de redémarrages de réacteurs par EDF.

RTE a toutefois fait savoir qu'il disposait de "dispositions réglementaires et légales" lui permettant "de demander à l'ensemble des moyens de production grévistes un arrêt des baisses de production".

"C'est ce que nous ferons si la baisse de production" menace la "continuité de l'alimentation électrique", a prévenu Jean-Paul Roubin, directeur exécutif clients et opération du système électrique de RTE.

Pour l'heure, le risque d'activation du signal rouge EcoWatt pour les quatre prochaines semaines demeure à un "niveau moyen", ce qui est "moins élevé que dans la prévision de septembre, mais ce n'est pas un risque zéro non plus", a souligné Thomas Veyrenc, directeur Exécutif du pôle stratégie, prospective et évaluation de RTE.

Ce signal prévient de risques de coupures ciblées à moins de réductions substantielles de la consommation d'électricité, en particulier aux heures de pointe (08H00-13H00 et 18H00-20H00). Dans la première estimation de RTE en septembre, ce risque avait été évalué de 0 à 5 signaux.

«Mieux préparée»

Après avoir d'abord craint des coupures au coeur de l'hiver, la France retrouve finalement des auspices favorables, en grande partie grâce à la consommation électrique qui a reculé de 8,5% en moyenne sur les quatre dernières semaines par rapport à la moyenne de référence avant crise sanitaire (2014-2019), dans l'industrie mais aussi les bureaux et les logements, ce qui est "absolument considérable", selon M. Piechaczyk.

D'autres vents favorables permettent à la France d'être "mieux préparée à faire face à des situations de tension" en cas de "météo défavorable ou d'aléas techniques" sur la production électrique: le bon niveau des stocks de gaz (80%), qui sert à se chauffer et à produire de l'électricité; des barrages qui se sont bien remplis après la sécheresse estivale; et un système d'échanges d'électricité avec les pays voisins "parfaitement fonctionnel".

Pour terminer l'hiver, la sobriété devra donc continuer, tout comme la poursuite des redémarrages de réacteurs nucléaires, même en cas de grève.

Au plus bas durant l'été 2022 en raison d'opérations de maintenance et de réparations, la disponibilité des réacteurs nucléaires est remontée ces dernières semaines. Mercredi, 43 réacteurs sur 56 étaient connectés au réseau, soit 71,85% de la puissance installée, ce qui n'avait pas été vu depuis longtemps, selon des données d'EDF analysées par l'AFP.

Cela s'améliorera avec le recouplage de deux réacteurs d'ici fin janvier, avant deux autres courant février. Mais il faudra compter sur 9 réacteurs de moins dans le cadre des maintenances prévues au cours de l'année 2023. RTE prévoit une puissance disponible entre 40 et 45 GW (sur une capacité installée de 61,4 GW) fin février, ce qui resterait toujours bas.


Incendie dans le Cher: risque «écarté» concernant le site d'armement Seveso 

Cette photographie aérienne montre une zone brûlée alors qu'un incendie de forêt fait rage dans le département des Pyrénées-Orientales, dans le sud de la France, près de la commune de Montalba-le-Château, aux alentours de Perpignan, le 7 juillet 2026. Photo d'illustration. (AFP)
Cette photographie aérienne montre une zone brûlée alors qu'un incendie de forêt fait rage dans le département des Pyrénées-Orientales, dans le sud de la France, près de la commune de Montalba-le-Château, aux alentours de Perpignan, le 7 juillet 2026. Photo d'illustration. (AFP)
  • "Il y a eu des hélicoptères bombardiers qui ont permis de cesser son évolution", a précisé la préfecture
  • A 15h45, un feu s'est déclaré sur la commune de Morthomiers, située à une dizaine de km de Bourges et "s'est propagé sur 60 hectares de bois résineux"

RENNES:  Le feu de forêt qui s'est propagé sur un site d'armement KNDS, classé Seveso seuil haut, près de Bourges (Cher), ne menace plus directement les lieux sensibles de l'usine et le risque est ainsi "écarté", a indiqué mercredi soir la préfecture à l'AFP.

"L'incendie n'est pas tout à fait fixé sur le flanc avant droit, mais, par contre, le flanc gauche qui lui était vraiment un danger pour le site dans lequel il y avait les munitions, est fixé", a déclaré à l'AFP la préfecture du Cher, précisant que le confinement de la centaine d'habitants dans la proche commune de Morthomiers était "levé".

"Il y a eu des hélicoptères bombardiers qui ont permis de cesser son évolution", a précisé la préfecture.

A 15h45, un feu s'est déclaré sur la commune de Morthomiers, située à une dizaine de km de Bourges et "s'est propagé sur 60 hectares de bois résineux".

L'incendie a ensuite gagné le site d'armement de KNDS d'une superficie d'environ 170 hectares, d'après la préfecture.

Le plan communal de sauvegarde a été mis en oeuvre et le centre opérationnel départemental a également été activé en préfecture.

Les 500 personnes qui travaillent régulièrement sur ce site d’armement avaient toutes été évacuées et une équipe interne de lutte contre les incendies avait été déployée, a indiqué à l'AFP une porte-parole de KNDS.

Environ 70 personnes de la commune de Morthomiers avaient elles été confinées dans la salle des fêtes du village, qui compte environ 850 habitants, d'après le maire M. Guillaume Porcher.


L'incendie dans la Drôme toujours très actif, météo «défavorable»

Un pompier dans la Drôme, photo d'archives. (AFP)
Un pompier dans la Drôme, photo d'archives. (AFP)
  • L'incendie, qui a éclaté le 2 juillet, n'est "toujours pas fixé", selon l'officier, "il reste très actif sur tous les flancs"
  • Les flammes sont loin de toute zone habitée mais, dès lundi, les 250 habitants de deux villages --Barsac et Montmaur-en-Diois-- avaient été évacués par précaution, puis plus de 450 enfants de deux colonies de vacances mardi

DIE: Plus de 430 pompiers tentaient toujours mercredi de ralentir un important incendie qui brûle depuis six jours la forêt d'une zone montagneuse inhabitée du sud de la Drôme, attisé par la chaleur, la sécheresse et des vents forts.

Le feu progresse peu avec une surface parcourue qui reste autour de 2.500 hectares, selon un bilan établi en milieu d'après-midi, mais "les conditions météorologiques défavorables complexifient encore nos manoeuvres et confirment nos inquiétudes", a expliqué sur place le lieutenant-colonel des pompiers Nicolas Héritier.

Les moyens aériens sur cette zone très escarpée et difficile d'accès au sol, sur la commune de Die, se limitaient vendredi à un hélicoptère lourd bombardier d'eau et un autre de reconnaissance, les deux Canadair attendus depuis plusieurs jours ayant été "priorisés" sur d'autres incendies dans le sud du pays où des habitations sont menacées.

L'effectif des pompiers va toutefois monter à 430 personnels en soirée avec des effectifs venant du Gard et du Vaucluse et sera renforcé, jeudi, avec 120 militaires de l'armée de terre spécialisés dans la lutte au sol contre les feux de forêts, a précisé le lieutenant-colonel Héritier.

L'incendie, qui a éclaté le 2 juillet, n'est "toujours pas fixé", selon l'officier, "il reste très actif sur tous les flancs".

Les flammes sont loin de toute zone habitée mais, dès lundi, les 250 habitants de deux villages --Barsac et Montmaur-en-Diois-- avaient été évacués par précaution, puis plus de 450 enfants de deux colonies de vacances mardi.

Mercredi, les habitants d'autres villages ont été appelés à se tenir prêts à quitter les lieux mais, en fin d'après-midi, la préfecture de la Drôme a indiqué qu'"aucune évacuation n'était nécessaire dans le secteur".

Habitant de Die, Yvan Bringard, 56 ans, voit les flammes depuis sa maison, sans se sentir en danger. "Les pompiers sont sereins, rassurés, et ça nous rassure aussi", a expliqué à l'AFP le retraité qui a accueilli pour la nuit plusieurs soldats du feu chez lui.

Des températures élevées, "jusqu'à 35°C", ainsi que "du vent du Nord de 20 km/h avec des rafales de 45", couplées à une sécheresse persistante et un terrain extrêmement difficile d'accès au sol expliquent que les pompiers n'arrivent toujours pas à arrêter la progression du feu, selon le lieutenant-colonel Héritier.

L'origine de cet incendie remonte à un premier feu provoqué par la foudre le 24 juin, déclaré éteint le lendemain. Malgré la surveillance des pompiers, un des foyers s'était réveillé une semaine plus tard, à la faveur d'un vent très fort et d'une chaleur persistante.

Dans le département voisin de l'Ardèche, 276 sapeurs-pompiers restent également mobilisés contre un autre incendie de végétation, qui a parcouru 90 hectares. Quatre d'entre eux ont été victimes de malaise, dont l'un transporté à l'hôpital.


La Cour de cassation n'a pas à se prononcer «plus rapidement», estime l'avocat de Le Pen

L'avocat de Marine Le Pen a estimé mercredi que la Cour de cassation n'avait pas à se prononcer "plus rapidement que d'habitude" sur le pourvoi de sa cliente, qui suspend sa peine de bracelet électronique à neuf mois de l'élection présidentielle. (AFP)
L'avocat de Marine Le Pen a estimé mercredi que la Cour de cassation n'avait pas à se prononcer "plus rapidement que d'habitude" sur le pourvoi de sa cliente, qui suspend sa peine de bracelet électronique à neuf mois de l'élection présidentielle. (AFP)
  • En janvier, le premier président de la Cour de cassation avait évoqué la possibilité que la plus haute instance judiciaire se prononce autour de la fin de l'année 2026 en cas de pourvoi, vu l'imminence de la présidentielle 2027 au printemps
  • Les délais de la Cour de cassation pour se prononcer sur un pourvoi contre une condamnation pénale sont normalement de huit mois à un an

PARIS: L'avocat de Marine Le Pen a estimé mercredi que la Cour de cassation n'avait pas à se prononcer "plus rapidement que d'habitude" sur le pourvoi de sa cliente, qui suspend sa peine de bracelet électronique à neuf mois de l'élection présidentielle.

La cour d'appel de Paris a condamné mardi Marine Le Pen à trois ans de prison, dont un an ferme sous surveillance électronique, dans l'affaire des assistants parlementaires d'eurodéputés du Front national.

Son inéligibilité ayant été réduite à 15 mois ferme, déjà purgés, la patronne du Rassemblement national a annoncé mardi sa candidature à l'élection présidentielle mais également déposé un pourvoi en cassation, qui suspend l'exécution de sa peine.

"Il avait été évoqué une accélération du calendrier de la Cour de cassation, pourquoi ? Parce qu'au moment où le président de la Cour de cassation l'avait évoqué, il y avait l'exécution provisoire (application immédiate de la peine d'inéligibilité prononcée en première instance, ndlr). L'exécution provisoire n'est plus du tout d'actualité", a déclaré mercredi sur France Inter son avocat Rodolphe Bosselut.

En janvier, le premier président de la Cour de cassation avait évoqué la possibilité que la plus haute instance judiciaire se prononce autour de la fin de l'année 2026 en cas de pourvoi, vu l'imminence de la présidentielle 2027 au printemps.

Les délais de la Cour de cassation pour se prononcer sur un pourvoi contre une condamnation pénale sont normalement de huit mois à un an.

"Quelle est en l'occurrence la situation qui justifierait que la Cour de cassation tranche plus rapidement que d'habitude ?", a interrogé Me Bosselut.

"Ce n'est pas moi qui ai accéléré la cour d'appel (...) Ce n'est pas moi qui ralentirai la Cour de cassation", a-t-il assuré, en référence au traitement de faveur judiciaire pour la tenue rapide d'un procès en appel dont a bénéficié Marine Le Pen.

"Je voudrais que le cours de la justice soit un cours identique à tous les justiciables", a-t-il conclu.

"A partir du moment où Marine Le Pen peut se présenter grâce à cet arrêt de la cour d'appel, il n'y a plus d'urgence à ce que la Cour de cassation se prononce", a abondé sur RMC-BFMTV le maire de Perpignan Louis Aliot, très proche de Marine Le Pen et également condamné dans ce dossier.

"Faites comme pour tout Français", a enjoint le directeur de campagne du RN Julien Sanchez sur RTL, rappelant que "le délai classique pour aller en cassation, en général, c'est douze, quinze mois".

La cour d'appel a déclaré mardi Marine Le Pen, le Rassemblement national et dix autres personnes coupables de la mise en place d'une "organisation" pour salarier au titre d'assistants parlementaires d'eurodéputés des personnes qui travaillaient en réalité pour le parti, "une rupture d'égalité" avec les autres formations politiques.

Sur les contrats litigieux d'assistants parlementaires dont elle était saisie, la cour d'appel a chiffré le préjudice total du Parlement européen à 2,8 millions d'euros entre 2004 et 2016.