Au moment du retrait des troupes, dernier coup de fouet de Pompeo aux négociations afghanes                      

Le reflection du Boeing C-408 du secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo se devine dans la vitre du bâtiment de l'aéroport d'Al-Bateen à Abu-Dhabi. (AFP).
Le reflection du Boeing C-408 du secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo se devine dans la vitre du bâtiment de l'aéroport d'Al-Bateen à Abu-Dhabi. (AFP).
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Publié le Samedi 21 novembre 2020

Au moment du retrait des troupes, dernier coup de fouet de Pompeo aux négociations afghanes                      

  • Le ministre de Donald Trump, qui arrivera d'Abou Dhabi, termine ce week-end dans le Golfe une tournée dans sept pays d'Europe et du Moyen-Orient alors que le président sortant, accélère ses priorités de fin de mandat
  • Plus tôt dans la semaine, le Pentagone a ainsi annoncé le retrait de quelque 2.000 soldats supplémentaires d'Afghanistan d'ici le 15 janvier: cinq jours avant la prise de fonctions du président élu Biden, il n'en restera plus que 2.500

ABU DHABI: Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo doit rencontrer samedi au Qatar des négociateurs des talibans et du gouvernement afghan, dont les pourparlers montrent de premiers signes d'avancées, au moment où Donald Trump accélère le retrait des troupes américaines d'Afghanistan malgré la violence persistante.


Une série de fortes explosions ont secoué samedi le centre de Kaboul, y compris plusieurs ayant retenti de manière rapprochée, ont rapporté des journalistes de l'AFP.


"Vers 8h40 ce matin, les terroristes ont tiré 23 roquettes sur la ville de Kaboul", a déclaré le porte-parole du ministre de l'Interieur Tariq Arian, précisant qu'au moins "huit personnes ont été tuées et 31 autres blessées".


Les explosions se sont produites dans des zones densément peuplées de la capitale afghane. Aucune revendication n'a pour l'heure été émise mais des responsables du gouvernement afghan ont accusé les talibans.


Dans ce contexte toujours tendu, les services de Mike Pompeo ont annoncé qu'il tiendrait des réunions séparément à Doha, la capitale de l'émirat où il a assisté le 29 février à la signature d'un accord historique entre les Etats-Unis et les talibans pour mettre fin à la plus longue intervention militaire américaine de l'histoire, et où se déroulent les négociations de paix interafghanes.


Mike Pompeo doit également rencontrer l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, ainsi que le ministre des Affaires étrangères, lors de cette étape à Doha, base diplomatique des insurgés afghans.


Le ministre de Donald Trump, qui arrivera d'Abou Dhabi, termine ce week-end dans le Golfe une tournée dans sept pays d'Europe et du Moyen-Orient alors que le président sortant, tout en refusant de reconnaître la victoire du démocrate Joe Biden à l'élection du 3 novembre, accélère ses priorités de fin de mandat.


Plus tôt dans la semaine, le Pentagone a ainsi annoncé le retrait de quelque 2.000 soldats supplémentaires d'Afghanistan d'ici le 15 janvier: cinq jours avant la prise de fonctions du président élu Biden, il n'en restera plus que 2.500.


Le calendrier établi dans un accord entre Washington et les talibans prévoit un départ complet des troupes mi-2021 mais sur la base de conditions que plusieurs observateurs ne jugent pas remplies à ce stade.


Donald Trump a promis à plusieurs reprises de mettre fin aux "guerres sans fin" des Etats-Unis, notamment en Afghanistan où l'armée américaine est intervenue après les attentats du 11 septembre 2001.


Les alliés européens de Washington, mais aussi certains ténors républicains, ont exprimé leur préoccupation face à ce retrait que beaucoup jugent prématuré.


Joe Biden, sur un rare terrain d'entente avec Donald Trump, souhaite également mettre fin à la guerre en Afghanistan, même si les modalités du retrait peuvent varier entre les deux hommes.


Signe d'une possible continuité sur ce dossier délicat, plusieurs voix appellent d'ailleurs le démocrate à garder en fonctions le négociateur américain Zalmay Khalilzad une fois à la Maison Blanche.

Négociations depuis mi-septembre

Les insurgés ont engagé depuis mi-septembre leurs premières négociations directes avec le gouvernement de Kaboul mais ces discussions ont presque immédiatement capoté en raison de désaccords.


Après deux mois sans réelles avancées, plusieurs sources ont déclaré à l'AFP vendredi que les deux parties semblaient avoir résolu un point-clé de mésentente sur les règles des négociations.


Elles se sont ouvertes après l'accord entre les talibans et Washington, les Etats-Unis acceptant de retirer leurs troupes en échange de garanties sur la sécurité et sur le début de pourparlers.


Mais les violences ont augmenté dans tout le pays, les rebelles multipliant les attaques quotidiennes contre les forces de sécurité afghanes.


Le retrait d'une partie des troupes d'ici le 15 janvier a été critiqué par les habitants de Kaboul qui craignent que cela n'encourage les talibans à déclencher une nouvelle vague de combats.


Les civils afghans sont depuis longtemps les principales victimes du conflit.


Les autorités de Kaboul craignent également que les talibans ne durcissent leurs positions dans les négociations, où sont en jeu des sujets-clés comme les droits des femmes.


Le chef de l'armée pakistanaise Munir est en Chine avec le Premier ministre Sharif 

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  • Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir, médiateur principal dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, est en Chine aux côtés du Premier ministre Shehbaz Sharif pour des rencontres avec des dirigeants chinois
  • M. Munir était à Téhéran vendredi et samedi avec le ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, dans le cadre des efforts de médiation en cours visant à mettre fin durablement à la guerre en Iran

ISLAMABAD: Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir, médiateur principal dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, est en Chine aux côtés du Premier ministre Shehbaz Sharif pour des rencontres avec des dirigeants chinois, a rapporté la télévision pakistanaise lundi.

M. Munir était à Téhéran vendredi et samedi avec le ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, dans le cadre des efforts de médiation en cours visant à mettre fin durablement à la guerre en Iran.

La Chine a déclaré vouloir travailler avec le Pakistan afin de "contribuer de manière positive au rétablissement rapide de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient".

Shehbaz Sharif a commencé samedi sa visite officielle en Chine dans la ville de Hangzhou, dans la province du Zhejiang (est).

Le Pakistan multiplie ses efforts de médiation dans le conflit entre les États-Unis et l’Iran. Le pays avait accueilli en avril des pourparlers historiques en face-à-face qui n’ont pas abouti à un accord durable.

La Chine joue un rôle plus discret, facilitant des appels téléphoniques et des réunions avec des responsables des pays du Golfe concernés.

S’adressant aux dirigeants chinois à Pékin aux côtés de M. Munir, M. Sharif a déclaré que "le monde traverse un moment critique", selon les images de la télévision pakistanaise PTV.

"Le Pakistan a joué un rôle sincère de médiation entre les États-Unis et l’Iran. Le maréchal (Munir) était à Téhéran et ne voulait pas manquer cette grande visite", a-t-il ajouté.

"Les choses vont dans la bonne direction. Je voudrais remercier la Chine pour son soutien à la promotion de la paix", a-t-il encore déclaré.


Pakistan: un accident de bus fait 17 morts et 10 blessés

Au moins 17 personnes ont été tuées et 10 ont été blessées dans un accident de la route lundi au Pakistan, selon les autorités. (AFP)
Au moins 17 personnes ont été tuées et 10 ont été blessées dans un accident de la route lundi au Pakistan, selon les autorités. (AFP)
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  • Les passagers sont descendus du véhicule et attendaient à proximité lorsqu'une camionnette a perdu le contrôle et a percuté la foule ainsi que le bus en stationnement
  • "Au moins 17 personnes ont été tuées et plus de 10 blessées", a déclaré à l'AFP Bilal Ahmad Faizi, un responsable des secours, ajoutant que trois des blessés étaient dans un état critique

PESHAWAR: Au moins 17 personnes ont été tuées et 10 ont été blessées dans un accident de la route lundi au Pakistan, selon les autorités.

L'accident s'est produit lorsqu'un bus de passagers reliant le district de Swat à Peshawar, dans le nord du pays, a subi une panne mécanique et s'est arrêté sur le bord de la route.

Les passagers sont descendus du véhicule et attendaient à proximité lorsqu'une camionnette a perdu le contrôle et a percuté la foule ainsi que le bus en stationnement.

"Au moins 17 personnes ont été tuées et plus de 10 blessées", a déclaré à l'AFP Bilal Ahmad Faizi, un responsable des secours, ajoutant que trois des blessés étaient dans un état critique.

Muhammad Ali, un médecin d'un hôpital local accueillant les victimes, a également confirmé le bilan.

De nombreux passagers rentraient chez eux à l'approche de l'Aïd, l'une des fêtes religieuses les plus importantes du calendrier musulman.

 


Les Etats-Unis disent être près d'un accord «solide» avec l'Iran

Les Etats-Unis ont affirmé lundi être toujours sur le point de conclure un accord "solide" avec l'Iran, après que Donald Trump a tempéré la veille les espoirs d'entente imminente pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Les Etats-Unis ont affirmé lundi être toujours sur le point de conclure un accord "solide" avec l'Iran, après que Donald Trump a tempéré la veille les espoirs d'entente imminente pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Alors que les Etats-Unis travaillent à trouver un accord, le président Donald Trump a tempéré les espoirs dimanche, malgré des signes de progrès des deux côtés
  • "J'ai demandé à mes représentants de ne pas se précipiter pour conclure un accord, car le temps joue en notre faveur", a-t-il écrit sur sa plateforme Truth Social

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont affirmé lundi être toujours sur le point de conclure un accord "solide" avec l'Iran, après que Donald Trump a tempéré la veille les espoirs d'entente imminente pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

"Nous avons ce que je crois être une chose assez solide sur la table en ce qui concerne leur capacité à ouvrir le détroit" d'Ormuz, mais aussi "à entrer dans des négociations" sur le nucléaire iranien, a déclaré le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio depuis New Delhi.

"Nous pensions avoir des nouvelles hier soir, peut-être aujourd'hui (lundi), je ne m'avancerais pas trop là-dessus", a-t-il ajouté.

Déclenché le 28 février par une attaque américano-israélienne sur l'Iran, le conflit s'est étendu à une grande partie du Moyen-Orient et a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban où le mouvement pro-iranien Hezbollah a rejoint les hostilités début mars en visant le territoire israélien.

Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril entre l'Iran et les Etats-Unis, mais l'économie mondiale continue d'être secouée par le quasi blocage du stratégique détroit d'Ormuz à l'initiative de l'Iran depuis près de trois mois.

Alors que les Etats-Unis travaillent à trouver un accord, le président Donald Trump a tempéré les espoirs dimanche, malgré des signes de progrès des deux côtés.

"J'ai demandé à mes représentants de ne pas se précipiter pour conclure un accord, car le temps joue en notre faveur", a-t-il écrit sur sa plateforme Truth Social, en prévenant aussi que le blocus imposé par son pays aux ports iraniens resterait en vigueur "jusqu'à ce qu'un accord soit conclu, certifié et signé".

La présidence pense toutefois "que l'approbation de l'accord par le pouvoir iranien pourrait prendre plusieurs jours", selon le média Axios.

"Comme le président l'a dit, il n'est pas pressé, il ne va pas conclure un mauvais accord, et le président ne signera pas un mauvais accord", a souligné Marco Rubio lundi.

Selon les médias américains, l'accord en préparation entre Téhéran et Washington permettrait aux navires de franchir à nouveau Ormuz, passage par lequel transitait un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde avant le conflit.

Portés par ces espoirs d'accord, les cours du pétrole refluent lundi matin en Asie. Les prix des baril de Brent de la mer du Nord et de WTI américain chutaient de plus de 5% peu après 04H00 GMT.

Quid du nucléaire? 

Selon CBS News, qui cite des sources proches des discussions, la dernière proposition comprendrait également le dégel de certains actifs iraniens dans des banques à l'étranger.

"Malgré des discussions entamées aujourd'hui (dimanche), les Etats-Unis continuent de bloquer certaines clauses de l'accord, notamment la question du déblocage des avoirs iraniens gelés, et ces points restent à ce moment irrésolus", a cependant indiqué l'agence de presse Tasnim en fin de journée.

Fars rapporte quant à elle que les sanctions visant le pétrole, le gaz et autres produits pétrochimiques seraient également levées le temps de la poursuite des négociations afin de permettre à l'Iran d'exporter ces productions, primordiales pour son économie.

L'accord discuté ne semble pas régler en revanche la question nucléaire.

"
Les négociations sur le nucléaire sont des questions hautement techniques. On ne peut pas régler une question nucléaire en 72 heures sur un coin de table", a déclaré Marco Rubio au New York Times.

Une fois acquise la réouverture du détroit d'Ormuz, "nous entamerons, selon des modalités convenues, des négociations très sérieuses sur l'enrichissement, sur l'uranium hautement enrichi et sur leur engagement à ne jamais se doter d'armes nucléaires", a-t-il dit, évoquant à cet égard un délai de "60 jours".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dit dimanche avoir convenu avec M. Trump que tout accord final avec l'Iran devait "éliminer entièrement la menace nucléaire", selon un communiqué après un entretien téléphonique samedi soir entre les deux alliés.

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur dans ces négociations, a alimenté dimanche le scénario d'une résolution du conflit en plusieurs temps, en déclarant espérer "accueillir très prochainement la prochaine séance de négociations". Une première s'était tenue à Islamabad le 11 avril, sans débouché.

"Droit de se défendre" 

Sur le front libanais, deux personnes ont été tuées dimanche par des frappes israéliennes, au lendemain d'un raid israélien qui a fait 11 morts, a annoncé le ministère de la Santé, malgré la trêve en cours depuis le 17 avril.

Et l'armée israélienne a annoncé lundi la mort d'un de ses soldats la veille dans le sud du Liban.

M. Netanyahu a affirmé dimanche que Donald Trump avait, lors de son appel téléphonique, réitéré "le droit" d'Israël à se défendre sur tous les fronts, notamment au Liban. "Israël a toujours le droit de se défendre. Chaque pays du monde en a le droit", a encore dit Marco Rubio lundi.

Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a, lui, dit espérer que l'accord entre Washington et Téhéran inclurait son pays. Mais le dirigeant du mouvement chiite a aussi une nouvelle fois rejeté les négociations directes du gouvernement libanais avec Israël, dont une quatrième session est prévue début juin à Washington, et répété qu'un désarmement de son organisation, exigé par les autorités libanaises, concrétiserait un "projet israélien".