Ethiopie: mouvement de troupes érythréennes, les Etats-Unis saluent un «retrait en cours»

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed avant une réunion à son bureau à Addis-Abeba, en Éthiopie, le 12 janvier 2023. (Photo : Amanuel Sileshi / AFP)
Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed avant une réunion à son bureau à Addis-Abeba, en Éthiopie, le 12 janvier 2023. (Photo : Amanuel Sileshi / AFP)
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Publié le Dimanche 22 janvier 2023

Ethiopie: mouvement de troupes érythréennes, les Etats-Unis saluent un «retrait en cours»

  • Après un appel téléphonique avec le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, le secrétaire d'Etat américain a évoqué un «retrait en cours des troupes érythréennes du nord de l'Ethiopie»
  • Pays frontalier du Tigré, l'Erythrée a envoyé des troupes dès le début du conflit en novembre 2020 pour soutenir l'armée éthiopienne envoyée par Abiy Ahmed pour destituer les autorités de cette région qui contestaient son autorité

ADDIS ABEBA : Des soldats érythréens ont massivement quitté certaines villes de la région éthiopienne du Tigré, un «retrait en cours» salué samedi par les Etats-Unis, deux mois et demi après un accord de paix entre gouvernement et rebelles tigréens.

Des habitants des villes de Shire et d'Adwa ont rapporté à l'AFP avoir vu des soldats érythréens, qui ont soutenu l'armée éthiopienne dans son conflit face aux autorités tigréennes dissidentes entre novembre 2020 et novembre 2022, partir en nombre depuis vendredi après-midi.

Leur destination était toutefois encore inconnue et des troupes étaient toujours présentes samedi dans ces deux villes, ont-ils souligné.

Après un appel téléphonique avec le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, le secrétaire d'Etat américain a évoqué un «retrait en cours des troupes érythréennes du nord de l'Ethiopie».

Il «s'est félicité de ce développement, en notant qu'il était crucial pour assurer une paix durable dans le nord de l'Ethiopie», a déclaré le département d'Etat dans un communiqué.

La présence des soldats érythréens, accusés de nombreuses exactions sur les civils, est considérée comme l'un des principaux obstacles à la paix signé le 2 novembre à Pretoria entre le gouvernement éthiopien et les rebelles tigréens. Mais l'Erythrée ne participait pas aux discussions.

- «Les gens attendent» -

Contactés par l'AFP samedi, ni les autorités tigréennes, ni le gouvernement éthiopien, ni l'Igad - organe régional est-africain qui participe à la mission d'observation de l'accord de paix - n'ont confirmé à l'AFP un retrait des forces érythréennes.

Les accès au Tigré étant restreints, il est impossible de vérifier de manière indépendante la situation sur le terrain.

A Shire, deux habitants ont indiqué avoir vu des soldats se retirer depuis vendredi-après midi.

Une vidéo transmise à l'AFP par l'un d'eux montre des camions de soldats quittant la ville en klaxonnant, drapeau de l'Erythrée claquant au vent.

Un autre a également affirmé avoir vu un convoi sortir de la ville, avec des camions et des bus chargés de soldats, des pièces d'artillerie et des tanks. Mais «des forces érythréennes marchent dans les rues et sur les marchés» samedi, ajoutait-il.

Un habitant d'Adwa, située à 85 kilomètres à l'est de Shire, a également rapporté un départ de troupes «à grande échelle». «La plupart se sont dirigés vers l'ouest (...) tandis que d'autres se sont dirigés vers le nord en direction de Rama», localité près de la frontière avec l'Erythrée, a-t-il détaillé.

«J'ai vu qu'il restait encore pas mal de soldats érythréens», ajoutait-il: «Les gens attendent pour savoir si cette fois les forces érythréennes se retirent vraiment.»

- Pillages et massacres -

Pays frontalier du Tigré, l'Erythrée a envoyé des troupes dès le début du conflit en novembre 2020 pour soutenir l'armée éthiopienne envoyée par Abiy Ahmed pour destituer les autorités de cette région qui contestaient son autorité depuis des mois et qu'il accusait d'avoir attaqué des bases militaires fédérales.

Addis Abeba et Asmara ont nié pendant des mois toute implication érythréenne au Tigré. Fin mars 2021, M. Abiy a finalement admis leur présence. Leur départ a été annoncé à plusieurs reprises, mais jamais vérifié.

Ces troupes ont été accusées de pillages, de massacres et de viols tout au long du conflit, notamment dans la ville d'Aksoum ou le village de Dengolat.

Des témoignages recueillis par l'AFP auprès d'habitants et de travailleurs humanitaires ont également fait état de nombreuses exactions menées après la signature de l'accord de Pretoria.

S'il est confirmé, ce retrait marque une avancée majeure du processus de paix lancé le 2 novembre.

Depuis l'accord, les combats ont cessé, l'acheminement d'aide humanitaire et médicale reprend progressivement, la police fédérale est revenue dans la capitale régionale Mekele qui a également été raccordée au réseau électrique national.

Mais le volet militaire reste largement soumis à la présence érythréenne.

Les rebelles ont annoncé le 11 janvier avoir commencé à restituer leurs armes lourdes conformément à l'accord, disant espérer «que cela contribuera grandement à accélérer (sa) mise en œuvre complète».

Un document sur l'application de l'accord de paix prévoyait notamment que «le désarmement des armes lourdes (tigréennes) se (fasse) simultanément avec le retrait des forces étrangères et non-fédérales», en référence notamment à l'Erythrée.

Début décembre, ils avaient également annoncé avoir désengagé l'essentiel de leurs combattants des lignes de front, tout en en maintenant dans certains endroits pour éviter les «atrocités» menées par des «forces dans la région qui (...) sont des obstacles à la paix».

Une fois ces menaces écartées, «nous ferons (un désengagement) à 100%», assuraient-ils.


Avec l'ouverture de consulats, France et Canada marquent leur soutien au Groenland

Des passagers se préparent à embarquer à bord d’un avion d’Air Inuit alors qu’ils voyagent de Montréal à Nuuk, au Groenland, le 5 février 2026. (Christinne Muschi / The Canadian Press via AP)
Des passagers se préparent à embarquer à bord d’un avion d’Air Inuit alors qu’ils voyagent de Montréal à Nuuk, au Groenland, le 5 février 2026. (Christinne Muschi / The Canadian Press via AP)
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  • La France et le Canada ouvrent des consulats généraux à Nuuk, marquant leur soutien au Groenland face aux velléités américaines et renforçant la reconnaissance internationale de l’autonomie groenlandaise
  • Cette démarche s’inscrit dans une stratégie européenne et alliée visant à internationaliser la question du Groenland, tout en accompagnant le territoire dans sa montée en puissance diplomatique et politique

COPENHAGUE: La France et le Canada, qui s'opposent au projet de l'administration américaine de prendre le contrôle du Groenland, ouvrent chacun vendredi un consulat général à Nuuk, la capitale de ce territoire autonome danois, une reconnaissance pour le gouvernement local.

"C'est une victoire pour les Groenlandais de voir deux pays alliés ouvrir des représentations diplomatiques à Nuuk", estime Jeppe Strandsbjerg, politologue rattaché à l'Université du Groenland. "Les Groenlandais apprécient énormément le soutien face aux remarques de Trump".

La récente crise a débouché sur la conclusion entre le président américain et le secrétaire général de l'Otan d'un "cadre" en vue d'un accord sur l'avenir de l'île arctique, aux contours encore flous tandis qu'Américains, Groenlandais et Danois se retrouvent au sein d'un groupe de travail.

Le contenu de l'accord et la teneur des discussions n'ont pas été rendus publics.

Danemark et Groenland, qui partagent les préoccupations de Donald Trump sur la sécurité arctique, refusent tout transfert de souveraineté.

La décision française d'ouvrir un consulat est antérieure aux récentes tensions. Elle avait été annoncée en juin lors d'une visite du président Emmanuel Macron à Nuuk où il était venu exprimer la "solidarité européenne" pour l'île, critiquant déjà les velléités de Donald Trump de l'annexer.

Jean-Noël Poirier, ancien ambassadeur de France au Vietnam, a été nommé consul général.

Le Canada avait lui indiqué fin 2024 qu'il allait ouvrir un consulat général sur l'immense territoire arctique pour affermir la coopération avec les Groenlandais.

L'ouverture de ces représentations diplomatiques permet de dire "à Donald Trump que son agressivité envers le Groenland et le Danemark n'est pas seulement une question pour le Groenland et le Danemark, c'est aussi une affaire pour les alliés européens, mais également pour le Canada", souligne à l'AFP Ulrik Pram Gad, spécialiste de l'Arctique à l'Institut danois des études internationales.

"C'est un petit pas, cela fait partie de la stratégie de rendre le problème européen", insiste Christine Nissen, analyste du think-tank Europa, experte en questions de sécurité et de défense. "Ses conséquences ne sont évidemment pas seulement danoises, c'est un problème européen et global".

- Reconnaissance -

Pour la diplomatie groenlandaise, l'ouverture de consulats - qui dépendent formellement des ambassades de France et du Canada à Copenhague - c'est aussi "l'occasion de s'entraîner à l'indépendance en ayant des relations directes", note M. Strandsbjerg.

C'est une forme de reconnaissance pour leur autonomie grandissante, définie dans la loi-cadre de 2009.

"Les Groenlandais penseront, dans le cadre de leur propre quête de souveraineté, à avoir des contacts plus directs avec d'autres pays européens", dit Mme Nissen.

Cela permet de "réduire l'importance du rôle du Danemark en diversifiant la dépendance du Groenland vis-à-vis du monde extérieur, pour que tout ne vienne plus uniquement du Danemark, mais qu'il y ait davantage de relations sur les plans économique, commercial, des investissements, politique, etc.", abonde M. Pram Gad.

Le Groenland a des représentations diplomatiques auprès de l'Union européenne depuis 1992, à Washington depuis 2014 et à Reykjavik depuis 2017.

A Nuuk, l'Islande a ouvert son consulat général en 2013 et les Etats-Unis en 2020. Entre 1940 et 1953, les Américains avaient eu un premier consulat dans la paisible capitale groenlandaise.

La Commission européenne a elle ouvert un bureau en 2024.


Le président Trump déclare qu'il «travaille dur pour mettre fin» à la guerre au Soudan

Le président américain Donald Trump s'exprime lors du National Prayer Breakfast à Washington DC, jeudi. (Capture d'écran)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors du National Prayer Breakfast à Washington DC, jeudi. (Capture d'écran)
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  • M. Trump a déclaré pour la première fois qu'il commencerait à "travailler" sur la guerre au Soudan en novembre dernier, après que le prince héritier saoudien lui a demandé d'aider à mettre fin au conflit lors d'une visite aux États-Unis
  • "Sa majesté aimerait que je fasse quelque chose de très puissant en rapport avec le Soudan", a déclaré M. Trump lors du Forum d'investissement américano-saoudien

LONDRES : Le président américain Donald Trump a déclaré jeudi qu'il "travaillait dur" pour mettre fin à la guerre au Soudan.

"Je travaille dur pour mettre fin à cette guerre. Nous sommes très proches d'y parvenir. Ce sera le neuvième, si nous ne réglons pas d'abord la question de la Russie et de l'Ukraine. Mais nous travaillons dur pour mettre fin à toute cette guerre. Nous sommes très près d'y parvenir. Nous l'avons presque fait", a déclaré le président lors du National Prayer Breakfast à Washington DC.

M. Trump a déclaré pour la première fois qu'il commencerait à "travailler" sur la guerre au Soudan en novembre dernier, après que le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed bin Salman lui a demandé d'aider à mettre fin au conflit lors d'une visite aux États-Unis.

"Sa majesté aimerait que je fasse quelque chose de très puissant en rapport avec le Soudan", a déclaré M. Trump lors du Forum d'investissement américano-saoudien.

"Ce n'était pas dans mon programme, je pensais que c'était quelque chose de fou et d'incontrôlable", a-t-il ajouté.

"Mais je vois à quel point c'est important pour vous, et pour beaucoup de vos amis dans cette salle, le Soudan. Et nous allons commencer à travailler sur le Soudan".

Depuis son déclenchement en avril 2023, la guerre entre l'armée soudanaise et les forces paramilitaires de soutien rapide a tué des dizaines de milliers de personnes et en a déplacé près de 12 millions.


Pologne: l'ambassadeur américain rompt avec le président du Parlement à cause d'«insultes» envers Trump

Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix. (AFP)
Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix. (AFP)
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  • Le Premier ministre, Donald Tusk, a réagi aussitôt aux déclarations de l'ambassadeur, insistant sur le fait que "les alliés devraient se respecter et non pas se faire la morale"
  • Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix

VARSOVIE: L'ambassadeur des Etats-Unis à Varsovie a annoncé jeudi la rupture de "tout échange" avec le président de la chambre basse du Parlement polonais, qualifiant d'"insultes" ses propos sur son refus de soutenir Donald Trump pour le Prix Nobel de la Paix.

"Nous ne permettrons à personne de nuire aux relations américano-polonaises ni de manquer de respect à (Donald Trump) qui a tant fait pour la Pologne et le peuple polonais", a écrit l'ambassadeur Tom Rose sur X.

Le Premier ministre, Donald Tusk, a réagi aussitôt aux déclarations de l'ambassadeur, insistant sur le fait que "les alliés devraient se respecter et non pas se faire la morale".

Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix.

"Je ne soutiendrai pas la motion en faveur d'un prix Nobel de la paix pour le président Trump, parce qu'il ne le mérite pas", a alors déclaré M. Czarzasty.

Il a estimé que plutôt que se rapprocher davantage de la Maison-Blanche, la Pologne devrait "renforcer les alliances existantes" telles que l'OTAN, l'ONU et l'OMS.

Il a critiqué M. Trump, notamment pour l'imposition de tarifs douaniers aux pays européens, ses menaces d'annexer le Groenland ou ses affirmations selon lesquelles les alliés des Etats-Unis au sein de l'OTAN, dont la Pologne, seraient "restés un peu loin des lignes de front" pendant la guerre en Afghanistan.

"C'est une violation de la politique des principes et des valeurs, souvent une violation du droit international", a déclaré M. Czarzasty.

Fin janvier, avec plusieurs autres hauts responsables polonais, M. Czarzasty a dénoncé des propos du président Trump selon lesquels les États-Unis "n’avaient jamais besoin" des alliés de l'OTAN.

Il a qualifié ces affirmations de "scandaleuses".

Quarante-trois soldats polonais sont morts au sein de la coalition de l’OTAN dirigée par les Etats-Unis en Afghanistan.

Jeudi, le président de la Diète a soutenu ses propos.

"Conformément à mes valeurs, j'ai défendu les soldats polonais engagés dans des missions et je n'ai pas soutenu la candidature du président @realDonaldTrump au prix Nobel de la paix", a-t-il déclaré sur X, accueillant "avec regret" la déclaration de l'ambassadeur.

M. Czarzasty dirige le parti La Nouvelle Gauche, membre de la coalition gouvernementale pro-européenne du Premier ministre Donald Tusk, avec laquelle M. Rose a déclaré entretenir "d'excellentes relations".

Cette coalition est confrontée à une cohabitation difficile avec le président conservateur-nationaliste Karol Nawrocki, fervent soutien de M. Trump.