Menacé par la guerre en Ukraine, le centre historique d'Odessa au patrimoine mondial

Cette photo d'archive prise le 12 octobre 2022 montre la maison historique Russov dans la ville ukrainienne d'Odessa (Photo, AFP).
Cette photo d'archive prise le 12 octobre 2022 montre la maison historique Russov dans la ville ukrainienne d'Odessa (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 26 janvier 2023

Menacé par la guerre en Ukraine, le centre historique d'Odessa au patrimoine mondial

  • L'inscription de cette ville, en pleine guerre, a été votée par six voix pour, une contre (la Russie) et 14 abstentions
  • Dans un communiqué mercredi soir, le ministère russe des Affaires étrangères a dénoncé «une décision politique»

PARIS: Le centre historique d'Odessa en Ukraine a été inscrit mercredi sur la liste du patrimoine mondial en péril de l'Unesco en raison des "menaces de destruction" planant sur ce site depuis le début de l'invasion russe, une décision jugée "politique" par Moscou.

Au cours d'une session extraordinaire parfois houleuse du Comité du patrimoine mondial à Paris, l'inscription de cette ville, en pleine guerre, a été votée par six voix pour, une contre (la Russie) et 14 abstentions.

"Odessa, ville libre, ville-monde, port légendaire qui a marqué le cinéma, la littérature, les arts, est ainsi placée sous la protection renforcée de la communauté internationale", s'est félicitée la directrice générale de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) Audrey Azoulay.

Bien que globalement épargnée depuis le début en février 2022 de l'offensive russe, Odessa, notamment connue pour son monumental escalier Potemkine et son architecture, a toutefois été touchée plusieurs fois par des bombardements russes.

Une «victoire diplomatique»

Le conflit constitue "un danger pour le centre historique d'Odessa", dont "le patrimoine culturel est menacé de destruction", avait estimé la représentante de l'Icomos, une ONG spécialisée partenaire de l'Unesco, en présentant le dossier. Elle avait aussi insisté sur le caractère multiethnique, multiconfessionnel et multiculturel d'Odessa.

Dans un communiqué mercredi soir, le ministère russe des Affaires étrangères a dénoncé "une décision politique" prise par "un groupe de pays appartenant à l'Occident collectif, avec l'aide flagrante du Secrétariat de l'Unesco, qui a perdu son impartialité".

La Russie, qui a multiplié les manœuvres procédurales au cours de la séance, s'était plus tôt élevée contre un "dossier superficiel", accusant les autorités ukrainiennes d'avoir monté une candidature sur la base d'"un copié-collé de la page Wikipédia sur Odessa".

C'est "une victoire diplomatique", a réagi de son côté le premier vice-ministre des Affaires étrangères Emine Djeppar du côté de l'Ukraine, dont le président Volodymyr Zelensky avait annoncé en octobre la candidature du centre historique d'Odessa.

Le président ukrainien s'est félicité, dans son allocution quotidienne, de la "protection fournie par le monde, (tandis que) la Russie ne peut apporter que de la terreur et des bombardements".

La France a également salué la décision de l'Unesco qui, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères, "souligne la valeur exceptionnelle de cette ville portuaire, de son architecture et de son histoire pour l'Ukraine et pour l'humanité".

"La décision d'inscrire Odessa souligne le danger que fait peser sur le patrimoine ukrainien la guerre d'agression menée par la Russie", a ajouté le ministère.

"Compte tenu des menaces qui pèsent sur ce patrimoine depuis le début de la guerre, le Comité du patrimoine mondial a eu recours à une procédure d'urgence", a souligné dans un communiqué l'Unesco, rappelant par ailleurs "avoir assuré la réparation des dommages infligés depuis le début de la guerre au Musée des Beaux arts et au musée d'art moderne d'Odessa".

Catherine II

Au regard du contexte, le dossier était éminemment politique. Avant même l'ouverture de la séance, l'Ukraine avait protesté dans une lettre ouverte aux membres du comité contre la référence faite à l'impératrice Catherine II de Russie en tant que fondatrice d'Odessa à la fin du XVIIIe siècle.

"Le développement d'Odessa en tant que cité portuaire remonte au XVe siècle", s'insurgeaient les autorités ukrainiennes dans leur lettre ouverte.

En novembre, le conseil municipal d'Odessa a voté le déboulonnage de la statue de Catherine II, s'appuyant sur le résultat d'une consultation locale. Le monument à la tsarine, devenu pour beaucoup un symbole de l'oppression russe depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, a été enlevé fin décembre.

Odessa, située à 500 km au sud de la capitale ukrainienne Kiev, est très symbolique pour la Russie. Elle a été la troisième ville de l'empire russe et son deuxième port.

En avril 2014, le président russe Vladimir Poutine avait martelé qu'elle ne faisait historiquement pas partie de l'Ukraine mais de la Novorossia (la Nouvelle Russie) qu'il aimerait voir constituée.

L'inscription d'Odessa au patrimoine mondial constitue l'un des plus hauts niveaux de protection que la communauté internationale offre à un site patrimonial, rappelle l'Unesco. La liste "en péril" ouvre accès à des mécanismes renforcés d'assistance internationale d'urgence, techniques et financiers, ajoute-t-elle.

Le Comité du patrimoine mondial se réunit une fois par an et est composé de représentants de 21 États parties à la Convention.


Un rare panneau du XIXe siècle exposé au Musée de la mer Rouge présente le texte complet du Coran

Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
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  • Cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran intégrée dans une illustration détaillée

DJEDDAH : Un rare panneau de calligraphie coranique du XIXe siècle est exposé au Musée de la mer Rouge, dans la ville historique de Djeddah.

Réalisée vers 1859–1860 par Ghouth Mahboob Ghalib à Mysore, en Inde, cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran disposée au sein d’une illustration détaillée de la Grande Mosquée de La Mecque.

Rédigé en écriture Diwani à l’encre noire et avec des dorures, le manuscrit place la Kaaba en son centre, a rapporté la SPA.

Le texte minutieusement élaboré commence par la sourate Al-Fatihah au sommet, s’entrelace avec les détails architecturaux de la mosquée et s’achève par la sourate An-Nas.

Cet artefact met en lumière les parcours historiques et spirituels des pèlerins qui traversaient la mer Rouge vers La Mecque, emportant avec eux des objets d’art témoignant du patrimoine culturel et de l’histoire du Hajj. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Asharq Al-Awsat.


La tapisserie de Bayeux n'a subi "aucune altération visible" pendant son transfert à Londres

La ministre française de la Culture, Catherine Pégard (au centre), observe la tapisserie de Bayeux lors de son dévoilement au British Museum, le 17 juillet 2026, une semaine après son arrivée de France. Cette œuvre du XIe siècle, qui retrace la conquête normande de l'Angleterre en 1066, sera exposée pour la première fois au Royaume-Uni à partir de septembre. (AFP)
La ministre française de la Culture, Catherine Pégard (au centre), observe la tapisserie de Bayeux lors de son dévoilement au British Museum, le 17 juillet 2026, une semaine après son arrivée de France. Cette œuvre du XIe siècle, qui retrace la conquête normande de l'Angleterre en 1066, sera exposée pour la première fois au Royaume-Uni à partir de septembre. (AFP)
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  • La tapisserie de Bayeux est arrivée au British Museum sans dommage visible après son transport exceptionnel depuis la France
  • Elle sera exposée à Londres du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027 avant son retour à Bayeux pour une rénovation

PARIS: La tapisserie de Bayeux a été extraite jeudi à Londres de son caisson dans lequel elle avait été acheminée la semaine dernière et n'a subi "aucune altération visible" pendant ce voyage, a affirmé à l'AFP une responsable du ministère de la Culture français.

"Je suis en mesure de vous confirmer qu'il n'y a eu aucune altération visible et que la tapisserie a bien voyagé", a déclaré Delphine Christophe, directrice générale des patrimoines et de l'architecture, depuis le British Museum de Londres.

A l'issue d'une opération à hauts risques pour sa conservation, cette broderie millénaire de près de 70 mètres de long avait été acheminée le 10 juillet au British Museum pour un prêt d'un an décidé en 2025 par le président français Emmanuel Macron.

Transportée à Londres sous haute surveillance et par camion depuis l'ouest de la France, la tapisserie du XIe siècle avait jusque-là été maintenue dans son double caisson spécialement conçu pour limiter les vibrations et maintenir une température et un taux d'humidité constants.

Elle en a été extraite jeudi pour être entièrement déployée, selon la responsable française. "L'extraction s'est très bien passée et mobilise plusieurs dizaines de personnes", a détaillé Mme Christophe, précisant que l'opération impliquait notamment des équipes française et britannique de conservateurs.

Un constat plus précis doit prochainement être fait par les conservateurs pour s'assurer de l'état de la tapisserie, mais Mme Christophe s'est montrée confiante. "S'il y avait eu un problème, on l'aurait constaté parce qu'on l'a vue en totalité, complètement déployée", a-t-elle affirmé.

Ce transfert historique vers Londres avait donné des sueurs froides à certains experts et défenseurs du patrimoine en France qui redoutaient la dégradation irréversible d'une œuvre déjà fragilisée par 30 déchirures non stabilisées et près de 10.000 trous.

La ministre de la Culture française Catherine Pégard est attendue vendredi au British Museum, où la tapisserie sera exposée au public, à plat, du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027.

A son retour en France courant 2027, cette œuvre, qui décrit la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant en 1066, regagnera son musée de Bayeux (ouest de la France) et devra faire l'objet en 2028 d'une rénovation plusieurs fois repoussée par le passé.


Un rare manuscrit du Coran exposé à La Mecque

Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
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  • Le manuscrit figure parmi les principales attractions de l’exposition, mettant en lumière le soin accordé par les musulmans au Saint Coran à travers les siècles

LA MECQUE : Un rare manuscrit du Saint Coran attire les visiteurs de l’exposition « Iqra », organisée par la Présidence des Affaires religieuses de la Grande Mosquée et de la Mosquée du Prophète, au complexe du King Abdulaziz Endowment.

Ce manuscrit constitue l’une des principales attractions de l’exposition, illustrant l’attention et le respect portés par les musulmans au Saint Coran à travers les âges.

L’exposition présente un exemplaire rare du Saint Coran réalisé il y a plus de 1 000 ans par le célèbre calligraphe Ali bin Hilal, connu sous le nom d’Ibn Al-Bawwab. 

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Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA)

Le manuscrit est exposé aux côtés d’un index scientifique et d’une analyse de sa calligraphie et de ses enluminures, permettant aux visiteurs d’en découvrir la valeur historique et artistique, tout en retraçant l’évolution de la calligraphie arabe et de l’ornementation islamique au fil des siècles.

Le manuscrit est considéré comme l’un des plus rares manuscrits islamiques en raison de son exceptionnelle valeur scientifique, artistique et historique. Seuls deux exemplaires connus subsistent dans le monde, témoignant de la place éminente qu’occupe le Saint Coran à travers l’histoire islamique.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com