A Marseille, un «  Super Cafoutch » pour fuir la grande distribution

Avec Super Cafoutch, c'est au tour de Marseille, depuis septembre, de disposer d'un tel magasin, propriété de ses clients-coopérateurs. (AFP).
Avec Super Cafoutch, c'est au tour de Marseille, depuis septembre, de disposer d'un tel magasin, propriété de ses clients-coopérateurs. (AFP).
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Publié le Jeudi 26 janvier 2023

A Marseille, un «  Super Cafoutch » pour fuir la grande distribution

  • Avec Super Cafoutch, c'est donc au tour de la deuxième ville de France, depuis septembre, de disposer d'un tel magasin, propriété de ses clients-coopérateurs
  • Seule obligation pour pouvoir faire ses courses: y travailler bénévolement trois heures par mois

MARSEILLE: "Je ne supportais plus de pousser mon caddie": loin des allées impersonnelles éclairées aux néons, les rayonnages du "Super Cafoutch", premier supermarché coopératif de Marseille, offrent une alternative à la grande distribution pour consommateurs en quête de sens et de prix bas.

Après La Louve en 2016 à Paris, créé sur le modèle de la Park Slope Food Coop de New York, une quinzaine de supermarchés à but non lucratif ont ouvert en France, comme SuperQuinquin à Lille ou La Cagette à Montpellier.

Avec Super Cafoutch, c'est donc au tour de la deuxième ville de France, depuis septembre, de disposer d'un tel magasin, propriété de ses clients-coopérateurs. Seule obligation pour pouvoir faire ses courses: y travailler bénévolement trois heures par mois.

Après avoir manoeuvré une transpalette chargée de Zoumaï, une bière brassée à Marseille, Mercedes Gilliom passe l'aspirateur dans la réserve. Cette Américaine de 40 ans fait partie des 1.260 coopérateurs permettant au Super Cafoutch d'ouvrir ses portes du mardi au samedi, à quelques encablures du Vieux-Port.

"Pour moi, c'est important de savoir que mon achat ne participe pas à un système hyper capitaliste", mais "en même temps, je tiens beaucoup à boire du bon café", résume-t-elle.

Pour être économiquement viable, la structure devra atteindre environ 2.000 coopérateurs, "dont 60% feraient leurs courses avec un panier moyen de 150 euros par mois", précise sa présidente, Eva Chevallier, 68 ans.

Contrairement à ce que son nom pourrait laisser entendre --un "cafoutch" désignant en marseillais un réduit mal rangé--, "les créneaux de travail sont vraiment très organisés, on sait exactement ce qu'on doit faire", le tout dans une ambiance très conviviale, raconte Jacqueline Meyer, une biographe de 68 ans.

L'avantage, c'est qu'"on n'a pas de clients pénibles puisque tout le monde va passer à la caisse, à la pesée, à l'accueil", explique Alain Jacquier, 65 ans, capitaine ce mercredi de l'équipe chargée trois heures durant de faire tourner le magasin.

« Il n'y a pas de fatalité »

"Est-ce que tu veux que j'imprime le ticket ?": à la caisse, Emilie vient d'enregistrer le panier d'un nouveau coopérateur. Depuis l'ouverture du supermarché en septembre, 500 adhérents supplémentaires l'ont rejoint. Des jeunes pour beaucoup, mais aussi des retraités, la moyenne d'âge des coopérateurs se situant autour de 40 ans.

"C'est génial, les gens sont sympas, le monsieur de l'accueil m'a raconté son voyage au Pérou tout en me parlant de chocolat", s'amuse Yansé Bailly, 35 ans, qui repart avec une cagette chargée de pâtes, de tablettes de chocolat, de chips et de cancoillotte. Un produit "typiquement marseillais", ironise l'accessoiriste de cinéma (NDLR: ce fromage est originaire de Franche-Comté).

Raphaël Belliot Darmon, étudiant de 25 ans, est heureux de pouvoir "acheter des produits de bonne qualité pour beaucoup moins cher que dans les boutiques bios" et de "prendre part à la décision" d'achat sur ces derniers.

La viande vient des Alpes-de-Haute-Provence, le fromage du Cantal, les fruits et légumes sont bios et locaux: "on travaille avec des plateformes, des groupements, des fournisseurs qui sont un peu dans le même esprit que nous", souvent dans une démarche éthique, précise Eva Chevallier.

S'ils sont bien actionnaires du Super Cafoutch, moyennant l'achat de dix parts sociales pour 100 euros --une seule part à 10 euros pour les plus modestes--, le retour sur investissement attendu par les coopérateurs est bien loin des logiques de marché.

Les économies réalisées sur la masse salariale et les intermédiaires permettent au supermarché d'appliquer une marge fixe de 20% à tous les produits.

"Aujourd'hui, nous avons 2.500 références, le but c'est d'arriver à 5.000 pour toucher un maximum de personnes", relève Hugues Denihan, 32 ans, l'un des trois salariés permanents du Super Cafoutch.

Alors certes, reconnaît cet employé ,"le contexte d'inflation joue aussi" dans la décision de rejoindre la coopérative.

Mais "cela va bien au-delà", insiste la présidente: "C'est aussi un modèle selon lequel on souhaiterait que notre société fonctionne, de façon plus collaborative, plus amicale", pour que "tout le monde trouve son compte", y compris les producteurs, sur lesquels "on ne va jamais faire pression pour avoir le prix le plus bas possible".

"De critique, on est passé à acteur", résume Alain Jacquier.


L'Elysée a proposé un hommage pour Bardot, la famille n'a pas donné suite

 L'Elysée a proposé à la famille de Brigitte Bardot d'organiser un hommage pour l'icône du cinéma français décédée dimanche mais ses proches n'ont pas donné suite, a indiqué mardi un proche d'Emmanuel Macron. (AFP)
L'Elysée a proposé à la famille de Brigitte Bardot d'organiser un hommage pour l'icône du cinéma français décédée dimanche mais ses proches n'ont pas donné suite, a indiqué mardi un proche d'Emmanuel Macron. (AFP)
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  • Eric Ciotti, président de l'UDR, allié au Rassemblement national dont était proche Brigitte Bardot, a demandé lundi à Emmanuel Macron d'organiser un hommage national, à l'image de celui rendu en 2017 au chanteur Johnny Hallyday
  • Le patron du Parti socialiste, Olivier Faure, tout en saluant "une actrice iconique", a en revanche estimé que les hommages nationaux étaient rendus pour "services exceptionnels à la Nation" et que l'artiste avait "tourné le dos aux valeurs républicaines"

PARIS: L'Elysée a proposé à la famille de Brigitte Bardot d'organiser un hommage pour l'icône du cinéma français décédée dimanche mais ses proches n'ont pas donné suite, a indiqué mardi un proche d'Emmanuel Macron à l'AFP.

"Il y a eu un échange avec la famille avec proposition qu’un hommage ait lieu sans que la famille ne donne suite", a déclaré ce proche, en rappelant qu'une telle démarche correspond à un "usage républicain" et que les hommages sont "systématiquement décidés d'un commun accord avec les proches du défunt".

Eric Ciotti, président de l'UDR, allié au Rassemblement national dont était proche Brigitte Bardot, a demandé lundi à Emmanuel Macron d'organiser un hommage national, à l'image de celui rendu en 2017 au chanteur Johnny Hallyday.

Le patron du Parti socialiste, Olivier Faure, tout en saluant "une actrice iconique", a en revanche estimé que les hommages nationaux étaient rendus pour "services exceptionnels à la Nation" et que l'artiste avait "tourné le dos aux valeurs républicaines".

Emmanuel Macron ne se rendra pas aux obsèques, qui se tiendront dans l’intimité le 7 janvier à Saint-Tropez, a également indiqué le proche du président.

En 2023, l'actrice avait adressé une lettre incendiaire au chef de l'Etat, lui reprochant son manque d'action contre la souffrance animale. "Je suis en colère face à votre inaction, votre lâcheté, votre mépris des Français, qui vous le rendent bien il est vrai", avait-elle notamment écrit.

Après une cérémonie à l'église retransmise sur grands écrans, l'inhumation privée de l'actrice et chanteuse au cimetière marin sera suivie d'"un hommage ouvert à tous les Tropéziens et à ses admirateurs", a précisé la Fondation de Brigitte Bardot, dédiée à la protection des animaux.

"À ce moment-là, tout le monde l'évoquera et partagera ses plus beaux souvenirs avec elle. Ce sera un grand moment de communion, simple, à son image", a précisé mardi la maire de Saint-Tropez, Sylvie Siri, dans une inteview au quotidien local Var-Matin.

"Mon rôle, c'est de lui organiser des obsèques dignes. Il faut tout mettre en œuvre pour que les Tropéziens et les admirateurs puissent se recueillir", a ajouté l'édile.

Interrogée sur le souhait exprimé il y a quelques années par Brigitte Bardot d’être enterrée à la Madrague, sa propriété en bord de mer, Sylvie Siri a affirmé avoir "respecté ses dernières volontés". "Seule la défunte avait décidé de son lieu d’enterrement", a souligné l'élue.

 


Agriculteurs: nouveaux rassemblements, bénédiction de tracteurs dans le Nord

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées lundi en soutien aux agriculteurs à Cambrai (Nord), où l'archevêque a béni des tracteurs, tandis que des blocages se poursuivent en Occitanie pour protester contre de la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). (AFP)
Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées lundi en soutien aux agriculteurs à Cambrai (Nord), où l'archevêque a béni des tracteurs, tandis que des blocages se poursuivent en Occitanie pour protester contre de la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). (AFP)
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  • Les tracteurs ont ensuite quitté Cambrai à la nuit tombante, pour se rendre sur deux ronds points et les bloquer
  • Dans le Pas-de-Calais, quelques dizaines d'agriculteurs prévoient de bloquer à partir de lundi soir une base logistique de Leclerc près d'Arras, en réaction aux propos de Michel-Édouard Leclerc appelant à "promulguer le Mercosur

CAMBRAI: Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées lundi en soutien aux agriculteurs à Cambrai (Nord), où l'archevêque a béni des tracteurs, tandis que des blocages se poursuivent en Occitanie pour protester contre de la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).

Mgr Vincent Dollmann et plusieurs prêtres ont célébré une messe sur un autel de paille en périphérie de Cambrai, en soutien aux agriculteurs "qui font face à des épreuves".

Il a salué la "dignité" des agriculteurs qui manifestent depuis plusieurs semaines contre l'accord de libre échange du Mercosur ou contre l'abattage systématique de troupeaux de bovins touchés par la DNC.

Une petite centaine de tracteurs ont été mobilisés, arborant des panneaux comme "Mercosur = mort de l'agriculture".

Jean Camier, 24 ans, jeune agriculteur d'Hermies qui doit reprendre l'exploitation familiale d'engraissement de bovins d'ici deux ans, se réjouit d'avoir fait bénir son tracteur et participé à la célébration qui selon lui "montre que tout le monde est avec [eux]".

Si les Hauts-de-France ne sont pas touchés par la DNC, il se dit "de tout cœur" avec les agriculteurs des régions concernées, soulignant avoir "un peu peur que la maladie remonte" vers le nord.

Les tracteurs ont ensuite quitté Cambrai à la nuit tombante, pour se rendre sur deux ronds points et les bloquer.

Dans le Pas-de-Calais, quelques dizaines d'agriculteurs prévoient de bloquer à partir de lundi soir une base logistique de Leclerc près d'Arras, en réaction aux propos de Michel-Édouard Leclerc appelant à "promulguer le Mercosur", a expliqué à l'AFP Louis Lacheré, des Jeunes Agriculteurs.

En Occitanie, plusieurs barrages emblématiques, à Carbonne Haute-Garonne) sur l'A64, Sévérac (Aveyron) ou Le Buisson (Lozère) sur l'A75, tiennent toujours, tandis que d'autres agriculteurs se remobilisent.

Ainsi, à Foix, une douzaine de tracteurs bloquaient depuis lundi midi l'entrée sud du tunnel de contournement de la ville et commençaient à installer un campement, a constaté un correspondant de l'AFP.

"On veut montrer à l’État qu'on est toujours autant mobilisés", a déclaré sur place Sébastien Durand, président de la Coordination rurale (CR) en Ariège. "Il n'y a pas de Noël, il n'y a pas de Premier de l'An; on sera là".

Depuis le début de l'épidémie de DNC en Savoie cet été, l'État tente de contenir la propagation par un abattage systématique des troupeaux touchés, la vaccination et les restrictions de mouvements.

Cette gestion fortement contestée par certains agriculteurs, notamment de la CR (deuxième syndicat agricole, classé à droite, voire à l’extrême droite) et de la Confédération paysanne (troisième, classé à gauche).

 


Colère agricole en France: Macron reçoit les syndicats, des blocages persistent

Des tracteurs lors d'une manifestation organisée par le syndicat agricole Coordination Rurale près du Mont-Saint-Michel, dans le nord-ouest de la France, le 18 décembre 2025. (AFP)
Des tracteurs lors d'une manifestation organisée par le syndicat agricole Coordination Rurale près du Mont-Saint-Michel, dans le nord-ouest de la France, le 18 décembre 2025. (AFP)
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  • Emmanuel Macron a reçu les syndicats agricoles, opposés à l’accord UE-Mercosur, dans un contexte de forte colère liée aux crises sanitaires, notamment la dermatose bovine
  • Les blocages routiers se poursuivent dans le Sud-Ouest, alors que de nouveaux cas de la maladie sont confirmés et que la mobilisation agricole se prolonge

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a reçu mardi les syndicats agricoles pour parler de l'accord UE-Mercosur, auquel ils sont opposés, tandis que des axes routiers sont toujours bloqués pour protester contre le traitement par les autorités de l'épizootie de dermatose bovine.

"L'objet du rendez-vous, c'était d'essayer d'éteindre un peu le feu qui est partout dans les campagnes", a souligné Stéphane Galais, porte-parole national de la Confédération paysanne - un syndicat classé à gauche -, à la sortie de la rencontre, ajoutant qu'il fallait pour cela "des mesures structurelles fortes".

Les syndicats disent avoir par ailleurs rappelé au chef de l'Etat "l'extrême tension" et la "colère" du monde agricole et que des réponses étaient attendues "dès les premiers jours de janvier" sur le Mercosur mais aussi sur les crises sanitaires, au premier rang desquelles la dermatose bovine et la grippe aviaire.

C'était la première rencontre entre le chef de l'Etat et les syndicats agricoles depuis début décembre et l'amorce de la crise qui secoue l'élevage français, face à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).

C'était aussi la première depuis l'annonce, jeudi dernier, du report a priori au 12 janvier de la signature du traité décrié entre l'UE et des pays du Mercosur.

Cet accord faciliterait l'entrée en Europe de viande, sucre, riz, miel et soja sud-américains, ce qui inquiète les filières concernées, lesquelles affirment que ces produits ne respectent pas les mêmes normes que les produits européens.

L'accord permettrait en revanche aux Européens d'exporter davantage de véhicules, machines, vins et spiritueux en Amérique du Sud.

Sur le terrain, la mobilisation a connu un léger regain mardi (53 actions mobilisant 1.600 personnes, selon le ministère de l'Intérieur) par rapport à lundi (35 actions mobilisant 1.200 personnes), mais elle reste nettement inférieure à celle de la semaine dernière (110 actions jeudi).

Certains agriculteurs sont mobilisés depuis plus de 10 jours, notamment contre l'abattage total des troupeaux dans lesquels des cas de DNC sont détectés dans le Sud-Ouest.

Mardi, le ministère de l'Agriculture a confirmé un nouveau cas de la maladie en Haute-Garonne, portant le bilan total à 115 foyers enregistrés depuis juin en France. Ce dernier troupeau concerné a été abattu.

Dans le Sud-Ouest, des blocages d'autoroute étaient notamment maintenus sur l'A63 près de Bordeaux ou sur l'A64 au sud de Toulouse ou près de Bayonne.

Au sud de Bordeaux, les manifestants de la branche locale du syndicat Coordination rurale - classé à droite - ont dit vouloir organiser un réveillon et une messe de Noël mercredi soir sur leur barrage, à l'instar des agriculteurs mobilisés près de Toulouse.