Avion de ligne iranien approché par des chasseurs américains : Téhéran proteste

Un Airbus A310-304 de la compagnie aérienne Mahan Air sur le tarmac de l’Aéroport international de Sanaa (Mohammed HUWAIS/AFP)
Un Airbus A310-304 de la compagnie aérienne Mahan Air sur le tarmac de l’Aéroport international de Sanaa (Mohammed HUWAIS/AFP)
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Publié le Vendredi 24 juillet 2020

Avion de ligne iranien approché par des chasseurs américains : Téhéran proteste

  • Un avion de ligne iranien a été approché dangereusement au-dessus de la Syrie par des avions de combat américains
  • L'Iran a protesté vendredi auprès de l'ONU et de l'aviation civile internationale contre la "violation flagrante du droit international"

TÉHÉRAN : L'incident survenu jeudi est un nouvel épisode des fortes tensions entre les États-Unis et l'Iran, pays ennemis, qui ont connu un nouveau pic après le retrait unilatéral en 2018 de l'administration de Donald Trump de l'accord international sur le nucléaire iranien et le rétablissement de sanctions américaines contre Téhéran.

Le Centre de commandement américain, qui supervise les opérations américaines au Moyen-Orient, a confirmé qu'un de ses F-15 en "mission aérienne de routine" avait approché l'avion iranien au-dessus de la Syrie, où les États-Unis maintiennent des troupes. Dans la nuit, la télévision publique iranienne a diffusé une vidéo de passagers en panique qui hurlent alors que l'avion de ligne de la compagnie Mahan Air effectuant la liaison Beyrouth-Téhéran semble tenter d'échapper à un avion de combat. "Le pilote de l'avion commercial a réduit rapidement l'altitude pour éviter d'entrer en collision avec le chasseur et plusieurs passagers ont été blessés", selon la télévision. Sur les images, on voit des passagers blessés, l'un a le front couvert de sang et l'autre par terre, visage crispé. Un seul avion de chasse est visible volant à proximité.

Selon l'agence de presse officielle iranienne Irna, les pilotes des avions de chasse "se sont présentés comme américains" lors d'une conversation avec l'équipage de l'avion de Mahan Air qui se rendait de Téhéran à Beyrouth. Dans un premier temps, l'Iran avait accusé Israël, un autre pays ennemi, d'avoir tenté d'intercepter l'avion iranien qui a finalement atterri sans problème à Beyrouth, mais les autorités de Téhéran ont ensuite pointé du doigt les États-Unis.

Enquête

Des messages de protestation ont été adressés à l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) et à l'ambassade de Suisse à Téhéran, qui représente les intérêts des États-Unis en Iran en l'absence de relations diplomatiques entre les deux pays, a indiqué le porte-parole des Affaires étrangères iraniennes. "Si quelque chose arrive à l'avion sur le chemin du retour, l'Iran tiendra les États-Unis pour responsables", a averti le porte-parole, Abbas Moussavi, cité par le site de l'agence Irna. L'Organisation de l'aviation civile iranienne a quant à elle publié un communiqué pour protester contre "l'action des avions de combat américains", la considérant comme "une violation flagrante du droit international" et a exigé une enquête d'urgence auprès de l'OACI. Selon Irna, le représentant de l'Iran à l'ONU écrira bientôt une lettre "au Conseil de sécurité et au secrétaire général de l'ONU" pour dénoncer "la menace posée à l'avion de passagers de Mahan Air".

"Normes internationales"

Le Centre de commandement américain a expliqué dans un communiqué qu'un F-15 américain en "mission aérienne de routine" avait approché l'avion iranien. "L'inspection visuelle" s'est faite à 1.000 mètres de distance et a été menée "conformément aux normes internationales", selon le communiqué. "Une fois que le pilote du F-15 a identifié l'avion comme un avion de passagers de Mahan Air, il s'est éloigné de l'appareil en toute sécurité". Au Liban, une source de sécurité libanaise a indiqué que l'avion iranien avait atterri à l'aéroport de Beyrouth. "Il y a eu quatre blessés légers parmi les passagers". En Syrie voisine, pays en proie à la guerre, les médias officiels ont affirmé que des avions vraisemblablement de la coalition internationale dirigée par les États-Unis, avaient approché l'avion iranien.


Un tanker touché par un projectile non-identifié dans la région du détroit d'Ormuz

Un tanker a été atteint lundi par un projectile non-identifié au large d'Oman, dans la région du détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence maritime britannique UKMTO. (AFP)
Un tanker a été atteint lundi par un projectile non-identifié au large d'Oman, dans la région du détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence maritime britannique UKMTO. (AFP)
  • L'attaque a eu lieu à 8 milles nautiques à l'est de Limah, dans le sultanat d'Oman
  • Le site américain Axios a rapporté lundi soir que l'Iran avait "tiré au moins deux missiles sur des navires commerciaux", citant deux responsables américains. Selon l'un de ces responsables, un deuxième bateau a été touché

LONDRES: Un tanker a été atteint lundi par un projectile non-identifié au large d'Oman, dans la région du détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence maritime britannique UKMTO.

"Un tanker a indiqué avoir été touché par un projectile inconnu sur le côté bâbord, provoquant un incendie, alors qu'il naviguait vers le sud", a écrit l'UKMTO dans un communiqué, ajoutant que l'incident n'avait pas fait de blessé ni causé de dommage à l'environnement.

L'attaque a eu lieu à 8 milles nautiques à l'est de Limah, dans le sultanat d'Oman.

Le site américain Axios a rapporté lundi soir que l'Iran avait "tiré au moins deux missiles sur des navires commerciaux", citant deux responsables américains. Selon l'un de ces responsables, un deuxième bateau a été touché et présente des dégâts importants.

L'AFP n'a pas été en mesure de confirmer ces informations de manière indépendante.

Les navires marchands ont été fortement affectés par le conflit au Moyen-Orient depuis le 1er mars, lorsque l'Iran a fermé ce passage vital en représailles à des frappes américaines et israéliennes, les Etats-Unis imposant pour leur part un blocus des ports iraniens.

Le trafic maritime a repris après la signature d'un protocole d'accord entre Washington et Téhéran le 17 juin pour mettre fin au conflit. Mais l'Iran répète, en dépit de l'opposition des Etats-Unis, qu'il n'y aura pas de retour à la situation d'avant-guerre, quand le passage du détroit était gratuit, et menace les navires tentés de contourner le seul itinéraire qu'il a autorisé, le long de ses côtes.

Fin juin, accusant Téhéran d'avoir ciblé deux navires, les Etats-Unis avaient bombardé le pays en retour, et l'Iran avait ciblé en représailles ses voisins du Golfe, Koweït et Bahreïn. Iran et Etats-Unis s'étaient ensuite mis d'accord sur une pause des hostilités.

Le détroit d'Ormuz constitue la principale voie maritime connectant les riches pays pétroliers du Moyen-Orient au reste du monde, en particulier aux marchés asiatiques.

En 2024, environ 20 millions de barils de brut y circulaient quotidiennement, l'équivalent de près de 20% de la consommation mondiale de pétrole liquide, selon l'Agence américaine de l'Energie (EIA).


Iran: marée humaine dans la ville sainte de Qom pour les adieux à Khamenei

Une marée humaine est descendue mardi dans les rues de la ville sainte de Qom, au sud de Téhéran, au quatrième jour d'obsèques en Iran du défunt guide suprême Ali Khamenei qui ont mobilisé comme jamais la veille à Téhéran. (AFP)
Une marée humaine est descendue mardi dans les rues de la ville sainte de Qom, au sud de Téhéran, au quatrième jour d'obsèques en Iran du défunt guide suprême Ali Khamenei qui ont mobilisé comme jamais la veille à Téhéran. (AFP)
  • Des millions d'Iraniens ont envahi les rues pour un dernier adieu à Khamenei, élevé en martyr, dans un événement comparable aux funérailles en 1989 de son prédécesseur, l'ayatollah Khomeini, fondateur de la République islamique
  • Le cortège funèbre doit gagner mardi dans la journée l'Irak voisin, qui compte une importante communauté chiite

TEHERAN: Une marée humaine est descendue mardi dans les rues de la ville sainte de Qom, au sud de Téhéran, au quatrième jour d'obsèques en Iran du défunt guide suprême Ali Khamenei qui ont mobilisé comme jamais la veille à Téhéran.

La dépouille du dirigeant, tué le 28 février au premier jour de frappes israélo-américaines sur l'Iran, est exposée mardi à la mosquée Jamkaran de Qom, ville sainte qui abrite les séminaires les plus influents de l'islam chiite et plusieurs sanctuaires.

Des images aériennes diffusées par la télévision d'Etat ont montré les rues de cette ville d'environ 1,5 million d'habitants noires de monde.

Durant la prière, dirigée par l'ayatollah Abdollah Javadi-Amoli, 93 ans, figure influente du chiisme conservateur, une foule nombreuse a scandé en chœur "A mort l'Amérique!", slogan régulièrement entendu dans les rassemblements officiels de la République islamique.

Sur d'autres images des fidèles, dont des religieux portant le turban, se recueillent sur le cercueil de l'ayatollah Khamenei, et ceux de ses proches tués avec lui dont une petite-fille, âgée de 14 mois d'après les autorités.

La veille à Téhéran, la troisième journée d'hommage national a donné lieu à une démonstration de force et d'unité, six mois après des manifestations monstres et sanglantes contre le pouvoir et la vie chère.

Des millions d'Iraniens ont envahi les rues pour un dernier adieu à Khamenei, élevé en martyr, dans un événement comparable aux funérailles en 1989 de son prédécesseur, l'ayatollah Khomeini, fondateur de la République islamique.

Le cortège funèbre doit gagner mardi dans la journée l'Irak voisin, qui compte une importante communauté chiite.

L'inhumation de celui qui a présidé aux destinées du pays pendant plus de trois décennies, jusqu'à sa mort à 86 ans, aura lieu jeudi dans la ville sainte de Machhad (nord-est de l'Iran), dont Khamenei était originaire.

 


Législatives en Algérie: abstention record, le FLN en tête

L'abstention a atteint un niveau record lors des législatives du 2 juillet en Algérie, où le taux de participation s'est établi à 21,24%, le plus bas de l'histoire du pays, selon des résultats officiels annoncés lundi. (AFP)
L'abstention a atteint un niveau record lors des législatives du 2 juillet en Algérie, où le taux de participation s'est établi à 21,24%, le plus bas de l'histoire du pays, selon des résultats officiels annoncés lundi. (AFP)
  • L'abstention était l'un des enjeux majeurs de ce scrutin. Le vote avait été prolongé d'une heure jeudi dans tout le pays afin de "permettre aux électeurs d'exercer leur droit de vote", selon l'Anie
  • Cette faible participation illustre la difficulté des autorités et des partis en lice à mobiliser l'électorat

ALGER: L'abstention a atteint un niveau record lors des législatives du 2 juillet en Algérie, où le taux de participation s'est établi à 21,24%, le plus bas de l'histoire du pays, selon des résultats officiels annoncés lundi.

Le Front de libération nationale (FLN), parti historique de l'indépendance et formation proche du pouvoir, a remporté 90 sièges et arrive en tête du scrutin, a précisé Karim Khelfane, président par intérim de l'Autorité nationale indépendante des élections (Anie), lors d'une conférence de presse.

L'abstention était l'un des enjeux majeurs de ce scrutin. Le vote avait été prolongé d'une heure jeudi dans tout le pays afin de "permettre aux électeurs d'exercer leur droit de vote", selon l'Anie.

Cette faible participation illustre la difficulté des autorités et des partis en lice à mobiliser l'électorat.

"L'abstention n'est pas une spécificité algérienne", a commenté M. Khelfane, en comparant la situation à celle des "vieilles démocraties" d'Europe, d'Amérique et d'Asie et en se félicitant d'élections "transparentes".

Le scrutin avait été précédé par une campagne terne, qui s'est tenue en pleine Coupe du monde de football et par de grandes chaleurs.

Les dernières législatives, en 2021, déjà remportées par le FLN, avaient été marquées par un taux de participation de 23%.

Elles s'étaient tenues dans le sillage du Hirak, mouvement de contestation populaire inédit né en février 2019. Il avait conduit deux mois plus tard à la démission du président Abdelaziz Bouteflika et porté des revendications de changement politique, de lutte contre la corruption et de réforme des institutions.

Mais progressivement, une interdiction des rassemblements, que les autorités ont justifiée par l'épidémie de Covid-19, et l'incarcération des figures de proue du Hirak ont étouffé la contestation à partir de mars 2020.

L'actuel président Abdelmadjid Tebboune avait été élu en décembre 2019, puis reconduit en 2024.

Des ONG de défense des droits humains dénoncent la reprise par les autorités du contrôle de l'espace public depuis l'élan du Hirak. Le pays reste confronté à de fortes attentes sociales et économiques, particulièrement chez les jeunes.