Grève, chute en Bourse, jeux annulés... Ubisoft en pleine tourmente

Ubisoft s'est engagé auprès des marchés à réaliser 200 millions d'euros d'économies sur deux ans. (Photo, AFP)
Ubisoft s'est engagé auprès des marchés à réaliser 200 millions d'euros d'économies sur deux ans. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 27 janvier 2023

Grève, chute en Bourse, jeux annulés... Ubisoft en pleine tourmente

  • De mémoire de syndicaliste, c'est la « première» grève d'une telle ampleur de l'histoire d'Ubisoft, depuis la création en 1986 de l'éditeur à l'origine de la série « Assassin's Creed»
  • Ce qui a mis le feu au poudre chez Ubisoft ? Un mail interne envoyé par le PDG Yves Guillemot, évoquant « des ajustements structurels» à venir

PARIS: Appel à la grève inédit de l'ensemble de son personnel en France, chute en Bourse, jeux annulés... Le géant français des jeux vidéo Ubisoft vit une crise multiple depuis l'annonce mi-janvier de l'abaissement de ses prévisions financières pour l'ensemble de l'exercice 2022-2023.

Le syndicat des travailleurs et travailleuses du jeu vidéo (STJV) et Solidaires Informatique ont lancé un "appel à la grève" de toutes les entités françaises d'Ubisoft, ce vendredi de 14h00 à 18h00, pour dénoncer les pratiques managériales de la direction.

De mémoire de syndicaliste, c'est la "première" grève d'une telle ampleur de l'histoire d'Ubisoft, depuis la création en 1986 de l'éditeur à l'origine de la série "Assassin's Creed", souligne auprès de l'AFP Marc Rutschlé, représentant de section syndicale chez Solidaires Informatique.

Un mouvement de revendication assez rare dans le milieu du jeu vidéo, marqué récemment par la grève de cinq semaines des employés de l'éditeur Activision Blizzard fin 2021 qui a abouti en mai dernier à la création du premier syndicat au sein de l'entreprise américaine.

Ce qui a mis le feu au poudre chez Ubisoft ? Un mail interne envoyé par le PDG Yves Guillemot, évoquant "des ajustements structurels" à venir alors qu'Ubisoft s'est engagé auprès des marchés à réaliser 200 millions d'euros d'économies sur deux ans.

"Pour nous, cela veut dire des plans de licenciements. Et quand on parle de faire des économies, cela veut dire virer des gens et ne pas augmenter le salaire de ceux qui restent. Sachant qu'on nous met la pression en disant: +c'est à vous de faire mieux+", fustige Marc Rutschlé.

Dans leur communiqué, les syndicats réclament notamment "l'ouverture de négociations salariales".

Un scandale de harcèlement visant plusieurs anciens cadres de l'entreprise, qui compte 18.000 salariés dans le monde, pendant l'été 2020 a aussi laissé des traces, érodant la confiance des salariés envers leur direction.

"Au moment de la tentative de rachat par Vivendi (en 2015), les équipes se mobilisaient pour éviter que Bolloré rachète Ubisoft. Si cela arrivait aujourd'hui, je ne pense pas qu'il y aurait de mobilisation", affirme encore Marc Rutschlé.

La stratégie «ne convainc pas»

Sur le plan financier, l'éditeur français a aussi chuté lourdement en Bourse depuis l'annonce mi-janvier de l'abaissement de ses prévisions financières pour l'ensemble de l'exercice 2022-2023, en raison d'un contexte de "détérioration des conditions macroéconomiques".

Ubisoft a révisé à la baisse son objectif de croissance de chiffre d'affaires sur 2022-2023, avec des ventes en baisse "de plus de 10%" par rapport à l'année précédente, alors qu'il avait initialement communiqué un objectif de croissance "supérieure à 10%".

Conséquence, le cours de son action est revenu à ses plus bas niveaux de 2015-2016.

"Nous sommes déboussolés par l'ampleur des difficultés rencontrées par Ubisoft", avait réagi dans une note Emmanuel Matot, analyste financier chez Oddo BHF, dégradant sa recommandation sur le titre de "surperformance" à "neutre".

"Ubisoft ne convainc pas", explique à l'AFP Charles-Louis Planade, analyste chez Midcap Partners. "Il y a une défiance claire au niveau du management, eu égards aux nombreux avertissements sur les résultats mais aussi par le +deal+ réalisé par la famille Guillemot avec Tencent".

Les fondateurs du champion français du jeu vidéo - la famille Guillemot - ont scellé début septembre une alliance avec le géant chinois Tencent pour sécuriser leur emprise sur Ubisoft, dans un marché du jeu vidéo en pleine consolidation.

Autre élément en sa défaveur: l'énième report du jeu "Skull and Bones", initialement prévu pour novembre 2022, tandis qu'Ubisoft a également indiqué avoir arrêté le développement de trois projets "non annoncés", en plus des quatre arrêts déjà annoncés en juillet 2022.

"Ce n'est pas un cas unique sur le secteur, notamment à cause de la Covid, mais on a l'impression que chez Ubisoft c'est beaucoup plus marqué que chez les autres éditeurs", souligne encore Charles-Louis Planade.

"Après il ne faut pas oublier que la mémoire du marché est courte. Si le groupe sort une année extraordinaire l'année prochaine ou celle d'après, tout le monde aura oublié", ajoute-t-il.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Short Url
  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.


Saint-Gobain: bénéfice et ventes en recul au premier semestre mais des signes de croissance retrouvés

Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
Short Url
  • Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français
  • En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique

PARIS: Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance.

Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français.

"Après un premier trimestre marqué par l'impact de conditions climatiques défavorables dans l'hémisphère nord, le chiffre d'affaires à données comparables renoue avec la croissance au deuxième trimestre dans toutes les régions, y compris en volumes: en Europe grâce au marché de la construction neuve, en Amérique avec une normalisation des conditions climatiques en Amérique du Nord, et en Asie-Pacifique qui poursuit sa forte croissance", décrypte Saint-Gobain, qui emploie plus de 162.000 personnes dans 81 pays.

En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique.

C'est la zone Amériques qui tire le chiffre d'affaires vers le bas avec -7,2% sur le semestre. En ne prenant en compte que le deuxième trimestre, les ventes sont restées stables (+0,4%).

En 2025, la zone représentait plus du quart du chiffre d'affaires global de Saint-Gobain.

L'Ebitda (excédent brut d'exploitation), un indicateur de rentabilité, atteint 3,6 milliards d'euros "affecté par l'effet de change", mais "bénéficiant du retour à la croissance au deuxième trimestre", explique Saint-Gobain.

L'entreprise a confirmé ses perspectives de croissance, malgré "un environnement macroéconomique contrasté et géopolitiquement incertain", selon Benoît Bazin, PDG du groupe, lors d'un point presse.

Saint-Gobain anticipe une croissance de ses ventes au deuxième semestre 2026 dans toutes les zones, "contrastées par pays" en Europe, "dans un contexte incertain" dans les Amériques et "tirée par l'Inde et l'Asie du sud-est" pour la zone Asie-Pacifique.


Veolia renforce sa performance opérationnelle et relève ses objectifs pour 2026

Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
Short Url
  • Veolia confirme une dynamique de croissance solide, avec des résultats financiers en hausse et une meilleure performance opérationnelle
  • Le groupe relève ses ambitions 2026, soutenu par ses activités internationales et ses marchés d’avenir

DUBAI: Veolia a signé un premier semestre 2026 solide, porté par une amélioration de sa rentabilité et une croissance de ses principaux indicateurs financiers. Fort de ces résultats, le groupe relève ses objectifs pour l'ensemble de l'année et confirme la trajectoire de son plan stratégique GreenUp.

Le chiffre d'affaires atteint 22,2 milliards d'euros, en hausse de 1,5 %, tandis que l'EBITDA progresse de 5 % pour s'établir à 3,55 milliards d'euros. La marge d'EBITDA s'améliore de 70 points de base, reflet des efforts continus du groupe en matière d'efficacité opérationnelle. Le résultat net courant part du groupe s'élève à 837 millions d'euros, en progression de 10,4 %, dépassant le rythme de croissance initialement attendu.

Cette performance repose sur la bonne tenue des activités Eau et Énergie, sur une croissance soutenue à l'international, notamment dans les Amériques et en Asie, ainsi que sur des gains d'efficacité de 195 millions d'euros réalisés au premier semestre. Veolia continue de bénéficier d'une forte demande pour ses services liés à la gestion de l'eau, de l'énergie et des déchets, tout en maintenant une discipline stricte sur ses coûts et ses investissements.

Le groupe poursuit également sa transformation avec la finalisation de l'acquisition de Clean Earth, qui renforce sa position sur le marché américain du traitement des déchets dangereux. Cette opération s'inscrit dans la stratégie de développement international de Veolia et devrait contribuer à sa croissance à partir de 2027.

Parallèlement, Veolia accélère son développement sur les marchés liés aux centres de données, à la microélectronique et aux solutions numériques. Le groupe vise un milliard d'euros de chiffre d'affaires annuel sur ces activités d'ici 2030 et entend accroître le rôle de l'intelligence artificielle dans l'amélioration de son efficacité opérationnelle.

Au vu de ces performances, Veolia relève son objectif de croissance du résultat net courant pour 2026 à un minimum de 8 %, contre une prévision précédente plus prudente, et confirme l'ensemble des ambitions de son plan GreenUp. Ces résultats illustrent la capacité du groupe à conjuguer croissance, amélioration de la rentabilité et investissements dans ses relais de développement.