Des milliers de Serbes rendent un dernier hommage au patriarche Irinej

Un deuil réagit alors que des fidèles orthodoxes rendent leurs derniers respects au défunt patriarche serbe Irinej lors de son service funèbre au temple Saint Sava à Belgrade le 22 novembre 2020. (AFP)
Un deuil réagit alors que des fidèles orthodoxes rendent leurs derniers respects au défunt patriarche serbe Irinej lors de son service funèbre au temple Saint Sava à Belgrade le 22 novembre 2020. (AFP)
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Publié le Dimanche 22 novembre 2020

Des milliers de Serbes rendent un dernier hommage au patriarche Irinej

  • Ce pays des Balkans, dont la très grande majorité des sept millions d'habitants sont orthodoxes et où l'Eglise jouit d'une influence considérable, a décrété trois jours de deuil national après le décès du dignitaire religieux vendredi à 90 ans
  • Deux écrans géants avaient été installés devant l'église Saint-Sava, le plus grande édifice orthodoxe des Balkans, au coeur de la capitale serbe, pour permettre aux fidèles de suivre la cérémonie

BELGRADE : Des milliers de Serbes ont rendu un dernier hommage dimanche à Belgrade à Irinej, le patriarche de l'Eglise orthodoxe serbe mort des suites du Covid-19 au moment où la Serbie subit une envolée du nombre des cas de contamination.

Ce pays des Balkans, dont la très grande majorité des sept millions d'habitants sont orthodoxes et où l'Eglise jouit d'une influence considérable, a décrété trois jours de deuil national après le décès du dignitaire religieux vendredi à 90 ans.

Deux écrans géants avaient été installés devant l'église Saint-Sava, le plus grande édifice orthodoxe des Balkans, au coeur de la capitale serbe, pour permettre aux fidèles de suivre la cérémonie. 

Après plusieurs heures de liturgie et d'hommages, le patriarche est devenu le premier dignitaire religieux à être inhumé dans la crypte de l'édifice, toujours en cours de construction.

La Serbie est confrontée à un bond de la pandémie, avec quasiment tous les jours des records de contaminations et de morts. Au total, près de 1.200 personnes ont succombé tandis que le système de santé est « au bord de l'effondrement », selon le président Aleksandar Vucic. 

Predrag Kon, un épidémiologiste de la cellule de crise sanitaire, avait prévenu que ces obsèques constituaient un « risque énorme ». « Mais c'est quelque chose que personne ne peut interdire ».

Le clergé s'était engagé à respecter les mesures sanitaires et si les fidèles étaient autorisés à entrer dans l'église, ils n'avaient pas le droit de s'approcher du cercueil.

Mais, la veille, de nombreux Serbes s'étaient pressés dans une autre église où avait été exposée la dépouille. Beaucoup avaient embrassé le couvercle en plexiglas du cercueil. D'autres ont observé le rite de la communion par lequel les prêtres distribuent aux fidèles, à la même cuillère, du vin et du pain symbolisant le corps et le sang du Christ.

« Je n'ai pas peur », a dit à l'AFP Mladen Tosic, 32 ans, son masque de protection sous le menton. « La foi est plus forte que tout ».

Avec la mort de son patriarche, l'Eglise orthodoxe serbe (SPC) se retrouve pratiquement décapitée, le chef de l'Eglise du Monténégro, Mgr Amfilohije, étant lui aussi mort du Covid-19, il y a trois semaines. C'est Irinej lui-même qui avait présidé aux funérailles d'Amfilohije, son quasi numéro deux, le 1er novembre à Podgorica.

Bon nombre des milliers de fidèles et membres du clergé présents dans la capitale monténégrine ne s'étaient pas pliés aux mesures de distanciation sociale ni n'avaient porté de masques.

Irinej faisait figure de modéré dans les milieux orthodoxes, se montrant ouvert à l'égard de l'Eglise catholique.

Il entretenait des liens étroits avec le président Vucic et avait réprouvé les grandes manifestations de l'opposition de 2019.

Il avait également fait campagne contre l'indépendance du Kosovo, un territoire en grande majorité peuplé d'Albanais qui recèle de nombreux monastères et églises et est considéré par certains comme le « berceau » de l'orthodoxie serbe.

« Une ère s'achève » avec la mort du patriarche, a commenté le président serbe pendant les obsèques. « Sa plus grande préoccupation était le Kosovo. Il a agi rationnellement, gardant la tête froide ».

La SPC compte au total 12 millions de fidèles : la plupart sont en Serbie, les autres vivant en Bosnie, au Monténégro et parmi la diaspora.

C'est l'archevêque de Sarajevo, Hrizostom, le chef de la SPC en Bosnie, qui assurera l'intérim en attendant l'élection d'un nouveau patriarche dans trois mois.  

 


Arrivée en Australie de proches de jihadistes du groupe EI en Syrie

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
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  • Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie
  • Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC

MELBOURNE: Un avion de Qatar Airways transportant des ressortissants australiens, des femmes et des enfants liés à des jihadistes présumés du groupe Etat islamique (EI) en Syrie, est arrivé jeudi à Melbourne, a constaté un journaliste de l'AFP à l'aéroport.

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie.

Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC.

 


L'armée américaine dit avoir «neutralisé» un pétrolier ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens

Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
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  • Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti
  • Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mercredi avoir tiré sur un pétrolier battant pavillon iranien ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens imposé par Washington pour en "neutraliser le gouvernail".

"Les forces américaines opérant dans le Golfe ont fait respecter les mesures de blocus en neutralisant un pétrolier battant pavillon iranien sans cargaison qui tentait de naviguer vers un port iranien mercredi, à 9H00 heure de Washington", écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

"Après que l'équipage du Hasna n'a pas obtempéré aux avertissements répétés, les forces américaines ont neutralisé le gouvernail du pétrolier en tirant plusieurs salves" depuis un avion lancé depuis le porte-avions Abraham Lincoln, déployé dans la région, a-t-il ajouté, précisant que "le Hasna ne fait plus route vers l'Iran".

Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti.

Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau.

Si le blocus des ports iraniens se poursuit, Donald Trump a annoncé mardi la suspension de l'opération américaine "Projet Liberté", lancée juste 48 heures plus tôt pour permettre à des centaines de navires coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz, "compte tenu des grands progrès accomplis en vue d'un accord complet et définitif avec les dirigeants iraniens".

Mais le président américain a augmenté la pression sur l'Iran mercredi en menaçant de bombarder le pays avec une "intensité bien plus forte qu'avant" si ses dirigeants ne concluaient pas d'accord avec Washington.


Trump juge un accord « très possible» avec l'Iran, les marchés s'emballent

Un vraquier était amarré au port de Port de Fujairah mercredi, alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran limite le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. (Reuters)
Un vraquier était amarré au port de Port de Fujairah mercredi, alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran limite le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme qu’un accord de paix avec l’Iran est “très possible” après des discussions jugées positives
  • Les marchés mondiaux réagissent avec optimisme : les Bourses flambent et le pétrole chute fortement, tandis que les tensions militaires restent élevées dans le détroit d’Ormuz et au Liban

WASHINGTON: Donald Trump a jugé mercredi "très possible" un accord de paix avec l'Iran, générant une chute du pétrole et une flambée des places boursières, même s'il a de nouveau agité la menace d'une reprise des bombardements.

"Nous avons eu de très bonnes discussions dans les dernières 24 heures et il est très possible que nous passions un accord", a dit le président américain pendant un échange avec des journalistes dans le Bureau ovale.

Le milliardaire républicain avait déjà évoqué dans la journée une fin de l'opération "Fureur épique" en cas d'accord, menaçant autrement l'Iran de nouveaux bombardements à "une intensité bien plus forte qu'avant", en référence à la campagne américano-israélienne menée du 28 février au cessez-le-feu du 8 avril.

Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a, lui, estimé que Washington cherchait à forcer la "reddition" de Téhéran par une "nouvelle stratégie" visant à "détruire la cohésion du pays".

Mais la République islamique s'est gardée de claquer la porte, le porte-parole de sa diplomatie, Esmaïl Baghaï, affirmant que "l'Iran examinait toujours le plan et la proposition américaine".

Fête sur les marchés

Les marchés financiers ont préféré retenir un scénario optimiste. A Tokyo, l'indice Nikkei bondissait de 5,53% peu après 04H30 GMT jeudi, et Hong Kong ou encore Shanghai évoluaient aussi dans le vert. La veille, l'euphorie avait dominé Wall Street et les Bourses européennes.

Le cours du baril de Brent a plongé mercredi de près de 8% à 101,27 dollars, loin du pic des 126 dollars atteint il y a quelques jours. Jeudi en Asie, il évoluait en très légère hausse, à 101,87 dollars.

Mardi, M. Trump avait annoncé, compte tenu des "grands progrès accomplis en vue d'un accord" avec l'Iran, la suspension de l'opération américaine lancée juste la veille pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz.

Téhéran verrouille ce passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures depuis le début de la guerre, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban.

Washington maintient son blocus des ports iraniens lancé le 13 avril, et le Pentagone a annoncé mercredi qu'un pétrolier iranien essayant de le forcer avait été "neutralisé" par un tir sur son gouvernail.

Possible signe annonciateur d'une évolution sur le terrain, le porte-avions Charles-de-Gaulle va se prépositionner dans la région du Golfe, selon les autorités françaises, au moment où la coalition montée par Londres et Paris se tient prête à sécuriser le détroit d'Ormuz après un éventuel règlement.

Le président français Emmanuel Macron a souligné mercredi "l'utilité" que cette mission multinationale aurait, dans un appel à son homologue iranien Massoud Pezeshkian, selon un message sur X.

A l'ONU, Washington et les Etats du Golfe ont préparé une résolution au Conseil de sécurité exigeant que Téhéran cesse ses attaques, révèle l'emplacement de ses mines et s'abstienne d'imposer un péage à la navigation, a annoncé le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio. Un vote devrait intervenir dans les prochains jours.

Le lancement lundi de l'opération américaine dans le détroit d'Ormuz s'est accompagné d'accrochages en mer entre Iraniens et Américains, et d'attaques contre les Emirats arabes unis imputées à l'Iran mais démenties par lui, après des semaines de calme relatif.

L'Iran a nié jeudi toute implication dans l'explosion survenue sur un cargo sud-coréen, le HMM Namu, dans le détroit lundi, via un communiqué de son ambassade à Séoul.

"Tous les scénarios"

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, dont le pays a accueilli des négociations directes jusqu'ici sans lendemain entre l'Iran et les Etats-Unis le 11 avril, a dit avoir "bon espoir" que l'actuelle dynamique aboutisse à une paix durable.

Mais en Iran, certains ne cachent pas leur lassitude.

"Que vous soyez en Iran ou non, la pression psychologique est intense. Tout le monde est déprimé et sans espoir à cause de ce jeu psychologique", confie Azadeh, une traductrice de 43 ans jointe par une journaliste de l'AFP à Paris.

Israël est "prêt à tous les scénarios" face à l'Iran, a prévenu le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Et l'armée est prête également à reprendre une opération "forte et puissante", selon son chef.

Sur le front libanais, M. Netanyahu a affirmé mercredi soir que l'armée avait visé un commandant de haut rang du Hezbollah à Beyrouth.

Un commandant du groupe pro-iranien a bien été tué dans cette frappe - la première sur la banlieue sud de la capitale depuis le cessez-le-feu du 17 avril, a indiqué à l'AFP une source proche du Hezbollah.

Le ministère de la Santé libanais a aussi recensé 11 morts dans le sud et l'est du pays dans des bombardements israéliens, malgré la trêve imposée par les Etats-Unis.

L'armée israélienne a annoncé l'interception d'une "cible aérienne suspecte" en provenance du Liban après le déclenchement de sirènes dans le nord du pays dans la nuit de mercredi à jeudi.