Scholz en Amérique latine: L'Argentine et le Chili avant une rencontre avec Lula

Le chancelier allemand Olaf Scholz et le président argentin Alberto Fernandez (Photo, AFP).
Le chancelier allemand Olaf Scholz et le président argentin Alberto Fernandez (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 29 janvier 2023

Scholz en Amérique latine: L'Argentine et le Chili avant une rencontre avec Lula

  • Arrivé samedi en fin d'après-midi à Buenos Aires, le chancelier allemand, qui est accompagné d'une douzaine de chefs d'entreprises, se rendra dimanche au Chili
  • L'Argentine, le Chili et le Brésil ont tous trois condamné l'invasion russe de l'Ukraine à l'ONU

BUENOS AIRES: L'Argentine et l'Allemagne se sont dites résolues à une conclusion "rapide" du traité de libre échange entre Union européenne et Mercosur, au premier jour d'une tournée en Amérique latine du chancelier Olaf Scholz attendu dimanche au Chili.

"Notre objectif est d'arriver enfin à une conclusion rapide" de l'accord avec le Mercosur (union douanière entre Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay) qui a "une importance spéciale", a déclaré M. Scholz.

Le président argentin Alberto Fernandez a lui aussi souligné qu'à l'image du président brésilien Lula, avec lequel il s'est entretenu, Brasilia et Buenos Aires souhaitent "finaliser une fois pour toutes" cet accord.

Signé en 2019, l'accord de libre échange n'a jamais été ratifié en raison notamment d'inquiétudes sur la politique environnementale de Jair Bolsonaro, l'ex-président d'extrême droite prédécesseur de Lula.

Arrivé samedi en fin d'après-midi à Buenos Aires, le chancelier allemand, qui est accompagné d'une douzaine de chefs d'entreprises, se rendra dimanche au Chili puis, de lundi à mercredi, au Brésil, première économie d'Amérique latine. Il sera ainsi le premier dirigeant occidental à rencontrer le président brésilien Lula depuis sa réélection.

"Avec l'arrivée de Lula, nous sommes dans de meilleures conditions" pour conclure l'accord, a assuré Alberto Fernandez, lors d'une conférence de presse commune des deux dirigeants.

Il a dit avoir évoqué avec M. Scholz les "difficultés (..) très ponctuelles" de l'accord en l'état, "certaines qui ont à voir avec l'Argentine, certains avec des politiques européennes", citant notamment des "mécanismes de protectionnisme qui rendent difficile l'accès de notre agriculture" au marché européen.

L'Allemagne, premier partenaire commercial de l'Argentine au sein de l'UE, entend devenir son "partenaire stratégique", et "profiter de ses gisements de matières premières" d'une façon "bénéfique pour les deux pays", a déclaré le chancelier Scholz, citant notamment le potentiel argentin en gaz, lithium.

Répercussions de la guerre
"En ce qui concerne les énergies renouvelables, l'hydrogène vert et le commerce responsable des matières premières, nous voulons concrètement renforcer notre coopération avec nos partenaires d'Amérique latine et des Caraïbes", avait souligné M. Scholz dans un entretien au collectif de journaux Grupo de Diarios América (GDA) diffusé samedi.

Sa tournée sud-américaine intervient au moment où les entreprises allemandes cherchent de nouveaux débouchés à l'étranger, après le choc économique provoqué par l'invasion russe de l'Ukraine, et où les inquiétudes se multiplient sur la forte dépendance commerciale à la Chine.

Berlin, comme les autres capitales européennes espèrent aussi tourner la page des tumultueuses années du président Bolsonaro, avec le retour au pouvoir de Lula.

Figure également à l'agenda de Scholz, la question environnementale. Après la victoire électorale de Lula en octobre, l'Allemagne, deuxième bailleur du fonds pour la protection de la forêt amazonienne après la Norvège, s'était dit prête à reprendre son aide financière massive, suspendue en 2019.

Berlin a annoncé en début d'année le versement immédiat de 35 millions d'euros au Fonds pour l'Amazonie, a rappelé M. Scholz dans son interview au GDA.

L'Allemagne compte aussi s'assurer le soutien des trois pays visités face à la Russie. Il est "très important" d'expliquer notre position et de "démonter la propagande russe", affirme-t-on à Berlin.

L'Argentine, le Chili et le Brésil ont tous trois condamné l'invasion russe de l'Ukraine à l'ONU mais aucun n'a adopté de sanctions économiques contre Moscou.

Lula s'était même attiré les critiques en déclarant en décembre que le président ukrainien Volodymyr Zelensky était "autant responsable" du conflit que Vladimir Poutine.

M. Fermandez a dit espérer la "fin le plus vite possible des hostilités" consécutives à "l'invasion de la Russie sur le territoire ukrainien". "La Russie doit comprendre les dommages qu'elle cause dans l'hémisphère sud", a-t-il ajouté, évoquant les répercussions de la guerre sur "le prix des aliments et la faim".

Pour autant, le président argentin n'a pas souhaité commenter la décision récente de l'Allemagne de fournir des chars à l'Ukraine. Mais il a souligné que "l'Argentine et l'Amérique latine n'envisagent pas d'envoyer des armes à l'Ukraine ou à un autre lieu de conflit".


Trump dit mener les "derniers efforts" en vue d'un accord avec l'Iran

US President Donald Trump said on Tuesday that he was in the “final throes” of reaching a Middle East peace deal. (AFP file photo)
US President Donald Trump said on Tuesday that he was in the “final throes” of reaching a Middle East peace deal. (AFP file photo)
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  • Trump annonce un accord “très proche” avec l’Iran, attendu sous 2–3 jours après une baisse des tensions Israël-Iran
  • Trump annonce un accord “très proche” avec l’Iran, attendu sous 2–3 jours après une baisse des tensions Israël-Iran

TEHERAN: Le président américain Donald Trump a affirmé mardi que la diplomatie américaine menait les "derniers efforts" en vue de la conclusion d'un accord avec l'Iran, au lendemain de la cessation de frappes réciproques inédites depuis la trêve conclue il y a deux mois.

"Nous sommes dans les derniers efforts de ce qui va être un très, très bon accord", a-t-il affirmé, évoquant un délai de "deux à trois jours" pour que cet accord soit conclu.

Après 100 jours de guerre et l'entrée en vigueur le 8 avril d'un fragile cessez-le-feu, les explosions et alertes avaient de nouveau retenti à Téhéran ou Tel-Aviv dimanche et lundi. Les attaques ont fait 15 blessés en Iran, selon le chef de l'organisation nationale des urgences.

Donald Trump, qui cherche une sortie à ce conflit impopulaire aux Etats-Unis à l'approche des élections de mi-mandat, avait exhorté l'Iran et Israël à cesser "immédiatement" les hostilités.

Téhéran a d'abord annoncé l'arrêt de son opération militaire contre Israël, qui l'a ensuite imité. "A l'heure actuelle, les hostilités sur ce front ont cessé", a confirmé le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Signe d'accalmie, le principal aéroport international de Téhéran a annoncé tôt mardi un "retour à la normale" de ses conditions d'exploitation, au lendemain de la réouverture de l'espace aérien du pays, partiellement fermé entre dimanche et lundi.

En moins de 24 heures, l'Iran a tiré une trentaine de missiles contre Israël selon un responsable militaire israélien, en réponse à une frappe israélienne contre la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah pro-iranien, dans laquelle deux personnes sont mortes et 20 ont été blessées.

Lundi à la mi-journée, le commandement des forces armées iraniennes a annoncé "la cessation de l'opération", qualifiée de "sévère riposte" à Israël. Mais, a-t-il prévenu, "en cas de poursuite de l'agression et des hostilités, y compris dans le sud du Liban, des actions bien plus sévères et répressives qu'auparavant seront entreprises".

- 14 tués au Liban -

Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien et principal négociateur de Téhéran, avait affirmé que l'Iran avait "rompu l'équation qui consiste à conclure un cessez-le-feu sur le papier et à le violer systématiquement sur le terrain."

Sur le même ton, Benjamin Netanyahu a assuré qu'Israël riposterait "avec force" à toute nouvelle attaque iranienne.

Lui qui avait ordonné des frappes contre l'Iran malgré l'objection du président américain a aussi dit, "avec respect", qu'Israël exercerait son droit à se défendre "chaque fois que nécessaire".

Plus tôt, le ministre de la Défense Israël Katz a affirmé que son pays  "continuera(it) d'agir" contre le Hezbollah.

Téhéran exige un traitement simultané du conflit entre Israël et le Hezbollah, et celui plus large déclenché par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran le 28 février, tandis que Washington souhaite conclure le dossier libanais dans un second temps.

Les frappes israéliennes se sont poursuivies lundi dans le sud du Liban, contre une quinzaine de localités dont la ville de Tyr, faisant 14 tués et plus d'une vingtaine de blessés, selon le gouvernement et la Croix-Rouge.

Le Hezbollah a lui revendiqué de nouvelles attaques contre des forces israéliennes dans le sud du Liban, mais pas sur le territoire israélien.

L'armée israélienne a de son côté affirmé que trois projectiles avaient été tirés "en direction de soldats israéliens en opération dans le sud du Liban", et qu'un projectile supplémentaire était "tombé à proximité des troupes" sans faire de blessé.

Le chef de l'armée libanaise, Rodolphe Haykal, a lui rencontré mardi au Pakistan son homologue pakistanais, Asim Munir. Le Pakistan fait figure de principal médiateur dans les pourparlers visant à mettre fin durablement à la guerre.

Le Pakistan a "souligné l'engagement de son armée à renforcer sa collaboration en matière de défense avec les forces armées libanaises" et à prendre en compte "l'évolution du contexte sécuritaire régional", selon un communiqué militaire.

Alimentant les craintes d'une nouvelle extension du conflit, l'armée israélienne a annoncé tôt mardi avoir intercepté une "cible aérienne suspecte en provenance du Yémen", moins de 24 heures après que les rebelles houthis installés dans ce pays et alliés de l'Iran ont revendiqué une attaque contre Israël et décrété une interdiction de navigation israélienne en mer Rouge, autre voie maritime stratégique.

Dans ce contexte, les prix du pétrole, qui ont flambé ces dernières semaines en raison du blocage du détroit d'Ormuz, ont légèrement reculé mardi matin, le prix du baril de Brent de la Mer du Nord perdant 0,90% à 93,40 dollars, tandis que le West Texas Intermediate se repliait de 1,16% à 90,24 dollars.


Trump affirme qu'Iran et Israël veulent «conclure un cessez-le-feu immédiat»

Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
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  • "Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite"
  • Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de tirer".

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé lundi que l'Iran et Israël "(cherchaient) à conclure un cessez-le-feu immédiat", alors que les deux pays ont repris leurs attaques directes pour la première fois depuis la trêve conclue il y a deux mois.

"Les négociations finales sur la +paix+ se poursuivent, sous réserve que l'ignorance ou la stupidité ne viennent pas s'y opposer", a ajouté sur son réseau Truth Social le président américain, qui ne cache pas ses désaccords avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite".

Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de +tirer+".

Donald Trump cherche une issue au conflit, très impopulaire aux Etats-Unis, à l'approche des élections législatives de mi-mandat en novembre prochain.

Si des escarmouches ont eu lieu ces derniers jours autour du détroit d'Ormuz entre Etats-Unis et Iran, c'est la première fois que Téhéran cible le territoire israélien depuis le cessez-le-feu du 8 avril et qu'Israël bombarde le sol iranien.

 


Des chasseurs français de l'Otan abattent un drone en Lettonie

Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
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  • L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone
  • Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT)

VILNIUS: Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze.

"Merci à nos alliés français d'avoir abattu le drone qui a pénétré dans l'espace aérien letton!", a‑t‑elle écrit sur X.

L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone.

Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT), a indiqué  pour sa part Gintautas Ciunis, porte-parole de l'armée lituanienne.

Le 19 mai, un chasseur de l'Otan avait abattu dans l'espace aérien de l'Estonie un drone ukrainien, première interception d'un drone étranger dans le ciel d'un Etat balte par la police de l'air de l'Otan depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en 2022.

Les Etats baltes, ex-républiques soviétiques partageant une longue frontière avec la Russie, enregistrent depuis plusieurs semaines un nombre croissant d'intrusions et de chutes de drones sur leurs territoires.

Selon les Européens, la Russie fait dévier délibérément de leur trajectoire des drones ukrainiens destinés à frapper des installations industrielles et des terminaux pétroliers dans la région de Saint-Pétersbourg, située sur le golfe de Finlande.

Ces incidents ont mis au jour les carences des défenses aériennes des pays baltes, impuissantes à neutraliser un drone errant avant sa chute sur leur territoire.