Blinken au Caire avant Jérusalem et Ramallah en pleine flambée de violence

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken visite l'Université américaine du Caire, en Égypte, le dimanche 29 janvier 2023. (Photo, AP)
Le secrétaire d'État américain Antony Blinken visite l'Université américaine du Caire, en Égypte, le dimanche 29 janvier 2023. (Photo, AP)
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Publié le Dimanche 29 janvier 2023

Blinken au Caire avant Jérusalem et Ramallah en pleine flambée de violence

  • Avant de se rendre à Jérusalem et à Ramallah lundi et mardi, M. Blinken rencontrera le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi
  • Ce déplacement, programmé de longue date, intervient en pleine escalade israélo-palestinienne

LE CAIRE: Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a entamé dimanche au Caire une tournée au Moyen-Orient en pleine flambée des violences israélo-palestiniennes, avec le mince espoir d'user de l'influence des Etats-Unis pour tenter d'apaiser les tensions.

Avant de se rendre à Jérusalem et à Ramallah en Cisjordanie occupée lundi et mardi, M. Blinken rencontrera lundi le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et son ministre des Affaires étrangères Sameh Choukri.

Le conflit israélo-palestinien risque fort de dominer les discussions entre les deux alliés, l'Egypte jouant historiquement un rôle d'intermédiaire entre les deux protagonistes.

Ce déplacement, programmé de longue date, intervient en pleine escalade israélo-palestinienne.

Vendredi, un Palestinien a tué par balles sept personnes à Jérusalem-Est avant d'être abattu. Samedi, un Palestinien a blessé par balles deux Israéliens également à Jérusalem-Est, la partie orientale occupée par Israël. Dimanche, des gardes israéliens ont tué un Palestinien en Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 1967 par Israël.

Vendredi également, l'armée israélienne a bombardé la bande de Gaza en réponse à des tirs de roquettes venus de cette enclave qu'elle maintient sous blocus.

Cette nouvelle flambée a été exacerbée par le raid israélien le plus meurtrier depuis des années, jeudi à Jénine, en Cisjordanie, au cours duquel neuf Palestiniens ont été tués.

«Aucun changement»

Washington a condamné une attaque "épouvantable" à Jérusalem-Est et M. Blinken va enjoindre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président palestinien Mahmoud Abbas à "prendre urgemment des mesures en vue d'une désescalade", selon le département d'Etat.

Si en privé des responsables américains ne cachent pas leur frustration face à l'escalade, la marge de manoeuvre du secrétaire d'Etat paraît limitée.

Des experts interrogés par l'AFP ne s'attendent d'ailleurs pas à des percées notables, les Etats-Unis allant probablement se contenter de marteler leur soutien à la solution à deux Etats, israélien et palestinien.

"Le mieux qu'ils puissent obtenir c'est que les choses se stabilisent afin d'éviter une répétition de mai 2021", la dernière guerre entre Israël et les groupes armés palestiniens, assure Aaron David Miller, expert à la Fondation Carnegie pour la paix internationale de Washington.

Pour Ghaith Al-Omari, expert du Washington Institute, "cette visite ne signale aucun changement de la position américaine au regard du conflit israélo-palestinien" mais "la conversation (avec Mahmoud Abbas) ne va pas être agréable".

Visites en cascade

La visite de M. Blinken en Israël traduit la volonté de Washington de renouer avec M. Netanyahu, à la tête du gouvernement le plus à droite de l'histoire d'Israël. Elle intervient après celle du conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Jake Sullivan.

"Je n'ai jamais vu autant de visites à un tel haut niveau sous quelque administration que ce soit", souligne Aaron David Miller.

"C'est un peu comme si on inondait la zone", renchérit un autre expert, David Makovsky, du Washington Institute, alors que le directeur de la CIA, William Burns, s'est récemment rendu dans la région, notamment au Caire.

En Israël, M. Blinken insistera sur "l'importance de maintenir le statu quo historique" sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, haut lieu de tensions entre Israéliens et Palestiniens. Ce site est le troisième lieu saint de l'islam et le lieu le plus sacré du judaïsme.

Les accords d'Abraham, processus de normalisation entre Israël et plusieurs pays arabes, devraient aussi figurer au menu des discussions, M. Netanyahu caressant l'espoir d'y rallier l'Arabie saoudite.

Au Caire dimanche, M. Blinken n'a fait aucune référence au conflit israélo-palestinien. Il a seulement affirmé à des représentants de la jeunesse à l'Université américaine du Caire qu'il se rendait en Israël et en Cisjordanie.

"Il est important pour nous de discuter non pas seulement de gouvernement à gouvernement mais aussi avec tous les segments de la société et surtout la génération montante", a-t-il dit.

L'Egypte, l'un des principaux bénéficiaires de l'aide militaire américaine, est régulièrement pointée du doigt, notamment par les Etats-Unis, pour son bilan, jugé "catastrophique" par les ONG, des droits humains.


Liban: les explosions israéliennes près d'un château menacent l'accord-cadre bilatéral, dit le président

De la poussière recouvre les collines près du château de Beaufort, dans le sud du Liban, après des détonations israéliennes visant, selon Israël, des tunnels du Hezbollah, le 31 juillet 2026. (AFP)
De la poussière recouvre les collines près du château de Beaufort, dans le sud du Liban, après des détonations israéliennes visant, selon Israël, des tunnels du Hezbollah, le 31 juillet 2026. (AFP)
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  • Le Liban accuse Israël de menacer l'accord-cadre bilatéral après de puissantes explosions près du château de Beaufort, attribuées à la destruction de tunnels du Hezbollah
  • Israël affirme avoir ciblé des infrastructures du Hezbollah après une violation du cessez-le-feu, tandis que de nouveaux pourparlers sont prévus à Rome

BEYROUTH: Le Liban a jugé vendredi que les explosions massives provoquées par l'armée israélienne, pour selon elle détruire des tunnels du Hezbollah, près du château de Beaufort, dans le sud, menaçaient l'application de l'accord-cadre bilatéral conclu récemment.

"Les forces israéliennes ont provoqué de très puissantes explosions vers minuit", notamment "dans le secteur de la forteresse de Beaufort", classée par l'Unesco, a annoncé l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Le président libanais, Joseph Aoun, a dénoncé "une escalade extrêmement dangereuse (...) et une menace directe" pour la mise en oeuvre de l'accord-cadre conclu en juin entre le Liban et Israël sous égide américaine.

Cet accord prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël - qui occupe toujours une partie du sud du pays - sous réserve d'un désarmement du Hezbollah pro-iranien.

Les Etats-Unis ont confirmé lundi la tenue de nouveaux pourparlers entre Israël et le Liban, à Rome du 4 au 6 août, en vue notamment d'étendre ce processus.

"Le timing de ces agressions (...) envoie des messages négatifs et sape les efforts internationaux visant à consolider la stabilité", à quelques jours de ces nouveaux pourparlers, a déploré la présidence dans un communiqué.

Les explosions ont "provoqué des ondes équivalant à celles d'un séisme", a-t-elle pointé.

L'Ani a fait ensuite état dans la soirée de trois nouveaux dynamitages israéliens "violents" dans la région méridionale de Marjeyoun.

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a condamné "les agressions israéliennes continues dans le sud, sous forme d'explosions, bombardements et destructions méthodiques", y compris "les atteintes aux sites archéologiques".

Le château de Beaufort datant de l'époque des Croisés, situé dans la zone du sud occupée par Israël, a été inscrit la semaine dernière sur la liste du patrimoine mondial en péril de l'Unesco.

Selon le ministère libanais de la Culture, les explosions "pourraient avoir causé des dégâts aux abords de la forteresse", dont l'ampleur "ne pourra être évaluée qu'à l'issue d'une inspection sur le terrain", actuellement impossible.

Un correspondant de l'AFP dans un village proche a entendu d'énormes déflagrations et vu la poussière recouvrir de larges zones boisées de la région. Des fenêtres ont été brisées dans des maisons de villages alentour, selon l'Ani.

Dans un communiqué commun, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Israël Katz ont annoncé que l'armée avait détruit "les tunnels terroristes dans la région", utilisant quelque 700 tonnes d'explosifs.

Ils ont affirmé que l'opération faisait suite à une  "violation flagrante du cessez-le-feu par le Hezbollah" mercredi.

L'armée israélienne avait accusé le mouvement chiite pro-iranien d'avoir lancé un drone explosif contre un de ses véhicules dans le sud du pays.

Le Hezbollah n'a pas revendiqué d'attaque contre Israël depuis le 20 juin.

Mais il a appelé vendredi le pouvoir libanais à agir "à tous les niveaux politiques et diplomatiques pour la cessation des crimes de destruction commis par l'ennemi".

Le mouvement avait entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, et son armée continue d'occuper des zones du sud du Liban.


Frappe contre un pétrolier au large des côtes d'Oman, selon l'agence maritime britannique

Des navires naviguent dans le détroit d'Ormuz, vus depuis la péninsule de Musandam, à Oman, le 31 juillet 2026. (REUTERS/Stringer)
Des navires naviguent dans le détroit d'Ormuz, vus depuis la péninsule de Musandam, à Oman, le 31 juillet 2026. (REUTERS/Stringer)
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  • Un pétrolier a été touché par un projectile non identifié au large de Limah (Oman), près du détroit d'Ormuz, causant des dégâts à la salle des machines, sans faire de victimes
  • Le trafic dans le détroit a chuté de 77 % sur fond de tensions entre l'Iran et les États-Unis

DUBAI: Un pétrolier a été frappé par un "projectile non-identifié" samedi au large de la ville côtière de Limah à Oman, à l'entrée du détroit d'Ormuz, a annoncé l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

Selon le rapport de l'UKMTO, le "projectile non-identifié" a causé "des dommages dans la salle des machines". Aucune victime n'a été recensée indique l'agence britannique, qui précise que le navire a été touché à 11 miles nautiques (environ 20 kilomètres) de Limah.

Après la reprise des hostilités avec Washington le 7 juillet, l'Iran a de nouveau verrouillé le détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale pour le commerce mondial des hydrocarbures, revendiquant d'imposer des droits de passage sur les bateaux et autorisant uniquement la route longeant ses côtes.

La plateforme Kpler, a confirmé vendredi sur X que le trafic dans le détroit d'Ormuz a fortement chuté. "Les traversées du détroit d'Ormuz ont diminué de 77% en un jour pour tomber à seulement cinq navires, toutes concentrées dans le cadre du dispositif unilatéral iranien", indique Kpler.

"Les positions publiques des Etats-Unis et de l'Iran demeurant inconciliables, les opérateurs surveillent de près les volumes de trafic, les comportements de routage et toute évolution diplomatique susceptible de remodeler le risque sur les routes maritimes régionales dans les prochains jours", ajoute encore Kpler.


L'Iran dit avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït

L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran. (AFP)
L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran. (AFP)
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  • Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat
  • L'armée iranienne a qualifié ces frappes de "réaction à la récente agression de notre pays par l'armée américaine terroriste et son attaque brutale contre une habitation sur l'île de Qeshm"

TEHERAN: L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran.

Dans un communiqué, l'armée a indiqué avoir visé "des abris d'avions de combat, des systèmes de communication par satellite et des installations de stockage d'équipement sur la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït".

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

L'armée iranienne a qualifié ces frappes de "réaction à la récente agression de notre pays par l'armée américaine terroriste et son attaque brutale contre une habitation sur l'île de Qeshm".

Selon des médias iraniens jeudi, trois membres d'une même famille ont été tués dans des frappes contre cette île située dans le détroit d'Ormuz.

La revendication de l'armée iranienne intervient alors que selon le Pakistan, médiateur dans le conflit entre Washington et Téhéran, les belligérants négocient en vue d'une désescalade après une nouvelle série de bombardements réciproques mercredi et jeudi.

La diplomatie pakistanaise a affirmé faire "tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d'accord d'Islamabad" signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix.

Ce processus a déraillé depuis début juillet avec une reprise des frappes menées par les Etats-Unis et l'Iran, Téhéran visant des bases américaines et des pays alliés de Washington au Moyen-Orient, dont le Koweït.